Nicolas Offenstadt

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Nicolas Offenstadt
Portrait de Nicolas Offenstadt
Biographie
Naissance (51 ans)
à Suresnes
Nationalité Drapeau : France Français
Thématique
Formation Université Panthéon-Sorbonne
Titres maître de conférences d'histoire du Moyen Âge et d'historiographie
Profession HistorienVoir et modifier les données sur Wikidata
Approche

pratiques de la guerre et de la paix du Moyen Âge à l'époque contemporaine

Historiographie
Membre de Société de l'histoire de France (depuis ) et Comité de vigilance face aux usages publics de l'histoireVoir et modifier les données sur Wikidata

Nicolas Offenstadt, né le à Suresnes (Hauts-de-Seine), est un historien français, maître de conférences en histoire du Moyen Âge[1] à l'université Panthéon-Sorbonne.

Biographie[modifier | modifier le code]

Issu de la petite bourgeoisie, fils de médecins, Nicolas Offenstadt passe son enfance à Neuilly-sur-Seine. Il effectue une scolarité peu brillante jusqu'à son entrée en histoire à l'université Paris-1 Panthéon-Sorbonne, où il s'inscrit sans conviction avant de se passionner très vite pour la matière. Décrit par Libération comme ambitieux et travailleur, il soutient une thèse sur la paix au Moyen Âge sous la direction de Claude Gauvard, laquelle note : « Il a une capacité de travail colossale. Il est brillant, rigoureux, dynamique, mais c’est un électron libre qui manque parfois de modestie, et indispose les universitaires. La jalousie étant ce qu’il reste à l’université, il a beaucoup d’ennemis »[2].

Il est agrégé et docteur en histoire[3], diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris (1989)[4], ancien pensionnaire de la fondation Thiers[5]. Disciple de Claude Gauvard[3], il est maître de conférences d'histoire du Moyen Âge et d'historiographie à l'université Panthéon-Sorbonne. Il travaille sur les pratiques de la guerre et de la paix du Moyen Âge à l'époque contemporaine.

Il collabore régulièrement au Monde des Livres, à L'Histoire et aux activités du Collectif de recherche international et de débat sur la guerre de 1914-1918 et du CVUH (Comité de vigilance face aux usages publics de l'histoire) à la création duquel il a participé[6].

En collaboration avec Patrick Boucheron, il a mené des recherches sur la notion d'espace public au Moyen Âge en partant des travaux de Jürgen Habermas portant sur l'époque moderne[7].

Il est membre du comité scientifique des commémorations du centenaire de la Première Guerre mondiale. Il a participé à la rédaction d'un rapport sur la réintégration des fusillés de ce conflit dans la mémoire collective, qui a notamment conduit à créer des espaces consacrés aux 639 fusillés à l'hôtel des Invalides[2].

Il a mené une enquête sur l'ex-RDA, au cours d'une exploration urbaine (urbex), visitant plus de 200 sites délaissés et inventoriant divers objets et archives[8].

Prises de position[modifier | modifier le code]

Très présent dans les médias[2], Nicolas Offenstadt prend position régulièrement dans les débats qui traversent la société française. Homme de gauche, il défend la place d'un « historien dans la cité », prônant une histoire « hors les murs », qui s'appuie sur les lieux et vise tous les publics. Il critique régulièrement les journalistes et essayistes historiques Lorànt Deutsch et Stéphane Bern, les considérant comme des « histrions réactionnaires »[2].

Il a créé en 2005, avec Gérard Noiriel et Michèle Riot-Sarcey, le Comité de vigilance face aux usages publics de l'histoire (CVUH)[9].

Pendant la présidence de Nicolas Sarkozy, dont il critique le « discours identitaire »[2], il déplore les cérémonies officielles visant à faire de Lazare Ponticelli un héros de la nation[10].

Lors du mouvement des enseignants-chercheurs, début 2009, il est particulièrement impliqué, en participant par exemple à l'occupation de la Sorbonne contre la loi Pécresse le jeudi 26 mars[2].

Pour le second tour de l'élection présidentielle de 2012, il cosigne, avec d'autres intellectuels, une tribune appelant à voter pour François Hollande[11].

En 2015, il défend les projets de programmes d'histoire du collège émanant du Conseil supérieur des programmes en signant avec d'autres historiens une tribune dans Le Monde[12].

En 2018, il s'oppose à l'introduction de la plate-forme d'orientation Parcoursup[13].

Publications[modifier | modifier le code]

  • Les Fusillés de la Grande Guerre et la mémoire collective (1914-1999), Ed. Odile Jacob, 1999. (ISBN 978-2-7381-0747-3).
    Nouvelle édition 2009 (ISBN 978-2-7381-2352-7)
  • « Si je reviens comme je l'espère » : Lettres du front et de l'arrière, 1914-1918 (présentation et notes de Rémy Cazals et Nicolas Offenstadt), Grasset, 2003.
  • Oyez ! Haro ! Noël ! Pratiques du cri au Moyen Âge, en collaboration avec Didier Lett, Publications de la Sorbonne, 2003.
  • La Grande Guerre en 30 questions, La Crèche, Geste éditions, 2007.
  • Affaires, scandales et grandes causes, de Socrate à Pinochet, en collaboration avec Stéphane Van Damme, Stock, 2007.
  • Faire la paix au Moyen Âge, Ed. Odile Jacob, mars 2007 (ISBN 2-7381-1099-1).
  • L'histoire bling bling. Le Retour du roman national, Stock, 2009.
  • Un Moyen Âge pour aujourd'hui, en coll. avec Olivier Matteoni et Julie Claustre, PUF, 2010.
  • L’historiographie, Paris, PUF « Que sais-je », 2011.
  • L’espace public au Moyen Âge. Débats autour de Jürgen Habermas, en collaboration avec Patrick Boucheron, Paris, PUF, 2011,
  • En place publique : Jean de Gascogne, crieur au XVe siècle, Stock, 2013 (ISBN 9782234064164)
  • L'Histoire un combat au présent, conversation avec Régis Meyran, Textuel, coll. « Conversations pour demain », 2014.
  • Le pays disparu. Sur les traces de la RDA, Paris, Stock, coll. «Les Essais », 2018.
Directions
  • (dir.) Le Chemin des Dames. De l'évènement à la mémoire, Stock, Paris, 2004.
  • (dir.) Les Mots de l’historien, Presses Universitaires du Mirail, 2009.
Articles
  • « Paix de Dieu et paix des hommes : L'action politique à la fin du Moyen Âge », Politix, no 58,‎ , p. 61-81 (lire en ligne).
  • « Le pays a un héros : le dernier poilu », L'Histoire,‎ , début de l'article disponible ici.
  • « La Figure imposée du dernier poilu », Le Monde diplomatique,‎ , début de l'article disponible ici.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Il est père de deux garçons, qu'il a eus de deux femmes différentes[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne - Marc-Olivier Lagadic, « Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne : Page personnelle de Nicolas Offenstadt », sur www.univ-paris1.fr (consulté le 13 juin 2016)
  2. a b c d e f et g Anastasia Vécrin, « Nicolas Offenstadt, la mémoire dans la peau », sur Libération.fr (consulté le 13 juin 2016)
  3. a et b Nicolas Offenstadt, Discours et gestes de paix pendant la guerre de cent ans (thèse de doctorat en histoire), (lire en ligne)
  4. Nicolas Offenstadt Sciences-Po alumni
  5. « Les pensionnaires depuis 1893 », sur Fondation Thiers. Centre de Recherches humanistes, (consulté le 13 juin 2016)
  6. « Nicolas Offenstadt: tourner la page du «roman national» de Sarkozy », sur L'Humanité, (consulté le 13 juin 2016)
  7. « L'espace public au Moyen Âge (P. Boucheron, N. Offenstadt dir) », sur www.histoire-pour-tous.fr (consulté le 13 juin 2016)
  8. Catherine Calvet, « Nicolas Offenstadt : «Les lieux abandonnés de la RDA montrent à quel point elle a été délégitimée» », Libération,‎ (lire en ligne).
  9. « cvuh: Compte-Renu de l'assemblée générale annuelle du CVUH du 14 mars 2015 », sur cvuh.blogspot.fr (consulté le 21 mai 2015)
  10. Le dernier poilu, 2008
  11. Pour François Hollande Centre interdisciplinaire de formation à la psychothérapie relationnelle
  12. Enseignement de l’histoire au collège : halte aux mensonges et aux fantasmes !, lemonde.fr, 14 mai 2015
  13. Louise Tourret, « Blocage des universités: le chiffon rouge des "examens en chocolat" », slate.fr, 19 avril 2018.

Liens externes[modifier | modifier le code]