Laura Codruța Kövesi

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Laura Codruța Kövesi
Description de l'image Laura Codruta Kövesi.jpg.
Nom de naissance Laura Codruța Lascu
Naissance (44 ans)
Sfântu Gheorghe (Roumanie)
Nationalité Roumaine
Pays de résidence Roumanie
Profession
Activité principale
Procureure en chef de la DNA
Formation
Droit

Laura Codruța Kövesi (née Laura Codruța Lascu le 15 mai 1973 à Sfântu Gheorghe, Roumanie) est procureure en chef de la Direction nationale anticorruption (DNA) de Roumanie, position qu'elle occupe depuis 2013. Auparavant, elle était procureure générale de Roumanie, rattachée à la Haute Cour de cassation et de justice[1].

Lors de sa nomination en 2006, elle était, à 33 ans, la plus jeune procureure générale de l'histoire de la Roumanie, et également la première femme à occuper ce poste[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille et formation[modifier | modifier le code]

Laura Kövesi est la fille du procureur Ioan Lascu, qui occupe de 1980 à 2010 les fonctions de chef du parquet au tribunal de Mediaș. Elle est sélectionnée dans l'équipe nationale de basket-ball féminine junior avec laquelle elle est vice-championne d'Europe en 1989[3].

De 1991 à 1995, elle étudie à la faculté de droit de l'université Babeș-Bolyai de Cluj-Napoca.

En 2002, elle épouse Eduárd Kövesi, dont elle conserve le nom de famille après leur divorce en 2007.

Parcours professionnel[modifier | modifier le code]

Au tribunal de Sibiu[modifier | modifier le code]

De 1995 à 2006, elle est procureure au tribunal de Sibiu, d'abord au parquet, puis au Bureau de lutte contre la corruption et le crime organisé, et enfin au sein de la direction d’investigation des infractions de criminalité organisée et de terrorisme[1].

Comme procureure générale de Roumanie[modifier | modifier le code]

Le 26 août 2006, elle est nommée procureure générale de Roumanie rattachée à la Haute Cour de cassation et de justice par le président Traian Băsescu. Elle est alors la plus jeune procureure générale de Roumanie, et la première femme à être nommée à ces fonctions. C'est alors la première fois qu'un procureur général accomplit son mandat de trois ans jusqu'au bout, alors que ses prédécesseurs avaient été changés pour des raisons politiques[4].

Le 2 octobre 2009, elle est réinvestie dans ses fonctions pour un autre mandat de trois ans[4].

Elle s'attache alors à moderniser et réorganiser le parquet. On lui reconnaît des qualités d'intégrité et de moralité qui peuvent se retourner contre certains de ses collègues, entre autres quand, en 2009, elle accuse publiquement l'ancien procureur militaire Dan Voinea de nombreuses irrégularités dans le traitement des dossiers concernant la Révolution roumaine de 1989 et les minériades des années 1990[5].

À la tête de la Direction nationale anti-corruption[modifier | modifier le code]

En 2013, elle est nommée à la tête de la Direction nationale anticorruption. Dès lors, la DNA fait d'important progrès dans sa lutte contre la corruption de haut niveau en Roumanie, poursuivant avec succès des maires (comme Sorin Oprescu, maire de Bucarest), des parlementaires, des ministres, et même l'ex Premier ministre Victor Ponta, alors en exercice[6]. En 2014, plus de 9 000 dossiers de corruption ont été traités, un millier de personnes ont été traduites en justice y compris d'anciens juges et procureurs, 90 % d'entre eux étant condamnées[2]. 300 millions d'euros ont été récupérés, ce qui ne représenterait toutefois que 10 % des sommes détournées[2].

Le 6 avril 2016, le président Klaus Iohannis a renouvelé le mandat de Laura Kövesi à la DNA pour trois ans[7]. En trois ans, la DNA a en effet, sous sa direction, poursuivi 3000 élus et fonctionnaires, dont deux ex-Premiers ministres du PSD (Parti-social-démocrate)[8]. Lors des grandes manifestations de février 2017 réclamant le départ de Liviu Dragnea, leader du PSD, Laura Kövesi a déclaré au Guardian, le 12 février : « Je crois vraiment que la DNA aide à créer une nouvelle Roumanie. »[8]

Critiques[modifier | modifier le code]

Laura Kövesi fait régulièrement l'objet d'attaques dans les médias. En septembre 2015, peu de temps après sa mise en accusation pour blanchiment d'argent, usage de faux et évasion fiscale par la DNA, l'ancien premier ministre Victor Ponta a notamment affirmé sur sa page Facebook que le seul problème du pays est « l'obsession d'un procureur pas du tout professionnel qui essaie de se faire un nom en inventant et imaginant des faits et de fausses situations qui datent d'il y a dix ans »[6].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (ro) « CV KÖVESI LAURA CODRUȚA », sur Direcția Națională Anticorupție (consulté le 19 avril 2016).
  2. a, b et c Damien Roustel, « Roumanie. L’Incorruptible des Carpates », L'Humanité,‎ (lire en ligne).
  3. Jonas Mercier, « Laura Kovesi, l'intégrité roumaine », La Croix,‎ (lire en ligne).
  4. a et b (ro) Lucia Efrim, « Codruţa Kovesi - singurul procuror general al României care-şi duce mandatul până la capăt », Mediafax,‎ (lire en ligne).
  5. (ro) Ella Moroiu, « Nu trebuia aprobata decizia de pensionare a lui Dan Voinea. Fostul procuror militar va primi o pensie de 18.500 lei, desi a savarsit abateri disciplinare », Hot News,‎ (lire en ligne).
  6. a et b (en) Kit Gillet, « Bringing in the scalps: the woman leading Romania's war on corruption », The Guardian,‎ (ISSN 0261-3077, lire en ligne).
  7. (ro) Radu Eremia, « Iohannis a semnat decretul de reînvestire a Codruţei Kovesi pentru funcţia de şef la DNA: „Nu am niciun semn de întrebare în ceea ce o priveşte“ », Adevărul,‎ (lire en ligne).
  8. a et b David Fontaine, « Liviu Dragnea: Le Roumain dans le sac », Le Canard enchaîné,‎ .

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]