Françoise Lantheaume

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Françoise Lantheaume
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Éducation, cultures, politiques (d)
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Françoise DarrouxVoir et modifier les données sur Wikidata
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Directeur de thèse
Jean-Louis Derouet (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
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Françoise Lantheaume, née en 1954, est une sociologue française, spécialiste de la transmission de la mémoire coloniale, professeure des universités en sciences de l'éducation à l'Université Lumière-Lyon-II.

Biographie[modifier | modifier le code]

Elle fait ses études universitaires à l'École des hautes études en sciences sociales où elle obtient un doctorat en sociologie en 2002 sous la direction de Jean-Louis Derouet[1] sur L’enseignement de l’histoire de la colonisation et de la décolonisation de l’Algérie depuis les années trente : État-nation, identité nationale, critique et valeurs. Essai de sociologie du curriculum[2]. En 2013, elle obtient une habilitation universitaire en sciences de l'éducation à l'université Lumière-Lyon-II[3] (Curriculum et travail enseignant : incertitudes, épreuves et reconfigurations. Essai de sociologie pragmatique et réticulaire). En 2014, elle est nommée professeure de sciences de l'éducation à l'université Lumière Lyon-II[4]. Elle dirige le laboratoire ECP depuis 2012.

Elle est spécialisée dans la sociologie du curriculum, l'enseignement de questions controversées et le travail enseignant, la souffrance au travail de ces derniers. Elle a publié La Souffrance des enseignants : Une sociologie pragmatique du travail enseignant en collaboration avec Christophe Hélou en 2008. Leur travail traite de l'invisibilisation du travail réel des enseignants aux yeux de leur hiérarchie et de leurs pairs, qui est, pour eux, une des raisons de la souffrance au travail des enseignants[5]. Cet ouvrage est le résultat d'un partenariat entre la Fondation pour la santé publique de la MGEN et l'Institut national de recherche pédagogique[6]. Elle est aussi régulièrement invitée à intervenir lors de colloques et de journées d'études sur le sujet[7],[8].

Dans le cadre d'une enquête coordonnée par le laboratoire Éducation, Cultures, Politiques (ECP) de l'université Lumière Lyon-II en 2010-2011, elle a aussi dirigé une équipe internationale et pluridisciplinaire, comprenant Laurence De Cock dont elle a été directrice de thèse[3], qui travailla sur la vision du « roman national » chez les jeunes. Les chercheurs se sont fait raconter le roman national par 6 600 élèves de 11 à 19 ans en métropole et à la Réunion puis en Suisse, en Allemagne et en Catalogne. Elle a donné lieu à la publication d'un livre aux éditions des Presses universitaires de Lyon en 2016, dirigée par elle et l'historien canadien Jocelyn Létourneau, Le Récit du Commun[9],[10].

Dans le même temps, elle a dirigé une étude menée par le laboratoire ECP de Lyon 2 et trois syndicats enseignants dont le Syndicat national des enseignements du second degré (SNES), le SNUipp et le Syndicat National Unitaire de l'Enseignement Professionnel (SNUEP) sur la fin de carrière des enseignants et le maintien de leur santé au travail. Une journée d'étude en a rendu compte, en collaboration avec Luc Ria[11]. Cette étude regroupe 176 entretiens d'enseignants de plus de 50 ans de 52 établissements secondaires publics.

Depuis 2016, elle dirige une enquête internationale sur le thème Religions, Discriminations, Racisme en milieu scolaire (ReDISCO)[12].

De 2013 à 2016, elle assure avec Patrick Rayou la direction de la revue Recherche & formation[13].

Publications[modifier | modifier le code]

Direction d'ouvrages[modifier | modifier le code]

  • avec A.-L. Garcia, Durer dans le métier d'enseignant. Regards franco-allemands, Bruxelles, Academia,
  • avec J. Létourneau (dir.), Le récit du commun. L'histoire nationale racontée par les élèves, Lyon, PUL,
  • avec C. Hélou (dir.), La Souffrance des enseignants : Une sociologie pragmatique du travail enseignant, Paris, PUF,
  • avec Bessette-Hollande F., Coste S., (coll.), Les enseignants de lycée professionnel face aux réformes. Tensions et ajustements dans le travail, Lyon, INRP,

Contribution d'ouvrages[modifier | modifier le code]

  • L. De Cock, La fabrique de l'histoire scolaire, Marseille, Agone, , 2e éd., « L'enseignement du fait colonial entre universalisme républicain et mémoires singulières », p.73-86
  • J.-F. Marcel, Ti. Piot, Changements en éducation. Intentions politiques et travail enseignant, Toulouse, Octares, , « Recherche en éducation, action publique éducative et transformation du métier d’enseignant : la tentation du grand ménage et du couteau suisse »
  • P. Remoussenard, En quête du travail caché : enjeux scientifiques, sociaux, pédagogiques, Toulouse, Octares, , « Dimensions cachées du travail : ressource et obstacle face aux épreuves de la sur-prescription - Exemple de professionnels de l’éducation », p.53-66
  • Actes du Colloque international des didactiques de l’histoire, de la géographie et de l’éducation à la citoyenneté. Que valent les apprentissages en histoire, géographie et éducation à la citoyenneté ?, Lyon, IFE-ENSL, (lire en ligne), « Politique et pratiques d’enseignement en histoire, géographie et Éducation à la citoyenneté »
  • B. Falaize, C. Heimberg, O. Loubes (dir.), L'école et la nation, Lyon, ENSL éditions, , « L'empire de l'enseignement de l'histoire de France : de la promesse au fardeau », p.427-434
  • F. Abecassis & G. Meynier (coord.), Pour une Histoire franco-algérienne, Paris, La Découverte, , « Migration, culture et représentations », p. 133-167
  • P.A. Doudin, D. Curchod-Ruedi, L. Lafortune & N. Lafranchise, La santé psychosociale des enseignants et des enseignantes, Québec, Presses universitaires de Québec, , « Du dégoût de travailler à la reconquête du métier et de la santé. Exemple d’enseignants de lycée professionnel en France », p.133-167
  • M. Crivello (dir.), Les Échelles de la mémoire en Méditerranée, Arles, Actes Sud/MMSH, « L’enseignement de l’histoire du fait colonial. La voie étroite entre "devoir de mémoire", politique de la reconnaissance, et savoirs savants », p.363-376
  • Fatima Besnaci-Lacou, Benoît Falaize et Gilles Manceron (dir.), L'histoire des harkis : mémoire et transmission, Paris, éd. de l'Atelier, , « Des figures de l'absence. Les harkis dans les manuels d'histoire de lycée de 1962 à 1998 », p.178-186
  • M. Mac Andrew, M., Milot. & A., Triki-Yamani (dir.), L'école et la diversité. Perspectives comparées, Laval, Presses Universitaires de Laval, , « "Roman national" et diversité culturelle. Exemple de l'enseignement de l'histoire de France », p. 121-132
  • L. De Cock, E. Picard, La fabrique scolaire de l'histoire, Marseillea, Agone, , « Enseignement du fait colonial et politique de la reconnaissance », p.111-126
  • D. Borne, B. Falaize, Religion et colonisation, Paris, éd. de l'Atelier, , « Fait colonial et religion dans les programmes et les manuels scolaires », p. 256-262
  • Pour une histoire franco-algérienne, Paris, La Découverte, (lire en ligne), chap. 5 (« Migration, culture et représentations »)
  • Les guerres de mémoires, Paris, La Découverte, (lire en ligne), « Entre pacification et reconnaissance : les manuels scolaires et la concurrence des mémoires »
  • La France et l'Algérie : leçons d'histoire. De l'école en situation coloniale à l'enseignement du fait colonial, Lyon, INRP, , « Les difficultés de la transmission coloniale : le lien Algérie-France dans les programmes d'histoire et les manuels en France au XXe siècle », p. 217-228

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Derouet, Jean-Louis - Persée », sur www.persee.fr (consulté le 19 mai 2018).
  2. Lantheaume, Françoise, « L'enseignement de l'histoire de la colonisation et de la décolonisation de l'Algérie depuis les années trente : État-nation, identité nationale, critique et valeurs : essai de sociologie du curriculum », http://www.theses.fr/,‎ (lire en ligne).
  3. a et b « Françoise Lantheaume — Éducation Cultures Politiques », sur recherche.univ-lyon2.fr (consulté le 19 mai 2018).
  4. JORF no 0270 du 22 novembre 2014, texte no 58 [[ lire en ligne]].
  5. Laureline Dupont, « Enseignants : "Le travail invisible ne peut donner lieu à une reconnaissance" », Le Point,‎ (lire en ligne).
  6. Françoise Lantheaume et Christophe Hélou, La souffrance des enseignants: Une sociologie pragmatique du travail enseignant, Presses universitaires de France, (ISBN 9782130640363, lire en ligne).
  7. « Invitation à la journée d'étude : La mise en œuvre de la politique académique de l’Education prioritaire », sur Académie de Versailles.
  8. « Conférence en 2014 », sur Académie de Créteil, .
  9. Noémie Rousseau, « Françoise Lantheaume: «Chez les jeunes, un roman national existe, beaucoup plus fort que ce qu’on imaginait» », Libération.fr,‎ (lire en ligne).
  10. claude lelièvre, « Le «roman national» en tête! », Club de Mediapart,‎ (lire en ligne).
  11. « Comment les enseignants peuvent-ils durer dans le métier ? (Colloque) », sur ENS Lyon, (consulté le 19 mai 2018).
  12. « Le fait religieux à l’École », sur redisco
  13. Lantheaume, Françoise et Rayou, Patrick, « Recherche & formation  : une nouvelle étape. Le mot de la rédaction », Recherche et formation, no 63,‎ (ISSN 0988-1824, lire en ligne).

Liens externes[modifier | modifier le code]