Louis Guillon

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Louis Guillon
Illustration.
Louis Guillon, député des Vosges (1933)
Fonctions
Député 1932-1936
Gouvernement IIIe République
Groupe politique IAESP
Biographie
Date de naissance
Date de décès (à 60 ans)
Résidence Vosges

Louis Guillon, né le à Épinal et décédé le à Paris, est un homme politique français.

Un élu local et un militant de la droite républicaine nationale[modifier | modifier le code]

Fils d'un employé des chemins de fer[1] , il se fixe à Thaon à partir de 1899, où il est garçon de course à la Blanchisserie et Teinturerie de Thaon (BTT), dirigée par Paul Lederlin. Réformé en 1914, il s'engage cependant comme volontaire, avant d'être définitivement réformé en 1917. Il est vice-président des anciens combattants de Thaon en 1932.

Paul Lederlin lui a confié le service social de la BTT, puis le service commercial en 1917. Cet industriel protestant et radicalisant (centre-gauche) patronne également ses débuts en politique. Il est élu conseiller d'arrondissement et conseiller municipal de Thaon en 1919. Il devient premier adjoint du maire, qui n'est autre que Lederlin depuis 1919.

Mais il s'éloigne de ce-dernier, élu sénateur en 1920, et se rapproche de la droite. Il est candidat malheureux aux élections législatives de 1924 (sur la liste d'Union républicaine et nationale). Il critique la gestion passée de Lederlin et multiplie les attaques personnelles contre son ancien mentor, qualifié d'« autocrate »[2]. Il bat Lederlin aux municipales à Thaon et en devient maire en 1925. La même année, aux cantonales, dans le canton de Bains-les-Bains, il élimine Lederlin au premier tour mais est battu au second tour par un candidat radical.

Il est désigné en janvier 1925 secrétaire général du groupe vosgien de l'éphémère Ligue républicaine nationale, dans le contexte de l'union des droites contre le gouvernement du Cartel des gauches[3]. Il a été aussi l'un des premiers adhérents des Jeunesses patriotes des Vosges et devient le chef des Jeunesses patriotes des Basses-Vosges de 1927 à 1929[4]. Il est également membre de la Fédération républicaine à la fin des années 1920, et anime la fédération des Vosges[5] .

Aux législatives de 1928, il se présente dans la circonscription de Mirecourt mais il est battu. Il ne se représente pas aux municipales l'année suivante.

Un député agrarien, de 1932 à 1936[modifier | modifier le code]

Il quitte la Fédération républicaine au début des années 1930 pour prendre la présidence de la Fédération vosgienne du Parti agraire et paysan français[6] et vice-président de ce parti au début des années 1930, dont il est le seul élu à la Chambre à partir de 1932.

Il est en effet élu, de justesse (50,1 % des suffrages exprimés), député des Vosges dans la circonscription de Mirecourt en 1932. Il se présente comme candidat « républicain d'action sociale et agraire ». Il a mis en avant ses origines modestes et son journal électoral a souligné son combat contre « les forces cartellistes » mais aussi contre « un certain industriel » proche des radicaux – Paul Lederlin – , contre le député sortant René Porterat, qui serait « l'homme de la haute industrie thaonnaise » et contre « les compromissions avec le grand capitalisme oustricard [ Lederlin, membre du conseil d'administration de l'affaire bancaire d'Albert Oustric, a été compromis par le sandale Oustric ] ».

Il approfondit son assise locale ensuite. Il devient conseiller général des Vosges le 10 octobre 1933 pour le canton de Châtel, en battant un candidat radical-socialiste, bénéficiant des voix des ruraux et des ouvriers de Thaon (62,2 % des suffrages exprimés). Et il redevient maire de Thaon-les-Vosges en 1934.

Il devient un notable du monde paysan : fondateur en 1926 la Confédération nationale des producteurs de pommes de terre, administrateur commercial de l'Union féculière des Vosges et de l'Est, président de l'Union départementale des coopératives agricoles de production, il est élu en novembre 1934 et réélu en janvier 1936 président de l'Union nationale des coopératives agricoles de production, de transformation et de vente. Il a présidé à la Chambre le groupe parlementaire de défense du fermage et du métayage, constitué en décembre 1934[7], et il est membre du groupe parlementaire de défense forestière.

Il est alors un agrarien modéré, hostile à la mise en cause du régime républicain et à l'agitation paysanne d'Henri Dorgères et du Front paysan. En 1933, il lance ainsi des appels au calme lors de la journée agraire salle Wagram à Paris et tance les membres de l'assistance qui lui crient : « Vendu ! A la Seine les politiciens ! »[8]. En 1935, à la Chambre, il répond à Pierre-Étienne Flandin qui prétend vouloir « combattre les agitateurs du mouvement agrarien » : « Je mérite d'autant moins votre observation qu'au récent congrès du parti agrarien, à Clermont-Ferrand, c'est moi qui ai empêché le vote d'une motion de défiance au gouvernement que vous présidez »[9]. Il rompt d'ailleurs avec le Parti agraire, et fonde le Parti républicain agraire et social en février 1936[10]. Il entraîne avec lui une vingtaine de fédérations, dont celle des Vosges où le mouvement de Dorgères a eu d'ailleurs peu d'échos, et les Jeunesses agraires.

Mais il n'est pas réélu député en 1936, battu au second tour de 67 voix seulement par un candidat investi par le Front populaire, Jean Leroy. Son échec électoral entraine la disparition de son parti.

Vichyste sous l’Occupation[modifier | modifier le code]

Il est nommé par Vichy membre de la commission administrative des Vosges, et membre du Conseil national de Vichy en janvier 1941. Il est ensuite nommé sous-préfet de Brest puis préfet du Finistère de décembre 1942 à août 1943. Préfet hors cadre, il est ensuite désigné commissaire du gouvernement auprès de la Corporation paysanne[11] puis directeur du cabinet du ministre de l'agriculture Pierre Cathala[12].

Il est nommé préfet des Alpes-Maritimes en août 1944, avec l'accord des Allemands, mais il n'exerce pas ces fonctions du fait de la Libération. Il est suspendu le 19 août, mis en disponibilité sans traitement le 26 février 1945 et enfin rayé des cadres du corps préfectoral le 29 juin 1945.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • « Louis Guillon », dans le Dictionnaire des parlementaires français (1889-1940), sous la direction de Jean Jolly, PUF, 1960 [détail de l’édition]
  • Isabel Boussard, La Corporation paysanne, Paris, Presses de la FNSP, 1980
  • Michèle Cointet, Le Conseil national. Vie politique et réforme de l'État en régime autoritaire, Paris, Aux Amateurs de Livres, 1989
  • Jean-François Colas, Les Droites nationales en Lorraine dans les années 1930 : acteurs, organisations, réseaux, Thèse de doctorat, Université de Paris X-Nanterre, 2002, 3 volumes.
  • Jean-Paul Rothiot, « Louis Guillon », dans Jean El Gammal, Dictionnaire des parlementaires lorrains de la IIIe République, Metz, Ed. Serpenoise, 2006, p. 371-373
  • Bertrand Munier, Le grand livre des élus vosgiens, 1791-2003 : conseillers généraux et régionaux, députés, sénateurs, ministres, Ed. Gérard Louis, 2003

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Son père Louis François Guillon était cultivateur selon Jean-Paul Rothiot.
  2. Jérôme Estrada de Tourniel, Les quotidiens lorrains d'expression française pendant l'entre deux guerres (1919-1939), Thèse de doctorat, Université de Metz, 1994, p. 505
  3. Fin décembre 1924, un banquet d’union républicaine nationale, sous le drapeau de cette Ligue, eut lieu à Epinal, autour du ministre de la guerre André Maginot, entouré de 17 parlementaires de l’Est. En janvier, une réunion fut organisée et présidée par le député Maurice Flayelle, pour annoncer les débuts de la ligue dans les Vosges: Le Foyer vosgien, 21 décembre 1924, La Plaine des Vosges, 1er février 1925, Jérôme Estrada de Tourniel, Les quotidiens lorrains d'expression française pendant l'entre deux guerres (1919-1939), Thèse de doctorat, Université de Metz, 1994, p. 505
  4. Cf. Jean-François Colas, op. cit., p. 30. Il a organisé avec la section JP d'Epinal une réunion de propagande le 20 novembre 1927, accueillant Pierre Taittinger. Il est encore cité comme « un entraîneur » des JP en novembre 1929. la section d'Épinal disparaît au début des années 1930 et le pôle devient Remiremont, où réside le chef départemental, Charles Liebenguth
  5. Il « représente le groupe vosgien » au congrès de Lunéville ( organisé par Adrien de Turckheim ) de la Fédération républicaine de Lorraine en mars 1929. L'Éclair de l'Est, 11 mars 1929 in Jean-François Colas, op. cit., p. 18. Il existe au moins depuis 1927 une Fédération vosgienne de la Fédération républicaine, mais il s'agit d'une structure informelle et quasi-vide. L'un de ses fondateurs et vice-présidents est l'industriel cotonnier Georges Laederich.
  6. Son activité est très limitée : création d'une poignée de sections, à Gérardmer en 1931 par exemple, quelques réunions de propagande. Son activité est limitée en été du fait des travaux des champs, et en hiver, elle est tributaire de la présence de Louis Guillon or il est accaparé par ses autres activités et par les conférences qu'il donne dans les autres départements. La fédération publie un bulletin, mais sa parution est irrégulière. La fédération ne dispose pas de moyens financiers et son activité n'est pas relayée par la presse vosgienne. Ainsi, une réunion de propagande avec Fleurant-Agricola à Épinal le 8 février 1932 n'a aucun écho dans les journaux vosgiens. La journée d'action nationale organisée par le parti le 26 novembre 1933 a eu peu d'impact en Lorraine. Aucune manifestation n'a lieu dans les Vosges, Louis Guillon se trouant pour une réunion à Aurillac. Le préfet note ainsi  « le calme le plus absolu » dans son département. Cf. Jean-François Colas, op. cit., p. 60-61. En 1935, les autorités notent que Louis Guillon fait peu de propagande pour son parti dans les Vosges, qui apparaît donc peu structuré et peu actif.
  7. La Terre de Bourgogne, 27 janvier 1935
  8. Jean-François Colas, op. cit., L'Action française, 26 janvier 1933
  9. L'Éclair de l'Est, 2 mars 1935 : cité par Jean-François Colas, op. cit., p. 105-106. Cf. aussi au moment du débat sur les ligues: L'Homme libre, 4 décembre 1935
  10. L'Ouest-Eclair, 6 février 1936, Le Petit Journal, 5 février 1936, Ibid., 6 février 1936
  11. L'Ouest-Eclair, 25 janvier 1944
  12. L'Echo de Nancy, 19 avril 1944

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]