Leo Borchard

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Leo Borchard
Description de cette image, également commentée ci-après

Leo Borchard en 1939

Naissance
Moscou, Empire russe
Décès (à 46 ans)
Berlin, Allemagne de l'Ouest
Activité principale Chef d'orchestre
Collaborations Orchestre philharmonique de Berlin

Leo Borchard (en russe : Лев Львович Боргард, Lev Lvovitch Borchard) est un chef d'orchestre russe, né le 31 mars 1899 à Moscou et mort le 23 août 1945 à Berlin.

Biographie[modifier | modifier le code]

Leo Borchard est né à Moscou de parents allemands. Il passe son enfance à Saint-Pétersbourg où il reçoit une solide formation musicale. En 1920, après la Révolution russe, il émigre définitivement en Allemagne. À Berlin, il est l'élève d'Hermann Scherchen et d'Eduard Erdmann[1], puis co-répétiteur de Bruno Walter au Städtischer Oper de Charlottenburg (1925) et d'Otto Klemperer[2] à l'Opéra Kroll, puis travaille à la radio de Königsberg. Le 3 janvier 1933, il dirige une première fois l'orchestre philharmonique de la ville. En 1935, il est interdit d'activité par le régime nazi pour « manque de fiabilité politique »[3]. Pendant cette période, il enseigne et fréquente les musiciens Boris Blacher et Gottfried von Einem[3].

En 1938, il entre dans la clandestinité et participe activement à la résistance en fondant un groupe nommé « Onkel Emil » qui aide les Juifs de Berlin. Malgré les risques considérables, il ne quitte pas Berlin, même aux derniers jours de la guerre.

Le 26 mai 1945, au Titania-Palast (de), trois semaines seulement après la signature de l'armistice, en remplacement de Wilhelm Furtwängler exilé en Suisse, il dirige le premier concert de l'Orchestre philharmonique de Berlin de l’après-nazisme, dans un programme comprenant l'ouverture du Songe de Mendelssohn, le concerto en la majeur de Mozart et la Symphonie nº 4 de Tchaïkovski. Il a dirigé aussi les vingt-et-un suivants ; mais il disparaît tragiquement le 23 août, tué accidentellement dans le secteur américain, pendant le couvre-feu par « une patrouille américaine qui avait ordre de tirer sur tout véhicule suspect, sans faire de sommations. La rafale ne toucha que lui[4]. »

photo : pierre tombale
Tombe de Leo Borchard à Berlin-Steglitz.
photo : plaque commémorative à Berlin
Plaque à Berlin sur le domicile de Leo Borchard à Berlin-Steglitz.

Dès le 29 août, Sergiu Celibidache dirige pour la première fois la Philharmonie.

Hommages[modifier | modifier le code]

  • Gottfried von Einem, Capriccio pour orchestre, op. 2 : « Leo Borchard in Freundschaft gewidmet ». L'œuvre est créé à Berlin, le 11 mars 1943
  • En octobre 1988, une plaque est apposée sur la maison de Ruth Andreas-Friedrich et Leo Borchard, est inaugurée
  • En 1990, l'école de musique de Berlin, prend nom de Leo-Borchard-Musikschul, en l'honneur du chef d'orchestre. Il s'agit aujourd'hui de la plus grande école de musique d'Allemagne
  • Claudio Abbado, en hommage commémoratif du cinquantenaire de sa disparition, a dédié les concerts de la Philharmonie de Berlin des 5 et 6 septembre 1995, avec au programme, la sixième symphonie de Gustav Mahler, sous-titrée « Tragique ».

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Borchard a traduit deux ouvrages du russe et écrit un livret pour son ami Boris Blacher.

  • Nina Berberova, Tchaïkovski, histoire d'une vie solitaire [Geschichte eines einsam Lebens] – traduit du russe et édité par Leo Borchard. Berlin, Kiepenheuer 1938 (OCLC 72005860)
  • Anton Tchekhov, Histoires de la vie quotidienne [Geschichten vom Alltag] – traduit du russe et préfacé par Leo Borchard. Berlin, Kiepenheuer 1938 (OCLC 162731836)
  • Der Großinquisitor [Le Grand Inquisiteur], oratorio d'après Dostoïevski (1942) de Blacher (OCLC 1478005)

Discographie[modifier | modifier le code]

photo : étiquette d'un disque 78 tours
Delibes par Borchard, étiquette Telefunken.

Borchard a enregistré 35 faces de 78 tours pour Telefunken, mais presque aucun des disques prévus ne furent publiés. Tahra[5],[6] a republié les extraits de Casse-noisette ; ainsi que trois ouvertures de Weber, Alexandre Glazounov et Tchaïkovski, issus d'archives radio des 17 et 30 juin 1945.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Monographie 
Article 
Note discographique 
  •  Karin Friedrich, « Leo Borchard, Tchaïkovski, Weber, Glazunov », TAH 520, p. 4–7.Tahra2003. – Karin Friedrich est la fille de l'écrivain et compagne de Borchard, Ruth-Andreas Friedrich (de).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Friedrich 2003, p. 3
  2. (en) Peter Heyworth, Otto Klemperer, His Life and Times: Volume 1, 1885-1933, Cambridge University Press, (ISBN 0-521-24488-9, lire en ligne), p. 385
  3. a et b Friedrich 2003, p. 4
  4. Friedrich 2003, p. 6
  5. (OCLC 123527494)
  6. (en) Revue du disque par Jonathan Woolf (2004) sur musicweb-international.com.

Liens externes[modifier | modifier le code]