André Utter

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
André Utter
Biographie
Naissance
Décès
Nationalité
Activité
Famille
Maurice Utrillo (beau-fils)
Conjoint

André Utter né à Paris le et mort dans la même ville le est une peintre français.

Il est le second mari de Suzanne Valadon et le beau-père de Maurice Utrillo.

Biographie[modifier | modifier le code]

André Utter est né le dans le Paris 18e arrondissement de Paris de parents d'origine alsacienne. Il est surtout connu pour avoir été le deuxième époux de l'artiste peintre Suzanne Valadon (1865-1938) et le beau-père du fils de cette dernière, Maurice Utrillo (1883-1955). Tous trois ont été aussi dénommés la « Trinité maudite », qualificatif retenu pour décrire l'atmosphère de querelles, réconciliations et alcoolisme qui caractérisent la vie du trio[1].

Peintre montmartrois[modifier | modifier le code]

André Utter est un ami d'enfance d'Edmond Heuzé[2], tous deux sont nés et ont grandi dans le quartier de Montmartre. C’est aussi de Montmartre qu’est issu son ami et beau-fils Maurice Utrillo né dans ce quartier en 1883. Au-delà de ces liens d’amitié, les deux hommes sont aussi liés par l’artiste Suzanne Valadon, qui fut femme de l'un et mère de l'autre.

Compagnon et mari de Suzanne Valadon[modifier | modifier le code]

Suzanne Valadon, Le Lancement du filet (1914), musée des Beaux-Arts de Nancy. André Utter a posé pour les trois figures.

Suzanne Valadon de 21 ans son aînée, rencontre André Utter en 1909, alors qu'il est électricien à la sous-station de l'avenue Trudaine[3]. Elle s'installe avec lui en 1909 après avoir divorcé de Paul Moussis, après treize ans de mariage.

André Utter, que son ami Edmond Heuzé décrit comme « d'une grande beauté avec sa tignasse blonde, ses yeux bleus et son teint vif »[2], inspire Suzanne Valadon. En 1909, elle lui demande de poser pour son tableau Adam et Ève, où elle se représente elle-même sous les traits dénudés d'Ève. En 1914, avant son départ à la guerre, André Utter épouse Suzanne Valadon[4]. Le couple gèrent ensemble la carrière de Maurice Utrillo et de Valadon elle-même. Utter est l'homme d'affaires au sein de la « Trinité Maudite », dénomination qui est reprise pour décrire le trio par Robert Beachboard[1].

André Utter achète en 1923 le château de Saint-Bernard, une bâtisse en ruines sur les bords de Saône dans le Beaujolais, qui devient le quartier général du trio hors de Montmartre ; chacun des membres du trio y dispose d'un atelier.

Son œuvre[modifier | modifier le code]

Initié à la peinture par Suzanne Valadon, André Utter est comme elle autodidacte. Il réalise à partir de 1910 de nombreuses peintures de paysage, et notamment de la rue Cortot où se situe son atelier. Il réalise en 1925 un portrait de Maurice Utrillo remarqué. Par la suite son œuvre comportera essentiellement des portraits et des natures mortes. C'est aussi en 1925 qu'il illustre le Théâtre à lire d’Oscar Wilde. Inspiré par le cubisme, son œuvre prend une tonalité plus douce après la Première Guerre mondiale. Il peint notamment une Nature morte à la pipe, constituée de collages et datée de 1909, un Autoportrait en masque antique (1909, Sannois, musée Utrillo-Valadon), et un Portrait de Maurice Utrillo, huile sur carton de 1910 (Paris, musée national d'Art moderne).

En 1935, poussé par sa mère, Utrillo épouse Lucie Valore. Suzanne Valadon meurt en 1938, laissant la gestion de l’œuvre de Maurice Utrillo entre les mains de Lucie Valore et d’André Utter.

André Utter meurt le ans le 18e arrondissement de Paris et repose avec Suzanne Valadon au cimetière parisien de Saint-Ouen. Ses traits nous sont entre autres restiués par un portrait dessiné par Georges Kars en 1924, conservé à Paris au musée national d'Art moderne.

Expositions[modifier | modifier le code]

Œuvres dans les collections publiques[modifier | modifier le code]

Coupe de fruits (1911), musée des Beaux-Arts de Brest.
France
Suisse

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Pierre Aimar, « Valadon, Utrillo et Utter, la trinité maudite – entre Paris et Saint-Bernard, 1909-1939, du 16 octobre au 12 février 2012 au musée Paul Dini, Villefranche », , sur arts-spectacles.com.
  2. a et b Jean-Paul Crespelle, « Heuzé. Du quadrille réaliste à l'Institut », in: Montmartre vivant, Hachette, 1964, p. 157.
  3. Jean-Pierre Crespelle, op. cit., pp. 163-164.
  4. Edmond Heuzé est le témoin d'André.[réf. nécessaire]
  5. « Coupe de fruits », notice sur photo.rmn.fr.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Oscar Wilde (trad. Cecil Georges-Bazile, ill. André Utter), Théâtre à lire, Delpeuch, , 257 p..
  • Robert Beachboard, La Trinité maudite : Valadon, Utter, Utrillo, Paris, Amiot-Dumont, .
  • Jean-Paul Crespelle, Montmartre vivant, Hachette, 1964.
  • Emmanuel Bénézit, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, t.13, Gründ, 1999.
  • Martine Willot, Bertrand Willot, Michèle Michy-Quizet, Alphonse Quizet et ses amis, 1955-2005, il y a cinquante ans disparaissaient Alphonse Quizet et Maurice Utrillo, La Vie d'artiste AWD, 2005 (ISBN 2-913639-05-4).

Liens externes[modifier | modifier le code]