Mano Solo

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Mano Solo
Description de cette image, également commentée ci-après
Mano Solo en concert au Grand Rex (Paris), le 3 avril 2007.
Informations générales
Nom de naissance Emmanuel Cabut
Naissance
Châlons-sur-Marne (Marne, France)
Décès (à 46 ans)
Paris 18e (France)
Activité principale Chanteur
Genre musical Chanson française, chanson réaliste, rock, latino, folk rock
Années actives 1980 - 2010
Labels Wagram
Influences Éric Lareine Renaud
Site officiel manosolo.net

Emmanuel Cabut, dit Mano Solo, est un chanteur, guitariste, dessinateur et peintre français, né le [1] à Châlons-sur-Marne et mort le (à 46 ans) à Paris[2] dans le 18e arrondissement[1].

Considéré comme un héritier de la chanson réaliste, il est également l'un des « préfigurateurs de la nouvelle scène française » selon France 3 Picardie[réf. nécessaire].

Biographie[modifier | modifier le code]

Né le à Châlons-sur-Marne, Mano Solo est le fils du dessinateur Cabu (1938-2015) et d'Isabelle Monin (1937-2012), rédactrice en chef du journal écologiste La Gueule ouverte. Dès l'âge de 17 ans, Mano Solo joue dans un groupe punk, les Chihuahua, au sein duquel il est guitariste. En 1986, il apprend sa séropositivité. C'est au début des années 1990[3], qu'il passe derrière le micro et interprète ses textes. Il chante fréquemment au théâtre du Tourtour avec Marousse et P'tit Louis. Son premier album, La Marmaille nue sort en 1993 et se vend à 100 000 exemplaires la première année.

En 1995, il crée son entreprise de spectacle La Marmaille Nue, avec sa manageuse et éditrice Fatiha Bendahmane[4],[5],[6]. Parallèlement, il publie son deuxième album, Les Années sombres, qui est, comme son titre l'indique, un album aux textes tourmentés et tragiques (disque d'or également dès les premiers mois). Discret sur sa vie privée, il annonce la même année lors d'un concert au Bataclan qu'il a contracté le sida[3]. Il a également affirmé un an plus tôt que « se défoncer est une perte de temps »[7].

Il retrouve l'année suivante, en 1996, une partie des Chihuahuas pour l'album Frères Misère. Les rythmes sont parfois proches du punk et les textes abordent des thèmes plus engagés que pour les précédents albums solos. Peu diffusé, cet album ne rencontrera pas de succès immédiat.

En plus de sa carrière de chanteur, dessine et peint, notamment les pochettes de ses albums. Il écrit aussi et, avec l'argent gagné grâce à la musique, il monte sa propre maison d'édition littéraire, en collaboration avec Fatiha Bendahmane, dans le cadre de sa société La Marmaille Nue, et publie deux ouvrages : en 1995, un recueil de poèmes, Je suis là, et en 1996, un roman, Joseph sous la pluie. Ces deux ouvrages sont rassemblés dans un livre, Joseph sous la pluie, roman, poèmes et dessins, publié par les Éditions du Seuil en et augmenté de textes et de dessins inédits. Enfin, il jouera le rôle du roi dans Sodomites, un court métrage de Gaspar Noé, sorti en 1998.

En 1997, sort un nouvel album solo : Je sais pas trop (disque d'or) enregistré en live, aux mélodies et aux sonorités, une nouvelle fois, originales.

Deux ans plus tard, Mano Solo enregistre le double album Internationale Shalala en live au Tourtour, un petit théâtre où il se produit régulièrement depuis ses débuts. Il joue seul à la guitare, accompagné (à la guitare également) par Jean-Louis Solans. Les morceaux sont extraits des précédents albums solos, à l'exception du Shalala, un hymne de « révolution intérieure » que l'artiste chante avec son public à la fin de chaque concert. Son message est positif et dynamique.

Son deuxième album live, intitulé La Marche, sort en 2002, il reprend en grande partie des morceaux de l'album Dehors, sorti entre-temps (en août 2000). Le concert est enregistré à la Coopérative de Mai à Clermont-Ferrand et à La Halle aux Grains à Toulouse. L'album est accompagné d'un DVD où l'artiste fait figurer, aux côtés de photos et d'extraits de concerts, des animations en images de synthèse sorties de sa propre imagination. Depuis 2001, Mano Solo s'intéresse de près à Internet, il crée et développe son propre site autour de ses centres d'intérêt politiques, sociaux et artistiques, encourageant ses visiteurs à être eux-mêmes créatifs. C'est dans cet esprit que Le Cyber Poulpe verra le jour en 2002 : initié par Fred Sauton et les éditions Baleine, ce roman racontant une histoire du célèbre Poulpe sera écrit pendant un an à la manière d'un cadavre exquis par les membres du forum de Mano Solo.

En 2004, sort Les Animals. Certains titres sont de nouveaux enregistrements d'anciennes chansons, alors que d'autres avaient été composées à la base pour Juliette Gréco, qui a finalement décidé de ne pas collaborer avec lui[8]. Y figure également le titre Botzaris, enregistré avec Les Têtes Raides.

En 2004, il fait également deux apparitions sur l'album Dans le caillou de Karpatt dans les chansons Jeux Olympiques et Léon.

En 2006, Mano Solo ne renouvelle pas son contrat avec Warner, sa maison de disques. Il s'autoproduit avec un nouvel album, In the Garden, sorti en . Il propose aux internautes de l'aider dans son autoproduction par une souscription destinée à payer les frais de promotion une fois l'album réalisé. Il a emprunté à sa banque, mettant sa maison en garantie, 130 000 euros avec lesquels il payera la production et la fabrication du disque. La souscription sera lancée le . Tous les mois, le souscripteur a accès à de nouveaux contenus (chansons ou films) et à la sortie, il reçoit l'album. L'argent récolté sera utilisé pour la promotion de l'album. Par cette démarche, l'artiste souhaite se démarquer de l'industrie classique tout en montrant que la production artistique a un coût[9].

Par cette expérience et le peu de souscripteurs Internet (2 800), Mano Solo essaye de démontrer que s'il peut s'autoproduire aujourd'hui c'est uniquement sur un nom et une carrière déjà établie. Ce n'est pas à un artiste débutant qu'une banque prêterait une somme pareille. Les 35 000 exemplaires de l'album In the Garden vendus dans les bacs rembourseront la banque, sans offrir à l'artiste le moyen de produire l'album suivant.

Dans une interview au quotidien belge Le Soir en , Mano Solo explique :

« L'autoproduction, ça ne peut pas marcher. J'en ai vendu 2 800 par souscription et le distributeur du CD n'a pas fait son boulot. Je suis la preuve vivante qu'on ne peut pas se passer des majors. J'en ai marre de ces médias qui n'arrêtent pas de cracher sur elles. Sans Warner, Mano Solo n'existerait pas. Ces firmes, ce ne sont pas des mécènes, elles sont là pour se faire du blé. C'est normal que ces gens te jettent si tu n'es plus compétent à leurs yeux. Pourquoi devraient-ils garder ceux qui ne vendent plus ? Ceux qui ne rencontrent pas leur public doivent dégager, c'est tout. Il y en a marre de ces considérations. La presse est complice de ça. Il faut arrêter de se leurrer : oui, le piratage nuit à la diversité et Myspace, c'est pathétique, ça fait peur, ce n'est pas là qu'on trouve l'avant-garde. Et personne en France n'a été révélé grâce à ça. Le MP3, ce n'est pas faire la révolution, c'est fabriquer des chômeurs.[10] »

Mano Solo reste avant tout un artiste très engagé. En , il organise avec le « Collectif Je Suis Là » un concert au Bataclan dont les fonds ont été reversés à l'association Fazasoma qui vient en aide à la population malgache. Il anime également, depuis , une émission de radio sur Aligre FM (93,1 MHz FM à Paris), Le Clou de la Soirée, tous les derniers samedis du mois, de minuit à pas d'heure, où il donne la parole à ceux qui ne l'ont pas. Sans parler de ses nombreuses apparitions dans des rassemblements visant à rétablir l'égalité.

Il a remporté trois disques d'or.

Tombe de Mano Solo au cimetière du Père-Lachaise (division 10).

À partir du , Mano Solo anime une autre émission radio, Smoke City, au détriment du Clou de la Soirée, toujours sur Aligre FM, les lundis de 18 h 30 à 19 h 30. Il y accueille le monde associatif et militant, des lanceurs d'alerte, dans une émission partisane et débridée. Beaucoup d'artistes vinrent aussi jouer en direct. L'émission du a fait l'objet d'une captation vidéo dont les images constituent le documentaire De bâbord à tri[11]. Smoke City s'arrête en .

Son dernier album est sorti le , Rentrer au port, en licence chez Wagram.

Il meurt le à l'âge de 46 ans, des suites d'une rupture d'anévrisme[12]. Il avait été hospitalisé après son dernier concert à Paris le , après plus de vingt ans de lutte contre le sida. Il est inhumé le au cimetière parisien du Père-Lachaise (10e division), entre les tombes de Claude Chabrol et Sophie de Condorcet et en face de Frédéric Chopin. Il n'aura jamais eu d'enfants.

Le , sort l'enregistrement du dernier concert de Mano à l'Olympia qui eut lieu en . La publication de cet enregistrement a été demandée par les musiciens du chanteur et acceptée par la famille. Les bénéfices des ventes reviennent à l'association Fazasoma[réf. nécessaire].

Publications[modifier | modifier le code]

Une collection de livrets de toutes les chansons de Mano Solo pour piano, chant et guitare est sortie en 2012 aux Éditions Sauvagette.

Le , à l'occasion du dixième anniversaire de la mort du chanteur, Novelab, La Vingt-Cinquième Heure et Mediapart publient Mano Solo: Vive la révolution !, une « bande défilée » rendant hommage à l'artiste en décrivant son univers, de son enfance jusqu'à sa mort. Cette bande dessinée interactive inclut des extraits d'un texte autobiographique inédit intitulé Les Ailes aux talons, et une sélection d'archives de l'artiste (dessins, BD, peintures et photos, entre autres)[13].

Censure[modifier | modifier le code]

Le , un auditeur de Là-bas si j'y suis signale que la chanson Du vent de l'album Les Animals, dans laquelle il faisait rimer « Travail Famille Sarkozy » (référence au slogan vichyste Travail, Famille, Patrie) avec « C'est la compassion pour les nantis », a été amputée de ses paroles lors d'une diffusion sur une radio du service public français[14]. Il apparaît par ailleurs que cette chanson est remplacée par une autre (Paris avance) sur les sites de musique en streaming en ligne (comme Deezer, Jiwa) ainsi que sur la boutique iTunes[15].

Après une petite campagne de publicité, le titre est réapparu en mars 2010 sur Deezer[réf. souhaitée].

Discographie[modifier | modifier le code]

Albums studios[modifier | modifier le code]

Avec Les Frères Misère[modifier | modifier le code]

Albums en public[modifier | modifier le code]

Vidéo[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Institut national de la statistique et des études économiques, « Fichier des décès - années 2010 à 2018 » [zip], sur www.insee.fr
  2. Le chanteur Mano Solo est mort sur le site du Monde
  3. a et b www.rue89.com, consulté le 10/01/2010
  4. « Mano Solo & Fatiha Bendahmane, la rencontre. », sur www.sauvagette.com (consulté le )
  5. « Fatiha Bendahmane », sur Discogs (consulté le )
  6. « La beauté brute de l'oeuvre de Mano Solo revit grâce aux Hurlements d'Léo », sur Culturebox (consulté le )
  7. https://www.youtube.com/watch?v=lTICRAm8AQA
  8. INA, « Qui était Mano Solo ? | INA Arditube », sur youtube.com, (consulté le )
  9. Loin de l'industrie du disque, Mano Solo tente un pari sur internet ; AFP ; 11 octobre 2006 ([PDF] article en ligne)
  10. T'es pas tout seul, Mano Solo, Le Soir, 15 avril 2008  ; AFP ; 29 avril 2009 (www.lesoir.be, consulté le 15/04/2009)
  11. Site de diffusion du documentaire De bâbord à tri sur l'émission Smoke City du 7 juin 2008
  12. Le chanteur français Mano Solo est mort dimanche à 46 ans, AFP, 10 janvier 2010
  13. « Mano Solo, Vive la révolution | La Vingt-Cinquième Heure », sur La 25ème Heure (consulté le )
  14. « Là-bas si j’y suis - Inde, la dernière guerilla »
  15. « source rue89 »

Liens externes[modifier | modifier le code]

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