François Pérol

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François Pérol
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François Pérol en 2013.

Naissance (51 ans)
Le Creusot, Saône-et-Loire (France)
Nationalité française
Profession
Président du directoire de BPCE
Formation

François Pérol, né le au Creusot, est un haut fonctionnaire et un banquier français.

Il est président du groupe BPCE (Banque populaire Caisses d'épargne) depuis 2009.

Inspecteur des Finances, il participe auparavant aux cabinets des ministre de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, Francis Mer (2002-2004), puis Nicolas Sarkozy (2004), et rejoint ce dernier à l'Élysée en 2007 comme conseiller économique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines et formation[modifier | modifier le code]

Fils d'un pneumologue de l'Hôtel-Dieu du Creusot, François Pérol rompt la tradition familiale en ne choisissant pas, au contraire du reste de sa fratrie, des études de médecine[1].

François Pérol est diplômé de HEC et de l'IEP Paris, il est ancien élève de l'École nationale d'administration (promotion Jean-Monnet) dont il sort major en 1990, ce qui lui a permis d'intégrer l'Inspection générale des finances[1].

Ministère de l'Économie[modifier | modifier le code]

François Pérol débute sa carrière en 1990 à l’Inspection générale des finances. En 1994, il est nommé rapporteur puis devient secrétaire général adjoint du comité interministériel de restructuration industrielle (CIRI). Il est nommé, en 1996, à la direction du Trésor en tant que chef du bureau des marchés financiers. De 1999 à 2001, il est secrétaire général du Club de Paris, chargé des négociations internationales sur la dette. Il est promu sous-directeur du financement et développement des entreprises à la direction du Trésor en 2001.

En 2002, François Pérol devient directeur adjoint du cabinet de Francis Mer, puis de Nicolas Sarkozy en 2004, au ministère de l'Économie, des Finances et de l'Industrie. Il s’occupe en particulier des sauvetages d'Alcatel, de Bull, de France Telecom (jouant un rôle certain dans le refus à cette dernière, contre l'avis de la direction du Trésor, d'une augmentation du capital de la part de l'État et dans le départ de son PDG, Michel Bon) et de la recapitalisation d'Alstom, négociée avec la Commission européenne.

François Pérol suit également la naissance de Sanofi-Aventis, négocie pour le gouvernement français avec la justice américaine pour la conclusion de l'affaire Executive Life[2], et organise la cession d'Ixis par la Caisse des dépôts et consignations aux Caisses d'épargne[3].

Alors directeur de cabinet adjoint de Nicolas Sarkozy à Bercy, François Pérol s'inscrit à l'UMP en 2004[2].

Rothschild & Cie[modifier | modifier le code]

De 2005 à 2007, François Pérol est banquier d’affaire et associé-gérant de la banque Rothschild & Cie. À ce titre, il conseille Philippe Dupont, PDG des Banques populaires dans la création de Natixis. Filiale commune du groupe mutualiste et des Caisses d'épargne, cette banque d'investissement annonce la fusion en 2009 des deux groupes[4].

Présidence de la République[modifier | modifier le code]

En , François Pérol est nommé secrétaire général adjoint de la présidence de la République française, où il devient le « grand architecte du programme économique de Nicolas Sarkozy », accueillant dans son bureau les grands patrons français[1].

Spécialiste des montages financiers et industriels, François Pérol travaille à la simplification de l'organigramme d'EADS, dessine le processus de fusion de Suez et GDF, s'opposant à l'avis d'Henri Guaino, conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, qui préférait une fusion entre GDF et EDF[2]. Il soutient le rachat de 20 % de Thales par Dassault Aviation. Il gère également le dossier Areva, avec le retrait de Siemens, et la potentielle entrée de Bouygues et Alstom[3].

Il aura surtout à gérer la crise financière, au moment où Nicolas Sarkozy prend la présidence de l'Union européenne[5].

François Pérol conseille notamment l'Élysée, sur la fusion initiée en 2006 de Caisses d'épargne et Banques populaires[3],[6], souhaité par l'État pour injecter 4 à 5 milliards d’euros et prendre environ 20 % du capital du nouveau groupe[7]. Après plusieurs mois de tergiversations des présidents des deux banques, l'Élysée reprend la main en octobre 2008. L’Élysée jugeant que les deux dirigeants n’ont pas géré correctement leur banque respective, ils sont écartés au profit de François Pérol[8].

Les 24 et , la Caisse d'épargne et la Banque populaire « approuvent les principes du rapprochement des deux organes centraux, devant conduire à la naissance du deuxième groupe bancaire français »[9], et entérinent le 26 février l'arrivée de François Pérol à la tête du futur groupe, qui sera créé le 31 juillet 2009, celui-ci quittant le jour même ses fonctions à l'Élysée[10].

BPCE[modifier | modifier le code]

Le 2 mars suivant, François Pérol prend ses fonctions de président du directoire de la Caisse nationale des caisses d’épargne et de directeur général de la Banque fédérale des Banques populaires[11], et devient président du conseil de surveillance de Natixis le 6 mars. Le conseil de surveillance de BPCE décide, sur proposition de François Pérol, de lui attribuer un salaire fixe de 550 000 €, qui était le salaire fixe de son prédécesseur, et de lui attribuer une part variable correspondant à un maximum de 200 % de son salaire fixe en fonction des résultats obtenus[12],[13].

Le 1er août 2009, il prend la présidence du directoire du nouveau groupe bancaire BPCE.

François Pérol prend le , la vice-présidence de la Fédération bancaire française avant d'en devenir le président à partir du [14]. Frédéric Oudéa, président-directeur général de la Société Générale, lui succèdera en septembre 2011. Il est également élu le président du Groupement européen des caisses d’épargne pour la période 2012-2015[15].

Le , François Pérol est nommé au conseil d'administration du musée d'Orsay[16].

Controverse sur sa nomination à la BPCE[modifier | modifier le code]

Le président Nicolas Sarkozy annonce le 24 février 2009 que la commission de la déontologie de la fonction publique s'était prononcée favorablement pour la nomination de François Pérol alors que celle-ci n'avait pas encore été saisie, donc ne s'était pas encore prononcée[17]. Suivent l'audition de François Pérol par les députés, et deux plaintes de syndicats de la banque pour « prise illégale d'intérêts »[18],[19] qui aboutissent, le , à un classement sans suite, le parquet estimant qu'« un conseiller de l'Élysée, fût-il secrétaire général adjoint, n'a pas de délégation de pouvoir distincte des fonctions présidentielles et donc n'a pas le contrôle de la signature ni de la surveillance d'opérations au sens de la prise illégale d'intérêt. »[20].

Le , la Cour de cassation, sur requête des syndicats CGT et Sud de la banque, qui se sont constitués partie civile, ordonne l'ouverture d'une information judiciaire pour prise illégale d'intérêts à l'encontre de François Pérol[21]. Son domicile est perquisitionné par des policiers de la division nationale d'investigations financières et fiscale[22] et le juge Roger Le Loire le met en examen le , après l'avoir entendu sur les conditions de sa nomination[23].

Toutefois le groupe ayant soldé ses dettes envers l'État et étant redevenu rentable (avec l'aide du prêt de capitaux et de la mise à l'écart des actifs dépréciés) le conseil de surveillance a tenu « à témoigner à nouveau, à l'unanimité, sa confiance à François Pérol »[24],[25], avec quelques nuances en communication.[26]

Selon ses partisans, ses ennuis judiciaires seraient aussi dus à la volonté de François Pérol de développer la présence du groupe bancaire dans l'assurance-vie, au détriment de sa participation à CNP Assurances[27],[28].

Le 7 novembre 2014, le Parquet demande au juge d'instruction de renvoyer François Pérol devant le tribunal correctionnel, pour « prise illégale d'intérêts »[29], réquisition suivie le 3 février 2015[30]

Les audiences publiques du Tribunal correctionnel se tiennent du 22 juin au 2 juillet 2015[31]. Elles sont l'occasion de décrire "un système poreux entre sphère privée et sphère publique"[32] selon les journalistes, de critiquer la présidence de Nicolas Sarkozy[33] ou encore, plus substantiellement, de dénoncer la proximité entre les grands corps de l'État et les banques[34] [35]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Honneurs[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Gérard Davet, « François Pérol, aux manettes », Le Monde, 14 novembre 2008
  2. a, b et c Odile Benyahia-Kouider, Double : François Pérol, secrétaire général adjoint de l'Élysée, Challenges, 17 janvier 2008
  3. a, b et c Thierry Philippon, Odile Benyahia-Kouider, François Pérol, banquier et rétro-pantoufleur, Nouvel Observateur no 2312, 26 février 2009.
  4. François Pérol, l'homme qui avait œuvré à la création de Natixis, 20 minutes, 26 février 2009
  5. L’Express - François Pérol le conseiller de crise à l’Élysée
  6. Bertille Bayart, L'ultimatum de l'Élysée aux Caisses d'épargne et aux Banques populaires, Le Figaro, 14 février 2009
  7. Patrick Bonazza, « Le grand banquier du président », Le Point no 1902, 26 février 2009
  8. RFI - Banques populaires-Caisses d’épargne : un mariage forcé
  9. Approbation des principes du rapprochement entre le groupe Banque populaire et le groupe Caisse d’épargne, Banquepopulaire.fr, 26 février 2009
  10. Arrêté du 26 février 2009 portant cessation de fonctions à la présidence de la République
  11. Claire Gatinois, Anne Michel, Malgré la polémique, François Pérol mènera la fusion Banques populaires-Écureuil, Le Monde, 27 février 2009]
  12. Agoravox – François Pérol un salaire pas très populaire
  13. BPCE: en 2011, M. Pérol pourrait toucher un bonus de 200 % de son salaire, Le Point, 26 février 2010
  14. François Pérol prend la présidence de la FBF, Agefi, 15 juillet 2010
  15. François Pérol nommé président du Groupement européen des caisses d'épargne, Agefi, 12 juin 2012
  16. « Arrêté du 9 septembre 2010 portant nomination au conseil d'administration de l'Établissement public du musée d'Orsay et du musée de l'Orangerie » (consulté le 21 septembre 2010)
  17. Grégoire Biseau, « Pantouflage de Pérol : le gros mensonge de Sarkozy », Libération, 24 février 2009
  18. « La police chargée d'enquêter sur la nomination de François Pérol », Le Parisien, 1er avril 2009
  19. « François Pérol auditionné comme témoin par la brigade financière », Le Point, 9 avril 2009
  20. « L'enquête judiciaire visant François Pérol classée sans suite », Le Monde), 1er septembre 2009.
  21. Laurent Mauduit, « Pérol : la Cour de cassation ordonne l'ouverture d'une information judiciaire », Mediapart, 25 juin 2012.
  22. Laurent Mauduit, « Affaire BPCE : un proche de Sarkozy perquisitionné », Mediapart, 24 mars 2013.
  23. « François Pérol entendu jeudi par un juge sur sa nomination à la tête de BPCE »? lexpress.fr,
  24. Challenges - Après sa mise en examen, la meilleure ligne de défense du patron de BPCE François Pérol
  25. La Tribune - BPCE a multiplié par sept son résultat net en 2010
  26. http://www.agefi.fr/articles/le-proces-de-francois-perol-nourrit-les-rumeurs-de-succession-chez-bpce-1361613.html
  27. [1]
  28. Journaldunet - Il y aura d'autres fusions de Banques populaires ou de Caisses d'épargne
  29. Le Parquet demande le renvoi de François Pérol devant les Juges http://www.boursier.com/actualites/economie/bpce-le-parquet-demande-le-renvoi-de-francois-perol-devant-les-juges-25988.html
  30. www.lemonde.fr/societe/article/2015/02/05/francois-perol-patron-de-la-bpce-renvoye-en-correctionnelle-pour-prise-illegale-d-interet_4570066_3224.html
  31. Les Echos http://bourse.lesechos.fr/infos-conseils-boursiers/infos-conseils-valeurs/infos/le-proces-de-francois-perol-se-tiendra-du-22-au-24-juin-presse-1035360.php
  32. http://www.lesechos.fr/journal20150623/lec2_finance_et_marches/021155582769-proces-perol-un-systeme-poreux-au-coeur-des-debats-1130797.php
  33. http://blogs.mediapart.fr/edition/lagora-des-caisses-d-epargne-des-banques-populaires-et-de-natixis/article/110615/pourquoi-sud-bpce-renvoye-perol-de
  34. http://www.challenges.fr/challenges-soir/20150622.CHA7204/francois-perol-ou-les-ambiguites-d-uns-systeme-si-francais.html
  35. http://www.letemps.ch/Page/Uuid/4af78d1c-1f63-11e5-8d1d-5895281d1863/La_BPCE_cette_banque_fran%C3%A7aise_si_convoit%C3%A9e
  36. Libération 30 mai 2013 Les hommes dans l’ombre de l’affaire Tapie