Jacques Chastan

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Jacques Chastan
Saint catholique
Image illustrative de l’article Jacques Chastan
Saint, Martyr
Naissance
Marcoux dans les Alpes-de-Haute-Provence
Décès (à 35 ans) 
Saenamteo en Corée
Nationalité Drapeau de la France Française
Béatification 5 juillet 1925 Rome
par Pie XI
Canonisation 6 mai 1984 Séoul
par Jean-Paul II
Vénéré par l'Église catholique
Fête 21 septembre

Jacques Honoré Chastan, 1803 - 1839, est un prêtre catholique français des Missions étrangères qui fut martyrisé en Corée. Il fait partie du Groupe des cent-trois martyrs de Corée.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et vocation[modifier | modifier le code]

Jacques Chastan est né le 6 octobre 1803 (13 vendémiaire an XII), aîné de huit enfants, à Marcoux dans les Alpes-de-Haute-Provence, de parents agriculteurs.

Il fit ses études à Digne avant d'entrer en 1820 au petit séminaire d'Embrun. Il revint au collège de Digne pour y terminer ses études en 1822.

En 1823 il entra au grand séminaire, et fut ordonné prêtre le 23 décembre 1826 et célébra sa première messe à Marcoux.

C'est à sa demande qu'il entra le 13 janvier 1827 au séminaire des Missions étrangères à Paris, d'où il partit le 22 avril pour rejoindre Bordeaux et s'embarquer à destination de Macao.

Mission et martyre[modifier | modifier le code]

Quinze mois plus tard, après de nombreuses péripéties, Jacques Chastan parvint à Macao qu'il quitta pour rejoindre Shanghai qu'il atteignit en février 1834.

Il eut beaucoup de difficultés à entrer en Corée, but de sa mission, et ne put qu'y parvenir le 31 décembre 1836, après avoir traversé le fleuve frontière Yalou et marcher une dizaine de jours. Le 15 janvier 1837, il parvenait à Séoul. Il y étudia d'abord la langue, et accomplit sa mission malgré les grandes difficultés rencontrées.

Monseigneur Laurent Imbert, vicaire apostolique, arriva à Séoul à la fin de 1837, il confia les provinces du sud à Jacques Chastan, tandis que celles de l'est étaient confiées à Pierre Maubant[1].

Les conversions se multipliaient ce qui entraîna une nouvelle persécution, pendant laquelle de nombreux chrétiens furent arrêtés et sommés d'apostasier et de dénoncer les prêtres missionnaires. Ces derniers choisirent de se livrer aux autorités afin que les nouveaux chrétiens soient épargnés[1].

Ils furent donc arrêtés, incarcérés, mis au pilori[2] et torturés.

Le 21 septembre 1839, ils furent tous décapités[3].

La dépouille de Jacques Chastan, ainsi que celle de deux autres martyrs, restèrent exposées pendant trois jours avant d'être inhumées sur les lieux de l'exécution. Puis, elles furent transférées en 1843 dans la montagne Sam Syeng San, et, depuis 1903, reposent dans la cathédrale de Séoul.

Citation[modifier | modifier le code]

« Si quelque chose pouvait diminuer la joie que nous éprouvons en ce moment de départ, ce serait de quitter ces fervents néophytes que nous avons eu le bonheur d'administrer pendant trois ans et qui nous aiment comme les Galates aimaient saint Paul, mais nous allons à une trop grande fête pour qu'il soit permis de laisser entrer des sentiments de tristesse dans son cœur. Nous avons l'honneur de recommander ces chers néophytes à votre ardente charité »[4].

Béatification - Canonisation[modifier | modifier le code]

La cause en béatification de Jacques Chassan a été introduite par un décret en date du 24 septembre 1857.

C'était la première canonisation en dehors de Rome.

Conséquences politiques[modifier | modifier le code]

Une première mission navale destinée à exiger des Coréens des explications sur le meurtre des trois missionnaires fut montée en 1845, puis une deuxième en 1847, laquelle échoua assez piteusement.

En 1866, le massacre à Séoul de neuf autres missionnaires donna lieu à une expédition punitive contre le Régent de Corée par une force navale française placée sous le commandement du contre-amiral Pierre-Gustave Roze qui eut lieu du 18 septembre au 12 novembre 1866.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Rosa Giorgi, Le petit livre des saints, Larousse, 2006, page 274 (ISBN 2-03-582665-9)
  • Osservatore Romano : 1984 n° 19 p. 1.16
  • Documentation Catholique : 1925 col.1186-89 - 1968 col.1743-50 - 1984 p. 615-618 et 1156-7

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Le martyrologe romain fait mémoire de Saints Laurent Imbert, Pierre Maubant, Jacques Chastan », Magnificat, no 238,‎ , p. 302.
  2. Le supplicié à la tête et le cou coincés dans une cangue, planche percée de trois trous, de manière à pouvoir le promener.
  3. « Saints Laurent Imbert, Pierre Maubant et Jacques Chastan », sur Nominis, nominis.cef.fr (consulté le 8 septembre 2017).
  4. Lettre d'adieu de Saint Jacques Chastan à ses confrères de la Société des Missions Étrangères de Paris (Archives M.E.P. Vol. 1256, p. 125-126)
  5. a b et c (it) Emilia Flocchini, « San Giacomo Chastan Sacerdote e martire », sur Santi e Beati, santiebeati.it, (consulté le 8 septembre 2017).

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Françoise Fauconnet-Buzelin, Mourir pour la Corée. Jacques Chastan, missionnaire apostolique du diocèse de Digne, Éditeur L'Harmattan, 1996 (ISBN 2-7384-4832-1)
  • Françoise Fauconnet-Buzelin, Le Berger du Royaume ermite. Saint Jacques Chastan, missionnaire en Corée, Éditeur Digne, 1997 (ISBN 2-9511818-0-9)
  • Jean-Marie Thiébaut, La Présence française de la fin du XVIIIe siècle à nos jours, Gallica