Discussion:Jean-Claude Bonnal

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Politiques éditoriales

Votre texte est malheureusement et tristement incomplet. Cet individu est aussi en prison à perpétuité pour le meurtre de deux policiers (il en a aussi blessé un troisième) dans le saucissonnage de Plessis Trévise. Vous dites que c'est son passé "historique" qui le prédestinait à celà !!! Je pense à tous les gens qui ont été internés ou mis dans des camps et qui sont devenus des gens bien. Cet homme n'a aucune excuse. C'est quelqu'un qui n'a aucun sentiment, aucun affect. Des hommes ont payé de leur vie parce que cet individu ne travaille pas mais vole. Mon coeur est déchiré quand je vois que vous l'encensez et que vous le montrez pratiquement comme une victime. Je n'arrive pas à vous comprendre. Déjà, j'avais été choquée et outrée quand son histoire était passée à la télévision où déjà, il était considéré comme une pauvre victime parce que;, en prison, il ne voyait plus ses enfants. Il y a des enfants qui ne connaîtront jamais leur papa qui ont laissé leur vie à Plessis Trévise. Il y a une grand mère qui a fait un double infarctus au décès de son petit fils. Il y a des familles entières détruites à cause de cet individu. Croyez vous que Noël soit une jolie fête de famille pour ceux qui pleurent et pleureront toujours celui qui est dans la tombe et ne reviendra plus. Parce que ce Jean Claude Bonnal, lui, ressortira de prison un jour. Et que fera-t-il ? Il recommencera ? 17 janvier 2010 à 23:45 (CET) LM

Copie du Bistro de ce jour. PoppyYou're welcome 31 juillet 2009 à 11:45 (CEST)

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Contribution à l’encyclopédie WIKIPEDIA Eclairage historique sur l’affaire Bonnal et la tuerie d’Athis Mons

La biographie de Jean Claude Bonnal, braqueur multi-récidiviste  ou encore celle de truands marseillais comme Raymond Mihiere, est d'ordre socio-historique. La trajectoire de Bonnal est semblable à celle des milliers de rapatriés post coloniaux des guerres d’Indochine et d’Algérie qu’on trimbale de camp en camp, au gré des humeurs administratives. Le CV judiciaire de Jean Claude Bonnal est éloquent. Les premiers braquages sont commis dès l’âge de dix-neuf ans, en 1972 et se répèteront souvent entre deux libérations et ré-incarcérations jusqu’en 2004 où il est acquitté pour le braquage du bureau de change du « Printemps » à Paris, commis le 24 novembre 1998. Libéré en décembre 2000 pour « prolongation de détention provisoire non motivée », il est soupçonné du braquage le 6 octobre 2001 du bar tabac « Le Fontenoy » à Athis Mons, au cours duquel furent tuées une jeune serveuse de 24 ans et une femme de ménage de 38 ans. Le 31 janvier 2006, la cour d’assise du Val de Marne a condamné Jean Claude Bonnal, dit le chinois, braqueur multi-récidiviste, coupable de six meurtres, à la réclusion criminelle à perpétuité. Une expertise psychologique notera quelques éléments à décharge : enfance déstructurée, famille très nombreuse (12 enfants), père alcoolique, mère débordée. Jean Claude Bonnal est un écorché vif. Ce portrait stéréotypé, pour autant, ne révèle ni n’explique les mécanismes qui font basculer un individu du normal à l’anormal, du moral à l’abject, du pulsionnel au passage à l'acte, du conformisme social à l’anarchie anti-social. Pour comprendre l’incompréhensible, il faut se référer à certains éléments d’ordre socio-historique qui montreront que, dès le départ, on avait créé pour Jean Claude Bonnal toutes les conditions nécessaires pour devenir un paria et pour le rester à vie.

Né en 1953 à Saïgon, Jean Claude Bonnal est rapatrié avec toute sa famille en France en 1956, en application des accords de Genève sur le cessez le feu en Indochine (20 juillet 1954), en même temps que les dernières troupes du CEFEO, en butte aux pressions américaines et à une francophobie irrépressible de Ngo Dinh Diem qui supporte de plus en plus mal la présence française au Sud-Vietnam. N’ayant, comme tous les rapatriés d’Indochine, au nombre de 44 000 selon les chiffres officiels, aucune attache en France, il débarque avec toute sa famille au camp de Bias, dans le Lot et Garonne, département ayant une certaine expérience en matière de camps et d’internement de civils. Républicains espagnols, Juifs, Travailleurs et tirailleurs indochinois ont connu l’internement dans les camps de Bias, Casseneuil, Sainte-Livrade sur Lot, Agen et Bergerac (les juifs furent dirigés sur Bordeaux, puis sur Drancy, dernier arrêt avant Auschwitz). Mutée pour laisser le camp de Bias aux Harkis en 1962, sa famille se retrouve au camp de Sainte-Livrade sur Lot, distants de 6 km et sera mutée encore dans la banlieue sud de Paris. L’ensemble des rapatriés, qui a quitté l’Indochine dans l’urgence en laissant tout sur place, ne percevra aucune indemnisation pour la perte de leurs biens en Indochine ni aucune des aides que le gouvernement instituera pour les Pieds noirs d’Algérie ou, plus tard et sous la pression de personnalités médiatiques comme les philosophes Jean Paul Sartre et Raymond Aron pour les boat people des années 80.

Comme pour ses compatriotes eurasiens ou franco-vietnamiens (double appartenance, biologique pour les premiers et politico-culturelle pour les seconds), l’histoire de Jean Claude Bonnal et de ses compatriotes appartient à la micro-histoire de ceux que le vent de l'histoire a balayé. Lorsque les accords de Genève sur le cessez le feu en Indochine furent signés entre la France, le Vietminh et l'Etat du Vietnam (Sud-Vietnam), les 20 et 21 juillet 1954, ce fut la fin de l'Indochine française et de son influence. La France eût du mal à assumer la rupture politique du lien colonial qui l'unissait à l'Indochine depuis presque un siècle, notamment dans le rapatriement des partisans de l'autonomie/indépendance au sein de l'Union Française. Ce rapatriement fut catastrophique pour les intéressés parce que rien n'avait été pensé pour les accueillir et ce désastre humanitaire allait se répéter 8 ans plus tard, lorsque la France dut quitter l'Algérie après les accords d'Evian du 18 mars 1962, ayant voulu en sus interdire l'évacuation/rapatriement de ses partisans, les Harkis, promis à des exécutions de masse pour cause de trahison par le FLN. Les uns et les autres furent "internés" dans les camps et livrés à eux-mêmes sans beaucoup de moyens pour survivre. Quand les rapatriés d'Indochine arrivèrent entre 1954 et 1956, certains n'avaient pas un seul piastre en poche tandis que les plus fortunés ne disposaient de maigres économies que pour tenir 2 ou 3 mois au grand maximum. Il faudra attendre presque 8 ans pour qu'une politique d'accueil et de réinstallation soit mise en place pour l'ensemble des rapatriés. Entre 1954 et 1962, les rapatriés ont dû se débrouiller tout seul, quelquefois avec l'aide des seuls ONG (secours catholiques, CIMADE etc.). Dans cette période d'incertitude et selon le témoignage des anciens, on se nourrissait comme on pouvait avec ce qu'on trouvait dans la nature, la plupart du temps, des herbes qu'on savait comestibles. Certains, plus faibles que d'autres et ayant encore gardé les réflexes de survie des temps de guerre, commirent l'irréparable en perpétrant des homicides pour une poignée de francs qui leur valurent la perpétuité. La gestion de ces quelques dizaines de milliers de rapatriés était purement coercitive et un code moral en vigueur dans tous les camps jusqu'en 1980 ne listaient que toutes une série d'interdictions et de devoirs, jamais de droits. La mission éducative pour les enfants était définie à minima, juste pour se conformer à l'obligation scolaire et espérer que le gamin déscolarisé trouvât un travail pour subvenir aux besoins de sa famille. Pendant longtemps, cette population fut marquée du sceau de l'infamie auprès des populations autochtones et livrée à elle-même, en proie à la fatalité et au désespoir. Dans tous les camps, on peut souligner qu'il existe un risque de basculement dans la délinquance, surtout petite ou moyenne, en raison notamment du choix des critères d'installation des camps: les camps relèvent pour la plupart de l'Institution militaire, ce sont des satellites de la caserne, on n'y séjourne que le temps d'une manoeuvre. Ce n'était donc pas le lieu idéal pour implanter une population destinée à durer, de plus, la mobilité et la précarité étant de règle, les militaires n'ayant pas besoin de reconversion, les camps sont parfois implantés dans des zones économiquement nulles ou carrément dans des déserts économiques, ce qui correspond tout à fait à l'exigence de secret qui entoure intrinsèquement l'activité militaire. Certains ressortissants de ces camps ne peuvent bien souvent faire autre chose pour survivre que de basculer dans la petite délinquance (petits cambriolages et trafics divers et variés qui valent généralement 2 mois fermes ou 6 mois avec sursis). Dans ces conditions, demander aux rapatriés de s'intégrer dans la région où ils ont été affectés relève du pur non sens. La criminalité de Jean Claude Bonnal trouve donc une partie de son explication dans ce contexte historique de la guerre d'Indochine et de ses camps. Il faut se rappeler encore que Jean Claude Bonnal a atterri avec toute sa famille en 1956 au camp de Bias, dans le Lot et Garonne, ce camp tristement célèbre pour y avoir vu interner un millier de travailleurs indochinois pendant la seconde guerre mondiale et que la France a d'ailleurs refusé d'indemniser et célèbre également parce qu'il devint en 1975 un foyer important de la rébellion des jeunes harkis.

Sources : blog grand banditisme et faits divers Denis Peschanski : La France des camps (éditions Gallimard) Marc Bernardot : Camps d’étrangers (éditions du Croquant) Léon Nguyen : conférence du 17 décembre 2007 à l’Université de Panthéon-Sorbonne (guerre d’Indochine et camps), avec Michel Agier (Terra-EHESS),Marc Bernardot (Terra-univ. du Havre), Gilles Manceron (historien-LDH) et Léon Nguyen (Terra-ADRI) Léon Nguyen le 31 juillet 2009