Gouines rouges

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Les Gouines rouges furent un mouvement radical féministe lesbien français.

Les « Gouines rouges » ont été fondées en avril 1971, répondant à une volonté de s'affirmer à la fois au cœur du mouvement féministe et du mouvement homosexuel, ainsi qu'à la crainte que les lesbiennes risquaient d'en disparaître.

Historique[modifier | modifier le code]

En avril 1971, les femmes du Mouvement de libération des femmes (MLF), qui depuis l'automne 1970 se réunissent le mercredi tous les quinze jours en assemblée générale aux Beaux-Arts de Paris, lancent une campagne pour l'avortement et la contraception libres et gratuits, et signent le Manifeste des 343 publié par le Nouvel Observateur.

Le Front homosexuel d'action révolutionnaire, mouvement radical rejetant les réformes en faveur de l'homosexualité jugées insuffisantes ou timorées, a été créé un mois auparavant, à l'initiative de militantes du MLF et de quelques militants de l'association Arcadie.

L'« alliance entre les filles du MLF et les pédés du FHAR » paraissait évidente alors que personne n'a remis en question la mixité du FHAR. Les membres des deux mouvements se sentaient victimes de la « phallocratie » et voulaient la « libre disposition de [leur] corps ». Anne-Marie Fauret, dans le no 12 de Tout, résume ainsi cette position : « Notre place est à l'intersection des mouvements qui libéreront les femmes et les homosexuels. Le pouvoir que nous revendiquons est celui de nous réaliser. »

Mais la parution du numéro 12 de Tout, où pour la première fois des homosexuels des deux sexes prenaient publiquement la parole dans un journal d'extrême gauche, fait basculer l'équilibre entre les sexes du côté des hommes. Ces derniers affluant au FHAR, les lesbiennes s'y sentent marginalisées, et le nombre de ces dernières reste sensiblement le même. Les militantes féministes se sentent dépossédées du FHAR.

C'est finalement contre la « misogynie » du FHAR que des militantes lesbiennes se réunissent dans l'amphithéâtre des Beaux-Arts. Une cinquantaine de militantes, dont l'âge varie entre vingt et trente-cinq ans, fondent les Gouines rouges. Le nom aurait été repris de l'invective d'un passant hostile lors d'une manifestation.

Le mouvement se fait connaître avec des distributions de tracts à l'entrée des boîtes de femmes, à Pigalle et Chez Moune. En juin 1971, une fête aux Halles est organisée pour « fêter dans la joie le commencement de notre révolte, sortir de nos ghettos, vivre enfin notre amour au grand jour » (tract)[réf. souhaitée]. (voir Bibliothèque Marguerite-Durand, dossier MLF)

Le groupe se sépare peu après du FHAR pour rejoindre le MLF comme groupe de discussion informel. Y sont lancés ou discutés des concepts tels que « devenir lesbienne par choix politique ». Les Gouines rouges s'affirment au sein du MLF, avec des « happenings » dans les assemblées générales, avec des thèmes comme « les lesbiennes sont-elles des femmes ? » ou « notre problème est aussi le vôtre », ou pendant les « Journées de dénonciations des crimes contre les femmes », tenues à la Mutualité les 14 mai et 15 mai 1972.

Les réunions des Gouines rouges se sont ensuite espacées, malgré les encouragements de Monique Wittig.

Bibliographie[modifier | modifier le code]