Journée commémorative du souvenir de l'esclavage et de son abolition

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Commémoration organisée en 2013 à Pierrefitte-sur-Seine en présence du maire Michel Fourcade.

La journée commémorative du souvenir de l'esclavage et de son abolition est consacrée en France au souvenir des souffrances infligées par l'esclavage et à son abolition, au XIXe siècle pour les pays développés, au XXe siècle pour quelques autres, à la suite de l'adoption de la loi Taubira en 2001.

Choix de la date du 10 mai[modifier | modifier le code]

La proposition de loi initiale de Christiane Taubira avançait le 8 février en référence à la condamnation de la traite négrière transatlantique de « répugnant au principe d'humanité et de morale universelle » par le Congrès de Vienne le . Faute de consensus, le choix de cette date est renvoyé à un comité[1]

La date de commémoration est l'objet de dix-huit mois de débats. L'historien Marcel Dorigny rappelle les raisons du choix de ne pas retenir le 4 février, ni le 27 avril, dates respectives de la première et de la seconde abolition de l'esclavage en France[2].

Sur proposition de Maryse Condé, présidente du Comité pour la mémoire de l’esclavage, le président de la République Chirac fixe cette date au 10 mai, jour de l'adoption en 2001 de la Loi Taubira. En vertu du décret no 2006-388 du publié au Journal officiel le , la « journée nationale des mémoires de la traite, de l'esclavage et de leur abolition » est célébrée pour la première fois le [3].

D'autres dates[modifier | modifier le code]

Toutefois, cette mémoire est aussi célébrée à d'autres dates dans certains départements : le 27 avril à Mayotte, le 22 mai en Martinique, le 27 mai en Guadeloupe, le 10 juin en Guyane et le 20 décembre à La Réunion[3] en vertu des décrets d'application de la loi du et instituant une telle journée, fériée, outre-mer[4],[5]. Le décret n°2012-553 du modifiant le décret n°83-1003 du , publié au Journal Officiel le ajoute les dates du 27 mai à Saint-Martin et du 9 octobre à Saint-Barthelémy [6].

Dans une circulaire du relative à la traite négrière, l’esclavage et l’abolition, le Premier ministre François Fillon officialise également la date du 23 mai comme la journée du souvenir des victimes de l’esclavage colonial, alors organisée depuis 10 ans ce jour-là par des associations ultramarines en mémoire celle de l’abolition de l’esclavage le et celle de la marche silencieuse du qui a contribué à la mobilisation enfaveur de la loi Taubira[7].

La loi relative à l'égalité réelle outre-mer de instaure officiellement depuis 2017 le comme « journée nationale en hommage aux victimes de l’esclavage colonial »[5]. L'historienne Myriam Cottias, qui a présidé de 2013 à 2016 le Comité national pour la mémoire et l'histoire de l'esclavage, déplore cette seconde date, estimant que cette double commémoration officielle porte en elle des mémoires « racialisées », avec un pour les Blancs abolitionnistes et un pour les Noirs victimes : « Avec le 23 mai, on installe du particularisme, tandis qu’avec le 10 mai on montre vraiment que toute la nation française est capable de se réunir autour de la mémoire de l’esclavage, qui comprend celle des abolitionnistes et des esclaves[5] ».

L'ONU fixe elle la «Journée internationale pour l’abolition de l’esclavage» au 2 décembre, alors que l'UNESCO retient le 23 août en souvenir de la nuit du 22 au 23 août 1791 où éclata à Saint-Domingue une révolte d’esclaves prélude à l’indépendance du pays[4].

Annonce d'un musée[modifier | modifier le code]

En 2016, le Président de la République François Hollande annonce avoir décidé la création d'une « institution qui lui manque encore, une Fondation pour la mémoire des traites, de l'esclavage et de leurs abolitions ». Cette « source de promotion des valeurs de liberté, d'égalité, de tolérance », cette fondation doit diffuser « la connaissance de l'esclavage, de la traite, mais aussi tout le combat des abolitionnistes » et rassembler « toutes les mémoires et tous les Français ». Cette fondation doit réfléchir avec la Mairie de Paris à l'édification d'un « mémorial aux esclaves et d'un lieu muséographique ». Une mission de préfiguration présidée par économiste franco-béninois Lionel Zinsou présidera la mission de préfiguration de cette fondation[8].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Rapport n°1378 », Assemblée nationale, (consulté le 13 août 2015) lire en ligne
  2. Propos recueillis par Josyane Savigneau, « "L'esclavage, une histoire qui concerne la nation entière" », lemonde.fr, (consulté le 12 août 2015)
  3. a et b « Journée nationale des mémoires de la traite, de l'esclavage et de leurs abolitions », eduscol.education.fr (consulté le 13 août 2015)
  4. a et b Hélène Ferrarini, « Pourquoi la France compte sept dates de commémoration de l'abolition de l'esclavage », Slate, (consulté le 12 août 2015)
  5. a b et c Pascal Charrier, « Le 23 mai, l’autre date de la mémoire de l’esclavage », la-croix.com, (consulté le 24 mai 2018)
  6. « Et le 9 octobre devint officiellement jour férié dans l’île antillaise de Saint-Barthélemy… », memoirestbarth.com, (consulté le 25 mai 2016)
  7. « Abolition de l’esclavage et devoir de mémoire », vie-publique.fr, (consulté le 26 mai 2016)
  8. Agence France Presse, « François Hollande souhaite une fondation pour la mémoire de l'esclavage », (consulté le 11 mai 2016)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]