Meinrad Hebga

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Meinrad Hebga
Naissance
Édéa Drapeau du Cameroun Cameroun
Décès (à 79 ans)
Château-Thierry Drapeau de la France France
Nationalité camerounaise
Pays de résidence Cameroun
Profession
Activité principale
Ethnologue, théologien, écrivain
Formation
Anthropologie, philosophie et théologie

Compléments

Hebga est un spécialiste de l'ethno-théologie africaine

Meinrad Pierre Hebga, né le à Édéa au Cameroun et décédé le à Château-Thierry (France), est un prêtre et anthropologue camerounais. De parents catéchistes, son père Hebga et sa mère Ngo Nka à qui même ce jésuite dédicace une des œuvres en ces termes : « missionnaires autochtones auxquels je dois ma première vocation missionnaire »[1]. Hebga donc fut initié très tôt à la vie chrétienne.

Formation[modifier | modifier le code]

Après ses études secondaires aux petits séminaires d’Edéa et d’Akono, Hebga poursuit ses études de théologie à l’Université pontificale grégorienne de Rome. À Paris, il a suivi les cours du Pr. Lagache en psychopathologie (Sorbonne), en même temps, des travaux pratiques à la Salpêtrière dans le service du Pr. Michaux et à Sainte-Anne, sous la direction du Dr Lamperière. Il s’est initié aux sciences sociales à l’Institut catholique de Paris.

Hebga est ordonné prêtre le 22 décembre 1951 à Rome. Le lendemain, dimanche 23 décembre 1951, il célébra ses prémices sacerdotales dans la chapelle de la crèche (Cappella del Presepio), dans la basilique Sainte-Marie-Majeure, une des sept églises majeures de Rome. Rentré au pays, il est affecté à la Paroisse de Bot-Makak, dans le Nyong-et-Kellé, comme premier poste de travail, dans l'Archidiocèse de Douala, au Cameroun. Mais, sa présence au milieu du peuple de Dieu de cette contrée sera de courte durée. Le 1er octobre 1957, il est admis au noviciat de la Compagnie de Jésus à La Baume Sainte-Marie (France). En 1967, après son Troisième An à Cleveland, dans l'Ohio, il prononce ces derniers vœux le 9 septembre 1968. La même année, 1968, il soutient à l'Université de Rennes une thèse de 3e Cycle en Philosophie intitulée : Le Concept de métamorphose d'hommes en animaux chez les Basaa, Duala, Ewondo, Bantu du Sud Cameroun.

En 1986, Hebga soutiendra sa thèse d’État en philosophie à la Sorbonne, intitulée Rationalité d'un discours africain sur les phénomènes paranormaux, publiée chez L'Harmattan en 1998, aborde des phénomènes, apparemment irrationnels, tels que la lévitation ou la connaissance paranormale, par une approche pluridisciplinaire. Car il faut tenter de répondre rationnellement à la question que posent dans la vie quotidienne en Afrique ces phénomènes paranormaux que sont les lévitations, bilocations, apparitions et visions, envoûtements et sorcelleries etc., que chacun n'est pas loin de tenir pour faits d'expérience courante tant sont nombreux les témoignages rapportés par des gens dignes de confiance. On ne peut plus se contenter d'affirmer qu'il s'agit là de croyances et de pratiques propres à un milieu culturel particulier et qui ne concernent que lui » : ce « relativisme trop facile » ressemblerait fort à une fuite en avant. Puisque « les Africains doivent partir de ce qu'ils sont », il faut donc « réhabiliter les croyances métaphysiques et religieuses africaines qui se sont trop vite effacées devant l'irruption des philosophies et religions étrangères » et face aux phénomènes tenus habituellement pour paranormaux, « saisir et exposer la rationalité du discours que les Africains tiennent à leur endroit[2]. ».

Il meurt le 3 mars 2008, entouré de sa famille, au centre hospitalier de Château-Thierry à l'aube de ses 80 ans en laissant derrière lui une œuvre littéraire de qualité et un sentiment de tristesse de l'ensemble du peuple camerounais.

Activités[modifier | modifier le code]

Hebga est connu comme l’anthropologue, l’ethnologue et le philosophe qui se bat depuis plus de trente ans pour faire admettre l’existence de la sorcellerie ainsi que la rationalité de la pensée africaine sur les phénomènes paranormaux. Une lutte à tout point similaire à celle d’un autre savant africain dans son genre, l’égyptologue Cheikh Anta Diop qui se battait pour faire admettre l’évidence de l’antériorité de la civilisation noire. Son combat prend corps dans l’enseignement de l’anthropologie philosophique et africaine dans plusieurs universités à travers le monde comme :

Publications[modifier | modifier le code]

Meinrad Hebga a écrit une centaine d’articles et plusieurs livres. Les plus significatifs sont:

  • Christianisme et négritude, dans Des prêtres noirs s'interrogent, Cerf, Paris, 1956, pp.189-203.
  • Personnalité africaine et catholicisme, Paris, Présence africaine, 1963.
  • Les étapes des regroupements africains, Dakar, 1968.
  • Croyance et guérison (dir.), Yaoundé, Clé, 1973.
  • Émancipation d'Églises sous tutelle : essai sur l'ère post-missionnaire, Paris, Présence africaine, 1976.
  • Dépassements, Paris, Présence africaine, 1978.
  • Sorcellerie, chimère dangereuse …? Abidjan, INADES, 1979.
  • Sorcellerie et prière de délivrance : réflexion sur une expérience, Présence africaine/INADES, 1982
  • Afrique de la raison, Afrique de la foi, Karthala en 1995
  • La rationalité d'un discours africain sur les phénomènes paranormaux, Paris, L'Harmattan, 1998

Rayonnement[modifier | modifier le code]

Prêtre jésuite, exorciste, il découvre aux États-Unis d'Amérique le mouvement naissant appelé le « renouveau charismatique ». Il en deviendra l'un des plus grands leaders. Notamment, il fonde le 30 septembre 1976 à Yaoundé un groupe dénommé Fraternité Ephphata (ce qui signifie « ouvre-toi »), groupe dont le siège est au Cameroun, dans un petit village dénommé Manguen, près de Yaoundé. La Fraternité Ephphata a désormais une envergure internationale.

En effet, pendant que le Père Meinrad Hebga est Professeur à l'Université John Carroll, à Cleveland (Ohio, USA) en 1972, il prend part à des rencontres avec le Renouveau charismatique. De là commencera une intense activité pastorale très féconde. Voici en quelques mots, les différentes étapes de cet apostolat.

Le 6 juin 1976 : Effusion du Saint Esprit, qui eut lieu dans l'Église des Assemblées de Dieu d'Adjamé (Abidjan), et qui marqua un tournant décisif dans sa vie spirituelle et l'orientation de son ministère.

Février 1977 : Jeudi après les Cendres, il prit part à une rencontre à l'Église Saint Jean et Paul, sur le mont Cælius (Rome) au couvent des Passionistes.

Pentecôte 1978 : Explosion du groupe de prière fondé à Yaoundé (Cameroun).

Le Père Hebga a sillonné le monde en partageant son temps entre les conférences, les cours et les séances de délivrance. Il a vécu, les dernières moments de sa vie active dans la communauté jésuite Saint François Xavier de Yaoundé, au Cameroun.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Émancipation des Églises sous tutelle, Paris, Présence africaine, 1976
  2. René Luneau, « Hebga (Meinrad), La Rationalité d’un discours africain sur les phénomènes paranormaux », Archives de sciences sociales des religions, 112, octobre-décembre 2000, document 112.75, mis en ligne le 19 août 2009, consulté le 04 septembre 2017, [lire en ligne]

/*Le père Meinrad Pierre Hebga n'est pas seulement et simplement un anthropologue, philosophe et théologien, il est toute une bibliothèque. Par sa plume, il rend le lecteur témoin oculaire des réalités qu'il relate */

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Ludovic Lado, Meinrad Hebga et le mouvement Ephphata : le renouveau charismatique à l'épreuve de l'africanisation, Presses de l'UCAC, Yaoundé, 2015, 256 p. (ISBN 978-2-84849-157-8)
  • Ndebi Biya et Émile Kenmogne, Pierre Meinrad Hebga : philosophie et anthropologie : actes du colloque international, 9-10 mars 2009, Université de Yaoundé, L'Harmattan, 2010, 303 p. (ISBN 9782296125865)
  • Fabien Eboussi Boulaga (dir), La dialectique de la foi et de la raison. Hommage à Pierre Meinrad Hebga, Yaoundé, Editions Terroirs, 2007, 322 p. (ISBN 9956-464-10-4)

Liens externes[modifier | modifier le code]