Karl Amadeus Hartmann

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Karl Amadeus Hartmann

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Naissance
Munich, Empire allemand Empire allemand
Décès (à 58 ans)
Munich, Allemagne de l'Ouest Allemagne de l'Ouest
Activité principale Compositeur
Maîtres Joseph Haas, Anton von Webern

Karl Amadeus Hartmann est un compositeur allemand, né à Munich le et mort dans la même ville le . Son œuvre orchestrale a pour centre de gravité son imposant corpus de huit symphonies.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né dans une famille vouée aux beaux-arts, son père et un de ses frères sont peintres. Il commence ses études en 1919, à Pasing, près de Munich, pensant d'abord se consacrer à une carrière d'enseignant, avant d'interrompre ses études en 1922, puis de les reprendre en 1924, en changeant de voie et en entrant à la Staatliche Akademie der Tonkunst, à Munich, où il reste jusqu'en 1927, y étudiant sous la direction de Joseph Haas.

C'est à cette époque qu'il fait la connaissance de Hermann Scherchen, qui encourage sa vocation, et que, en 1928, il participe à la fondation des concerts organisés par l'association artistique « Die Juryfreien ». Il ébauche, entre 1928 et 1930, le cycle des opéras de chambre « Wachsfigurenkabinett », cycle qui reste inachevé.

Profondément épris de démocratie, Hartmann assiste avec consternation à l'arrivée au pouvoir d'Adolf Hitler et à l'avènement du Troisième Reich en 1933. Plutôt que de choisir l'exil, comme tant d'autres, il préfère demeurer en Allemagne, mais en se retirant complètement de la scène musicale allemande, tandis que certaines de ses œuvres sont jouées à l'étranger, où sa réputation va grandissant, mais que le public allemand ignore quasiment tout de ce compositeur caché. Pendant ces douze années, jusqu'en 1945, il préfère se consacrer, dans son exil intérieur volontaire, à l'art de la composition.

Durant cette période sombre, Hartmann ne se départ pas de sa foi en une intégrité morale et en l'humanité. Il sublime dans l'art de la composition son besoin de résistance. Les œuvres écrites à cette époque témoignent de cette attitude : l'opéra Simplicius Simplicissimus, par exemple, traite de la dignité de la personne humaine face aux atrocités de l'époque. Dès 1934, il dédie également le poème symphonique Miserae aux prisonniers du camp de concentration de Dachau. En outre, nombre de ses œuvres sont clairement imprégnées du climat pesant de la Seconde Guerre mondiale.

Pendant la guerre, il se perfectionne avec Anton von Webern, qui le « pousse » vers la musique sérielle puis, après la guerre, sortant de sa longue relégation volontaire, il cumule les fonctions officielles à Munich et en Bavière :

  • il est nommé dramaturge musical au Bayerische Staatsoper ;
  • il crée notamment, en 1945, le cycle de concerts de musique contemporaine Musica Viva, dont il assure la formation artistique initiale, et dont il restera responsable jusqu'à sa mort ;
  • puis il assume la présidence de la section allemande de la Société internationale de musique contemporaine (S.I.M.C.) en 1953.

Survol de l'œuvre[modifier | modifier le code]

Outre les diverses classifications thématiques, divers musicologues répartissent les œuvres de Hartmann en trois périodes relativement distinctes, correspondant à diverses phases importantes de la vie du compositeur :

  • les œuvres dites « de jeunesse », composées avant 1933, et dont un grand nombre ont été reniées et détruites par Hartmann lui-même ;
  • les œuvres de la relégation volontaire, composées entre 1933 et 1945, dont beaucoup n'ont été découvertes, sous leur forme originelle, qu'après la mort du compositeur ;
  • les œuvres dites « majeures », composées après 1945, et dont beaucoup reprennent en les remaniant une partie des partitions composées entre 1933 et 1945.

De ce fait, la liste de ses œuvres est relativement complexe.

En fonction des œuvres et des périodes, certains ont décelé dans sa production des influences de Gustav Mahler, Anton Bruckner (œuvres dites « de jeunesse »), Paul Hindemith, Igor Stravinski, Arnold Schoenberg. Inversement, sa propre influence est parfaitement audible dans certaines œuvres de Hans Werner Henze, par exemple dans sa septième symphonie.

Œuvres détaillées[modifier | modifier le code]

  • Symphonies « majeures » :
  • Premières œuvres symphoniques :
    • Symphonie-divertissement pour basson, trombone, double basse et orchestre de chambre (1932-1933, seuls subsistent des fragments)
    • Miserae, poème symphonique (1934)
    • Symphonie L'Œuvre, d'après Émile Zola (1937-1938, partiellement réutilisée pour la Symphonie n° 6)
    • Symphonie pour orchestre à cordes et voix (1938, réutilisée, sans la partie vocale, perdue, pour la Symphonie n° 4)
    • Sinfonia Tragica (1940-1943, partiellement réutilisée pour la Symphonie n° 3)
    • projet de triptyque intitulé Sinfonia drammaticae :
      1. Ouverture symphonique (Symphonische Ouvertüre, 1942, initialement titrée China kämpft)
      2. Hymnes symphoniques (Symphonische Hymnen, 1942)
      3. Symphonische Suite, sous-titrée Vita Nova (1943, œuvre perdue)
    • Suite symphonique La Vita Nuova, pour récitant et orchestre (1943, œuvre perdue)
    • Symphonie Klagegesang (1944, partiellement réutilisée dans la Symphonie n° 3)
    • Fugue-Scherzo pour orchestre de percussions (1956-1957)
  • Concertos :
    • Kammerkonzert pour clarinette, quatuor à cordes et orchestre à cordes (1930-1935)
    • Petit concerto pour quatuor à cordes et percussions (1932)
    • Concerto pour trompette et orchestre de chambre à vent (1932, seul subsiste le second mouvement, Lied)
    • Cello Concerto (1932-1933, œuvre perdue)
    • Concerto funèbre pour violon et orchestre à cordes (1939, remanié en 1959)
    • Concerto pour ensemble à vent, double-basses et deux trompettes solos (1948-1949, recomposé à partir du Concerto pour trompette de 1932, remanié une nouvelle fois pour devenir la Symphonie n° 5)
    • Concerto pour piano, instruments à vent et percussions (1953)
    • Concerto pour alto et piano accompagnés d'instruments à vent et percussions (1955)
  • Opéras :
    • Wachsfigurenkabinett, cycle de 5 opéras comico-fantasiques (1928-1930), sur des livrets d'Erich Bornemann :
      1. Leben und Sterben des heiligen Teufels
      2. Der Mann, der vom Tode auferstand
      3. Chaplin-Ford-Trott
      4. Fürwahr ...?!
      5. Die Witwe von Ephesus
    • Des Simplicius Simplicissimus Jugend, opéra de chambre (1934-1935, 1949), opéra d'après Simplicius Simplicissimus de Grimmelhausen, sur un livret de Hartmann, Scherchen et Wolfgang Petzet (1934-1935, remanié en 1956)
  • Autres œuvres lyriques :
    • Cantate pour chœur o cappella chorus, sur des textes de Marx et Becher (1929)
    • Messe profane (1929)
    • Cantate pour voix et orchestre, sur des textes de Whitman (1936, remaniée pour devenir la Symphony n° 1)
    • Friede Anno '48 pour chœurs et piano (1936-1937, remaniée en 1955 sous le titre de Lamento)
    • Ghetto Cantata (1960-1961)
    • Gesangsszene aus Sodom und Gomorra, pour baryton et orchestre, texte de Jean Giraudoux (1962-1963, œuvre inachevée)
  • Musique de chambre :
    • 2 sonates et 2 suites pour violon seul (1927)
    • 4 pièces pour piano :
    • 2 quatuors à cordes :
      • Quatuor à cordes n° 1, dit Carillon (1922)
      • Quatuor à cordes n° 2 (1945-1946)
    • Suite dansante pour quintette à vent (1931)
    • Musique burlesque pour instruments à vent, percussions et piano (1931)
    • Toccata Variata, pour 10 instruments à vent, percussions et piano (1932)

Distinctions[modifier | modifier le code]

  • 1949 : lauréat du Prix de la musique de la ville de Munich
  • 1953 : membre de l'Académie des beaux-arts de Bavière
  • 1954 : lauréat de la Médaille Schoenberg, décernée par l'International Society of New Music
  • 1961 : lauréat du Prix des beaux-arts de la ville de Berlin
  • 1962 : docteur honoraire (?) du Spokane Conservatory, à Washington, DC

Divers[modifier | modifier le code]

À l'occasion du centenaire de la naissance du compositeur, l'année 2005 a été décrétée, en Bavière, « année Hartmann » (Karl-Amadeus-Hartmann-Jahr 2005 in Bayern ou Hartmann-Jahr-2005). Dans le cadre de cette célébration, 55 concerts sont prévus dans onze villes et autres lieux, dont par exemple le camp de concentration de Dachau (où sera bien évidemment joué le Miserae, dédié aux prisonniers du camp lors de sa composition en 1933-1934). Cette année a été précédée, en octobre et novembre 2004 de trois concerts qui en étaient en quelque sorte le prologue.

Voir le programme détaillé de l'« année Hartmann »