Louis Dupiech

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Louis Dupiech
Louis Dupiech.jpg
Fonctions
Préfet
Aveyron
Marcel Chapron (d)
Préfet
Finistère
-
Pierre Monzat (d)
Préfet
Meuse
-
Jacques Simon (d)
Jean Daugy (d)
Biographie
Naissance
Décès
Nationalité
Activités
Haut fonctionnaire, résistantVoir et modifier les données sur Wikidata
Père
François Dupiech (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfant
Guy Dupiech (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Distinctions

Louis Dupiech né le 14 août 1900 à Castelsagrat et mort le 3 mai 1945, en déportation, est un haut fonctionnaire et résistant français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille et études[modifier | modifier le code]

Louis Dupiech naît le 14 août 1900 à Castelsagrat (Tarn-et-Garonne) chez son grand-père maternel Jean Maxes, cordonnier. La Famille Dupiech est originaire de Castelnau-d'Estrétéfonds[1]. Son père, François Dupiech est maire de Castelsagrat, directeur et instituteur à l'école du village. Sa mère est Ida Catherine Maxès. Après avoir obtenu une Licence en droit à la Faculté de droit de Toulouse il épouse Ida Jeanne Germaine Serres le 29 février 1924 à La-française (Tarn-et-Garonne) avec laquelle il aura un fils, Guy Dupiech[2], lui-même préfet et haut-fonctionnaire

Carrière[modifier | modifier le code]

Louis Dupiech commence sa longue carrière administrative dans l’Enregistrement. Surnuméraire de l'enregistrement, receveur, puis receveur rédacteur, le 3 novembre 1926 il est finalement détaché auprès du préfet de l'Aude comme chef de cabinet. En 1935, après une longue interruption due à son état de santé et un assez bref retour à son administration d’origine, il revient définitivement à la carrière préfectorale en janvier 1936 en qualité de chef de cabinet du préfet du Cher, puis de la Vienne. Nommé secrétaire général de la Drôme, puis sous-préfet de Condom en 1939, il est secrétaire général de la Seine-et-Marne durant l’offensive allemande de mai 1940. Il devient sous-préfet de Cherbourg en 1942, avant d'être nommé le 23 mai de la même année préfet de la Meuse. Il défend ses convictions républicaines et se fait un devoir de toujours garder le contact avec les anciens élus de son département.

Louis Dupiech, préfet

Résistance[modifier | modifier le code]

Le 1er août 1943 il est nommé préfet du Finistère[3]. C'est sans doute à cette époque qu'il adhère à la Résistance. En liaison avec les organisations de la Résistance, il protège des liaisons avec l'Angleterre par bateau et avion, aidant à soustraire aux Allemands de nombreux fugitifs. Les réunions clandestines se tiennent à la Préfecture dans ses appartements privés. C'est d'ailleurs là qu'il cache les plans secrets établis en vue de la libération du département. Tous les mois, il adresse des rapports au gouvernement d'Alger. Des mois de travail difficile et dangereux entament sa santé. Un choix s'impose alors à lui : ou un congé (mais son action ne pourrait se poursuivre), ou une nomination à la tête d'un département dont l'administration serait moins lourde. C'est la deuxième solution qui est choisie : le 6 février 1944, il est nommé Préfet de l'Aveyron[4]. Dès son arrivée à Rodez, il prend contact avec les organisations de résistance locales : Noyautage des administrations publiques (NAP), Armée secrète (AS), dont il devient l’un des principaux chefs. Organisateur des parachutages, il alerte lui-même le maquis lorsqu'il est prévenu d'une action répressive grâce aux interprètes qu'il a placés à la Feldkommandantur. En qualité de préfet, il s’oppose à communiquer à la Gestapo le fichier des étrangers établi en 1943 ; le même mois, il refuse de poursuivre les réfractaires du STO. Il est désigné par le CFLN (Comité Français de Libération Nationale) d'Alger comme préfet de la Libération pour son département.

Déportation[modifier | modifier le code]

Le 11 mai 1944 à Paris, le chef national du NAP est arrêté. La Gestapo retrouve la liste des préfets dont la nomination à la Libération est prévue par le CFLN. Louis Dupiech y figure. Le dimanche 14 mai, fête de Jeanne d’Arc, tout juste sorti de la messe, il est arrêté par la Gestapo[5]. Il est d'abord conduit à Montpellier, puis au camp de Royallieu de Compiègne où pendant huit semaines, il est interrogé et torturé. Il quitte Compiègne le 16 juillet, avec un convoi de déportés pour le camp de Neuengamme en Allemagne où il arrive le 18 juillet. Refusant le statut de « personnalité otage », statut qui l’aurait dispensé des contraintes et du travail forcé, il est affecté au Kommando de Bremen-Farge, où les détenus sont employés à la construction d’un immense bunker pour sous-marins. Travaillant les pieds dans l’eau, vêtu de son seul sarrau de bagnard malgré le climat humide et glacial, il reste un exemple de dignité et de tenue pour ses camarades et notamment, pour les jeunes résistants bretons déportés qui l’ont reconnu et acclamé à son arrivée. En avril 1945, en raison de l'avance des armées alliée, à peine remis d'une grave phlébite, il doit repartir pour Neuengamme. L’évacuation du camp central et des Kommandos extérieurs décidée, les détenus entament une « marche de la mort » forcée, qui les conduit vers la baie de Lübeck.

Emplacement du Cap Arcona lors de son naufrage dans la baie de Lübeck

Les prisonniers qui y parviennent sont entassés par milliers dans les cales de plusieurs cargos, dont le « Cap Arcona », le « Deutschland IV » et le « Thielbek », à bord duquel prend place Louis Dupiech. Les navires sont alors exposés volontairement aux coups de l’aviation britannique. Le 3 mai 1945, le cargo est bombardé par la Royal Air Force, et disparaît dans les eaux sombres de la mer baltique, emportant avec lui la quasi totalité des déportés enfermés dans ses cales, dont Louis Dupiech[6].

Décorations[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Louis DUPIECH - Déporté politique - 1944 », sur memorialcastelsagrat.blogspot.fr (consulté le 2 mai 2018)
  2. « Biographie Guy Dupiech Préfet », sur www.whoswho.fr (consulté le 2 mai 2018)
  3. « Mémoire.Le préfet salue «l'esprit de résistance» », Le Telegramme,‎ (lire en ligne)
  4. « Document d'archives: DUPIECH, Louis », FranceArchives,‎ (lire en ligne)
  5. « Une rue pour Louis Dupiech », ladepeche.fr,‎ (lire en ligne)
  6. (en) Eric Blanchais, « MémorialGenWeb Fiche individuelle », sur www.memorialgenweb.org (consulté le 4 septembre 2018)
  7. « Cote 19800035/772/87507 », base Léonore, ministère français de la Culture.
  8. Henry Coston (préf. Philippe Randa), L'Ordre de la Francisque et la révolution nationale, Paris, Déterna, coll. « Documents pour l'histoire », (ISBN 2-913044-47-6), p. 71 — première édition en 1987.