Le Crime de monsieur Lange

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Le Crime de monsieur Lange
Réalisation Jean Renoir
Scénario Jacques Prévert
Jean Renoir
Acteurs principaux
Sociétés de production Films Obéron
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre Comédie dramatique
Durée 84 minutes
Sortie 1936


Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Le Crime de monsieur Lange est un film français réalisé par Jean Renoir, sorti en France le [1]. Sur un scénario de Jacques Prévert, c'est le premier – et l’un des rares – film libertaire diffusé dans les salles françaises[2].

Synopsis[modifier | modifier le code]

Amédée Lange est employé dans la société d'édition de Batala, patron véreux et sans scrupules. Durant ses heures de loisir, Lange écrit des histoires : Les Aventures d'Arizona Jim. Batala, menacé de poursuites pour n'avoir pas honoré un contrat publicitaire, décide de publier Arizona Jim, en modifiant à l'insu de l'auteur certains passages afin d'intégrer des réclames au texte. Ne pouvant plus honorer ses dettes, Batala prend la fuite. Le train dans lequel il s'enfuit a un grave accident, et on le déclare mort. Les employés des éditions Batala décident alors de s'organiser en coopérative, et lancent un nouveau magazine dont Arizona Jim est la figure principale. C'est un immense succès auprès du jeune public. Mais quelque temps plus tard, Batala, qui avait profité de l'accident de train pour voler l'identité d'une des victimes, revient et réclame une part des bénéfices.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Non crédités[modifier | modifier le code]

Production[modifier | modifier le code]

Le tournage a lieu d'octobre à , au Tréport et à Paris, dans les studios de Billancourt. C'est à son occasion que Paul Éluard présente Pablo Picasso à Dora Maar, engagée comme photographe de plateau[3].

Appréciations[modifier | modifier le code]

« Voilà encore le cas, fréquent chez Renoir, d'un film qui, à force de vérité même, devient vite purement féerique… Monsieur Lange est de tous les films de Renoir, le plus spontané, le plus dense en miracles de jeu et de caméra, le plus chargé de vérité et de beauté pure, un film que nous dirions touché par la grâce. »

— François Truffaut, Les Films de ma vie, 1975

Jules Berry joue avec le personnage de Batala une caricature de patron combinard. « Son abjection papillonnante trouve ici l'expression la plus divertissante sinon la plus complexe[4]. »

Autour du film[modifier | modifier le code]

  • Le Crime de monsieur Lange est l'unique collaboration de deux grands auteurs de l'époque : Jacques Prévert et Jean Renoir.
  • René Lefèvre s'étant blessé au pied lors d'une course de chevaux pendant la durée du tournage et ayant un bandage, Jean Renoir, auquel il fit croire qu'il était tombé dans l'escalier car son contrat lui interdisait de participer à une course de chevaux pendant la durée du tournage du film, fut obligé de le filmer sans que l'on voie ses pieds[5].
  • Les mouvements de caméra de ce film ont grandement influencé des cinéastes des générations suivantes, notamment un panoramique au moment du crime, analysé par André Bazin (dans son étude sur Renoir publiée en 1971) et qui est considéré comme un des plus célèbres de l'histoire du cinéma[6].
  • Dans la Sirène du Mississipi de François Truffaut (1969), le personnage de Jean-Paul Belmondo indique à celui de Catherine Deneuve qu'il va voir Arizona Jim au cinéma.
  • Le personnage Arizona Jim, inventé par monsieur Lange, a inspiré l'auteur Thibauld Menke pour titrer son roman éponyme, paru en 2015[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Le Crime de Monsieur Lange - Fiche Film - La Cinémathèque française », sur cinema.encyclopedie.films.bifi.fr (consulté le 2 octobre 2019)
  2. Philippe-Jean Catinchi, « 1936, le temps retrouvé 1 », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne).
  3. Mary Ann Caws, Les Vies de Dora Maar, Paris, Thames & Hudson, 2000, p. 54, (ISBN 978-2-87811-185-9).
  4. Dictionnaire des personnages du cinéma, Ed. Bordas, (ISBN 978-2040-163-990)
  5. Télé 7 jours n°453, semaine du 25 décembre 1968 au 3 janvier 1969, p.20 : "Il a fallu couper les pieds de René Lefèvre"
  6. https://www.cineclubdecaen.com/realisat/renoir/crimedemonsieurlange.htm
  7. https://www.edilivre.com/arizona-jim-2311023807.html

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]