Gabriel-Taurin Dufresse

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Saint Gabriel-Taurin Dufresse
Image illustrative de l'article Gabriel-Taurin Dufresse
Évêque, martyr (groupe des 120 martyrs de Chine)
Naissance 8 décembre 1750
Lezoux, Diocèse de Clermont
Décès 14 septembre 1815  (à 65 ans)
Tcheng-Tou Chine
Nationalité Flag of France.svg Française
Béatification 27 mai 1900 Rome
par Léon XIII
Canonisation 1er octobre 2000 Rome
par Jean-Paul II
Vénéré par l'Église catholique romaine
Fête 14 septembre

Gabriel-Taurin Dufresse (1750 - 1815) fut évêque missionnaire en Chine où il subit le martyre. Il fait partie du groupe des 120 martyrs de Chine, canonisés par le pape Jean-Paul II, le 1er octobre de l'Année Sainte 2000, en la fête de Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, patronne des Missions.

Vie[modifier | modifier le code]

Etudes et vocation[modifier | modifier le code]

Gabriel-Taurin Dufresse est né le 8 décembre 1750 à Lezoux dans le Puy-de-Dôme. Il fréquenta l'école paroissiale de son village, pour ensuite continuer ses études au collège de Riom.

Il partit après pour Paris, étudia d'abord à Louis le Grand, puis au séminaire de Saint Sulpice.

Déjà au collège, il avait entendu parler des Missions étrangères de Paris par un de ses professeurs, l'abbé de Saint-Martin, parti ensuite pour la Chine. Il entra comme diacre au séminaire des Missions Étrangères le 2 juillet 1774 et fut ordonné prêtre le 17 décembre 1774.

Un an après, il partait pour la Chine, le 4 décembre 1775.

Arrivée en Chine[modifier | modifier le code]

En 1776 Gabriel-Taurin quitta Macao pour gagner l'intérieur des terres, déguisé en chinois. Il atteignit le Sichuan après plus de trois mois de voyage. Il est alors emprisonné une première fois à Pékin et est relâché.

Dès qu'il eut appris suffisamment la langue chinoise, monseigneur Pottier l'envoya dans le nord de la province.

À la fin de 1784, une persécution anti-chrétienne éclata. Gabriel-Taurin fut arrêté, et réussit à s'évader pour se réfugier dans une maison chrétienne amie. C'est là qu'il reçut un mot de l'évêque coadjuteur, monseigneur de Saint-Martin, qui l'invitait à se livrer, afin d'apaiser les troubles.

Il obéit et partit pour Tchen-Tou où il arriva le 27 février 1785, il y fut mis en prison pendant quelques semaines avant d'être transféré à Pékin avec monseigneur de Saint-Martin et deux autres missionnaires, Delpon et Devaux. Là, il subit de nombreux et pénibles interrogatoires avant d'être finalement libéré le 9 novembre 1785.

Toutefois, bien que libérés, les missionnaires n'eurent pas le droit de retourner au Sichuan. Le Père Dufresse demanda donc l'autorisation de se rendre à Macao, espérant pouvoir revenir à partir de là sur ses terres de mission. On le conduisit à Canton, où il prit un bateau en partance pour les Philippines. Après un long séjour à Manille, il fut enfin ramené à Macao par un navire français. Et de Macao dans des conditions de voyage très difficiles, il put enfin, le 14 janvier 1789, regagner le Sétchouan (aujourd'hui leSichuan).

Au Sichuan[modifier | modifier le code]

Au bout de 4 ans, il est nommé provicaire. Il baptise enfants et adultes, reçoit de nouveaux catéchumènes, entend des milliers de confessions et visite de nombreuses communautés.

En 1800 il est coadjuteur de monseigneur de Saint-Martin et en 1801 il est nommé vicaire apostolique de la province du Sichuan[1]. Il succédait ainsi à monseigneur de Saint-Martin.

Monseigneur Dufresse tint un synode, au mois de septembre 1803 dont les décisions furent vivement approuvées à Rome et données en exemple aux autres missions en Chine. Les conversions étaient multiples et le travail missionnaire progressait : chaque année de 1500 à 2200 Chinois étaient baptisés.

Arrestation et martyre[modifier | modifier le code]

À partir de 1805, les édits de proscriptions contre les chrétiens reparurent, à l'instigation des lettrés locaux. Le vice-roi du Sichuan publia de nouvelles ordonnances et Gabriel-Taurin Dufresse dut reprendre une vie d'errance, traqué par les autorités. Le 18 mai 1815, l'évêque fut arrêté.

On le conduisit à Tchen-Tou, où il fut condamné à mort. Trente trois chrétiens avaient été emmenés avec lui et furent condamnés à l'exil, tandis que le 14 septembre 1815, l'évêque Dufresse était décapité.

La dépouille de Gabriel-Taurin Dufresse fut ensevelie trois jours plus tard par des fidèles. Quatre ans après, un prêtre chinois du nom de Lin les fit transporter dans le cimetière catholique. La tête de l'évêque avait été récupérée par des bonzes qui la remirent au Père Lin.

Ces reliques furent envoyées en 1856 par monseigneur Jacques-Léonard Pérocheau, évêque titulaire de Maxula Prates, au procureur des Missions étrangères de Paris à Hong Kong, puis apportées à Paris en 1857 par monseigneur Pellegrin. Elles reposent actuellement dans la crypte de l'église du séminaire des Missions étrangères de Paris.

Autres martyrs[modifier | modifier le code]

Un jour de 1785, tandis que Gabriel-Taurin faisait partie d'un convoi de prisonniers, l'un de ses gardiens, bouleversé par la foi et la patience de l'évêque, s'est converti et est même devenu prêtre plus tard. Il s'agissait d'Augustin Zhao Rong qui sera martyrisé en 1815.

Il en est de même pour Joseph Yuan, lui aussi converti à cette époque, qui sera ordonné prêtre et arrêté en 1816 après avoir évangélisé une vaste région ; il sera étranglé le 24 juin 1817.

Ces deux hommes ainsi que plus d'une centaine d'autres font partie du groupe des 120 martyrs de Chine.

Béatification - canonisation[modifier | modifier le code]

  • La Cause de Béatification de Gabriel-Taurin fut introduite le 9 juillet 1843. Le bref de Béatification a été signé par Léon XIII le 7 mai 1900[2], et la cérémonie de béatification a eu lieu à Rome le 27 mai 1900.
  • Gabriel-Taurin Dufresse a été canonisé à Rome le 1er octobre 2000 à Rome par Jean-Paul II.

Fête[modifier | modifier le code]

Le 14 septembre.

Citation[modifier | modifier le code]

« Plus on se connaîtra soi-même, plus on sera éloigné des sentiments d'orgueil. »

Sources[modifier | modifier le code]

  • Osservatore Romano: 2000 n.39 p.9-10 - n. 40 p.1-7 - n.41 p.7.10
  • la Documentation Catholique: 2000 n.19 p.906-908

Lien interne[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Dans cette province de 50 millions d'habitants vivaient 40000 catholiques, avec 4 prêtres français et 15 prêtres chinois. Elle possédait aussi des écoles et un séminaire. (sources : Abbaye de saint Benoît - Suisse)
  2. Par erreur sur cet écrit, le prénom du martyr a été noté Jean, ce qui a fait passer ce prénom là dans l'Office et dans la Messe du Bienheureux. (sources : Missions étrangères de Paris)