Sophie de Condorcet

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Sophie de Condorcet
Description de cette image, également commentée ci-après
Portrait de Sophie de Condorcet.
Nom de naissance Sophie Marie Louise de Grouchy
Naissance
Meulan (Vexin français)
Décès (à 58 ans)
Paris
Activité principale
Auteur
Langue d’écriture français

Sophie Marie Louise de Grouchy connue sous le titre de Sophie de Grouchy ou de marquise de Condorcet, née à Meulan le et morte à Paris , est une femme de lettres française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Née au château de Villette, demeure familiale des Grouchy près de Meulan, Sophie Marie Louise de Grouchy est la fille aînée du marquis de Grouchy (François Jacques de Grouchy, 1715-1808), et de Gilberte Fréteau (ca 1740-1793)[1]. Elle est la nièce du président Dupaty. Elle est la sœur d'Emmanuel de Grouchy, le maréchal d'Empire, protagoniste malheureux de la bataille de Waterloo. Sa sœur, Charlotte de Grouchy, est l'épouse du docteur Cabanis[2].

Esprit brillant marqué par un fort scepticisme religieux, sa beauté et son intelligence séduisent le philosophe Nicolas de Condorcet, de vingt ans son aîné. Sophie de Grouchy épouse Condorcet le 28 décembre 1786, dans la chapelle du château de Villette, le mariage ayant pour témoin La Fayette. Sophie de Condorcet s'installe à l’Hôtel des Monnaies où son mari habite comme Inspecteur général des Monnaies de France. Elle y ouvre un salon philosophique en 1787 (salon littéraire rival de celui de Madame de Staël, plus mondain, réunissant des aristocrates libéraux), où elle reçoit de nombreux philosophes des Lumières, des encyclopédistes et des étrangers de passage[3]. Il n’est pas déraisonnable de supposer qu'elle a joué quelque rôle dans le féminisme de son mari, auteur du célèbre opuscule Sur l’admission des femmes au droit de cité (paru le ).

En mai 1790, ils ont une fille unique, Alexandre-Louise Sophie de Condorcet, qui sera appelée toute sa vie Élisa. Celle-ci épouse en 1807 le général Arthur O'Connor.

À la suite de la mise en accusation par les Jacobins, puis de la mort de son mari en 1794, Sophie de Condorcet connaît des jours difficiles, devant tenir une boutique pour pouvoir survivre. Ayant récupéré une partie de ses biens vers 1799, elle peut renouer avec ses activités littéraires, publiant les œuvres de son mari et rouvrant son salon littéraire qui deviendra un foyer d’opposition durant le Premier Empire.

Outre ses Lettres sur la sympathie, elle a traduit Thomas Paine et Adam Smith.

Elle est inhumée au cimetière du Père-Lachaise (division 10)[4].

Œuvre[modifier | modifier le code]

  • Lettres sur la sympathie ; suivies des Lettres d’amour, Montréal, Étincelle, 1994; Les Lettres sur la sympathie (1798). Philosophie morale et réforme sociale, Marc André Bernier et Deidre Dawson (éd.), SVEC, 2000.

Traductions[modifier | modifier le code]

  • Adam Smith, Théorie des sentimens moraux, ou, Essai analytique sur les principes des jugemens que portent naturellement les hommes, d’abord sur les actions des autres et ensuite sur leurs propres actions, traduit de l’anglois sur la septième et dernière édition par Marie-Louise-Sophie de Grouchy Condorcet, Marquise, Paris, F. Buisson, 1798.

Correspondance[modifier | modifier le code]

  • Jean Nicolas Rieucau, « Quatorze lettres inédites de Sophie de Grouchy et des éditeurs des Œuvres dites Complètes de Condorcet », Recherches sur Diderot et sur l'Encyclopédie, 39, 2005, p. 125-155 (ces lettres concernent principalement la préparation des Œuvres de Condorcet, parues durant l’été 1804). En ligne sur openedition.
  • Charles Léger, Captives de l’amour, d’après des documents inédits ; lettres intimes de Sophie de Condorcet, d’Aimée de Coigny et de quelques autres cœurs sensibles, Paris, C. Gaillandre, 1933.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Frédéric Bidouze, Les Parlementaires, les lettres et l'histoire, Publications de l'Université de Pau, , p. 121.
  2. Henri Valentino, Madame de Condorcet; ses amis et ses amours, 1764-1822, éditions Perrin, , p. 10.
  3. Antoine Guillois, La Marquise de Condorcet : sa famille, son salon, ses amis, 1764-1822, éditions Ollendorff, , p. 64-65.
  4. François Marie Marchant de Beaumont, Manuel et itinéraire du curieux dans le cimetière du Père la Chaise, Paris, Emler frères, (lire en ligne), p. 105-106.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Madeleine Arnold-Tétard, Sophie de Grouchy, marquise de Condorcet : la dame de cœur, Paris, Christian, 2003
  • Gabrielle d’Arvor [Mme Isnard de Belley], Les Femmes illustres de la France : Madame de Condorcet (1764-1822), Paris, P. Boulinier, Librairie Moderne, 1897.
  • Thierry Boissel, Sophie de Condorcet, femme des Lumières, 1764-1822, Paris, Presses de la Renaissance, 1988.
  • Laurie Breban et Jean Dellemotte, « From One Sympathy to Another: Sophie de Grouchy’s Translation of and Commentary on Adam Smith’s Theory of Moral Sentiments », History of Political Economy, 49, 2017, p. 667–707.
  • Antoine Guillois, La Marquise de Condorcet : sa famille, son salon, ses amis, 1764-1822, Paris, éditions Ollendorff, 1897
  • Henri Valentino, Madame de Condorcet ; ses amis et ses amours, 1764-1822, Paris, éditions Perrin, 1950.
  • Jacques-Alphonse Mahul, Annuaire nécrologique, ou Supplément annuel et continuation de toutes les biographies ou dictionnaires historiques, 3e année, 1822, Paris : Ponthieu, 1823, p. 69-70.

Liens externes[modifier | modifier le code]