Lise Thibault

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Lise Thibault
Image illustrative de l'article Lise Thibault
Fonctions
27e lieutenante-gouverneure du Québec
Monarque Élisabeth II
Premier ministre Lucien Bouchard
Bernard Landry
Jean Charest
Prédécesseur Jean-Louis Roux
Successeur Pierre Duchesne
Biographie
Nom de naissance Lise Trudel
Date de naissance (78 ans)
Lieu de naissance Saint-Roch-de-l'Achigan
Nationalité Canadienne
Parti politique Parti libéral du Canada,
Parti libéral du Québec

Lise Thibault
Lieutenants-gouverneurs du Québec

Lise Thibault, née le à Saint-Roch-de-l'Achigan, est une animatrice de télévision et une femme politique canadienne. Elle a été lieutenante-gouverneure du Québec du au .

Biographie[modifier | modifier le code]

Elle est la fille de Paul Trudel et de Laurence Wolfe. Elle est devenue infirme à vie après un accident de toboggan, survenu à l'adolescence. Depuis, elle doit recourir à un fauteuil roulant pour se déplacer. Elle s’est mariée le 21 novembre 1959 à Montréal avec René Thibault, dont elle a divorcé en 2001.

Carrière[modifier | modifier le code]

Carrière télévisuelle[modifier | modifier le code]

D'abord enseignante, Lise Thibault a travaillé de 1973 à 1978 à Télé-Métropole et, de 1977 à 1981, à Radio-Canada comme animatrice et recherchiste. Par la suite, elle a occupé plusieurs postes importants dans la fonction publique en plus d'être engagée dans de nombreux conseils d'administration sociaux au fil des années ce qui lui valut en 1994 le prix de Femme de Mérite que lui remit le YWCA de Montréal et le titre de « femme de l'année » dans la revue Châtelaine.

Lise Thibault a déjà animé une émission de télévision nommé De bien belles choses qui expliquait comment bien recevoir des invités avec peu de budget. Au début 2009, l'émission Infoman animée par Jean-René Dufort popularise ces capsules notamment lors du Bye Bye 2008[1].

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Lise Thibault a une vie politique militante très active au sein tant de partis politiques fédéralistes que de mouvements préconisant l'unité nationale canadienne. En 1980, elle est ainsi vice-présidente du comité pré-référendaire « Les Québécois pour le Non » et présidente du Comité du Non de Laval. Candidate du Parti libéral du Québec aux élection québécoise de 1981, elle est défaite dans la circonscription de Fabre. Elle est membre de la commission politique du Parti libéral de 1981 à 1984 et présidente de la sous-commission de la famille en 1983 et 1984. De nouveau candidate du Parti libéral, lors des élections fédérales de 1984, dans la circonscription de Gamelin, elle est battue par le progressiste-conservateur Michel Gravel. Elle est enfin présidente de la commission des communications, section Québec, du Parti libéral du Canada en 1986 et 1987.

Autres fonctions[modifier | modifier le code]

Elle est par la suite chargée par le gouvernement formé par le Parti libéral du Québec de différentes fonctions comme vice-présidente de la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST) de 1987 à 1993, puis présidente-directrice générale de l'Office des personnes handicapées du Québec de 1993 à 1995[2].

Lieutenante-gouverneure du Québec[modifier | modifier le code]

En 1997, à la demande du Premier ministre du Canada, Jean Chrétien, le gouverneur général du Canada Roméo LeBlanc la nomme lieutenante-gouverneure du Québec, à la suite de la démission de Jean-Louis Roux. Elle est la première et unique femme dans cette fonction qu'elle occupe pendant dix ans, jusqu'en 2007, date de son remplacement par Pierre Duchesne[3].

Affaire des dépenses excessives[modifier | modifier le code]

Lise Thibault en 2002.

Lise Thibault a été critiquée de la part des médias à cause de dépenses jugées excessives, injustifiées ou personnelles ou son refus de les expliquer (des factures pour des repas tenus en même temps dans trois différents restaurants, fête de Noël de 30 000 $, pièces de monnaie rares offertes en cadeau à une personne qu'elle refuse de nommer). En 2002-2003, elle aurait été remboursée par le gouvernement pour des dépenses de plus de 223 000 $[4],[5]. En février 2007, cette controverse éclate au grand jour. Certains députés exigent de la ministre fédérale Bev Oda qu'une enquête soit tenue sur les dépenses du lieutenant-gouverneur. Le Premier ministre Stephen Harper lui a annoncé que son mandat prendrait fin et qu'un nouveau lieutenant-gouverneur sera nommé après l'élection générale québécoise de 2007[6].

Le , des rapports du vérificateur général du Québec[7] et de la vérificatrice générale du Canada démontrent que des dépenses injustifiées de plus de 700 000 $ (sur un budget total de 1 700 000 $) ont été engagées sur dix ans. Une fois en cour, le montant des transactions reconnus étaient de 650 000 $.

À la demande de la Commission de l'administration publique de l'Assemblée nationale du Québec, elle a dû comparaitre le devant les députés, afin de s'expliquer concernant l'utilisation abusive des fonds publics, alors que les enquêtes policières étaient toujours en cours. À cet effet, les dispositions prévues à la Loi sur l'administration publique (article 29)[8] n'autorisaient pas la Commission à exiger sa comparution.

Le , elle fut officiellement accusée au criminel selon six chefs d'accusations[9].

Le , Lise Thibault reconnait sa culpabilité après avoir clamé durant des années son innocence et avoir tenté de se protéger en invoquant l'immunité royale (lors du procès du 30 mai 2014). L'avocat de la couronne, Me Marcel Guimond, réclame un remboursement de 430 000 $ tandis que l'avocat de la défense, Me Marc Labelle, reconnait un montant de 310 000 $[10]. À la clé, la Couronne estime que Lise Thibault mérite une peine de quatre ans de prison tandis que la défense plaide pour une peine dans la collectivité[11].

Le 30 septembre 2015, le juge Carol St-Cyr tranche en la condamnant à 18 mois de prison ainsi qu'au remboursement de 200 000 $ au gouvernement fédéral et de 100 000 $ au gouvernement provincial. Lise Thibault tente de faire commuer sa peine en travaux communautaires, mais sa demande est rejetée. Elle est incarcérée le 25 février 2016. Elle obtiendra une libération conditionnelle, le 2 juin 2016, après trois mois de détention.

Au printemps 2017, elle déclare faillite, incapable de rembourser 1,5 millions de dollars impayés en impôts provincial et fédéral de 1997 à 2013[12].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]