Jean-Claude Bonnal

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Jean-Claude Bonnal
Information
Nom de naissance Jean-Claude Bonnal
Surnom Le chinois
Naissance (63 ans)
à Saïgon en Indochine française
Condamnation
Sentence Réclusion criminelle à perpétuité
Meurtrier
Victimes 6
Période -
Pays Drapeau de la France France
Régions Île-de-France
Ville Paris, Athis-Mons, Le Plessis-Trévise
Arrestation

Jean-Claude Bonnal né le à Saïgon, est un criminel français, d'origine vietnamienne, surnommé « le Chinois », reconnu coupable de six meurtres.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né le à Saïgon, Jean-Claude Bonnal est rapatrié en France en avec sa famille pour vivre dans un bidonville en banlieue parisienne. En , deux de ses frères meurent dans un incendie dans une cave. « Second couteau » au sein du « gang de la banlieue sud » de Paris, il commence à réaliser des braquages de banques et de bureaux de poste en , ce qui lui vaut d'être condamné au total à 41 ans de prison[1].

Les faits, l'enquête[modifier | modifier le code]

Le à environ 14 h, Jean-Claude Bonnal et Mohamed Benamara braquent un bureau de change situé à l'entrée du grand magasin Printemps Haussmann et neutralisent le vigile[1]. Le butin est de 296 000 francs. Sortis du bâtiment, les braqueurs retirent leur cagoule. Émile Ferrari, garagiste ancien garde du corps, témoin du braquage dans le magasin, les suit et tente d'immobiliser Mohamed Benamara dans la rue. L'un des malfaiteurs lui tire une balle dans la tête. Les deux complices, pris de panique, menacent la foule de leurs armes pour s'enfuir. La bousculade fait dix blessés. Émile Ferrari survit à sa blessure, mais elle lui provoque des pertes de mémoire. Sur les lieux, les enquêteurs trouvent deux douilles de calibre 11,43. Émile Ferrari est certain que c'est Bonnal qui lui a tiré dessus, alors que des témoins disent que c'est Benamara. Plus tard, Émile Ferrari déclare au juge d'instruction que c'est Benamara qui lui a tiré dans la tête.

Un indicateur les dénonce aux enquêteurs. Le Benamara est interpelé chez sa compagne à Colombes. Le , Bonnal est interpelé chez lui à Villeneuve-Saint-Georges. Ils nient les faits, déclarent ne pas se connaitre et ont des alibis, qui ne sont pas infaillibles. Lors de la perquisition du logement de Benamara les enquêteurs ne découvrent aucune preuve. Mais lors de la perquisition de l'appartement de Bonnal, des devises étrangères sont trouvées dans une enveloppe sur le réfrigérateur et un pistolet colt 45 dans un sac plastique caché derrière une plinthe est découvert. Bonnal déclare que le pistolet n'est pas à lui et qu'il lui a été confié pour le garder et le cacher. L'expertise balistique établit que c'est bien ce pistolet qui a tiré les deux balles sur les lieux du braquage.

Lors du tapissage derrière le miroir sans tain, Émile Ferrari identifie formellement Jean-Claude Bonnal.

Le en début de soirée, à Athis-Mons, Brahim Titi et Hakim Bouhassoune entrent dans le bar-tabac le « Fontenoy » et boivent un kir au comptoir. Plus tard, les autres clients ayant quitté le bar, Jean-Claude Bonnal cagoulé rejoint Titi et Bouhassoune et ils braquent le propriétaire Gildo Alves 38 ans. Pendant que Titi et Bonnal fouillent le bar et vide la caisse, Bouhassoune enferme dans les toilettes Virginie la serveuse 24 ans, Albertina la femme de ménage 34 ans, la propriétaire Marie-Louisa 34 ans et Sandra 9 ans la fille des propriétaires. Il leur attache les mains dans le dos avec du fil électrique. Les adultes sont emportés au sous-sol un par un, où ils sont exécutés d'une balle dans la tête. Une deuxième balle a été tirée sur Gildo dans son bas ventre. Les braqueurs épargnent la fillette et partent avec un butin d'environ 7 000 francs[2]. Sandra parvient à se détacher, découvre les cadavres au sous-sol, remonte, ouvre une fenêtre, appelle des passants à l'aide. Des voisins téléphonent à la police. Sandra déclare qu'elle n'a vu que deux des braqueurs, mais quand elles étaient enfermées dans les toilettes, Albertina lui a dit qu'ils sont trois. Le deux des braqueurs tentent de retirer de l'argent à un distributeur de billets avec la carte bancaire de Marie-Louisa Alves. Le distributeur automatique « avale » la carte. Malheureusement, la caméra de surveillance du distributeur ne fonctionne pas. Au sous-sol, les enquêteurs trouvent cinq douilles de calibre 380. L'expertise balistique établit que les munitions ont été tirées par un pistolet AMT Backup (en), dont le chargeur contient cinq balles. Ce modèle est très rare en France.

Lors du tapissage derrière le miroir sans tain, Sandra identifie formellement Hakim Bouhassoune. Les clients du bar identifient Brahim Titi et Hakim Bouhassoune.

Le matin du , au Plessis-Trévise, Jean-Claude Bonnal, Brahim Titi, Djamel Bessafi, Zahir Rahmani et Chérif Asslouni tentent de cambrioler le pavillon au 16 avenue de la Sirène. Jean-Marc Pernès médecin, son épouse bijoutière, leur fils Vincent et leur fille sont regroupés au rez-de-chaussée, ligotés et bâillonnés. Une nièce, dont les cambrioleurs ignorent la présence, s'est cachée dans la salle de bains et avertit la police avec son téléphone portable à environ h 30. Cinq policiers, à bord de deux véhicules, arrivent sur place discrètement. Dans une voiture, il y a le brigadier Patrick Leroux 33 ans, le gardien de la paix Paul Desbiens et l'adjoint de sécurité Alexandre Riebel. Dans l'autre voiture : les gardiens de la paix Yves Meunier 27 ans et Lionel Levecq. Patrick Leroux entre silencieusement sur la propriété et constate en regardant par une vitre de la porte que ce n'est pas une fausse alerte. Il rejoint ses collègues aux véhicules et les policiers s'apprêtent à enfiler leurs gilets pare-balles. Mais les policiers ont été repérés par les cambrioleurs qui paniquent et veulent s'enfuir en prenant la fille en otage. Les policiers entendant les hurlements de désespoir de la mère décident d'intervenir immédiatement, sans prendre le temps d'enfiler les gilets. Paul Desbiens reste en retrait près des voitures, les quatre autres policiers passent de chaque coté la maison, par groupe de deux. Les cambrioleurs renoncent à emmener un otage et s'échappent du pavillon en désordre. Patrick Leroux et Yves Meunier interceptent Djamel Bessafi, le maitrisent et le menottent. Lionel Levecq et Alexandre Riebel voient un cambrioleur qui tente de fuir en escaladant le mur du fond du jardin. Ils tentent de le saisir pour l'immobiliser. À cet instant, les coups de feu pleuvent sur les policiers. Yves Meunier meurt sur le coup abattu par trois balles, dont une dans la nuque. Patrick Leroux, ayant reçu une balle au thorax, meurt dans les heures qui suivent. Lionel Levecq qui a reçu une balle dans le dos est gravement blessé[3]. Djamel Bessafi, menotté, blessé par une des balles tirées par son complice est caché sous une voiture dans la rue, il est interpellé. Les enquêteurs trouvent sur les lieux :

  • un gant gauche noir dans la rue. Des traces d'ADN sont décelées dedans. C'est l'ADN de Bonnal.
  • un sac à dos contenant une cagoule dans le pavillon.
  • un chargeur de pistolet Beretta vide sur le terrain de la propriété.
  • des douilles de calibre 9 millimètres.

Ces deux affaires entraînent une polémique entre policiers et magistrats car Bonnal venait d'être remis en liberté conditionnelle, dans l’attente d'un autre procès, la détention provisoire ne pouvant excéder deux ans[4].

Procès et condamnations[modifier | modifier le code]

Le , le procès de Jean-Claude Bonnal et Mohamed Benamara pour l'affaire du braquage du bureau de change du Printemps, débute à la cour d'assises de Paris. Benamara parti « en cavale », est absent[5]. La défense de Jean-Claude Bonnal est assurée par Florence Moreau. Michel Zaoui est l'avocat d'Émile Ferrari.

Le , Bonnal est condamné à 18 ans de réclusion criminelle. Jean-Claude Bonnal fait appel de cette condamnation.

Benamara est capturé en Espagne[6].

En , le procès en appel de Jean-Claude Bonnal débute à la cour d'assises de Seine-Saint-Denis à Bobigny. Bonnal comparait à nouveau seul à ce procès car Benamara n'a pas été jugé en première instance. La défense de Bonnal s'appuie sur le fait qu'il n'a pas pu être vu dans le magasin puisque les braqueurs était cagoulés. Et le seul témoin disant l'avoir vu dans la rue est Émile Ferrari, dont la mémoire est défaillante suite à sa blessure.

Le , Jean-Claude Bonnal est acquitté[7].

La défense de Mohamed Benamara est assurée par Marie-Alix Canu-Bernard et Éric Dupond-Moretti. Le , Mohamed Benamara est acquitté.

Le , le procès pour les affaires d'Athis-Mons et du Plessis-Trévise, débute à la cour d'assises du Val-de-Marne à Créteil. Françoise Berrux et Michèle Launay sont les avocates des policiers. Catherine Schmelk est l'avocate de la famille Pernès. Alexandre Varaut est l'avocat de la famille Alves. La défense d'Hakim Bouhassoune est assurée par Françoise Cotta. La défense de Brahim Titi est assurée par Hubert Delarue. Philippe Bilger est l'avocat général.

Dans la nuit du au Jean-Claude Bonnal est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d'une période de sûreté de 22 ans. Brahim Titi est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité. Hakim Bouhassoune est condamné à 25 ans de réclusion criminelle, Djamel Bessafi et Zahir Rahmani à 15 ans de prison, Cherif Asslouni à 8 ans.

En Jean-Claude Bonnal obtient une indemnisation de 18 000 euros pour ses 2 ans de détention provisoire dans l'affaire du braquage du bureau de change du Printemps pour laquelle il a été reconnu innocent[8]. Finalement, il y renonce pour ne pas alimenter la polémique.

Le , le procès en appel débute à la cour d'assises de Paris[9],[10]. La défense de Brahim Titi est assurée par Laurence Cechman.

Le , Bonnal et Asslouni écopent des mêmes peines qu'en première instance. Brahim Titi est condamné à 25 ans de prison, Zahir Rahmani et Djamel Bessafi à 13 ans[11].

Documentaire télévisé[modifier | modifier le code]

Articles de presse[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Un caïd maudit à la dérive », sur Le Parisien,‎
  2. Jacqueline Coignard, « Bonnal libéré : six morts et un tollé policier », Libération,‎ (lire en ligne)
  3. « Patrick LEROUX et Yves MEUNIER », sur Policiers français morts en service commandé
  4. Jacques Pradel, « Jean-Claude Bonnal, dit "le Chinois" », émission radio L'heure du crime sur RTL, le 28 février 2013
  5. « Libre, Benamara n'est pas venu » Article de Patricia Tourancheau publié le 8 février 2003 dans Libération
  6. « Le complice du "Chinois" arrêté en Espagne » Article publié le 12 août 2003 dans Le Parisien
  7. « Hold-up du Printemps : Bonnal acquitté » Article publié le 17 juin 2004 dans Le Nouvel observateur
  8. « "Le Chinois" indemnisé après un acquittement » Article publié le 16 février 2006 sur LCI
  9. « Le procès en appel du "Chinois" s'est ouvert à Paris » Article publié le 4 juin 2007 dans Le Nouvel observateur
  10. « Justice. Jean-Claude Bonnal retourne aux assises. Le procès en appel de Jean-Claude Bonnal, surnommé "le Chinois", a débuté hier devant la cour d'assises de Paris » Article publié le 5 juin 2007 dans La Croix
  11. « Perpétuité confirmée pour le "Chinois" » Article de Fabienne Huger publié le 5 juillet 2007 dans Le Parisien