Lluís Llach

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Lluis Llach
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Lluís Llach en 2006

Informations générales
Nom de naissance Lluís Llach i Grande
Naissance (68 ans)
Gérone, Espagne
Activité principale chanteur
Activités annexes compositeur, parolier
Instruments Piano, guitare
Années actives De 1965 à 2007
Site officiel http://www.lluisllach.cat/

Lluís Llach i Grande (ʎuˈiz ˈʎak) est un chanteur espagnol de culture et d'expression catalanes, né le à Gérone[1] en Catalogne. Il est une des figures de proue du combat pour la culture catalane sous le franquisme ; ainsi, il est un des animateurs de la Nova Cançó et devient le dernier membre à avoir rejoint le groupe Els Setze Jutges (en français les seize juges). Du fait de cet engagement qui l'a conduit à l'exil, il est considéré en Pays catalans comme une référence non seulement musicale mais également morale. Sa chanson L'Estaca (le pieu) est devenu un véritable hymne libertaire catalan.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est le second fils d'un médecin de village issu d'une famille de propriétaires terriens et d'une mère qui avait été éduquée dans les écoles de la bourgeoisie barcelonaise. C'est d'ailleurs sa mère qui initie les deux frères à la musique sur sa propre guitare. Puis vient le piano. Il compose ses premières mélodies à six ou sept ans, mais pour la première vraie chanson il faut attendre 1965, Que feliç era, mare, dont il écrit la musique sur des paroles de son frère.

C'est en 1967 qu'il intègre le groupe Els Setze Jutges, dont il sera la dernière recrue.

Il est l'auteur de la chanson L'Estaca, connue pour avoir été l'hymne officieux catalan de résistance au franquisme et souvent reprise.

De 1971 à 1976, sous la dictature franquiste, Lluís Llach quittera la Catalogne pour ce qu'il appellera du « tourisme pour motivations politiques ». En exil, il s'installe à Paris où il débute doucement, le 21 janvier 1973, sa carrière française à l'Olympia.

En 1975, il est condamné à une amende de 100 000 pesetes après avoir donné des représentations au « Palau de la Musica » [réf. souhaitée]. Il est alors totalement interdit de concert en Catalogne.

Au décès de Franco, l'année 1976 marquera son retour en Catalogne, qui sera fêté par un grand concert donné au Palais des Sports de Barcelone.

En 1985, il perd sa mère et lui dédie un message d'amour que l'on retrouve dans son album « Maremar ». Le 6 juillet 1985, Lluis Llach donne un concert mythique au Camp del Barça devant un public de 100 000 personnes. un événement tout à fait exceptionnel et rarement égalé par un artiste européen.

Il met fin à sa carrière artistique en 2006, après 29 albums, plusieurs de musiques de films (Salvador), des duos avec des grands noms de l'opéra, tel Jose Carreras, des concerts géants ou intimistes dans des salles réputées telles le Palau San Jordi à Barcelone ... « Par respect pour [s]on public », qu'il veut quitter dans la « plénitude de la forme physique, sans maladie, ni faiblesse vocale », il effectue à cette occasion une série de concerts dont une soirée à l'Olympia de Paris le 22 novembre 2006, et un ultime concert le 24 mars 2007, à Verges, le village où il a passé son enfance. Toutefois, il n'exclut pas par la suite des présentations ponctuelles avec son piano dans des petits théâtres.

Le 16 avril 2011, il donne un récital en plein air à Valence pour soutenir la chaîne catalane TV3 qui ne peut plus émettre au Pays valencien [pourquoi ?] [2].

À l'occasion des élections générales espagnoles de 2011, il soutient, avec d'autres membres de la société civile et du monde associatif, la plateforme Catalunya Sí, une association qui demande l'indépendance de la Catalogne à travers le parti Esquerra Republicana de Catalunya[3].

Lors des élections au Parlement de Catalogne de 2015, il est tête de liste de Junts pel Sí (JxSí) dans la circonscription de Gérone. Il est élu député au Parlement de Catalogne avec dix de ses colistiers[4]. Au Parlement, il est élu président de la commission d'étude du processus constituant en mars 2016, après le décès de Muriel Casals[5].

Style et influences[modifier | modifier le code]

Malgré une dépendance partielle des arrangeurs Manel Camp ou Carles Cases dans ses premiers enregistrements, Llach a su évoluer des chansons basiques à pièces d'une grande complexité harmonique et mélodique. Guitariste autodidacte, lorsqu'il s'accompagne à la guitare, il se limite à ponctuer ses chansons avec accords simples. Par contre, comme pianiste, il montre une très bonne connaissance de la tradition de la chanson culte de Schubert à Hahn avec touches de Satie (Nounou) et ses contemporains catalans comme Mompou et Manuel Blancafort (A la taverna del mar). Llach a utilisé des patrons de salsa pour le piano (Terra), des modulations en bloc d'un ton (El jorn dels miserables) et des progressions jazzistiques (Cançó d'amor a la llibertat). Quelques chansons des débuts montrent une influence des danses baroques (Laura, Jo sé, Vinyes verdes vora el mar) et des phrases en ostinato (Non, Somniem). Parmi ses influences comme chanteur, Llach se plaît à citer Mahalia Jackson et Jacques Brel.

Ses paroles ont aussi évolué des thèmes romantiques et appels à l'action de la jeunesse vers des cycles programmatiques de chansons et une fine ironie politique. La mer et une attitude positive et courageuse face à la mort inévitable sont des thèmes récurrents. Llach a mis en musique des poèmes de Constantin Cavafy, Marius Torres, Josep Maria de Sagarra, Pere Quart et, surtout, de son ami Miquel Martí i Pol.

Llach s'est produit comme baryton classique, notamment avec une série de représentations du Requiem de Gabriel Fauré et maintient une activité parallèle comme vigneron.

Faits et anecdotes[modifier | modifier le code]

Pour éviter d'être censuré, dans sa chanson « la Gallineta », il fera dire à la poule « vive la révulsion » au lieu de « vive la révolution ».

L'Estaca a fait l'objet de reprises en France par Serge Utgé-Royo, Zebda, les Femmouzes T., Jean-Bernard Plantevin, le chanteur occitan Patric, en Corse par le groupe I Chjami Aghjalesi sous le titre de Catena (« La Chaîne »), le groupe El Comunero dans leur album Sigue Luchando et le groupe Karpatt ainsi que de traductions en français par le chanteur engagé Marc Ogeret, sous le titre l'Estaque et de Marc Robine, sous le titre Le Pieu), en picard par Daniel Barbez sous le titre El piquet et dans le monde (notamment en Pologne par Solidarność).

Citations[modifier | modifier le code]

« Je viens d'un tout petit petit pays, je ne parle pas votre langue et j'ai l'immense prétention de communiquer avec vous... »

« Que vous soyez toujours là, après quarante ans, c'est un miracle »

Discographie[modifier | modifier le code]

  • 1968 : Els èxits de Lluís Llach
  • 1970 : Ara i aquí
  • 1972 : Com un arbre nu
  • 1973 : Lluís Llach a l'Olympia
  • 1974 : I si canto trist
  • 1975 : Viatge a Ítaca
  • 1976 : Barcelona. Gener de 1976
  • 1977 : Campanades a morts
  • 1978 : El meu amic el mar
  • 1979 : Somniem
  • 1980 : Verges 50
  • 1982 : I amb el somriure, la revolta
  • 1984 : T'estimo
  • 1985 : Maremar
  • 1985 : Camp del Barça, 6 de Juliol de 1985[6]
  • 1986 : Astres
  • 1988 : Geografia
  • 1990 : La forja de un rebelde
  • 1991 : Torna aviat
  • 1992 : Ara, 25 anys en directe
  • 1993 : Un pont de mar blava
  • 1993 : A Bigi, perquè el ballis
  • 1994 : Rar
  • 1995 : Porrera -Món-[6]
  • 1997 : Nu
  • 1998 : 9
  • 2000 : Temps de revoltes[6]
  • 2002 : Jocs
  • 2004 : Poetes
  • 2006 : i[6]
  • 2007 : Verges 2007

Littérature[modifier | modifier le code]

roman d'amour militant

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]