Liste des seigneurs de Villiers-Cul-de-Sac

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Seigneurie de Villiers-Cul-de-Sac[modifier | modifier le code]

Villiers ou Villiers-Cul-de-Sac était une seigneurie qui s'étendait sur une grande partie de la paroisse de Neauphle-le-Vieux, avec des extensions sur Morainville (aujourd'hui Saint-Germain-de-la-Grange). Propriété de Frédéric Phélypeaux, comte de Maurepas (Pontchartrain) et ministre de Louis XV et Louis XVI, ce fief a formé l'assiète de la nouvelle paroisse de Villiers-Saint-Frédéric, détachée en 1783 de celle de Neauphle-le-Vieux.

Ce fief était circonscrit par les fiefs voisins de Saint-Germain et de Chatron au nord (à Morainville), par celui de Neauphle-le-Châtel à l'est, par le fief du Pontel au sud, et par celui de Neauphle-le-Vieux à l'ouest.

Seigneurs et dames de Villiers-Cul-de-Sac[modifier | modifier le code]

Les seigneurs connus de Villiers-Cul-de-Sac furent successivement des membres des familles de Villaines (XIVe), de Rouville (XVe-XVIe), de Meneau (XVIe-XVIIe), puis Phélypeaux de Pontchartrain (XVIIIe) [1].

Liste non exhaustive 
Villaines
  • Pierre de Villaines, archidiacre de Josas, est cité en 1339[2].
  • Pierre de Villaines, dit « le Bègue », (+ v. 1406) époux de Luce de Chevreuse, dame de Neauphle-le-Château en partie[3] ;
  • Pierre de Villaines, dit « le Bègue » (+ 1415), cité comme seigneur de Villiers en 1402[4], fils de précédent, chevalier, roi (prince) d'Yvetot (seigneurie achetée en 1401), seigneur de Malicorne, chambellan du roi, sénéchal de Carcassonne et de Toulouse[5] ; épouse Isabeau Le Bouteiller de Senlis, puis Catherine de Bueil[6], mort à Azincourt en 1415. Sa fille Jeanne de Villaine épouse Jean Gougeul de Rouville, chevalier, seigneur de Rouville, et enterrée avec lui à l'abbaye Notre-Dame de Bonport (Eure) [7]
  • Pierre de Rouville, dit « Gougeul » (mort à Azincourt le 25 octobre 1415), époux de Jeanne Boudard, dame de Neauphle (?).
  • Guillaume de Rouville (mort en 1492), chevalier, seigneur de Moulineaux, et de Rouville (en 1491), conseiller et chambellan du roi, capitaine des gens d'armes au duché de Normandie ; épouse Louise Malet de Graville, fille de Jean V Malet, seigneur de Graville [8] ; ils furent inhumés à l'abbaye Notre-Dame de Bonport (27) [9].
  • Louis de Rouville (mort en 1525), fils aîné du précédent, chevalier, seigneur de Rouville, Grainville-la-Teinturière, grand veneur de France, conseiller et chambellan du roi, lieutenant général au gouvernement de Normandie, bailli et capitaine de Mantes ; épouse Suzanne de Coesmes, fille de Nicolas, seigneur de Coesmes et de Lucé ; ils furent inhumés à l'abbaye Notre-Dame de Bonport (27) [7]
  • François de Rouville (+ 1549), fils du précédent, chevalier, grand maître des eaux et forêts de Normandie et Picardie, ; épouse en 1523 Louise d’Aumont, fille et héritière de Ferry d'Aumont, seigneur de Meru et de Chars[10].
  • Louise d’Aumont, veuve du précédent, dame de Chars, dispose de la moitié de l'héritage par indivis, et rend aveu le 5 mai 1551 pour Villiers à Henri II, à cause de la châtellenie de Neauphle-le-Château, appartenant au roi[11] ; remariée à Jacques d’Archiac, chevalier, seigneur d’Availles, elle est en conflit avec son fils Jean de Rouville, à cause de la seigneurie de Villiers Cul de Sac (1557) [12].
  • Jean de Rouville, écuyer, fils des précédent, rend hommage le 28 novembre 1549 pour ses seigneuries : Rouville, Villiers-Cul-de-Sac, Grainville-la-Teinturière, la moitié des fiefs d'Amblainville et de Théméricourt. Par douaire, il est en indivision avec sa mère Louise d'Aumont. Il avait épousé en 1550, Madeleine Le Roy (+ 1558), fille de Louis Le Roy, seigneur de Chavigny[10]. Le 25 juin 1560, il rendit à nouveau aveu pour son fief de Villiers[13], qu'il échangea en 1564 au profit de François de Meneau. Gentillomme pour la chambre du roi, lieutenant au gouvernement de Normandie, Jean de Rouville mourut au Siège de Paris en 1589, mais sa postérité se continua jusqu'au siècle suivant[14].
  • François de Meneau, seigneur du Pontel (à Neauphle-le-Vieux), maître d'hôtel ordinaire du duc d'Anjou et d'Alençon, devint seigneur de Villiers-Cul-de-Sac par échange avec le précédent en 1564[15]. Le 5 avril 1581, il acquiert par engagement la châtellenie de Neauphle-le-Château, qu'il revend peu après à Pomponne de Bellièvre, seigneur de Grignon et surintendant des finances, futur beau-père du suivant. Il meurt vers 1594.
  • Charles de Meneau, fils du précédent, seigneur de Villiers-Cul-de-Sac, Vicq, Chatron (à Saint-Germain-de-la-Grange), et Mareil-le-Guyon, épouse Louise de Bellièvre, fille de Pomponne de Bellièvre (1529-1607), chancelier de France. Charles de Meneau rend hommage de sa terre de Villiers le 16 août 1605.
  • Pomponne de Meneau (+ vers 1681), chevalier, seigneur de Villiers-Cul-de-Sac, premier écuyer de la Reine-Mère Marie de Médicis, épouse Madeleine Amaulry.
  • Nicolas de Meneau, seigneur de Villiers-Cul-de-Sac et du Pontel (à Villiers), vend sa terre de Villiers avec ses deux moulins de Toussac et de Cressay à Louis Phélypeaux, chevalier, comte de Pontchartrain, le 24 décembre 1697.
  • Louis Phélypeaux de Pontchartrain (1643-1727), fils de Louis I Phélypeaux de Pontchartrain, ancien Premier président du parlement de Bretagne, puis contrôleur général des finances (1689-1699), secrétaire d'État de la Marine (1690-1699) et secrétaire d'État de la Maison du Roi, puis Chancelier de France et Garde des Sceaux du au . Il épouse Marie de Maupeou (1645-1714), fille de Pierre III de Maupeou, seigneur de Bruyères, président de la 5e chambre aux enquêtes.
  • Jérôme Phélypeaux de Pontchartrain (1674-1747), fils du précédent, comte de Maurepas et de Pontchartrain, conseiller au parlement de Paris (1692-1699), il succède à son père comme secrétaire d'État de la Maison du Roi et comme secrétaire d'État de la Marine (1699-1715). Il avait épousé en premières noces, le 28 février 1697 Éléonore Christine de La Rochefoucauld de Roye (1681-1708), dont cinq enfants, parmi lesquels Jean Frédéric (1701-1781), qui lui succède comme comte de Pontchartrain et Maurepas, et comme seigneur de Villiers ; puis en secondes noces, le 31 juillet 1713, Hélène de L'Aubépine (1690-1770) dont deux filles, Marie Louise Rosalie (1714-1780), non mariée, et Hélène (1715-1781), épouse Louis-Jules Mancini-Mazarini, troisième et dernier duc de Nevers (1716-1798).
  • Jean Frédéric Phélypeaux de Maurepas (1700-1781), fils du précédent, « comte de Melleran », puis comte de Maurepas (1708) et de Pontchartrain, baron de Beynes, ministre d'État [16].
  • Adélaïde Mancini de Nevers, (1742-1808), dernière dame de Pontchartrain et de Villiers-Saint-Frédéric (nom changé en 1783), nièce du précédent, épouse de Louis Hercule Timoléon de Cossé-Brissac, (1734-1792), 9e duc de Brissac, pair de France et grand panetier de France, gouverneur de Paris, capitaine colonel des cent Suisses de la garde du roi.

Armorial[modifier | modifier le code]

Blasons des familles seigneuriales de Villiers

Postérité[modifier | modifier le code]

Pendant plus d'un siècle, les grandes fermes et bois de Villiers-Saint-Frédéric, ainsi que de Maurepas, Jouars-Pontchartrain et Beynes, restèrent dans la postérité d'Adélaïde Mancini, duchesse de Brissac, comme suit :

  • Adélaïde de Cossé-Brissac (1767-1820), fille d'Adélaïde Mancini et de Louis-Hercule de Cossé-Brissac, elle vend en 1801 le château de Pontchartrain. Elle épouse de Victurnien-Jean-Baptiste de Rochechouart, (1752-1812), 7e duc de Mortemart fils de Jean-Baptiste de Rochechouart, duc de Mortemart, et de Charlotte-Nathalie de Manneville. Pair de France, député de la noblesse des bailliages de Guéret et de Sens aux États généraux de 1789. Conseiller général de la Seine en 1821.
  • Casimir de Rochechouart (1787-1875), 8e duc de Mortemart, fils des précédents. Général de Napoléon Ier et pair de France. Premier ministre de Charles X en 1830. Grand Croix de la Légion d'honneur, ambassadeur en Russie, puis sénateur. Il épouse Virginie de Sainte-Aldegonde (1792-1878), dont un fils sans postérité et cinq filles.
  • Henriette de Rochechouart-Mortemart (1814-1919), fille du précédent, propriétaire des bois de Villiers et du château de Maurepas, épouse en 1835 Alphonse de Cardevac d'Havrincourt (1806-1892), marquis d'Havrincourt, polytechnicien (X 1828), député du Nord et du Pas-de-Calais (1849-1881), sénateur de 1886 à 1891[17].
  • Aimery de Cardevac d'Havrincourt (1839-1924), fils des précédents, marquis d'Havrincourt, conseiller général du Pas de Calais. Il épouse Blanche de Chabannes-la-Palice (1840-1906), dont :
  • Louis (Henri Gérard Antoine Pierre Marie de Cardevac) d'Havrincourt (1863-1928), fils du précédent, marquis d'Havrincourt. Il épouse Marie Louys, dont postérité. Dernière possession d'origine seigneuriale, les bois de Villiers ont été vendus par Louis d'Havrincourt en 1925 à la Société immobilière du Comptoir Central de Crédit.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Henri Brame, « Historique de l'abbaye de Saint-Pierre de Neauphle-le-Vieux », Revue Mabillon, 2e série, avril-juin 1931, XXIIe année, n°46p. 137.
  2. Mémoires de la Société archéologique de Rambouillet, t. 3, 1876, p. 221.
  3. Claudine Billot, Josiane Di Crescenzo, Chartes et documents de la Sainte-Chapelle de Vincennes: XIVe et XVe siècles, Paris : C.N.R.S., 1984, vol. 1. p. 93.
  4. Henri Brame, « Historique de l'abbaye de Saint-Pierre de Neauphle-le-Vieux », Revue Mabillon, 2e série, avril-juin 1931, XXIIe année, n°46, p. 180.
  5. Ernest Roschach, Inventaire des archives municipales de Toulouse antérieures à 1790, Toulouse, 1891, p. 72, 112n 542, 570.
  6. Carla Bozzolo, Hélène Loyau, 'La Cour amoureuse, dite de Charles VI,, Le Léopard d'Or, 1992, t. II-III, p. 51.
  7. a et b Père Anselme de Saint-Marie, 'Histoire de la maison royale de France anciens barons du royaume: et des grands officiers de la couronne, 3e édition. 9 volumes. 1726. Reprint Paris: Editions du Palais Royal, 1967-1968, vol. 8 p. 709.
  8. Père Anselme de Saint-Marie, 'Histoire de la maison royale de France anciens barons du royaume: et des grands officiers de la couronne, 3e édition. 9 volumes. 1726. Reprint Paris: Editions du Palais Royal, 1967-1968, vol. 8 p. 710-711.
  9. Son épitaphe était la suivante : « Cy gist messire Guillaume de Rouville, chevalier, Sr de Molineaux et de Villiers Cul de Sac, consr et chambellan du roy nostre sire et capitaine de ses gens d'armes, qui fut tres vaillant et bon chevalier plein de bonne renommee, qui trepassa le vingt troye jour l'an M CCCC IIIIxx et XII, madame Loyse de Graville sa famme, laquelle trepassa le IIe jour de mars M CCCC IIIIxx et XIX », dans : Philippe Contamine, « Le Moyen Âge occidental a-t-il connu des « serviteurs de l'État » ? », Actes des congrès de la Société des historiens médiévistes de l'enseignement supérieur public, 1998, t. 29, p. 17, d'après le vol. 8 de la coll. de Gaignères, à la Bibliothèque Bodléienne d'Oxford.
  10. a et b Annuaire administratif, statistique et historique du département de l'Eure, p. 111.
  11. Archives nationales (France), Inventaires en ligne, J 745, n°15.
  12. Archives nationales (France), Inventaires en ligne, J 745, dossier n°20, acte 5.
  13. Annuaire administratif, statistique et historique du département de l'Eure, p. 112.
  14. Père Anselme de Saint-Marie, 'Histoire de la maison royale de France anciens barons du royaume: et des grands officiers de la couronne, 3e édition. 9 volumes. 1726. Reprint Paris: Editions du Palais Royal, 1967-1968, vol. 8 p. 711-713.
  15. Anet Girvan Scott Espiner, Claude Fauchet, sa vie, son œuvre, Paris : E. Droz, 1938, p. 86.
  16. Moréri, Grand dictionnaire, t. VIII, p. 261-262 ; Archives départementales des Yvelines : fonds B/2037-2088 et 48 J : chartrier du comté de Pontchartrain.
  17. Biographie.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Henri Brame, « Dénombrement de la châtellenie de Neauphle-le-Château en 1366 », Bulletin de la Commission des Antiquités et des Arts de Seine-et-Oise, 1924, 41e et 42e années, p. 85-112.