Marie de Nemours

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Marie d'Orléans.
Marie de Nemours
1705 Portrait of the widowed Marie d'Orléans, Duchess of Nemours by Hyacinthe Rigaud (Lausanne).jpg

La duchesse de Nemours par Hyacinthe Rigaud en 1705 avec un couronne d'une princesse du sang. Version du musée des Beaux-arts de Lausanne

Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 82 ans)
Famille
Père
Mère
Frères
Conjoint
Coat of arms of Marie d'Orléans as Duchess of Nemours.png

Marie de Nemours, née en 1625, décédée le 16 juin 1707, est une princesse de Neuchâtel et Valangin en Suisse. Fille d’Henri II d'Orléans-Longueville et de Louise de Bourbon-Condé, Mademoiselle de Soissons, elle est connue jusqu'à son mariage sous le nom de Marie d'Orléans, Mademoiselle de Longueville. Elle épouse son cousin, Henri II de Savoie, duc de Nemours, de Genevois et d'Aumale en 1657, mais devient veuve deux ans plus tard. Par son arrière-grand-mère Marie de Bourbon-Saint-Pol d'Estouteville elle fut comtesse de St-Pol (qu'elle vendit en 1705 à Elisabeth de Lorraine, "Mademoiselle de Commercy", d'où succession chez les Melun d'Epinoy puis les Rohan-Soubise), et duchesse d'Estouteville. Elle fut aussi comtesse de Tancarville, et comtesse de Dunois qu'elle transmit à son petit-cousin Louis-Henri de Bourbon-Soissons, comte de Noyers (Louis-Henri prétendit aussi à la succession de Neuchâtel, mais il y échoua. Ses descendants les d'Albert de Luynes de Chevreuse eurent la succession du Dunois, et aussi de Coulommiers). Après elle, la « seigneurie du duché d'Estouteville » et le comté de Tancarville échurent à ses cousins Goyon-Matignon (puis Grimaldi de Monaco) et Colbert de Seignelay (puis Montmorency), issus du duc Léonor de Longueville le grand-père du duc Henri II.

Biographie[modifier | modifier le code]

Tutrice[modifier | modifier le code]

En 1672-1674, elle fut d'abord co-régente de Neuchâtel pour son demi-frère Charles-Paris, puis régente en 1679-1682 pour son demi-frère Jean-Louis Charles, sous l'autorité d'un conseil sans lequel elle ne pouvait rien décider. Elle destitua ceux qu'elle avait trouvés opposés à ses prétentions, dont le chancelier Georges de Montmollin[1]. Mais le roi de France Louis XIV lui retira la tutelle de son frère et confia la régence en 1682 au prince de Condé, frère de la duchesse de Longueville et à son fils le duc d'Enghien. Le chancelier de Montmollin fut rétabli, puis à nouveau dépouillé de ses charges. L'abbé-duc, Louis Charles d'Orléans, termina son règne nominal, le 24 janvier 1694.

Une succession disputée[modifier | modifier le code]

La duchesse de Nemours se rendit à Neuchâtel pour réclamer sa succession. Elle était accompagnée du chevalier de Soissons. Mais le prince de Conti (le Grand Conti), petit-neveu du Grand Condé et de la duchesse Anne-Geneviève, s'était mis sur les rangs. Les cantons suisses prirent le parti de la duchesse Marie, qui devenait ainsi la dernière comtesse-princesse héréditaire de Neuchâtel. Les Trois-États (conseil de la Nation et tribunal suprême) adjugèrent la souveraineté à la duchesse et déclarèrent le pays "inaliénable". Elle est ainsi princesse de Neuchâtel dès le 12 mars 1694. Le pays de Neuchâtel est alors déchiré entre ses partisans et ceux du prince de Conti, un proche de Louis XIV. Le peuple resta fidèle à Marie de Nemours qui rentra à Neuchâtel. Elle fut conduite en triomphe au château. Le prince de Conti demanda la convocation d'un tribunal impartial pour réformer la sentence de 1694 mais la population du pays et les cantons suisses craignaient de voir Neuchâtel devenir une province française et se préparèrent à défendre les limites jurassiennes de la Suisse. Les délégués des communes se réunirent à Neuchâtel le 24 avril 1699 et résolurent de maintenir l'autorité des Trois-États. Le prince de Conti dut alors renoncer à ses prétentions. Mais Louis XIV rappela en France et le prince de Conti et la princesse. Marie fut exilée dans sa terre de Coulommiers (janvier 1700) pour avoir résisté aux volontés du roi, qui voulait l'obliger à destituer ceux de ses officiers qui s'étaient montrés les plus opposés au parti de son rival Conti. Elle revint après un exil de quatre ans et s'établit à Valangin.

Extinction de la branche de Longueville[modifier | modifier le code]

A sa mort en 1707 disparaissait la dernière princesse de Neuchâtel d'origine française. La famille d'Orléans-Longueville qui avait régné pendant deux siècles sur Neuchâtel, s'éteignit. Les Neuchâtelois choisirent Frédéric Ier de Brandebourg, roi de Prusse, comme prince de Neuchâtel, de préférence au prince de Conti. La crainte de la politique de Louis XIV et la volonté de maintenir le pays de Neuchâtel, comme État indépendant, inaliénable et indivisible, en conservant ses libertés et ses liens avec les cantons suisses, explique le choix fait par les Trois-États.

Jean-Pierre Jelmini (pp. 57-61) explique le contexte diplomatique. Le canton de Berne voulait un État tampon entre les cantons suisses et la France qui venait d'être agrandie avec le rattachement de la Franche-Comté. Le roi d'Angleterre émit aussi des prétentions à la succession de Neuchâtel. Louis XIV ne voulant pas froisser l'Angleterre retira ses troupes et le prince de Conti rentra bredouille à Paris.

Les Mémoires de Marie de Nemours ont paru en 1709.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Georges de Montmollin (1628-1703) fut procureur général puis chancelier (1661) du comté de Neuchâtel. Cf. Frédéric-Alexandre Jeanneret, James-Henri Bonhôte, Biographie neuchâteloise, Le Locle, Eugène Courvoisier, .

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Histoire abrégée du Pays de Neuchâtel, par Albert Henry, 1878.
  • Histoire du Pays de Neuchâtel, par Louis Thévenaz, 1948.
  • 12 septembre 1814... et Neuchâtel devint suisse, par Jean-Pierre Jelmini, 1989 avec un portrait de Marie de Nemours.
  • M.-Fr. Dantine, Ch. Clémencet et al., L'art de vérifier les dates..., vol. 12, impr. Valade, (réimpr. 4e), p. 411-12
  • Mémoires de Marie d'Orléans, duchesse de Nemours (1709), édition présentée et annotée par Micheline Cuénin, Paris, Mercure de France, coll. "Le temps retrouvé", 1990.