Marius Vazeilles

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Marius Vazeilles
Fonctions
Député 1936-1939
Gouvernement Troisième République
Groupe politique PCF
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Messeix (Puy-de-Dôme)
Date de décès (à 91 ans)
Lieu de décès Meymac (Corrèze)
Résidence Corrèze

Marius Antonin Annet Francisque Vazeilles[1], né le à Messeix (Puy-de-Dôme) et mort le à Meymac (Corrèze), est un expert forestier, un syndicaliste, un homme politique et un archéologue français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d'un garde forestier, sorti major de l'École des Barres, Marius Vazeilles enseigne d'abord comme instituteur stagiaire à Saint-Sauves-d'Auvergne. Entre 1911 et 1912, il occupe le poste de garde général des Eaux et Forêts à Mauriac. En 1913, il est détaché au service des améliorations agricoles et s'installe à Meymac.

Pendant la guerre, il est mobilisé. Mais, en 1915, il est détaché de l'armée sur l'intervention d'Henri Queuille pour mettre en valeur le plateau de Millevaches. Il répertorie de façon détaillée cette région et, en 1917, il publie son ouvrage Mise en valeur du plateau de Millevaches, lequel demeure encore l'un des ouvrages fondamentaux de l'aménagement forestier et agricole.

En 1919, il quitte l'administration des Eaux et Forêts, devient pépiniériste puis expert forestier à Meymac. Il met au point au puy Chabrol l'implantation de près de 400 nouvelles espèces forestières (surtout des résineux) inconnues dans la région et plante 38 hectares d'arboretums.

Également passionné d'archéologie, Marius Vazeilles devient un spécialiste des époques gauloises, gallo-romaines et mérovingiennes, dont il met en évidence les traces sur le plateau de Millevaches. Il fouille inlassablement, classe et publie ses découvertes qu'il rassemble en collections parfaitement répertoriées.

Marius Vazeilles fut aussi un militant convaincu du syndicalisme agricole au sein du Parti communiste français de 1924 à 1928. Conseiller municipal communiste à Meymac, élu en 1936 député du Front populaire pour la circonscription d'Ussel, il organise et dirige la fédération communiste de la Corrèze et la Fédération nationale des paysans travailleurs.

Député membre du groupe ouvrier et paysan français, il est arrêté, le 8 octobre 1939, déchu de son mandat, le 21 janvier 1940, et condamné le 3 avril 1940 par le 3e tribunal militaire de Paris à 4 ans de prison avec sursis, 5 000 francs d'amende et 5 ans de privation de ses droits civiques, civils et de famille[2] pour être pour être resté fidèle à la ligne du Parti communiste et ne pas avoir dénoncé le pacte germano-soviétique. Malgré son désaccord avec la signature du pacte germano-soviétique du 23 août 1939, il est déchu de son mandat, arrêté et assigné à résidence à Tauves (Puy-de-Dôme).

Marius Vazeilles se désolidarise alors du Parti communiste et ne militera plus. Le Parti l'exclut le 30 décembre 1944[3].

Postérité[modifier | modifier le code]

La majeure partie de ses collections, fruits de plus de 150 études, ont été regroupées au musée Marius-Vazeilles[4] à la suite de la création, en 1974, de la fondation Marius-Vazeilles[5] présidée initialement par sa fille, Mme Marcelle Magné-Vazeilles.

Ses découvertes, qu'il avait jusque-là placées dans une grande cabane faisant office de réserves, au fond de son jardin, furent alors transférées dans l'une des ailes de l'ancienne abbaye Saint-André de Meymac.

Publications (sélection)[modifier | modifier le code]

  • Mise en valeur du Plateau de Millevaches, 1920
  • « La très vieille histoire locale ; archéologie préhistorique, celtique et gallo-romaine de la montagne limousine », Cahiers archéologiques, 2e et 3e fascicules, 1936
  • « Inventaire préhistorique en Haute et Moyenne Corrèze », dans le Bulletin de la Société des Lettres, des Sciences et des Arts de la Corrèze, t. LVII, 1953
  • Le Pays d'Ussel, Imp. du Corrézien, 1962

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Marius, Antonin, Annet, Francisque Vazeilles
  2. Procès des 44 députés communistes de mars-avril 1940
  3. Arkheia n° 2-3, 2001.
  4. Depuis 2016, musée d'archéologie et du patrimoine Marius-Vazeilles.
  5. Devenue « Association Fondation Marius-Vazeilles ».

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • « Marius Vazeilles », dans le Dictionnaire des parlementaires français (1889-1940), sous la direction de Jean Jolly, PUF, 1960 [détail de l’édition]
  • Max Lagarrigue (en), Renaud Jean. Carnets d’un paysan député communiste, Atlantica, 2001 (ISBN 2-84394-244-6) ainsi que « Le PCF de la France rurale des années trente à la Guerre froide (1930-1961) : l’exemple du Sud-ouest », Revue des Archives en Limousin, no 12, Brive-la-Gaillarde, 1998
  • Marguerite Vazeilles, Marius Vazeilles, éléments de biographie, Tulle, Éditions Mille Sources, 1999 (ISBN 2-909744-15-9)
  • Gilbert Beaubatie, « Marius Vazeilles : la vocation précoce d’un paysan-député communiste de Corrèze », revue Arkheia (voir sur le site de la revue), no 2-3, Montauban, 2001
  • Marcel Parinaud, Marius Vazeilles, Brive-la-Gaillarde, Éditions des Monédières, 2009 (ISBN 2-914848-80-3)

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]