Pierre Hodé

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Pierre Hodé
Naissance
Décès
(à 53 ans)
Paris
Nom de naissance
Georges Pierre Théodule Ducenne
Nationalité
Drapeau : France Française
Activités
Autres activités
décorateur de théâtre
Mouvement
Pierre HODÉ (1889-1942) : Port de Rouen - Huile sur toile signée en bas à droite - 60 x 73 cm - Collection Claude Pillement
Pierre HODÉ (1889-1942) : Nature morte au pot blanc - Huile sur toile signée en bas à gauche - 60 x 73 cm - Collection Claude Pillement
Pierre HODÉ (1889-1942) - Paris, le pont des Arts et l’île de la Cité - Huile sur toile signée en bas à droite, vers 1925 - 81 x 100 cm

Pierre Hodé, de son vrai nom Georges Ducenne, est un artiste peintre et décorateur de théâtre français affilié à l'École de Rouen, né le à Rouen (au no 72, rue du Gros-Horloge) et mort le 15 décembre 1942 à l'hôpital Bichat de Paris.

Biographie[modifier | modifier le code]

Pierre Hodé est un pseudonyme reprenant le nom de son grand-père maternel.

Le jeune Pierre Hodé exerce un emploi de commis sur le port de sa ville natale, alors en pleine expansion, avant d'être fonctionnaire à la Préfecture de Seine-Inférieure, dessinant et peignant alors les rives de la Seine à la manière des impressionnistes. Son premier périple à Londres en 1907 annonce un engouement durable pour la capitale britannique en laquelle il se rendra régulièrement jusqu'en 1939[1].

Les encouragements qu'il reçoit de Robert Antoine Pinchon sont suivis de son aide à Pierre Dumont dans la fondation de la Société normande de peinture moderne en 1908[2]. Pierre Hodé épouse Marthe Suzanne Maille (1890-?), couturière, le 3 octobre 1910[2] (leur fils unique naît en 1912) et sa première exposition à Rouen a lieu en 1913. Réformé pendant la Première Guerre mondiale pour cause de problèmes musculaires[3], il part pour Paris où, avec Pierre Dumont, il loge au Bateau-Lavoir de Montmartre. Rencontrant les principaux acteurs du cubisme, « ami de Juan Gris, proche de Maximilien Luce et de Pierre Mac Orlan, apprécié de Raoul Dufy, brossant le portrait de Maurice Utrillo »[4], c'est dans une veine cubiste que se situera son premier envoi (1919) au Salon d'Automne dont il deviendra immédiatement sociétaire[5]. Il est cependant en 1917 engagé volontaire dans les services de santé (son fils étant alors confié à la garde de Fernande Olivier, le premier modèle de Pablo Picasso), ses missions de brancardier dans les tranchées des Flandres l'exposant à de sévères gazages qui le font évacuer à l'Hôpital du Mont-Dore (Puy-de-Dôme) puis à l'Hôpital Chaptal jusqu'au 2 novembre 1918[6] mais dont en réalité il ne se rétablira jamais.

En 1922, c'est Pierre Hodé qui prend l'initiative d'organiser une section d'art français dans le cadre de la Erste Internationale Kunstaustellung (Première exposition d'art internationale) de Düsseldorf[7]. En 1924, ses problèmes de santé (asthme) et les nécessités pécuniaires l'amènent à exercer pendant six mois la gérance du Café de Paris à Honfleur, réalisant en cet établissement et en l'Hôtel du Cheval blanc des fresques murales (que seule la carte postale a conservées aujourd'hui), peignant aussi une série de toiles sur le Port et la Lieutenance. Avec ses amis peintres Georges Capon et Jacques Wolf, il fonde en 1925 le Groupe des peintres normands[8].

En 1931, afin de se consacrer au décor de théâtre, Pierre Hodé raréfie son activité de peintre jusqu'en 1937, date à laquelle Robert Delaunay sollicite sa contribution au Pavillon des chemins de fer par deux grandes fresques murales[3].

Pierre HODÉ (1889-1942) Conflans-Fin-d’Oise, le pont suspendu et le port aux Guêpes - Huile sur toile signée en bas à droite - 46 x 65 cm

Les séquelles de la guerre 1914-1918 ont raison de sa santé, et Pierre Hodé s'éteint en l'hôpital Bichat en 1942[9],[10].

Contributions bibliophiliques[modifier | modifier le code]

Expositions personnelles[modifier | modifier le code]

Expositions collectives[modifier | modifier le code]

Réception critique[modifier | modifier le code]

  • « Le créateur du "théâtre synthétique" ( des décors faits de cube et de volumes simples que l'on déplace à volonté et que l'on anime par des éclairages modulés correspondant au ton de chaque scène) laisse des toiles rigoureusement construites, des paysages et des natures mortes marqués par le cubisme qu'il pratique de façon très personnelle en l'abordant par le réalisme. » - Gérald Schurr[16]

Musées et collections publiques[modifier | modifier le code]

Collections privées[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Chantal Humbert, Avant que le Blitz s'abatte sur Londres, Pierre Hodé a planté son chevalet au cœur de la City, La Gazette Drouot, 1er janvier 2011
  2. a b et c François Lespinasse, L'École de Rouen Éditions Lecerf, 1995.
  3. a et b Galerie Bertran, Pierre Hodé, biographie, Rouen, 2016
  4. a et b Service des publics et service éducatif des musées de la ville de Rouen, Le temps des collections - 3e édition, dossier pédagogique, 2014, voir Pierre Hodé pages 18-22
  5. Patrick-F. Barrer, L'histoire du Salon d'automne de 1903 à nos jours, Arts et Images du Monde, 1992.
  6. François Lespinasse, Hodé, Imprimerie Planète graphique, 2014.
  7. a et b Le Bulletin de la vie artistique, n°10 du 15 mai 1922.
  8. Musées de la ville de Rouen, Le temps des collections, 2014, voir Pierre Hodé pages 18-20
  9. François Lespinasse, Journal de l'École de Rouen 1877-1945, 2006 (ISBN 2-906130-01-X)
  10. Les amis de l'École de Rouen, La rubrique de Pierre Hodé - Interviews de Pierre Buychaut, avril 2015
  11. Galerie Bertran, Rouen au fil de l'eau, présentation de l'exposition, 2013
  12. Galerie Bertran, Les expositions
  13. Musée national Fernand-Léger, Disques et sémaphores, présentation de l'exposition, 2010
  14. Musée des beaux-arts de Bordeaux, Sur les quais, ports, docks et dockers, dossier pédagogique, 2009
  15. Magazine « Sortir ici et ailleurs », Les peintres impressionnistes et post-impressionnistes de l'École de Rouen, présentation de l'exposition, 2011
  16. Gérald Schurr, Le guidargus de la peinture, Les Éditions de l'Amateur, 1993, pages 511-512.
  17. Musée de la Faïence et des Beaux-Arts de Nevers, présentation des collections, 2013

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • François Lespinasse, Pierre Hodé, Imprimerie Planète graphique, , 136 p. ((présentation en ligne).
  • Le temps des collections, 2014-2015 - Musées de Rouen, Éditions Shoeck, 2014.
  • Antoine Bertran et Stéphane Rioland, Rouen au fil de l'eau - Reflets et transparences, Éditions Point de vues, 2013.
  • Jean-Pierre Delarge, Dictionnaire des arts plastiques modernes et contemporains, Gründ, 2001 (lire en ligne).
  • Emmanuel Bénézit, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, Gründ, 1999.
  • André Roussard, Dictionnaire des peintres à Montmartre, Éditions André Roussard, 1999.
  • Gérald Schurr, Le guidargus de la peinture, les Éditions de l'Amateur, 1993.
  • Patrick-F. Barrer, L'histoire du Salon d'automne de 1903 à nos jours, Arts et Images du Monde, 1992.
  • Annette Duc-Ducenne-Hodé, Jacqueline Philippe-Maille et Anne-Marie Bergeret, Pierre Hodé, Éditions du Musée Eugène-Boudin de Honfleur, 1987.
  • François Lespinasse (préf. François Bergot), L'École de Rouen, Sotteville-lès-Rouen, Fernandez, , 221 p. (OCLC 18496892, LCCN 80155566).
  • François Lespinasse, L'École de Rouen, Rouen, Lecerf, 1995 (ISBN 2901342043).
  • Claude Pillement, Hodé, Paris, Mayer, , 93 p. (OCLC 26039340).
  • Sous la direction de Gladys C. Fabre et Marie-Odile Briot, Léger et l'esprit moderne, 1918-1931 : une alternative d'avant-garde à l'art non figuratif, Éditions du Musée d'art moderne de la ville de Paris, 1982.
  • Gérald Schurr, Les petits maîtres de la peinture, valeur de demain, Les Éditions de l'Amateur, tome 1, 1975.

Liens externes[modifier | modifier le code]