Hélène Boschi

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Hélène Boschi
Naissance
Lausanne, Drapeau de la Suisse Suisse
Décès (à 72 ans)
Strasbourg, Drapeau de la France France
Activité principale Pianiste
Style Musique classique
Collaborations Germaine Mounier Irène Joachim
Formation École normale de musique de Paris
Maîtres Yvonne Lefébure Alfred Cortot
Élèves Piotr Anderszewski Claire Chevallier Thierry Mechler Emmanuel Strosser
Récompenses

Grand prix du disque (1952) (Académie Charles Cros)

Prix Robert Schumann (1975)

Hélène Boschi (prononciation italienne: ˈboski) née à Lausanne le et décédée à Strasbourg le , est une pianiste franco-suisse.

Biographie[modifier | modifier le code]

Elle étudia le piano avec Yvonne Lefébure et Alfred Cortot à l'École normale de musique de Paris. Tout au long de sa vie, elle mena une double carrière de pédagogue et de concertiste.

Elle fut la première pianiste à enregistrer les sonates du Padre Soler (1952, Grand Prix du disque[1]) et l'intégrale des œuvres de musique de chambre avec piano de Clara Schumann (avec Annie Jodry et Roland Pidoux) en 1983. Elle interpréta la musique du XXe siècle que ce soit Frank Martin, Bartók, Maurice Emmanuel, Janáček ou Martinů). Luigi Dallapiccola lui dédia son Cuaderno musicale d'Annalibera, Fernando Lopes-Graça sa 3e Sonate (créée en 1954) et Claude Ballif sa 4e sonate op. 31 créée en 1963. Elle créa également en 1952 à Bruxelles le concertino de Karel Husa.

Elle interpréta aussi Jean-Sébastien Bach, Jean-Philippe Rameau, W-A Mozart (notamment avec la Philharmonie Tchèque, la Staatskapelle de Dresde et l'Orchestre national de France), Haydn (avec l'Orchestre de chambre de Berlin), Robert Schumann, la Sonate F.A.E et Wilhelm Meister[2] (avec Irène Joachim), Weber[3] (avec Irène Joachim), ainsi que la musique de chambre de Paul Dukas, César Franck, Debussy et Gabriel Fauré (notamment avec Jean-Jacques Kantorow[4]).

Sa carrière l'amena, en tant que soliste de la RTF (Radiodiffusion Télévision Française) de 1955 à 1965, à se produire très régulièrement dans des concerts radiodiffusés[5], notamment avec les orchestres de la radio française (comme l'Orchestre national de France, l'Orchestre Philharmonique, etc.). De même elle se produisit avec les grandes formations en Europe (le Gewandhaus de Leipzig, l'Orchestre Radio-symphonique de Berlin, la Philharmonie tchèque, le Concertgebouw d'Amsterdam), conduites par des chefs réputés tels que Georges Enesco, Manuel Rosenthal, Jean Martinon, Kirill Kondrachine, Kurt Sanderling, Kurt Masur, Vaclav Neuman, etc. Parmi ses partenaires en musique de chambre, on peut citer Armand Angster, Gérard Caussé, Michel Debost, Irène Joachim, Jean-Jacques Kantorow, Dénes Kovács, Étienne Péclard, Peter Rybar, Milos Sadlo. Hélène Boschi forma également avec la pianiste Germaine Mounier un duo au répertoire très vaste, enregistrant des œuvres de Mozart, Clementi, Debussy et Busoni[6].

En 1975, Hélène Boschi reçut le Prix Robert Schumann honorant ses interprétations du compositeur né à Zwickau.

De 1960 à 1965, Hélène Boschi prodigua son enseignement à l'École normale de musique de Paris. Elle dirigea par la suite pendant vingt ans (1965-1985) l'une des classes supérieures de piano au conservatoire de Strasbourg. Elle donna aussi pendant 15 ans des cours d'interprétation à Weimar. Elle eut notamment pour élèves Piotr Anderszewski, Dana Borsan, Claire Chevallier, Allain Gaussin, Alain Jomy, Thierry Mechler, Jean-Marie Sénia, Emmanuel Strosser, François Verry...

Hélène Boschi a interprété la musique dans deux films très différents, mais qui ont en commun le rôle qu'y joue la musique : La Maison aux images, court-métrage de Jean Grémillon (1955), sur une musique du réalisateur, interprétée par Hélène Boschi et Nadine Desouches et Monsieur Satie, court-métrage d'Alain Jomy (1963), sur une musique d'Erik Satie.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Antoine Goléa écrivit dans la revue Disques n°46 de mars 1952 : « De tous les grands prix décernés par l’Académie Charles Cros, voilà celui dont je suis personnellement le plus heureux… Nous ne devons pas négliger d’encourager des artistes moins connus, mais excellents, chaque fois que l’occasion se présente. Pour Hélène Boschi, nous avons pu le faire sans même tenir compte du fait qu’elle est moins connue que Schnabel ou Kempff ; son disque est de tout premier ordre, sur le triple plan des œuvres interprétées, de l’interprétation elle-même, et de la gravure. (…) Son piano sonne magnifiquement ; c’est un des plus beaux enregistrements de clavier que je connaisse. Et quelle respiration, dans la phrase musicale, quelle splendide et jeune musicalité ! Cela sert à quelque chose de jouer, comme le fait habituellement Hélène Boschi, surtout des œuvres modernes, des compositeurs peu ou pas connus ; cela permet d’attaquer ensuite les œuvres classiques comme les œuvres modernes, c’est-à-dire décrassées de toute convention et de tout cliché. »
  2. Ce disque a été réédité par Barcarolle.
  3. Ce disque a été réédité par Forgotten Records.
  4. Enregistré par France Télévision en 1980.
  5. Alain Pâris, Dictionnaire des interprètes et de l'interprétation musicale au XXe siècle, Robert Laffont, 1989.
  6. Ces enregistrements ont été réédités par le label REM en 1997.

Liens externes[modifier | modifier le code]