Lucien Genin

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Lucien Génin)
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Lucien Génin
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 58 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Nationalité
Activité
Formation
Lieu de travail

Lucien Génin né le à Rouen et mort le à Paris est un peintre français.

Il est connu pour ses vues de Montmartre et Saint-Germain-des-Prés.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d'un plâtrier et d'une couturière, Lucien Genin naît le dans le quartier de la Croix-de-Pierre à Rouen.

Réformé en 1914, il suit l'enseignement de l'école des beaux-arts de Rouen. Ses professeurs sont Alphonse et Albert Guilloux. Dans le même atelier se trouvaient Alfred Dunet et Michel Fréchon, deux futurs noms de l'École de Rouen. Lucien Genin est talentueux et les élèves les plus heureusement doués se voient proposés à l'admission à une école parisienne. Il quitte Rouen et s’inscrit aux Arts déco, rue de l'École-de-Médecine. Il suit les cours du soir de sculpture, composition d'architecture et mathématiques mais préférera très vite, aux rigueurs écolières, la joyeuse compagnie de ses nouveaux amis de l'hôtel du Poirier où il s'est installé. L'un d'eux, Élisée Maclet, en instance de divorce, s'y est réfugié en automne 1919. Arrivé à Montmartre en 1912, après avoir exercé une série de petits métiers, Maclet vit enfin de sa peinture. Il apprendra vite au jeune Normand toutes les ficelles du métier.

Lucien Genin a 25 ans et s’installe pour de bon à Montmartre. Il quitte l'hôtel pour se fixer au Bateau-Lavoir. Il partage sa jeunesse avec Ginette, une jeune fille perdue rencontrée là-haut. Lucien Genin travaillera pour Léon Mathot et Henri Bureau et liera amitié avec les peintres Frank-Will, Gen Paul[1], Émile Boyer, Marcel Leprin, ainsi que Max Jacob et Dorival.

Plus que peintre de Paris, Genin est peintre des Parisiens, de la dévorante passion qui agite tous ses personnages de la grande ville. Il les peint dans les ruelles de Montmartre, dînant le soir place du Tertre, chantant au Lapin Agile, en auto sur les boulevards, badauds entourant haltérophiles et chanteurs des rues ; il les suit sur les bords de Marne aux premiers rayons du soleil et dans le Midi de la France, l'été. Il est tour à tour à Nogent-sur-Marne, à Marseille et Cassis, à Cannes et à Villefranche-sur-Mer. Il est à Douarnenez en 1929 en compagnie de Pierre Colle, Giovanni Leonardi et Max Jacob. Il peint le port de Rosmeur le jour de la fête des filets bleus et expose son tableau au Salon d'automne de 1930. Il témoigne de la fin des années folles et de la crise mondiale de 1929. Durant ces dix années, il pratique une peinture intelligente, composée, colorée, sensible, habile, délicate, humoristique et cocasse. Un tableau de Lucien Genin obtient en 1932 le prix de l'Art Institute of Chicago.

En 1936, Ginette s'en va. Genin quitte Montmartre pour Saint-Germain-des-Prés, sa « chambre à peindre » est au 16, rue Jacques-Callot et la galerie Bernard, son nouveau marchand, est installée depuis un an au no 8 de la même rue. En 1940, il se réfugie quelques mois à Marseille. En 1941, la Ville de Paris lui achète une gouache et en 1944 René Fauchois présente son exposition à la galerie Bernard. On lit dans Le Journal des arts que « ses gouaches sont prestement enlevées avec un je-ne-sais-quoi de léger, d'improvisé, mélange de fantaisie et de sûreté ».

Genin vit et vend ses gouaches dans le quartier, chez Cailac ou chez Barreiro, chez Anacréon ; Léo Larguier et Maurice Rheims en possèdent.

En 1947, il part une dernière fois pour Cassis et expose à son retour à la galerie Bernard. Il ne quittera plus le quartier des Beaux-Arts. Il peint là-haut dans sa chambre des paysages rêvés sur son chevalet posé sous la fenêtre, là où Robert Doisneau le visite quelques semaines avant sa mort.

Lucien Genin sera immortalisé tel qu'il était en 1953 dans Le Vin des rues de Robert Giraud et Robert Doisneau, paru en 1955, sans un mot sur l'artiste qu'il fut. Lucien Genin meurt le . Il était entré la veille à l'hôpital Cochin. Amputé d'une jambe gangrenée, il ne survécut pas à l'opération. Grâce à Ginette, son corps ne fut pas inhumé dans la fosse commune. Il est inhumé au cimetière parisien de Thiais.

Une exposition rétrospective est organisée galerie de Seine du au .

Œuvres[modifier | modifier le code]

France
Suisse

Expositions[modifier | modifier le code]

Personnelles[modifier | modifier le code]

  • 1944, Paris, galerie Bernard.
  • 1947, Paris, galerie Bernard.
  • 1954, Paris, galerie de Seine.
  • 1960, Paris, galerie Aymonier (catalogue).
  • 1990, Paris, musée Montmartre (catalogue).
  • 2007, mairie du 6e arrondissement de Paris, (catalogue).

Collectives[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jacques Lambert, Claude Duneton Gen Paul : un peintre maudit parmi les siens, 2007, p. 106 : « Lucien Génin, par exemple, qui a pris pension dans le modeste hôtel du Poirier, à côté du Bateau Lavoir, où il s'est lié avec Max Jacob… Peintre naïf et gai […], Génin a trois raisons de suivre Gen Paul […] »
  2. « Max Jacob et ses amis, l'Odet à Quimper, Lucien Genin (1894-1953), vers 1929 », Musée des beaux-arts de Quimper (consulté le 29 mai 2019).

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • R. de Cazenave, L'Information artistique, 1955.
  • Collectif, De Montmartre à l’ombre de Saint-Germain, Lucien Genin, par Bertrand Willot, Jacques Dazzi, Maurice Rheims, reprise de textes de René Fauchois et Marcel Guicheteau, La vie d’artiste AWD, Paris, 1999 (ISBN 2-913639-00-3).
  • Collectif, L’Artiste l’œuvre Lucien Genin, par Bertrand Willot, Alain Buquet, Michel Denes, Paul Deramble, Laurence Dupeyron, Bernard Jarrige, Olivier Maitre Allain, Olivier Poupion, Jean Roger Ferréol, Martine Willot, La vie d’artiste AWD, Paris, 2001 (ISBN 2-913639-01-1) (Résumé sur le site de l’éditeur(.

Liens externes[modifier | modifier le code]