Famille de Maurey

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

de Maurey
Image illustrative de l’article Famille de Maurey
Armes

Blasonnement D'azur à trois bourdons de pèlerin d'argent, posés en pal, rangés en fasce.
Branches de Maurey
de Maurey d'Orville
Période XVe – XXe siècle
Pays ou province d’origine Drapeau de la Normandie Normandie
Fiefs tenus Maurey, Haute-Pierre, La Fangeaye, La Maugère, La Motte, Le Hamel, Orville, Le Panval, Le Parc-Hamon, Le Plessis, Les Ligneris, Planches, Saint Jean des Gondiers
Récompenses militaires Chevalier de Saint-Louis

La famille de Maurey[1] est une famille de la noblesse française, d'ancienne extraction, originaire de Basse-Normandie[2]. Sa filiation est suivie depuis 1453. Cette famille s'est éteinte en 1999. Son nom a été relevé en 1991 par adoption[3].

Cette famille compte parmi ses membres un historien et poète au XIXe siècle.

Origine[modifier | modifier le code]

La famille de Maurey est attestée au XVe siècle en Basse-Normandie. Elle essaime en Haute-Normandie au XVIIIe siècle.

L’orthographe du nom de la famille de Maurey (on trouve aussi Maulray) ne fut fixée que par une ordonnance royale du 27 octobre 1777.

Histoire[modifier | modifier le code]

Robin de Maurey (vers 1420 - après 1457), seigneur de Saint-Jean des Gondiers, est le premier auteur connu de cette famille[4].

En 1540, son arrière-petit-fils Gilles de Maurey (1510 - après 1550), seigneur de La Fangeaye, à Gacé (vicomté d'Orbec), prouve la noblesse de sa famille remontant à Robin son bisayeul, vivant en 1453[5].

La famille de Maurey fut maintenue noble le 6 avril 1666.

Cette famille s'est éteinte en 1999. Son patronyme a été relevé en 1991 par adoption[6] sous la forme Antille de Maurey[7].

Branches[modifier | modifier le code]

La famille de Maurey était composée de plusieurs branches, généralement désignées par le nom d'une des seigneuries possédées, bien que ces dernières aient parfois changé de branche :

  • branche du Plessis (1570-1802)[8]
  • branche du Panval[9] (vers 1665-1786), et du Parc-Hamon[10] (1632-1643), dépendant aussi du Plessis
  • branche d'Orville (vers 1730)

Membres notables[modifier | modifier le code]

  • Charles-Jérôme de Maurey (né le 19 novembre 1740 à Gacé en Normandie ; mort après 1794)[11],[12] , chevalier, seigneur de Saint-Arnoult, etc., conseiller du Roi, lieutenant général, en particulier ancien civil et criminel, enquêteur et commissaire examinateur au baillage d'Exmes. Marié le 25 janvier 1773 à Exmes avec Louise-Charlotte-Julie de Lantivy (1757-1800), il émigre à la Révolution, tandis que son épouse, retirée au couvent de Buron, est contrainte d'épouser en septembre 1794 son geôlier, l'apostat Louis-Jacques Davière (moine à Fontevrault, confesseur de la comtesse, curé constitutionnel d'Azé puis agent révolutionnaire) pour échapper à sa condamnation à mort et celle de sa propre mère. Leur fils Louis-André-Charles-Remi de Maurey meurt à 25 ans (1774-1799).
  • Pierre II de Maurey (baptisé le 14 juin 1758 à Alençon ; décédé le 6 février 1808 à Incarville), aîné de la branche d'Orville, fils de Jean-Baptiste, seigneur d'Orville, et de Marie-Louise Blessebois de La Garenne. Edifié par le martyre de son parent, l’abbé Louis-Joseph du Portail de La Besnardières (1740-1792)[13],[14], curé de Bellême exécuté sur le parvis de son église à la hache par un révolutionnaire, il rejoint l’Armée Catholique et Royale d'Henri de La Rochejaquelein (1772-1794) en qualité de capitaine-major.
  • Son frère, dom Jacques-Antoine de Maurey (1759-1829), appelé aussi "Demaurey d’Incarville"[15], marque par ses inventions l’histoire du pré-machinisme et de l’industrie naissante. Elevé chez les Bénédictins de l'abbaye de Saint-Ouen de Rouen[16], il est reçu à l'Académie des sciences, belles lettres et des arts de Rouen ; il devient profès à Saint-Denys en France le 18 novembre 1780[17] et religieux à l'abbaye de Fécamp. Il défroque durant la Révolution, se marie puis obtient, grâce au chanoine Fresnay (vicaire général d'Evreux) et au cardinal Caprara, la régularisation de son mariage par le Saint-Siège en 1803. Lié à l’abbé Grégoire, à Francois de Neufchâteau, à Defontenay, au baron Ternaux, à Decrétot et autres industriels du textile qui développèrent les chambres de métiers à tisser, ses inventions marquent le passage du métier à l’industrie (filage du lin substitué au coton anglais, cardage et filature de la laine). Il obtient une médaille de 400 fr. le 8 août 1810, 1200 fr. le 19 août 1812 puis le 17 août 1814 un brevet d'invention pour une machine à peigner la laine, le lin et les déchets de soie, et reçoit un prix de la Société d'Encouragement[18] et 3000 fr[19]. Il fonde la confrérie de saint Roch, patron des tisserands incarvillais, qui furent les premiers à utiliser des métiers mécaniques pour tisser le drap. Marié à Marie-Barbe Alexandre (1770-1859) en 1796, il en eut quatre enfants, dont Georges-Alexandre, propriétaire d'une filature à Gravigny. "Ce mécanicien, témoigne M. Ternaux cité par M. Mérimée à la remise d'un prix en 1812, aussi modeste qu'il est plein de talents, aussi laborieux qu'il est expérimenté"[18], "si connu pour les progrès qu'il a fait faire à la filature de la laine, est regardé, selon le général Poncelet, comme le premier qui, dès l'époque de 1797, ait entrepris d'une manière sérieuse, en France, de composer un système de machines propres à filer le lin"[20].
  • Leur puîné, l'abbé Georges de Maurey (baptisé le 16 mai 1761 à Alençon ; décédé le 31 août 1846 à Incarville), curé d'Incarville. Il est jureur sous la Révolution et officier public en octobre 1792 mais demeure dans les Ordres.
  • Leur cousin, Pierre-Claude II de Maurey, dit d'Orville (né le à Planches (Orne), décédé rue d'Argentan à Sées (Orne) le , à l'âge de 69 ans) est un officier d'Ancien Régime, défenseur de la monarchie et historien normand. Fils de Claude-Jean et Madeleine-Geneviève-Nicole de Chandebois, il émigre en 1791 et devient professeur de français à Brunswick, puis d'histoire au grand-séminaire de Sées à son retour en France (1802)[21]. Il épouse en 1812 à Sées Justine-Marie-Françoise Delaunay (+ 1827), veuve Delavigne[22]. Il est l'auteur de l’Histoire des évêques de Sées[23], l’Histoire de l’abbaye de la Trappe, la Vie de Rancé, et membre de différentes sociétés savantes : Société des antiquaires de Normandie, Société Linéenne, Société Historique et Archéologique de l’Orne.
  • Gabriel de Maurey (1861-1932), architecte qui a édifié une maison de famille à Trouville-sur-mer.

Publications par des membres de cette famille[modifier | modifier le code]

Alliances[modifier | modifier le code]

  • d’Anthenaise, d'or à trois jumelles de sable, posées en bande,
  • d'Aumont, d'argent à une croix de gueules, cantonnée de quatre merlettes de même,
  • de Bras de Fer, de gueules à trois mains d'argent, 2 en chef et 1 en pointe,
  • de Buat, d'azur à trois pieds d'aigles d'or, 2 et 1,
  • de Corday, d'azur à trois chevrons d'or,
  • d’Escambosc,
  • de Guerpel, d'argent à une croix ancrée de gueules, cantonnée de quatre mouchetures d'hermines (appointées de sable),
  • (du) Hay / Hays (de nombreuses fois)[24], de sable à trois épieux d'argent, rangés en pal, 2 en chef et 1 en pointe,
  • H(e)udebert, d'argent à deux palmes de sinople adossées,
  • de La Fangeaye,
  • de Lantivy, d'azur à 8 billettes d'or, 3, 2, 2 & 1, au franc-canton de gueules, chargé d'une épée d'argent en pal, la pointe en bas,
  • Le Conte de Nonant,
  • Le Mercier,
  • Le Sueur, d'azur à un chevron d'argent, accompagné de trois croissants de même (ou de deux croissants et en pointe d'une rose de même),
  • Malard du Faye,
  • de Malherbe, d'hermines à six roses de gueules, 3, 2 et 1,
  • de Mannoury, d'argent à trois mouchetures d'hermines, 2 et 1,
  • de Maulny, d'argent au croissant de gueules (ou d'azur au coeur de gueules)
  • Montgomery[25]
  • de Nollent, de sinople à un aigle d'argent, le vol abaissé,
  • d’Oilliamson (Williamson),
  • Ruppières,
  • Turpin,
  • de Viel de Raveton, d'azur à un sautoir d'or, accompagné de quatre aiglettes d'argent,
  • etc.
Manoir du Plessis en Faye, au comté d'Exmes.

Châteaux et hôtels[modifier | modifier le code]

La famille de Maurey a possédé au cours de son histoire plusieurs châteaux ou maisons fortes, dans les seigneuries qu'elle détenait : La Faugeaye, La Maugère, La Motte, Le Hamel, Les Ligneries, Orville, Planches, Le Plessis[8] et Saint-Jean des Gondiers ; plus récemment le Manoir de Haute-Pierre (Évreux) et la Villa Clairette (Trouville-sur-Mer) construite par l'architecte Gabriel de Maurey (1861-1932), et baptisée du nom de sa fille Claire.

Armoiries[modifier | modifier le code]

L'écu des Maurey se blasonnait :

  • D'azur à trois bourdons de pèlerin d'argent, posés en pal, rangés en fasce.

On trouve aussi : (...) rangés d'argent[26], rangés en pals[2], rangés en fasce[27], en pal de fasce, posés en fasce[2] et d'azur à trois bourdons de Saint-Jacques d'argent, mis en pal, la pointe en bas[12].

Alias :

  • D'azur à trois bourdons de pèlerin d'argent posés en pal posés deux et un (ou en chevron inversé).

Références[modifier | modifier le code]

  1. Le nom se prononce « mo-ré ».
  2. a b et c Abbé AUBERT de LA CHESNAYE des BOIS, Dictionnaire de la Noblesse, Paris, Antoine Boudet, , 696 p. (lire en ligne), p. 2nde édition, t. IX, p. 637
  3. Décision du Tribunal de Grande Instance de Lisieux du 25 octobre 1991.
  4. Esquisses généalogiques concernant un grand nombre de familles alliées entre elles, Paris, J.-B. Dumoulin, Libraire, , 300 p. (lire en ligne), p. 6
  5. « Recherche [de Noblesse] faite en 1540 par les élus de Lisieux des nobles dans leur élection »
  6. « Des effets de l'adoption simple », sur https://www.legifrance.gouv.fr,
  7. Décision du Tribunal de Grande Instance (T.G.I.) de Lisieux du 25 octobre 1991.
  8. a et b Société historique et archéologique de l'Orne, Bulletin de la Société historique et archéologique de l'Orne, Alençon-Paris, Lecoq & Mathorel, (lire en ligne), t. XXII, 1er bulletin, p. 255
  9. Société historique et archéologique de l'Orne, Bulletin de la Société historique et archéologique de l'Orne, Alençon-Paris, Lecoq & Mathorel, (lire en ligne), p. XXI, 1er bulletin, pp. 263-264
  10. Société historique et archéologique de l'Orne, Bulletin de la Société historique et archéologique de l'Orne, Alençon-Paris, Lecoq & Mathorel, (lire en ligne), t. XXII, 1er bulletin, pp. 265-270
  11. Commission historique et archéologique de la Mayenne, « Une arrestation en 1791 », Bulletin de la Commission historique et archéologique de la Mayenne,‎ 2e série, t. xx, 1904, laval, veuve a. goupil, p. 234 (lire en ligne)
  12. a et b Théodore Courtaux et le comte de Lantivy de Trédion, Histoire généalogique de la Maison de Lantivy, Paris, Cabinet de l'Historiographie, , 400 p. (lire en ligne), p. 191
  13. « Hommage à l’abbé du Portail », sur actu.fr,
  14. « Hommage à l'abbé du Portail », sur villedebelleme.fr,
  15. René JOUANNE, « Un inventeur alençonnais : Jacques-Antoine de Maurey (1757-1829) », Bulletin de la Société historique et archéologique de l'Orne,‎ , p. 376-386 (lire en ligne)
  16. D.M. GOSSEAUME, Précis analytique des travaux de l'Académie royale des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Rouen, Rouen, P. Périaux Père, , 399 p. (lire en ligne), t. V (1781-1793), pp. 223-224
  17. Dom Denis, « Les Bénédictins de Saint-Maur », Bulletin de la Société historique et archéologique de l'Orne,‎ t. xxxi, 1912, p. 311-312, n° 8.399
  18. a et b J.-N. Barbier-Vémars, Annales des Arts et Manufactures, Paris, Chaigneau Aîné, (lire en ligne), t. 46, n° 136, pp. 34-54
  19. J.-N. Barbier-Vémars, Annales des Arts et Manufactures, Paris, Bureau des Annales, (lire en ligne), t. I, n° 3, pp. 252-277
  20. Général Poncelet, Exposition universelle de 1851, Travaux de la Commission française sur l'industrie des nations, Paris, Imprimerie impériale, , 506 p. (lire en ligne), t. III, 1re partie, 2e section, 2e partie "Machines et outils appliqués aux arts textiles" (6e jury), p. 153
  21. LORIOL, La France. Description géographique, statistique et topographique - ORNE par M. Odolant-Desnos, Paris, Verdière, (lire en ligne), p. XXIX
  22. Charles Vérel, « Silhouettes normandes - Annibal Olivier », Bulletin de la Société historique et archéologique de l'Orne,‎ , t. XVII, 1er bulletin, p. 486, note 1 (lire en ligne)
  23. Edouard FRERE, Manuel du bibliographe normand ou Dictionnaire bibliographique et historique, Rouen, New York, Burt Frankin, , 632 p. (lire en ligne), t. II (G-Z), p. 293
  24. Chevalier Jean-Baptiste JULLIEN de COURCELLES, Histoire généalogique et héraldique des Pairs de France, des Grands Dignitaires de la Couronne, des principales familles nobles du Royaume et des Maisons princières de l'Europe, Paris, Arthus Bertrand ; Chevalier de Courcelles, (lire en ligne), Article HAYS, pp. 12, 13, 25
  25. HOZIER (Charles d'), Armorial général de France, Normandie - Alençon, Généralité d'Alençon (1696-1709), Paris, 1903 (12 juillet 1697), 54 p. (lire en ligne), p. 11, n° 188
  26. « Bourdon », sur https://www.blason-armoiries.org
  27. HOZIER (Charles d'), Armorial général de France, Normandie-Alençon, Généralité d'Alençon (1696-1709), Paris, 1903 (12 juillet 1697), 54 p. p. (lire en ligne), p. 11, n° 188

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Charles-René d'Hozier, Grand Armorial de France, vol. 21,
  • Étienne de Séréville et Fernand de Saint-Simon, Dictionnaire de la Noblesse française, , p. 706
  • Fernand de Saint-Simon, Dictionnaire de la Noblesse française, , p. 269

La famille est surtout connue par les ouvrages que lui consacrèrent l'historien Jean Vidalenc, l'archiviste-paléographe René Jouanne et l'historien Jean Dauréville.

  • Jean Vidalenc, La petite métallurgie rurale en Haute Normandie sous l'Ancien Régime,
  • René Jouanne, Un inventeur alençonnais,
  • Jean Dauréville, Notice généalogique et historique sur la maison de Maurey
  • Édouard Frère, Manuel du bibliographe normand ou dictionnaire bibliographique et historique, t. 2, Rouen, A. Le Brument, , 632 p. (lire en ligne), p. 293.
  • Jean Dauréville de Maurey d'Orville : Les tribulations d'un notable normand, 2019.
  • Archives en Ligne département de l'Orne ville de Sées, année 1832 page 191.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]