Médias citoyens

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Le terme de médias citoyens ou de médias s'applique aux formes de contenu créé par des particuliers qui ne sont pas des journalistes professionnels. On y rattache les idées de journalisme citoyen, médias participatifs, et médias démocratiques.

Ana Maria Brambilla, journaliste citoyenne pour OhmyNews au Brazil.

Concept[modifier | modifier le code]

L'expression de "médias citoyens" est inventée par Clemencia Rodriguez, qui définit le concept par "les processus de transformations qu'ils apportent aux participants et leurs communautés"[1]. Les médias citoyens s'appuient sur la transformation du public en participant à l'information publique. À l'époque contemporaine, les nouvelles technologies de l'information et de la communication facilitent cette entreprise.

On trouve beaucoup de formes différentes de production citoyenne de l'information, par exemple via des blogs, vlogs, podcasts, récits en ligne, radios associatives, vidéos participatives, mais encore à la télévision, la radio, Internet, par email, dans les cinémas, sur DVD et via d'autres supports variés. Beaucoup d'organisations et d'institutions facilitent la production de contenu médiatique par les particuliers.

Les médias citoyens ont gagné en popularité grâce à la démocratisation des outils et systèmes technologiques qui facilitent la production et la distribution des informations. En 2007, le succès des petits journalistes indépendants commence à se placer en véritable rival des médias de masse classiques, en termes d'audience et de partage[2].

Médias participatifs[modifier | modifier le code]

On préfère souvent le terme de médias participatifs à l'expression de médias citoyens, l'idée de citoyenneté impliquant un lien nécessaire entre l'individu et la nation. Le terme exclut des millions de personnes apatrides, ou non représentées par leur gouvernement. La nature numérique de beaucoup d'initiatives de médias participatifs, comme Indymedia, qui efface les frontières nationales, complique la notion[3].

Supports[modifier | modifier le code]

Radio[modifier | modifier le code]

Les radios communautaires ou associatives sont un des plus anciens moyens de communication participative.

Télévision[modifier | modifier le code]

Un certain nombre de pays permettent à leurs citoyens d'utiliser les fréquences TV locales pour leur propre communauté.

Internet[modifier | modifier le code]

Internet a permis l'essor de nouvelles méthodes de distribution électronique. On compte par exemple :

  • la création de systèmes de gestion de contenu (CMS) à la fin des années 1990, qui a permis à des personnes sans connaissances technologique d'écrire et de publier des articles sur Internet via des blogs, des podcasts, des vlogs, des wikis ou encore des forums
  • des sites internet de journalisme citoyen, qui encouragent les particuliers à écrire sur ce qui les intéresse (c'est le mode de fonctionnement de Wikinews par exemple)
  • le développement d'Indymedia soutient la création de médias collaboratifs citoyens, avec un concept de consensus pour la prise de décisions, l'inclusion obligatoire des femmes et des minorités, l'interdiction d'un contrôle des entreprises et une accréditation anonyme

Des nouveaux modèles de rentabilité ont fait leur apparition, et sont de plus en plus adoptés par les médias classiques.

Vidéo[modifier | modifier le code]

La vidéo participative est une approche participative ou citoyenne des médias qui a gagné en popularité avec la démocratisation de la production de vidéos, la facilité de se procurer des caméras à usage personnel, et la distribution des vidéos via Internet. L'idée de la vidéo participative est de regrouper une communauté, un ensemble de personnes autour de la production d'un film[4].

La vidéo participative a été développée en opposition aux approches traditionnelles des documentaires, dans lesquels les points de vue locaux ou indigènes sont filmés et analysés par des vidéastes professionnels. Ces vidéastes, souvent originaires de milieux aisés, prennent une certaine liberté pour améliorer la narration et interpréter le sens des images qu'ils capturent. Le film est donc créé pour des personnes qui ne comprennent pas le monde filmé, et ceux qui ont été filmés sont rarement compensés à juste titre pour leur participation. Les objectifs de la vidéo participative sont de faciliter l'empowerment et l'autonomie de la communauté, ainsi que sa visibilité[5].

Les premières expériences de vidéo participative sont un travail de Don Snowden, un Canadien qui a trouvé l'idée d'utiliser les médias pour permettre une approche et un développement centrés sur la communauté concernée. Alors directeur du département du développement à l'Université Memorial de Terre-Neuve, Snowden travaille en partenariat avec le réalisateur Colin Low et l'Office national du film du Canada pour appliquer sa théorie dans le petit village de pêcheurs de Fogo Island, en Terre-Neuve-et-Labrador[6],[7]. En regardant les films des différents participants à l'expérience, les villageois se rendent compte qu'ils partagent beaucoup de problématiques, et se regroupent pour trouver des solutions. Les vidéos des pêcheurs sont aussi partagées avec des corps législatifs de la région, qui changent certaines lois parce qu'ils ne comprenaient pas les problèmes rencontrés par les habitants[8]. Snowden décide de faire le tour du monde et d'appliquer le même processus qu'à Fogo : il le fait jusqu'à sa mort en Inde en 1984[9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Meikle Graham, Networks of Influence: Internet Activisim in Australia and Beyond" in Gerard Goggin (ed.)Virtual Nation: the Internet in Australia University of New South Wales Press, Sydney, pp 73-87.
  2. « Peter Leyden | New Politics Institute » (version du 28 avril 2007 sur l'Internet Archive),
  3. Flew, Terry "New Media: An Introduction". Oxford University Press, Melbourne.
  4. Lunch, N., & Lunch, C. (2006). Insights Into Participatory Video: A Handbook for the Field (1st ed.). Oxford: Insight.
  5. Lunch, C. (2004). Participatory Video: Rural People Document their Knowledge and Innovations. Indigenous Knowledge Notes; 71.
  6. Daniel Schugurensky, « Challenge for Change launched, a participatory media approach to citizenship education », History of Education, sur History of Education, The Ontario Institute for Studies in Education of the University of Toronto (OISE/UT), (consulté le 16 octobre 2009)
  7. Wendy Quarry, The Fogo Process: An Experiment in Participatory Communication, 1994, Thesis, University of Guelph (lire en ligne)
  8. Catalani, Caricia. (2006). Videovoice Theory. Accessed at « Archived copy » (consulté le 18 octobre 2007) on Oct 18, 2007.
  9. Lunch, C. (2006, March). Participatory Video as a Documentation Tool. Leisa Magazine, 22, 31-33.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]