Sophie de Condorcet

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Sophie de Condorcet
Description de cette image, également commentée ci-après
Portrait de Sophie de Condorcet.
Nom de naissance Sophie Marie Louise de Grouchy
Naissance
Meulan (Vexin français)
Décès
Paris
Activité principale
Auteur
Langue d’écriture français

Sophie Marie Louise de Grouchy, marquise de Condorcet, née à Meulan le et morte à Paris , est une femme de lettres française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Née au château de Villette, demeure familiale des Grouchy près de Meulan, le 8 avril 1764, Sophie est la fille aînée du marquis de Grouchy (François Jacques De Grouchy, 1715-1808), et de Gilberte Fréteau (ca 1740-1793)[1]. Elle est la sœur d'Emmanuel de Grouchy, le maréchal d'Empire, protagoniste malheureux de la bataille de Waterloo. Sa sœur, Charlotte, est l'épouse du Docteur Cabanis[2].

Esprit brillant marqué par un fort scepticisme religieux, sa beauté et son intelligence séduisent le philosophe Nicolas de Condorcet, de vingt ans son aîné. Sophie de Grouchy épouse Condorcet le 28 décembre 1786, dans la chapelle du château de Villette, le mariage ayant pour témoin La Fayette. Sophie de Condorcet s'installe à l’Hôtel des Monnaies où son mari habite comme Inspecteur général des Monnaies de France. Elle y ouvre un salon philosophique en 1787, presque en même temps que celui de Madame de Staël (salon littéraire rival, plus mondain, réunissant des aristocrates libéraux) et où elle reçoit de nombreux philosophes des Lumières, des encyclopédistes et des étrangers de passage[3]. Il n’est pas déraisonnable de supposer qu'elle a joué quelque rôle dans le féminisme de son mari, auteur du célèbre opuscule Sur l’admission des femmes au droit de cité (3 juillet 1790). À la suite de la mise en accusation par les Jacobins, puis de la mort de son mari en 1794, Sophie connaît des jours difficiles, devant tenir une boutique pour pouvoir survivre. Ayant récupéré une partie de ses biens vers 1799, elle peut renouer avec ses activités littéraires, publiant les œuvres de son mari et rouvrant son salon littéraire qui deviendra un foyer d’opposition à l’Empire.

Outre ses Lettres sur la sympathie, elle a traduit Thomas Paine et Adam Smith.

Elle est inhumée au cimetière du Père-Lachaise (division 10)[4].

Œuvre[modifier | modifier le code]

  • Lettres sur la sympathie ; suivies des Lettres d’amour, Montréal, Étincelle, 1994

Traductions[modifier | modifier le code]

  • Adam Smith, Théorie des sentimens moraux, ou, Essai analytique sur les principes des jugemens que portent naturellement les hommes, d’abord sur les actions des autres et ensuite sur leurs propres actions, traduit de l’anglois sur la septième et dernière édition par Marie-Louise-Sophie de Grouchy Condorcet, Marquise, Paris, F. Buisson, 1798

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Madeleine Arnold-Tétard, Sophie de Grouchy, marquise de Condorcet : la dame de cœur, Paris, Christian, 2003
  • M. d’Arvor, Les Femmes illustres de la France : Madame de Condorcet (1764-1822), Paris, P. Boulinier, Librairie Moderne, 1897
  • Thierry Boissel, Sophie de Condorcet, femme des Lumières, 1764-1822, Paris, Presses de la Renaissance, 1988
  • Antoine Guillois, La Marquise de Condorcet: sa famille, son salon, ses amis, 1764-1822, Paris, P. Ollendorff, 1897
  • Charles Léger, Captives de l’amour, d’après des documents inédits ; lettres intimes de Sophie de Condorcet, d’Aimée de Coigny et de quelques autres cœurs sensibles, Paris, C. Gaillandre, 1933
  • Henri Valentino, Madame de Condorcet ; ses amis et ses amours, 1764-1822, Paris, Perrin, 1950
  • Carlo Del Teglio, "Il ricamo della regina" , Cattaneo Paolo Grafiche, Oggiono - Lecco 2012.
  • Jacques-Alphonse Mahul, Annuaire nécrologique, ou Supplément annuel et continuation de toutes les biographies ou dictionnaires historiques, 3e année, 1822, Paris : Ponthieu, 1823, p.69-70 [1]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Frédéric Bidouze, Les parlementaires, les lettres et l'histoire, Publications de l'Université de Pau, , p. 121.
  2. Henri Valentino, Madame de Condorcet; ses amis et ses amours, 1764-1822, Perrin, , p. 10.
  3. Antoine Guillois, La marquise de Condorcet: sa famille, son salon, ses amis, 1764-1822, P. Ollendorff, , p. 64-65.
  4. François Marie Marchant de Beaumont, Manuel et itinéraire du curieux dans le cimetière du Père la Chaise, Paris, Emler frères, (lire en ligne), p. 105-106

Liens externes[modifier | modifier le code]