Hominoidea

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Hominoïdes • Grands singes

Les Hominoïdes (Hominoidea) ou grands singes[1],[2] constituent une super-famille de primates simiiformes du micro-ordre des Catarrhiniens. Ils sont aussi nommés singes anthropomorphes[3]. Ce groupe comprend notamment l´Homo sapiens.

Dénomination[modifier | modifier le code]

L'expression « grands singes » est utilisée actuellement pour nommer l'ensemble des singes sans queue qui constituent cette super-famille (l'Homme y compris ), comme traduction de l'anglais « apes », qui s'oppose dans cette langue à « monkey », qui ne désigne que les singes à queue.

Histoire évolutive[modifier | modifier le code]

Ils regroupent les singes sans queue[4], les vertèbres terminales s'étant atrophiées et soudées pour former un coccyx[5].
Les fossiles de proconsul, le plus ancien hominoïde connu, remontent à l'Oligocène vers vingt-sept millions d'années. Il vivait dans un écosystème de forêt tropicale humide. Vers seize millions d'années plusieurs lignées vont se développer. Partant d'Afrique, certaines vont coloniser l'Asie et l'Europe. Au cours du Miocène le groupe des hominoïdes va regrouper un nombre très diversifié d'espèces. La plupart ont disparu à la fin du Miocène, à partir de 8 millions d'années[6].

Aujourd'hui ce taxon se subdivise entre la famille des Hominidae correspondant aux grands singes (humains, chimpanzés, bonobos, gorilles et orang-outans) et celle des Hylobatidae (les gibbons).
La classification du proconsul, comme celle de nombreuses autres espèces fossiles, au sein des hominoïdes reste incertaine.

Squelettes des cinq groupes d'hominoïdes actuels.
















Historique du taxon Hominoidea[modifier | modifier le code]

Aristote faisait déjà la distinction entre singes avec queue (kèbes) et sans queue (pithèque)[7]. Cette distinction s'est poursuivie au cours des siècles. Et on la retrouve par exemple chez Buffon, avec le magot puis les autres macaques comme intermédiaire entre les singes sans et avec queue, conformément à la théorie de l'échelle des êtres[8].

Dans les classifications anciennes, la famille des Hominidae ne comprenait que le genre Homo, les singes hominoïdes étant regroupés dans la famille des Pongidae.
Hominoidea-1-fr.svg
 
Puis les gibbons (les singes anthropomorphes les moins proches de l'homme) ont été placés dans la famille des Hylobatidae[9].
Hominoidea-2-fr.svg
 
Puis, corrigeant la classification, tous les grands singes et les hommes ont été placés dans la famille des Hominidae, la sous-famille des homininae ne comprenant que le genre Homo, les grands singes étant regroupés dans la sous-famille des Ponginae.
Hominoidea-3-fr.svg
 
La compréhension de la phylogénie des Primates a conduit à dépasser l'opposition entre singes et humains : les grands singes africains ont été rassemblés dans la sous-famille des Homininae[10], laissant alors le genre Pongo (les orang-outans) dans celle des Ponginae. Les chimpanzés, plus proches de l'homme, furent placés dans la tribu des Hominini et les gorilles dans celle des Gorillini.
Hominoidea-6-fr.svg

Certains auteurs plaident pour le regroupement de l'ensemble des Hominini sous le genre Homo[11].

Sur le plan génomique, seuls les humains possèdent 23 paires de chromosomes, toutes les autres espèces vivantes hominoïdes possèdent 24 paires de chromosomes. Néanmoins au sein de cette super-famille, les cinq chromosomes {6, 19, 21, 22, X} sont pratiquement identiques.

La branche des Homo a conservé des traits archaïques . Le pied humain a toujours été spécialisé pour une station debout et la main humaine n'a jamais été une patte[12]. Les chimpanzés , les gorilles sont quadrumanes (leurs pieds sont préhensiles avec le pouce en opposition avec les autres doigts) alors que nos ancêtres plus éloignés comme Toumaï et Orrorin ne l'étaient pas, ni les plus anciens primates qui existent depuis cinquante millions d'années. Il s'agit d'une spécialisation tardive.

Classifiation[modifier | modifier le code]

Un Gibbon
Un crâne d'Australopithèque
Représentation d'Humains

Familles actuelles[modifier | modifier le code]

Liste des familles actuelles selon ITIS[13] et Mammal Species of the World[14]:

Taxons Fossiles[modifier | modifier le code]

Famille fossile et genres fossiles basaux d'après Fossilworks Paleobiology Database[15]:

La famille des dryopithécinés traditionnellement incluse dans les hominidés se révélant être paraphylétique, des études placent certains de ces genres en-dehors des hominidés dans la famille † Afropithecidae[16] ou dans la famille † Griphopithecidae[17] plus restrictive.

Phylogénie[modifier | modifier le code]

Phylogénie des familles actuelles de singes, d'après Perelman et al. (2011)[18] et Springer et al., 2012[19]:

 Simiiformes 
 Catarrhini 
 Cercopithecoidea 

Cercopithecidae (babouins, macaques, colobes...)


 Hominoidea 

Hominidae (orang-outans, gorilles, chimpanzés et hommes)



Hylobatidae (gibbons)




 Platyrrhini 

Pitheciidae (calicèbes, sakis...)




Atelidae (atèles, singes hurleurs...)



Cebidae (sapajous, capucins...)





Références taxinomiques[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. En anglais, on distingue ape de monkey, grand singe de singe, mais cette distinction est récente en français pour mieux traduire le mot Apes qui correspond aux Hominoïdes.
  2. http://www.larousse.fr/encyclopedie/divers/singe/92020
  3. http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/anthropomorphe/3902
  4. La perte de la queue chez le magot, un macaque d'Afrique du Nord, est un phénomène d'évolution parallèle ; il fait partie du groupe frère des Cercopithecidae.
  5. http://www.museum.nantes.fr/pages/07-actioneducative/dossiervisites/dossier_galerie_zoo/Panno.pdf
  6. Robert Boyd et Joan Silk (trad. Stéphane Ducrocq), L'Aventure humaine : Des molécules à la culture, De Boeck, (ISBN 2-8041-4333-3, lire en ligne), p. 272
  7. Hendrik Cornelius Dirk de Wit, Histoire du développement de la biologie, vol. III, (ISBN 2-88074-264-1, lire en ligne), p. 58
  8. Buffon, Œuvres choisies de Buffon, t. II, (lire en ligne), p. 359
  9. Simpson G.G., 1961. Principles of animal taxonomy. Columbia University Press, New-York.
  10. « Shoshani J, Groves CP, Simons EL & Gunnell GF., 1996. Primate phylogeny: morphological vs. molecular results. Mol Phyl. Evol., 5(1):102-54. »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?) (consulté le 9 octobre 2017)
  11. Morris Goodman, Calvin A. Porter, John Czelusniak, Scott L. Page, Horacio Schneider, Jeheskel Shoshani, Gregg Gunnell et Colin P. Groves (1998) « Toward a Phylogenetic Classification of Primates Based on DNA Evidence Complemented by Fossil Evidence », Molecular Phylogenetics and Evolution, 9 (3), p. 585–598
  12. Yvette Deloison, Biométrie humaine et anthropologie, Revue, , pages 147-150 p.
  13. ITIS, consulté le 30 septembre 2017
  14. Mammal Species of the World, consulté le 8 août 2016
  15. Fossilworks Paleobiology Database, consulté le 30 septembre 2017
  16. Moya-Sola S., Alba D.M., Almecija S., Casanovas-Vilar I., Kohler M., De Esteban-Trivigno S., Robles J.M., Galindo J., Fortuny J., A unique Middle Miocene European hominoid and the origins of the great ape and human clade, Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS), volume 106, issue 24, pages 9601–9606, 2009
  17. David R. Begun, « The miocene hominoid radiations », A Companion to Paleoanthropology,‎ , p. 398–415 (lire en ligne)
  18. http://journals.plos.org/plosgenetics/article?id=10.1371/journal.pgen.1001342
  19. (en) Mark S. Springer, Robert W. Meredith, John Gatesy, Christopher A. Emerling, Jong Park, Daniel L. Rabosky, Tanja Stadler, Cynthia Steiner, Oliver A. Ryder, Jan E. Janečka, Colleen A. Fisher et William J. Murphy, « Macroevolutionary Dynamics and Historical Biogeography of Primate Diversification Inferred from a Species Supermatrix », PLoS ONE, vol. 7, no 11,‎ , e49521 (ISSN 1932-6203, PMID 23166696, PMCID 3500307, DOI 10.1371/journal.pone.0049521, lire en ligne)