Bassa (peuple)

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Bassa
Description de cette image, également commentée ci-après

Coucher de soleil en pays bassa (Tayap)

Populations significatives par région
Autres
Langues bassa
Ethnies liées Bakoko, Banen, Yabassi, Bati

Les Bassa sont un peuple bantou d'Afrique centrale vivant au Cameroun, dans les régions du Centre et du Littoral, dans le département du Nyong-et-Kéllé et de la Sanaga-Maritime. On trouve aussi des Bassa dans les départements du Nkam, du Wouri et de la Méfou-et-Akono. Une autre ethnie est lié aux Bassa, les Yambassa[1].

Ethnonymie[modifier | modifier le code]

Selon les sources, on peut rencontrer de multiples variantes de l'ethnonyme : Basaa, Basa, Basas, Basawa, Bassas, Betjek, Bikyek, Mbene du Nord, Mvele, Mwele, Mwelle, Tupen[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Le peuple Bassa serait issu de l'ancienne Nubie, à la frontière de l’Égypte, du Soudan et du Nil. La Nubie était située là où se trouve le barrage d'Assouan. Après plusieurs invasions (pharaoniques, éthiopiennes et arabes) de la Nubie de même que les catastrophes naturelles comme les inondations, les Bassa s’éloignèrent le plus loin possible du Nil en traversant les déserts africains pour descendre vers le Sud-Ouest. Emportant leurs pierres précieuses avec eux, leur exode rapide les conduisit dans un premier temps vers les terres arides et désertiques de la localité de Bodélé, dans le Tchad actuel. Ensuite, ils longèrent le fleuve Logone pour se réfugier à Guelingdeng avant de se terrer dans les monts Mandara entre le Cameroun, le Niger et le Tchad actuels, qui rappelaient les paysages de la Nubie. Mais les conquêtes arabes les délogèrent et les dépouillèrent de leurs trésors. Les Bassa se rendirent ensuite vers l’Ouest ou vers le Sud, dans des zones forestières moins accessibles aux peuples conquérants. Dans leur course vers la liberté, les Bassa du Cameroun se rendirent à Ngog Lituba[3].

Les Bassa sont un peuple considéré comme autochtone du Cameroun, originaire de la localité de Ngog Lituba[4]. Le peuple comprend plusieurs sous-groupes (Babimbi, Bikok, Likol et Nsa'a) et plusieurs foyers en Afrique[1].

La première église catholique fut construite par des pallottins allemands en 1890 à Marienberg (actuel village d'Elog Ngango), petite localité située à une cinquantaine de kilomètres d'Édéa[5],[6].

Langue[modifier | modifier le code]

En 1900, Dr Darvin Flo Lewis découvre que les premiers esclaves noirs issus du peuple Bassa utilisent un alphabet commun appelé « Vah » qu'ils écrivent avec du charbon de bois[7].

La langue Basaá (ou Bassa) appartient au groupe des langues bantoues[8]. Elle est parlée par environ 400 000 personnes autour des villes d'Édéa, d'Eseka et de Douala.

Elle possède des caractéristiques phonétiques et grammaticales communes à beaucoup de langues bantoues, comme les classes nominales, le b implosif et un système à tons : ton haut, ton bas, ton bas-haut, ton haut-bas, ton moyen[9],[10]. La langue est transcrite au moyen d'un alphabet latin adapté, comprenant les consonnes, voyelles et accents spécifiques aux langues bantoues[11].

Spécialités culinaires[modifier | modifier le code]

Mbongo tchobi et banane plantain.
Mintumba

Les plats camerounais très connus, originaires du pays bassa, sont :

  • le mbongo tchobi ;
  • le mintumba, ou pain de manioc, est fait à partir du roui de manioc malaxé et mélangé avec de l'huile de palme, du sel, des épices et du piment, le tout roulé et ficelé dans une feuille de bananier.

Personnalités[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Les grandes familles Nsa'a », sur litenlibassa.com,‎ (consulté le 5 juillet 2016)
  2. Source : RAMEAU, BnF [1]
  3. « Le grand peuple Bassa », sur litenlibassa.com,‎ (consulté le 15 juillet 2016)
  4. « Histoire des Bassa », sur guide.mboa.info,‎ (consulté le 7 juillet 2016)
  5. « Le réseau de pélerins de Marienberg »
  6. Jean-Paul Messina et Jaap van Slageren, « La fondation de Marienberg  », dans Histoire du christianisme au Cameroun: des origines à nos jours : approche œcuménique, Paris, Karthala, (ISBN 9782845866874), p. 141-143
  7. (en) « History of the Bassa script », sur yinda.de (consulté le 16 juillet 2018)
  8. (en) The Bantu Languages of Western Equatorial Africa, p. 28-40
  9. Dominique Nyacka et Joseph Mben Mben, Basogol ba nkal le. Textes basaá pour l'enseignement, p. 14
  10. Pierre Lemb et François de Gastines, Dictionnaire basaá-français, p. 28
  11. Pierre Lemb et François de Gastines, Dictionnaire basaá-français, p. 23-28

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Ndebi Biya, Être, pouvoir et génération : le système mbok chez les Basa du Sud-Cameroun, Paris, L'Harmattan, , 134 p. (ISBN 285802782x)
  • Jacques Champaud, Mom, terroir bassa, Paris, ORSTOM, , 56 p.
  • (en) Mark Dike DeLancey, Rebecca Mbuh et Mark W. Delancey, « Bassa-Bakoko  », dans Historical Dictionary of the Republic of Cameroon, Scarecrow Press, , 4e éd. (ISBN 9780810873995), p. 63-64
  • Marie José Hourantier et al., Du rituel à la scène chez les Bassa du Cameroun, Paris, A.-G. Nizet, , 135 p.
  • Martine Cécile Ngo Nyemb-Wisman, Les rites funéraires dans la tribu Bassa au Cameroun : entre tradition et modernité, Université Catholique de Louvain La Neuve, 10 p. (lire en ligne)
  • Jean Marcel Eugène Wognou, Les Basaa du Cameroun : monographie historique d'après la tradition orale, Niamey, Centre d'études linguistiques et historiques par tradition orale, , 201 p.
  • Eugène Wonyu, L'histoire des Basaa du Cameroun, de l'Égypte des Pharaons à nos jours, Douala, Éditions Culture et progrès, , 56 p.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]