Nicolas Offenstadt

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Nicolas Offenstadt
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Biographie
Naissance
Nationalité
Formation
Activité
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Membre de
Directeur de thèse
Œuvres principales
  • Les Fusillés de la Grande Guerre et la mémoire collective (1999)
  • Faire la paix au Moyen Âge (2007)
  • L’Espace public au Moyen Âge (2011)
  • Le Pays disparu. Sur les traces de la RDA (2018)

Nicolas Offenstadt, né le à Suresnes (Hauts-de-Seine), est un historien français, maître de conférences en histoire du Moyen Âge[1] à l'université Panthéon-Sorbonne.

Biographie[modifier | modifier le code]

Issu de la petite bourgeoisie, fils de médecins tous deux férus de culture classique, Nicolas Offenstadt passe son enfance à Neuilly-sur-Seine. Il effectue une scolarité peu brillante jusqu'à son entrée en histoire à l'université Paris-1 Panthéon-Sorbonne, où il s'inscrit sans conviction avant de se passionner très vite pour la matière. Décrit par Libération comme ambitieux et travailleur, il soutient une thèse sur la paix au Moyen Âge sous la direction de Claude Gauvard, laquelle note : « Il a une capacité de travail colossale. Il est brillant, rigoureux, dynamique, mais c’est un électron libre qui manque parfois de modestie, et indispose les universitaires. La jalousie étant ce qu’il reste à l’université, il a beaucoup d’ennemis »[2].

Il se dit « passionné par les traces »[3], dès l'enfance, ce qui peut expliquer son intérêt ultérieur pour la Grande Guerre et la postérité de la RDA.

Il est agrégé et docteur en histoire[4], diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris (1989)[5], ancien pensionnaire de la fondation Thiers[6]. Disciple de Claude Gauvard[4], il est maître de conférences d'histoire du Moyen Âge et d'historiographie à l'université Panthéon-Sorbonne. Il travaille sur les pratiques de la guerre et de la paix du Moyen Âge à l'époque contemporaine.

Il collabore régulièrement au Monde des Livres, à L'Histoire et aux activités du Collectif de recherche international et de débat sur la guerre de 1914-1918 et du CVUH (Comité de vigilance face aux usages publics de l'histoire) à la création duquel il a participé[7].

Travaux[modifier | modifier le code]

Thématiques de recherches[modifier | modifier le code]

Nicolas Offenstadt a travaillé sur le Moyen Age (État, espace public, guerre et paix), la Première Guerre mondiale (conflit, soldats, mutineries) et la RDA (mémoire, ruines urbaines), tout en abordant des questions historiographiques.

En collaboration avec Patrick Boucheron, il a mené des recherches sur la notion d'espace public au Moyen Âge en partant des travaux de Jürgen Habermas portant sur l'époque moderne[8].

Il est membre du comité scientifique des commémorations du centenaire de la Première Guerre mondiale. Il a participé à la rédaction d'un rapport sur la réintégration des fusillés de ce conflit dans la mémoire collective, qui a notamment conduit à créer des espaces consacrés aux 639 fusillés à l'hôtel des Invalides[2]. Pendant l'été 2018, il tient une chronique dans La Croix et sur France Inter pour évoquer la "sortie de la guerre" du premier conflit mondial à travers l’Europe[9].

Il a mené une enquête sur l'ex-RDA, au cours d'une exploration urbaine (urbex), visitant plus de 200 sites délaissés et inventoriant divers objets, archives et traces matérielles, notamment des inscriptions, des statues et des mémoriaux[10]. Il avance notamment que la RDA a subi un « écrasement » économique et symbolique depuis la réunification[11]. Dans Urbex RDA. L’Allemagne de l’Est racontée par ses lieux abandonnés (2019), il étudie, photographies à l'appui, des lieux « en déshérence » tels que usines, magasins, maisons de la culture, tours, abattoirs, grâce auxquels l'historien peut « faire parler les ruines ». Au-delà de l'exploration des friches urbaines, l'ouvrage relativise le passage de la RDA à la « démocratie heureuse » au moment de la réunification[12].

Réception[modifier | modifier le code]

Pour Édouard Lynch, Les fusillés de la grande guerre (2000) a le mérite d'être "toujours attentif à la dimension comparative", qui vient en contrepoint d’une histoire trop souvent franco-française[13].

Pour le journal Le Monde, Urbex RDA apporte "la démonstration de l’intérêt de l’urbex pour la connaissance historique"[14].

Pour Libération, Urbex RDA montre "la violence de la liquidation de l’économie socialiste dans les années 1990"[12].

Pour l'historienne Sonia Combe, son exploration urbaine en RDA lui fait "enjamber les frontières et délocaliser ses objets de recherche", en tentant de ramener au grand jour tant d' "histoires de vie jetées à la poubelle"[15].

Prises de position[modifier | modifier le code]

Très présent dans les médias[2], Nicolas Offenstadt prend position régulièrement dans les débats qui traversent la société française. Homme de gauche, il défend la place d'un « historien dans la cité », prônant une histoire « hors les murs », qui s'appuie sur les lieux et vise tous les publics. Il critique régulièrement les journalistes et essayistes historiques Lorànt Deutsch et Stéphane Bern, les considérant comme des « histrions réactionnaires »[2].

Il a créé en 2005, avec Gérard Noiriel et Michèle Riot-Sarcey, le Comité de vigilance face aux usages publics de l'histoire (CVUH)[16].

Pendant la présidence de Nicolas Sarkozy, dont il critique le « discours identitaire »[2], il déplore les cérémonies officielles visant à faire de Lazare Ponticelli un héros de la nation[17].

Lors du mouvement des enseignants-chercheurs, début 2009, il est particulièrement impliqué, en participant par exemple à l'occupation de la Sorbonne contre la loi Pécresse le jeudi 26 mars[2].

Pour le second tour de l'élection présidentielle de 2012, il cosigne, avec d'autres intellectuels, une tribune appelant à voter pour François Hollande[18].

En 2015, il défend les projets de programmes d'histoire du collège émanant du Conseil supérieur des programmes en signant avec d'autres historiens une tribune dans Le Monde[19].

En 2018, il s'oppose à l'introduction de la plate-forme d'orientation Parcoursup[20].

Publications[modifier | modifier le code]

  • Les Fusillés de la Grande Guerre et la mémoire collective (1914-1999), Ed. Odile Jacob, 1999. (ISBN 978-2-7381-0747-3).
    Nouvelle édition 2009 (ISBN 978-2-7381-2352-7)
  • « Si je reviens comme je l'espère » : Lettres du front et de l'arrière, 1914-1918 (présentation et notes de Rémy Cazals et Nicolas Offenstadt), Grasset, 2003.
  • Oyez ! Haro ! Noël ! Pratiques du cri au Moyen Âge, en collaboration avec Didier Lett, Publications de la Sorbonne, 2003.
  • La Grande Guerre en 30 questions, La Crèche, Geste éditions, 2007.
  • Affaires, scandales et grandes causes, de Socrate à Pinochet, en collaboration avec Stéphane Van Damme, Stock, 2007.
  • Faire la paix au Moyen Âge, Ed. Odile Jacob, mars 2007 (ISBN 2-7381-1099-1).
  • L'histoire bling bling. Le Retour du roman national, Stock, 2009.
  • Un Moyen Âge pour aujourd'hui, en coll. avec Olivier Matteoni et Julie Claustre, PUF, 2010.
  • L’historiographie, Paris, PUF « Que sais-je », 2011.
  • L’espace public au Moyen Âge. Débats autour de Jürgen Habermas, en collaboration avec Patrick Boucheron, Paris, PUF, 2011,
  • En place publique : Jean de Gascogne, crieur au XVe siècle, Stock, 2013 (ISBN 9782234064164)
  • L'Histoire un combat au présent, conversation avec Régis Meyran, Textuel, coll. « Conversations pour demain », 2014.
  • Le pays disparu. Sur les traces de la RDA, Paris, Stock, coll. «Les Essais », 2018.
  • Urbex RDA : L'Allemagne de l'Est racontée par ses lieux abandonnés, Albin Michel, coll. « A.M.PARTENARIAT », , 258 p. (ISBN 978-2226443571).
Directions
  • (dir.) Le Chemin des Dames. De l'évènement à la mémoire, Stock, Paris, 2004.
  • (dir.) Les Mots de l’historien, Presses Universitaires du Mirail, 2009.
Articles
  • « Paix de Dieu et paix des hommes : L'action politique à la fin du Moyen Âge », Politix, no 58,‎ , p. 61-81 (lire en ligne).
  • « Le pays a un héros : le dernier poilu », L'Histoire,‎ , début de l'article disponible ici.
  • « La Figure imposée du dernier poilu », Le Monde diplomatique,‎ , début de l'article disponible ici.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Il est père de deux garçons, qu'il a eus de deux femmes différentes[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne - Marc-Olivier Lagadic, « Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne : Page personnelle de Nicolas Offenstadt », sur www.univ-paris1.fr (consulté le 13 juin 2016)
  2. a b c d e f et g Anastasia Vécrin, « Nicolas Offenstadt, la mémoire dans la peau », sur Libération.fr (consulté le 13 juin 2016)
  3. Sophie Bober, "Nicolas Offenstadt : "J’ai toujours eu une forme d’interrogation profonde liée à cette expérience-là", France Culture (émission "La leçon de choses"), 11/11/2018, voir https://www.franceculture.fr/emissions/la-lecon-de-choses/nicolas-offenstadt-jai-toujours-eu-une-forme-dinterrogation-profonde-liee-a-cette-experience-la
  4. a et b Nicolas Offenstadt, Discours et gestes de paix pendant la guerre de cent ans (thèse de doctorat en histoire), (lire en ligne)
  5. Nicolas Offenstadt Sciences-Po alumni
  6. « Les pensionnaires depuis 1893 », sur Fondation Thiers. Centre de Recherches humanistes, (consulté le 13 juin 2016)
  7. « Nicolas Offenstadt: tourner la page du «roman national» de Sarkozy », sur L'Humanité, (consulté le 13 juin 2016)
  8. « L'espace public au Moyen Âge (P. Boucheron, N. Offenstadt dir) », sur www.histoire-pour-tous.fr (consulté le 13 juin 2016)
  9. Béatrice Bouniol, "Nicolas Offenstadt, sur les traces de la Grande Guerre", La Croix, 7/7/2018, voir https://www.la-croix.com/France/Nicolas-Offenstadt-traces-Grande-Guerre-2018-07-07-1200953271
  10. Catherine Calvet, « Nicolas Offenstadt : « Les lieux abandonnés de la RDA montrent à quel point elle a été délégitimée » », Libération,‎ (lire en ligne, consulté le 7 novembre 2018).
  11. Entretien avec Pierre Chaillan, « Nicolas Offenstadt : « Un écrasement économique et symbolique de l'Allemagne de l’est depuis l'unification » », sur humanite.fr, (consulté le 15 février 2019).
  12. a et b Catherine Calvet, « Ex-RDA, l’histoire par les friches », Libération,‎ (lire en ligne).
  13. Édouard Lynch, "Nicolas Offenstadt, Les fusillés de la grande guerre et la mémoire collective, Paris, Éditions Odile Jacob, 2000", Cahiers d'histoire, 46, 3/4, 2001, voir http://journals.openedition.org/ch/437
  14. Florent Georgesco, "« Urbex RDA », de Nicolas Offenstadt : dans les ruines de l’Allemagne de l’Est", Le Monde des livres, 8 novembre 2019, voir https://www.lemonde.fr/critique-litteraire/article/2019/11/08/urbex-rda-de-nicolas-offenstadt-dans-les-ruines-de-la-rda_6018413_5473203.html
  15. Sonia Combe, "Un pays vendu à la brocante", En attendant Nadeau, 25 septembre 2018, voir https://www.en-attendant-nadeau.fr/2018/09/25/pays-brocante-offenstadt/
  16. « cvuh: Compte-Renu de l'assemblée générale annuelle du CVUH du 14 mars 2015 », sur cvuh.blogspot.fr (consulté le 21 mai 2015)
  17. Le dernier poilu, 2008
  18. Pour François Hollande Centre interdisciplinaire de formation à la psychothérapie relationnelle
  19. Enseignement de l’histoire au collège : halte aux mensonges et aux fantasmes !, lemonde.fr, 14 mai 2015
  20. Louise Tourret, « Blocage des universités: le chiffon rouge des "examens en chocolat" », slate.fr, 19 avril 2018.

Liens externes[modifier | modifier le code]