Jean Simon Berthélemy

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Jean-Simon Berthélemy

Description de l'image  Jean Simon Berthelemy.jpg.
Naissance 5 mars 1743
Laon
Décès 1er mars 1811 (à 67 ans)
Paris
Nationalité Drapeau de la France France
Activités Peintre
Maîtres Noël Hallé

Jean-Simon Le Bouteux, dit Berthélemy ou Berthelmy, né le 5 mars 1743 à Laon, mort le 1er mars 1811 à Paris, est un peintre d’histoire français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d’un sculpteur sur bois qui lui fit apprendre le dessin lorsqu’il constata les dispositions qu’il montrait pour les arts, son parrain fut le sculpteur autrichien Simon Pfaff de Pfaffenhoffen. Berthélemy fit des progrès rapides et son père essaya alors de l’initier à son art. Simon se mit au travail pour satisfaire au désir de son père mais, dès que ce dernier avait le dos tourné, il quittait le ciseau pour ses crayons, et s’amusait à copier les dessins que lui traçait son père, au lieu de les sculpter. Bientôt le jeune Berthélemy n’eut plus rien à apprendre des maîtres de sa ville natale et, son père lui-même se reconnaissant impuissant à lui donner des leçons, il l’envoya à Paris chez le peintre Noël Hallé qui l’admit au nombre de ses élèves.

Il ne tarda pas à remporter le grand prix de peinture en 1764. Ceci lui ouvre les portes de l'École royale des Élèves protégés et le traditionnel séjour à l'Académie de France à Rome (1771-1774). À son retour de Rome, il fut agrégé en 1777, à l’Académie royale de peinture sur un tableau représentant le Siège de Calais. Berthélemy y fut reçu quelques années après, le 18 Aout 1781, sur le sujet d’Apollon qui ordonne au Sommeil et à la mort de rendre le corps de Sarpédon à sa famille.

De 1775 à 1789, il expose régulièrement au Salon, des tableaux commandés par la Manufacture des Gobelins, œuvres à sujets antiques ou médiévaux, comme le Siège de Calais (1779; Laon ; Musée municipal).

Diderot critiqua plus d’une son genre entre la grâce délicate et les contours incertains de Boucher, et le style d’une école plus moderne, qui plaçait des statues peintes dans ses compositions pour imiter l’antique, lui reprochant la froideur, l’embarras des groupes et l’ignorance des effets de la lumière.

En revanche, Berthélemy réussissait assez souvent dans le genre des plafonds. Il en a exécuté plusieurs, au château de Fontainebleau en 1786, au palais du Louvre en 1802, au palais du Luxembourg (1799-1805). Peintre habile dans la perspective, il possédait très bien les connaissances nécessaires pour produire l’illusion convenable à ces sortes d’ouvrages. Il est sollicité par une nombreuse clientèle privée. Un seul décor existe encore de nos jours, celui de l'Hôtel Saint-Florentin, à Paris, daté de 1769.

Pendant la Révolution, il se tient à l'écart de la vie artistique. La seule fonction officielle sera celle de dessinateur des costumes de l'Opéra de 1791 à 1807.

Lors de la campagne d’Italie, il fut nommé, en 1796, à la suite du général Bonaparte au sein de la Commission des Sciences et des Arts chargée notamment de sélectionner les œuvres d’art pouvant être transportées en France.

À la suite de cette mission, il devient "membre du conseil des artistes au Muséum central des Arts", c'est-à-dire, conservateur de ce qui deviendra le musée du Louvre.

Nommé professeur à l'École des Beaux-Arts de Paris, le 20 décembre 1805, première nomination, il aura pour successeur Gérard[1].

L'Empire lui procura une dernière commande officielle, l'illustration d'un épisode de la campagne d'Égypte (Musée des châteaux de Versailles et de Trianon) qui fut mal accueillie par la critique.

Si Jean Simon Berthélémy est un peintre d'histoire et de plafond, c'est aussi un fin portraitiste. Il laissa à la postérité, le dernier portrait de Denis Diderot, peint peu de temps avant la mort du philosophe, en 1784. Le portrait est, aujourd'hui, au Musée Carnavalet à Paris.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Dessins[modifier | modifier le code]

Peintures[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Jean-Simon Berthélémy est un rare artiste à avoir été étudié par deux historiens d’art qui chacun publièrent la même année (1979), leur catalogue raisonné :

  • Marc Sandoz, Jean-Simon Berthélemy, 1743-1811, Tours, 1979 et Nathalie Volle chez Arthéna Jean-Simon Berthélemy (1743-1811) : peintre d'histoire, 1979.
  • Christiane de Aldecoa, « L'Aurore et le Crépuscule ou la Brune, deux esquisses retrouvées : Jean-Simon Berthélemy (1743-1811) et les décors de plafonds », dans Les Cahiers d'Histoire de l'Art, no 4, 2006. ISSN 1763-0894

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Frédéric Chappey, « Les Professeurs de l'École des Beaux-Arts (1794-1873) », Romantisme, no 93, 1996, p. 95-101.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Bulletin de la Société académique de Laon‬, t. 3, Laon, Fleury, 1854.
  • A. V. Arnault, A. Jay, Étienne de Jouy, J. Norvins, Biographie nouvelle des contemporains : dictionnaire historique et raisonné de tous les hommes qui, depuis la révolution français, ont acquis de la célébrité par leurs actions, leurs écrits, leurs erreurs ou leurs crimes, soit en France, soit dans les pays étrangers, t. 2, Librairie historique, 1820, p. 427.

‪ * Louis-Gabriel Michaud, Biographie universelle ancienne et moderne : ou histoire, par ordre alphabétique, de la vie publique et privée de tous les hommes qui se sont fait remarquer par leurs écrits, leurs talents, leurs vertus ou leurs crimes, t. 4, Paris, C. Desplaces, 1854, p. 125.

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