Hermann Scherchen

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Hermann Scherchen
Description de cette image, également commentée ci-après

Hermann Scherchen dans les années 1930.

Naissance
Berlin, Drapeau de l'Empire allemand Empire allemand
Décès (à 74 ans)
Florence, Drapeau de l'Italie Italie
Activité principale chef d’orchestre
Élèves Karl Amadeus Hartmann, Bruno Maderna, Rolf Liebermann, Luigi Nono, Walter Goehr, Luigi Dallapiccola, Iannis Xenakis
Conjoint Xiao Shuxian
Descendants Tona Scherchen-Hsiao

Hermann Scherchen, né à Berlin le et mort à Florence le , est un chef d’orchestre allemand.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d'aubergiste, né dans un quartier ouvrier de Berlin, Hermann Scherchen, très vite passionné par la musique, connaîtra les chemins de traverse d'un autodidacte[1]. Jeune, il apprend à jouer de l'alto et devient altiste dès l'âge de seize ans[1]. De 1907 à 1910, il joue régulièrement avec l'Orchestre Blüthner (de) et temporairement, avec l'Orchestre Philharmonique de Berlin.

C'est sa rencontre, en 1911 avec Arnold Schönberg, dont il est assistant pour préparer la création du Pierrot lunaire, qui change tout. L'œuvre intéresse Scherchen par bien des points. Écrite dans une atonalité libre, annonçant l'atonalité ordonnée du sérialisme, elle s'inscrit dans un nouveau monde musical, rompant avec les théories classiques. Grand érudit, ayant étudié pratiquement toutes les dernières recherches musicologiques, Hermann Scherchen se reconnaît pleinement dans ces audaces et devient l'un des plus fervents défenseurs des créateurs contemporains. Le Pierrot lunaire est créé à Berlin le 16 octobre 1912 par Schoenberg lui-même, et une tournée durant laquelle Scherchen fait ses débuts de chef d'orchestre est organisée en Allemagne[2],[1].

Début de carrière[modifier | modifier le code]

En 1914, Hermann Scherchen devient l'un des chefs de l'Orchestre symphonique de Riga[1] pendant sa saison d'été, mais, lorsque la Première Guerre mondiale éclate, il devient « prisonnier civil de guerre » jusqu'à la fin des hostilités. Il retourne ensuite à Berlin, où il fonde un quatuor à cordes qui porte son nom[1], ainsi qu'une société musicale, la Neue Musikgesellschaft (Société de nouvelle musique), qui organise des concerts de musique moderne avec le concours d'artistes tels que Adolf Busch, Artur Schnabel et Béla Bartók[3]. En 1919, il crée Melos, une revue consacrée à la musique contemporaine puis, l'année d'après, devient lecteur à la Musikhochschule de Berlin et dirige une chorale d'ouvriers[4]. En 1921, on le retrouve à la tête de l'Orchestre du Konzertverein de Leipzig, puis, de 1922 à 1924, à Francfort, où il remplace Wilhelm Furtwängler pour les Museumskonzerte.

Dès 1923, il est l'un des membres fondateurs de la S.I.M.C (Société Internationale de musique contemporaine) et établit des liens très étroits avec la ville de Winterthur, où il dirige régulièrement jusqu'en 1947, prenant même, pour un certain temps, le poste de directeur du Collège de musique[2]. En 1923 également, il dirige l'une des toutes premières exécutions de L'Histoire du soldat d'Igor Stravinsky, avec Carl Ebert comme récitant[3].

Parmi ses premières de l'époque, on peut citer les Trois fragments du Wozzeck d'Alban Berg[5],[1], l'air de concert Der Wein de Berg, avec la soprano Ruzena Herlinger, le Concerto à la mémoire d'un ange du même, donné en première audition par la S.I.M.C à Barcelone le 19 avril 1936[1], soit trois mois après le décès du compositeur ; de nombreuses œuvres de Paul Hindemith et l'opéra en quarts de ton Matkà (c'est-à-dire La mère) du Tchèque Alois Hába[6].

Au début de l'automne 1924, Scherchen et Hindemith, organisent du 15 au 18 septembre, un petit festival à Francfort-sur-le-Main consacré à Arnold Schoenberg, dont le cinquantième anniversaire avait eu lieu le 13. Le programme comprend, entre autres, Das Buch des hängenden Gärten (Le Livre des jardins suspendus), la Symphonie de chambre, des pièces pour piano, avec le concours d'Eduard Steuermann, et le Pierrot lunaire.

« En tant que musiciens, écrit Scherchen à Schoenberg, nous voulons ainsi vous faire honneur, avec nos propres forces, sans absolument aucune commission de financiers ignorants. […] Je ferai pour la symphonie de chambre des répétitions tellement approfondies que vous n'aurez ensuite plus aucun travail technique à faire et que vous pourrez musicalement faire avec l'ensemble ce que vous voudrez. Cher Monsieur Schönberg[7], faites que ce festival soit possible par votre venue. Paul Hindemith vous le demande aussi chaudement que moi-même[8]. »

En 1928, Hermann Scherchen devient le directeur général de la musique à la radio de Königsberg[4], poste qu'il occupe jusqu'en 1931. Par ailleurs, il devient chef de l’Orchestre de l'ORAG, mais il en prend congé en 1933, en même temps qu'il quitte l'Allemagne nazie, en raison de son opposition au régime en place[9], pour la Belgique jusqu'en 1936, puis la Suisse[4]. Lors de son internement en Russie, il s'était senti proche de la Révolution d'Octobre et on lui prêta, dès lors, une sympathie pour l'idéal communiste. Il profite de son exil pour voyager beaucoup, travaillant à Bruxelles, à Vienne ou en Suisse comme chef invité. Il finit par s'installer définitivement dans ce pays, d'abord à Neuchâtel, puis à Zurich, où il occupe un minuscule deux-pièces qu'il partage avec sa mère[10]. En 1936, il est à Budapest et compte Rolf Liebermann parmi ses élèves :

« Pendant six semaines, nous ne vîmes pas l'orchestre. Il nous confiait la direction d'une symphonie dont il était le seul exécutant. Il chantait tout, tenant chaque pupitre tour à tour. […] Parfois, il changeait de méthode et nous dirigeait à son tour. […] Ainsi nous apprenait-il le métier en éliminant tout ce qui lui était extérieur. Il ne nous enseignait ni à faire un geste élégant ni à danser sur l'estrade ni à prendre des poses théâtrales. »

— Rolf Liebermann[11].

En 1937, il crée à Vienne l'Orchestre Musica Viva, avec lequel il donnera son dernier concert le 10 mars 1938, en raison de l'Anschluss[12]. Il épouse alors la compositrice chinoise Xiao Shuxian, avec qui il aura trois enfants, dont Tona Scherchen-Hsiao (née en 1938), elle-même devenue compositrice[13].

De 1944 à 1950, il dirige l'orchestre de la Radio de Beromünster, la station de radiodiffusion de Zurich. Lorsque les trois principaux orchestres des radios de Suisse alémanique – Zurich, Berne et Bâle – s'unissent, ils prennent le nom de Studio Orchester, et Scherchen en devient le directeur musical. Dans l'immédiat après-guerre, il reçoit plusieurs propositions pour revenir en Allemagne : chef principal de l'Orchestre Philharmonique de Berlin, de l'Orchestre du Gewandhaus de Leipzig ou de l'Orchestre Radio-Symphonique. Plus, même : on lui offre un poste à l'Opéra d'État de Berlin ainsi que la direction artistique du Conservatoire de Leipzig. Scherchen refuse tout en bloc, préférant créer à Bruxelles sa maison d'édition Ars Viva Verlag, destinée à publier les œuvres des auteurs contemporains[14],[15],[1].

Dernières années[modifier | modifier le code]

L'année 1950 marque pour Scherchen, la fin d'une première vie. Sa mère – peut-être son seul repère – meurt à quatre-vingt-huit ans ; sa femme Xiao Shuxian le quitte, il rompt toute collaboration avec la radio suisse et se sépare, après vingt-huit années de collaboration, du Collège de Musique de Winterthur. Poursuivi par son ombre rouge; ayant fait, un peu maladroitement au retour d'un concert à Prague, l'apologie de la culture des pays de l'Est, il est en proie à une vindicte sans fin et préfère démissionner de toutes ses fonctions en Suisse alémanique. Il trouve refuge dans le Tessin, à Gravesano. Il rencontre alors la mathématicienne roumaine Pia Andronescu, qui va le sauver du suicide[16]. Elle devient sa femme et la future mère de ses cinq derniers enfants, dont l'aînée, Myriam, a consacré sa vie non seulement à la mémoire de son père, mais aussi à la réédition des enregistrements de concert et de studio de son père grâce à la firme discographique Tahra, fondée en compagnie de René Trémine. De plus en plus intéressé par les recherches électro-acoustiques, Scherchen crée, en 1954 avec le soutien de l'UNESCO[1] le Studio de Gravesano, aboutissement d'un vieux rêve qu'il date lui-même des années 1920 :

« Je fis ainsi construire un studio avec cinq murs, et non quatre, avec un plafond incliné, donc un local sans aucune ligne parallèle. J'expliquai à l'architecte : « Écoutez-moi bien. Par cette disposition, je veux essayer d'amortir toutes les interférences et les ondes stationnaires. Je veux également minimiser les particularités du local. » L'idée, au fond, était la suivante : chaque pièce est un individu, petit ou grand, capitonné ou nu et cet individu revêt différemment chaque son qui existe dans l'espace. Une pièce aux murs nus crée un long écho et rejette fortement les hautes fréquences. C'est-à-dire que l'ambiance donne la coloration sonore à chaque musique qui y est jouée. Pourtant, il n'existe pas d'ambiance convenable du point de vue du son, il n'y a que des cas particuliers. »

— Hermann Scherchen[16].

Ce studio expérimental d'électro-acoustique donne lieu à de nombreux congrès. Dans ce cadre, Scherchen publie les Graversaner Blätter[17]. En 1956, il est nommé avec Josef Krips Premier chef de l'Orchestre symphonique de Vienne et effectue de nombreux enregistrements[18]. Pendant un an (1959-1960), il prend la direction de la Nordwestdeutsche Philharmonie à Herford, en Westphalie du Nord ; ce sera son dernier poste permanent. Durant toutes ces années d'après-guerre, il est fréquemment invité à diriger en France, en Angleterre et en Italie. C'est également en 1950 qu'il se lie avec la firme Westminster, pour laquelle il réalisera la plupart de ses enregistrements.

Sa passion pour la musique contemporaine fait de Scherchen un pionnier. Grâce à lui, et à sa faculté de perpétuelle quête, beaucoup de compositeurs du XXe siècle peuvent pleinement éclore. Ardent défenseur de la Seconde école de Vienne (Arnold Schoenberg, dont il enregistre une vertigineuse version d'Erwartung avec Magda László, Alban Berg et Anton Webern), il dirige aussi le Richard Strauss de la fin des années 1940, Edgar Varèse, Albert Roussel, Paul Dessau ou, encore, certaines œuvres de son élève, Karl Amadeus Hartmann, auteur de l'opéra Simplicius Simplicissimus, au livret duquel il a collaboré. Véritable découvreur de talents, il sait tendre la main à de jeunes compositeurs sériels comme Bruno Maderna, Pierre Boulez, Boris Blacher, Norman Del Mar, Walter Goehr, Iannis Xenakis ou Luigi Dallapiccola, qui trouvent ainsi une audience internationale :

« Comment pourrais-je dire tout ce que je lui dois en tant que compositeur ? Quinze de mes œuvres ont figuré régulièrement dans ses programmes et quatre ont été créées par lui, en particulier Le Prisonnier au Mai florentin de 1950, que l'on voulait saboter et que seules l'autorité et la conviction d'Hermann Scherchen sauvèrent. »

— Luigi Dallapiccola[19].

D'hier à demain, celui que Xenakis appela l'accoucheur de la musique a, de fait, noué les liens improbables entre toutes les époques. Créateur de plus de deux cents œuvres contemporaines, il compte sans doute parmi les chefs d'orchestres du siècle au plus vaste répertoire, allant de Giovanni Gabrieli et Bonaventura Cavalieri à Luigi Nono et Karlheinz Stockhausen.

Style[modifier | modifier le code]

Parce qu'il est intransigeant, déterminé, engagé dans son siècle et dirige la plupart du temps sans baguette, beaucoup voient en Hermann Scherchen une figure excentrique alors qu'il n'en est rien. Certes, il occupe une place atypique dans l'univers des chefs d'orchestre du XXe siècle, car il est un ennemi juré de la routine. Curieux de tout, enthousiaste et infatigable travailleur (il n'exécute jamais une œuvre contemporaine sans une étude préalable fort minutieuse de la partition), il a toujours cherché à trouver le point d'union entre hier et aujourd'hui. Conscient que tout est affaire d'héritage, il s'est ouvert à toute nouveauté sans jamais couper les racines qui l'unissaient à la tradition.

S'il sait parfaitement expliquer (les séances de répétitions le montrent exigeant mais en dialogue permanent avec ses musiciens), il sait aussi écouter. Ce musicien né a été à bonne école, comme l'atteste une lettre au vitriol d'Arnold Schoenberg en 1914 :

« Cher Scherchen, j'ai plusieurs choses importantes à vous dire au sujet de la répétition d'hier de la Symphonie de chambre. D'abord les bonnes : l'ensemble est bien travaillé. Mais à part quelques rythmes hasardeux ou inexacts et quelques endroits qui ne donnent rien du tout, presque tout le reste aurait pu faire une excellente impression si (et maintenant j'en viens aux mauvaises, que je dois dire énergiquement et auxquelles je souhaite que vous prêtiez la plus grande attention) vos tempi n'étaient tout du long trop vifs. Vous semblez tomber dans l'erreur qui consiste à confondre tempérament et vitesse !! Mais le tempérament en lui-même ne veut rien dire, et si cela signifie quelque chose comme tempérament fougueux, c'est pour moi sans valeur aucune. […] Débarrassez-vous de cette erreur et faites de la musique avec un tempérament réservé, retenu !! […] La chose la plus importante, c'est l’Adagio. Vous le jouez presque comme un allegro !!! […] Le début doit en être calme, méditatif, et la progression ne doit rien avoir de passionné, mais ce doit être l’intériorité qui s'intensifie. […] Pour poursuivre : toute la réexposition est précipitée. Tout devient confus, aucune note n'est claire. Utilisez autant d'expression qu'il y a dans la pièce et n'essayez pas d'en donner toujours plus. »

— Arnold Schoenberg, 1914[8].

S'il existe un terme pour exprimer ce que pouvait être son style, on le trouve dans le titre de l'un de ses essais : l'Essence de la musique, ou dans ces quelques conseils adressés à Rolf Liebermann :

« Il est inutile d'apprendre à diriger. Contente-toi d'étudier les partitions. Tu ne feras jamais un geste faux si tu entends bien le morceau dans ta tête[20]. »

Certes, l'homme déroute parfois, tant il infuse une sincérité passionnée et personnelle sans jamais être dictatoriale dans ses interprétations de Mozart, Vivaldi – fascinante lecture des Quatre saisons avec Julian Olevsky (en) ou encore, Beethoven – avec l'une des plus puissantes exécutions de la Symphonie n°3, et des enregistrements légendaires des Concertos pour piano avec Paul Badura-Skoda. Il fait également renaître Bach, Haydn – dont il est le premier à réaliser un enregistrement intégral des Symphonies Londoniennes ou, encore, Purcell[14]. Toute œuvre devient, avec lui, œuvre nouvelle à recréer car le temps n'a rien arrêté, ni figé ; tout, au contraire, continue.

« Avec lui, la musique prend vie sans le secours d'aucun artifice virtuose. Scherchen, en fait, n'est nullement un chef virtuose qui veut imposer sa personnalité au public. Ce qu'il recherche, c'est d'exprimer ce qu'il ressent que le compositeur avait à l'esprit quand il écrivit l'œuvre et d'en faire une expérience vivante, pas un musée classique. »

— Humphrey Searle, compositeur anglais[3].

Il est vrai que, parfois, Scherchen tord le cou à certaines œuvres : il existe notamment un enregistrement de la 5e Symphonie de Mahler à laquelle Scherchen a apporté de nombreuses corrections, rayant une partie importante des notes... Mais Scherchen préférera toujours la critique ouverte à toute tentative d'influence sur les critiques. C'est encore en pionnier qu'il enregistrera pour la première fois un bon nombre des Symphonies du compositeur viennois (à savoir la no 1, ou Titan; les nos 2, 3, 5, 7, 8, ou symphonie des mille ; nos 9 et 10). Son travail sur Bach, avec l'orchestration de L'Art de la fugue, qu'il dirige le 14 mai 1965 à Lugano, offre une maîtrise exceptionnelle de l'orchestre où il choisit les timbres, non pas comme une fin en soi, mais pour mieux éclairer l'organisation de l'œuvre. Aux cordes interrogatives, répondent des vents affirmatifs :

« Il s'ensuit une dialectique de l'exposition et de l'expression propre à l'œuvre elle-même qui me semble se rapprocher considérablement de l'idéal que je vise. À savoir, communiquer à l'auditeur le message auditif apparemment le plus docte et le plus ardu d'une manière immédiate »

— Hermann Scherchen[18].

Sans doute par désir pédagogique, Scherchen a écrit plusieurs traités sur la musique et la direction d'orchestre. Par générosité et, toujours, curiosité, il prend sous son aile de jeunes débutants comme Francis Travis (en), qui fut d'abord son assistant, avant de voler de ses propres ailes ou Igor Markevitch, qui allait également devenir l'un des plus grands chefs d'orchestre du siècle.

Toujours dans les années 1950, Hermann Scherchen dirige les Premières de Das Verhör des Lukullus de Paul Dessau (1951, Berlin)[1] ou, encore, du König Hirsch de Hans Werner Henze (1956, Berlin)[1]. Il correspond toujours avec Schoenberg, dont il a créé à Darmstadt la Danse autour du Veau d'or extraite de Moses und Aron (1951, Darmstadt)[1]. Par ailleurs, Scherchen travaille sur la partition pour son ami et collègue Hans Rosbaud qui en assure la première, le 12 mars 1954 à Hambourg. Scherchen, lui, dirigera l'ouvrage à Berlin en 1959, en version scénique. Vieillissant et à moitié aveugle, Schoenberg interroge le chef d'orchestre sur l'avenir de L'Échelle de Jacob :

« Je ne pourrai vous dire la formation requise pour Die Jacobsleiter qu'après avoir repris le travail dessus. Mon projet, dans la mesure du possible, est d'employer des bois par moins de quatre et des cuivres normaux[21]. 1) Style : ce n'est pas une composition dodécaphonique, mais correspond au style de mon Erwartung et de Die glückliche Hand. 2) Je suppose que cela durera trois-quarts d'heure. Mais je peux me tromper. Cela peut tout aussi bien durer une heure un quart… Je ne sais plus[8],[22]. »

Après être allé aux États-Unis pour diriger le Philadelphia Orchestra en 1964[1], celui que les Américains surnomment Le magicien de Gravesano retourne en Suisse. Le 12 juin 1966, il succombe à une crise cardiaque alors qu'il se trouve à Florence pour diriger L'Orfeide de Gian Francesco Malipiero, sa dernière prestation enregistrée, six jours avant sa mort.

La musique n'a pas à être comprise. Elle doit être écoutée.
– Hermann Scherchen

Œuvres créées par Hermann Scherchen (sélection)[modifier | modifier le code]

Compositions[modifier | modifier le code]

  • Lieder
  • Œuvres pour chœur
  • Trio
  • Sonate pour piano

Écrits[modifier | modifier le code]

  • (de) Das Lehrbuch des Dirigierens, par Hermann Scherchen, Éditions Weberverlag, Leipzig, 1929
    • Traduction française La direction d'orchestre, par Hermann Scherchen, éditions Actes Sud, 1986
  • (de) Vom Wesen der Musik, par Hermann Scherchen, Winterthur, 1946
  • (en) The Nature of Music, par Hermann Scherchen, éditions Dennis Robson, 1950 (traduction anglaise de l'ouvrage précédent)
  • (de) Musik für Jedermann, par Hermann Scherchen, Winterthur, 1950
  • (de) Alles hörbar machen, sélection de correspondance avec son épouse allemande Gustel Jansen, 1972
  • (de) Werke und Briefe, par Hermann Scherchen, éditions Peter Lang, 1991
  • Mes deux Vies, récit autobiographique, par Hermann Scherchen (Préface de Paul Badura-Skoda et Rolf Liebermann ; traduction de Myriam Scherchen ; discographie établie par René Tremine), éditions Tahra, 1992

Dédicaces[modifier | modifier le code]

  • K.A. Hartmann, lui a dédié son premier quatuor à cordes « Carillon » (1936)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (de) Friedrich Herzfeld, Magie des Taktstocks : die Welt der großen Dirigenten, Konzerte und Orchester, Berlin, Buchgemeinschaft,‎ 3/1967 (1re éd. 1953), 207 p. (OCLC 915780136)
  • (de) Hans Curjel, Gedenkrede für Hermann Scherchen 1891–1966, Zurich, Kommission,‎ 1967, 35 p. (OCLC 3089523)
  • (de) Hansjörg Pauli, Hermann Scherchen, 1891–1966, Zurich, Kommission, coll. « Neujahrsblatt der Allgemeinen Musikgesellschaft Zürich auf das Jahr » (no 177),‎ 1993, 60 p. (ISBN 390641583X, OCLC 28206151)
Articles
  • (en) Willi Reich, Hermann Scherchen, The Chesterian, xvii (1935–1936), p. 176–182
  • (en) Humphrey Searle, Herman Scherchen, Gramophone Record Review, nos 37–48 (1956–1957), p. 618–620, discographie de F.F. Clough et G.J. Cuming
  • Claude Nanquette, Anthologie des interprètes, Paris, Éditions Stock, coll. « Musique »,‎ 1979, 749 p. (ISBN 2-234-01087-X, OCLC 6356684, notice BnF no FRBNF36599422), p. 339–345.
Encyclopédies 

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l et m Grove 2001
  2. a et b Alain Pâris, Dictionnaire des interprètes et de l'interprétation musicale au XXe siècle, Paris, Robert Laffont, coll. « Bouquins »,‎ , 1112 p. (ISBN 978-2-2210-6660-7 et 2-221-06660-X, OCLC 319830089)
  3. a, b et c Hermann Scherchen, par Humphrey Searle, dans : Introduction à sa discographie, par René Tremine et Myriam Scherchen, éditions Tahra, 1999
  4. a, b et c Vignal 2005, p. 890
  5. Berg acheva son opéra en 1924, mais n'eut pas la possibilité de le faire exécuter sur scène ; Scherchen lui suggéra cette introduction, qui permit au compositeur de se faire reconnaître et attira l'attention d'Erich Kleiber, lequel assura la création de l'opéra le 14 décembre 1925 à l'Opéra d'État de Berlin. Dans : Hermann Schechen, introduction à sa discographie, op. cit.
  6. En musique, un quart de ton, ou micro-intervalle, équivaut (logarithmiquement) à la moitié du demi-ton, ce dernier équivalant à la moitié du ton. Autour d'Alois Hába, les compositeurs Julián Carrillo (en), Ivan Wischnegradski et Charles Ives ont beaucoup exploré le quart de ton, mais, exigeant une modification des instruments, la musique microtonale ne sera vraiment exploitée qu'avec l'arrivée des moyens électroniques. Dans Histoire concise de la musique moderne, par Paul Griffiths, Fayard, 1978.
  7. Né Schönberg, le compositeur a anglicisé son nom en Schoenberg lors de son départ d'Allemagne pour les États-Unis, en 1934. L'orthographe la plus utilisée aujourd'hui est la seconde. Dans : Arnold Schoenberg, par Hans Heinz Stuckenschmidt et Alain Poirier, Fayard, collection Bibliothèque des grands musiciens, 1993.
  8. a, b et c Arnold Schoenberg, Correspondance 1910–1951, éd. Jean-Claude Lattès, 1983.
  9. Scherchen quitte vraiment l'Allemagne à la fin de l'année 1932. Dans : René Tremine, Introduction à sa discographie, Tahra, 1999.
  10. Préface de Rolf Liebermann à Mes deux vies d'Hermann Scherchen, éd. Tahra
  11. Rolf Liebermann : Actes et entractes, Stock, 1976
  12. Musica Viva va vite être appelé, dans un sens positif, Musica Telaviva en raison du grand nombre de musiciens Juifs qui en faisaient partie. Dans : Mes deux vies, par Hermann Scherchen, op. cit., note 69.
  13. Née le 12 mars 1938, elle repartira en 1949 avec sa mère en Chine où elle apprendra la musique. Elle s'est établie en France en 1972.
  14. a et b Nanquette 1979, p. 342
  15. Ars Viva Verlag sera acheté par les éditions Schott
  16. a et b Mes deux vies, par Hermann Scherchen, op. cit.
  17. Littéralement : Lettres de Gravesano. Il s'agit, en fait, de publications régulières donnant la parole aux compositeurs contemporains.
  18. a et b Nanquette 1979, p. 343
  19. Nanquette 1979, p. 341–342
  20. Nanquette 1979, p. 339
  21. Ainsi que le montre la musique écrite en 1917, Schoenberg songeait à l'origine à un orchestre plus important.
  22. Schoenberg ne put jamais reprendre ce travail. Il ne s'agit ici, que de la première partie.

Liens contextuels[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]