Jacques Brunius

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Jacques Brunius, nom d'artiste de Jacques Henri Cottance, est un acteur, réalisateur, homme de radio et écrivain français, né à Paris le , mort à Exeter (Angleterre) le . Suivant les films et les textes, il est crédité sous différents pseudonymes : Borel, Jacques Borel, Brunius, J.B. Brunius, Jacques B. Brunius, Jacques-Bernard Brunius, John La Montagne, Olaf Apollonius, Jacques Berne.

Parcours[modifier | modifier le code]

Si la mémoire retient surtout les personnages de l'homme au « bérait » de L'affaire est dans le sac, et celui du canotier entreprenant de Partie de campagne, Brunius fut plus que cela : proche de Jean Renoir, et des frères Jacques et Pierre Prévert, par là membre de la nébuleuse surréaliste qui se tenait à distance du groupe d'André Breton, et fréquentait plutôt la rue du Château puis le groupe Octobre. Il se rapproche du groupe « Contre-attaque » en 1935, puis entre dans le groupe surréaliste en janvier 1936. Il collabore à toutes les revues surréalistes, ne fût-ce que pour un seul numéro, et noue des liens d'amitié avec André Breton, liens qui ne se déferont qu'à la mort de ce dernier. Pendant la guerre, il est à Londres, journaliste membre de l'équipe des Français parlent aux Français à la BBC. Pour la RTF il traduisit en français la pièce radiophonique de Dylan Thomas, Au bois lacté, dont l'adaptation fut réalisée par Alain Trutat. Il était également ami de E. L. T. Mesens, membre du groupe surréaliste en Angleterre, rédigeant à propos des collages de son ami le texte Rencontres fortuites et concertées[1]. Il publie en 1954 aux éditions Arcanes En marge du cinéma français un recueil d'articles sur le cinéma d'avant-garde en France, vu sous ses aspects poétique, technique, et sémiologique, avec des illustrations de Man Ray ou Denise Bellon.

Il est le fondateur, avec Jean George Auriol, de La Revue du cinéma en 1928. Il a été l'éditeur des épisodes inédits de Vathek[2].

On lui doit la reconnaissance du Facteur Cheval à Hauterives (Drôme) d'où sa famille était originaire : il fit paraître un article intitulé « Ferdinand Cheval, facteur, constructeur du Palais de l'Idéal » dans la revue belge Variétés en juin 1929, puis ses photos du Palais dans le numéro spécial Le Surréalisme en 1929. Il écrivit ensuite sur lui de nombreux articles (Cahiers d'art, Vu, etc.) et lui consacra son court métrage Violons d'Ingres, présenté à l'exposition universelle de New York en mai 1939.

Il fut l'époux de Colette Hulmann, sœur de la photographe Denise Hulmann dite Denise Bellon, avec laquelle il a collaboré pour des reportages publiés dans divers journaux. Il fut ensuite l'époux de l'actrice anglaise Cecile Chevreau[3]. Rémi Waterhouse, scénariste, dialoguiste, cinéaste et producteur qui a commencé sa carrière avec Yannick Bellon, est son petit-fils. Sa sœur, Simone Cottance, fut une collaboratrice d'Henri Langlois.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Réalisateur[modifier | modifier le code]

Assistant réalisateur[modifier | modifier le code]

Acteur[modifier | modifier le code]

Œuvres[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

Auteur
  • 1954, En marge du cinéma français, Arcanes, Paris, 1954 (réédition présentée et commentée par Jean-Pierre Pagliano :Éditions L'Âge d'Homme, Lausanne, 1987)
  • 2016, Dans l'ombre où les regards se nouent. Écrits sur le cinéma, l'art, la politique 1926-1963. Édition établie et présentée par Grégory Cingal avec la collaboration de Lucien Logette, Paris, Éditions du Sandre, 2016.
Traducteur

Radio[modifier | modifier le code]

  • 1960 : Norman Frederik Simpson, Un tintement du tonnerre, pièce en 1 acte, traduite et adaptée pour la radio par Brunius, Radiodiffusion française, France III - National, 5 juin 1960
  • 1966 : Lewis Carroll, maître d'école buissonnière, France-Culture, 25 décembre 1966, dix heures.
  • 1970 : Dylan Thomas, Au bois lacté, traduit de l'anglais par Jacques Brunius.
  • 1983 : A la recherche de Brunius, gentleman surréaliste, émission de Paule Chavasse et Jean-Pierre Pagliano, France Culture, 7 mai 1983.

Citations[modifier | modifier le code]

« J'étais convaincu que Brunius était un grand acteur ; il l'était. Il est possible que son talent d'acteur soit venu du fait que, quoique professionnel, il ait réussi à garder dans son genre un côté improvisé, amateur, dilettante ; ce qu'il n’était pas. »

— Jean Renoir, Écrits 1926-1971

« Jacques-Bernard Brunius avait su par ses connaissances techniques et son extrême rigueur dans le travail souriant, nous guider, mon frère et moi, sur un terrain que nous ne connaissions pas du tout, celui du découpage et de la préparation d'un film.(...) C'est certainement à l'amitié naissante que Brunius éprouvait pour nous, amitié qui ne s'est jamais démentie par la suite, que nous devons, mon frère et moi, d'avoir fait vraiment du cinéma pour la première fois. »

— Pierre Prévert

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Rencontres fortuites et concertées
  2. William Beckford, Vathek et les épisodes, introduction de J. B. Brunius, avec la préface de Stéphane Mallarmé, illustrations de Edmond Maurice Pérot, Stock, 1948
  3. Cecile Chevreau sur monkeyheaven.com

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Jacques-B. Brunius, Dans l'ombre où les regards se nouent. Écrits sur le cinéma, l'art, la politique (1926-1963). Éditions établie et présentée par Grégory Cingal avec la collaboration de Lucien Logette, Éditions du Sandre, Paris, 2016.
  • Alain Keit, Brunius et le cinéma, collection « Le Cinéma des poètes », Nouvelles éditions Jean-Michel Place, 2015.
  • Jean-Pierre Pagliano, Brunius. Éditions L'Âge d'Homme, Lausanne, 1987
  • Lucien Logette, "Un béret et quelques violons", La Quinzaine littéraire, 1-15 novembre 2010 no 1025, p. 26
  • Bruno Montpied, Violons d'Ingres, un film de Jacques Bernard Brunius, Création franche no 25, Bègles, automne 2005.

Vidéo[modifier | modifier le code]

  • Jacques-Bernard Brunius, un cinéaste surréaliste, quatre films de Brunius : Autour d'une évasion, Violons d'Ingres, Records 37, Sources noires, Doriane films, 2012, [présentation en ligne] sur DorianeFilms.com

Liens externes[modifier | modifier le code]