Chanson réaliste

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La chanson réaliste est un genre musical apparu en France au début du XXe siècle, et popularisé pendant l'entre-deux-guerres par des interprètes principalement féminines comme Fréhel, Damia, Édith Piaf et bien plus tard par Georgette Lemaire.
Les thèmes récurrents de ces chansons traitent de sujets dramatiques empreints d'une noirceur certaine, souvent inspirés par le quotidien des quartiers populaires de Paris. Leurs personnages sont généralement prisonniers de leur misère, de leur condition sociale (basse), de leur passion amoureuse...

Chanteurs/chanteuses réalistes[modifier | modifier le code]

Historique[modifier | modifier le code]

Aristide Bruant est certainement l'inventeur de la chanson réaliste. Peu après l’apparition du naturalisme littéraire d’Émile Zola, dans son cabaret situé à Montmartre, durant les années 1890, il chante en langage argotique le sort tragique de la masse des ouvriers, urbains, née de l'exode rural et de la première Révolution industrielle, des apaches et des filles perdues. Peu après, la chanson réaliste devient plutôt une spécialité féminine. À partir de 1908, ce sont Damia et Fréhel, des chanteuses à la voix puissante (à la façon de Bruant) qui triomphent en jouant, en vivant leurs chansons qui deviennent alors de véritables mélos.

Après la première guerre mondiale, Mistinguett est la reine du genre revue avec bijoux, plumes d'autruches et boys en habit et haut-de-forme. Elle y chante la joie qui est celle de vivre dans la ville lumière, et, peut-être un jour, d’épouser un millionnaire. Ainsi, si la chanson réaliste aime à décrire la misère matérielle du peuple, Mistinguett, par opposition, chante le rêve d'une vie facile. Les chansons interprétées par Maurice Chevalier reprendront parfois les personnages typiques de la chansons réalistes tout en y introduisant de l'humour et de la légèreté (Prosper (Yop la boum)).

En 1945, Bourvil écrit les paroles et interprète Les Crayons. Cette parodie reprend nombre des tics de la chanson réaliste. D'apparence à la fois triste et naïve, elle narre en effet l’histoire malheureuse d’une orpheline de Ménilmontant vendant à la sauvette des crayons et qui est séduite par un bourgeois qui l’engrosse et l’abandonne, l'enfant de cette fille-mère subira elle aussi une « destinée fatale ».

L'après Seconde Guerre mondiale voit le triomphe d'Édith Piaf et les débuts de Juliette Gréco, les deux montant sur scène toutes de noir vêtues à la façon de Damia.

A partir de la fin des années 1970, Renaud reprend les codes narratifs et l'univers de la chanson réaliste. Cependant, il substitue au ton mélodramatique un humour influencé, par exemple, par la bande dessinée, et, à l'amour passionnel la tendresse. Il y ajoute aussi un vrai discours politique et un travail sur la langue, le narrateur montrant qu'il n'est pas dupe de ce qu'il est en train de faire.

Principaux interprètes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]