Famille Bouvier d'Yvoire

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Bouvier d'Yvoire
Armes de la famille.
Armes de la famille : Bouvier d'Yvoire

Blasonnement De gueules à la fasce d'argent accompagnée de trois écussons du même posés 2 et 1[1],[2].
Devise festina lente (Hâte toi lentement)[1],[2]
Période XVIIe siècle au XXIe siècle
Pays ou province d’origine Bugey
Savoie
France
Suisse

La famille Bouvier (ou Bovier, latin Boverii[2]), devenue Bouvier d'Yvoire, est une famille de Savoie, de noblesse d'extraction[3],[4]. Elle est originaire de Lompnes, en Bugey[1]. Elle obtient le titre de baron d'Yvoire en 1655 (confirmé en 1772).

La famille Bouvier d'Yvoire adhère à l'ANF en 1948[5].

Histoire de la famille[modifier | modifier le code]

La famille s'établit au XIVe siècle à Villeneuve (Canton de Vaud), près de château de Chillon[1]. François Bouvier, au début du XVe siècle devient châtelain de Chillon pour le comte Amédée VIII de Savoie afin de contrôler la vallée des Ormonts, avec la charge de greffier à la cour de justice (1404)[6], de Grandson (Canton de Vaud) en 1412 par le comte de Savoie[6], de Montagny, ainsi que de Vulpillières[7]. Gustave Chaix d'Est-Ange écrit qu'en 1430 provide François Bovier était bourgeois de Villeneuve de Chillon au diocèse de Lausanne[3]. Il devient ensuite, pour le compte du comte de Savoie, bailli du Chablais de 1433 à 1441[7].

Au XVIe siècle, à la suite de la Réforme, Ferdinand Bouvier (1554-1637), lieutenant baillival et châtelain de Chillon, recteur de l'hôpital de Villeneuve[8], est contraint de s'échapper et de se rendre en Savoie[1], à la suite de sa compromission dans la conjuration du bourgmestre Isbrand Daux de 1588[7]. Ses biens sont confisqués. Son frère, Jehan Bouvier (1594-1661), est un soldat qui aurait perdu son bras lors d'une bataille contre les armées du roi de France, Henri IV et l'aurait remplacé par un bras en fer[9],[10]. Ferdinand Bouvier est accueilli favorablement par le duc Charles-Emmanuel Ier de Savoie, qui le nomme sergent-major de bataille et commandant en second du fort d'Allinges[11], en 1592. Il achète par ailleurs les terres de l'abbaye du Lieu, qui passeront à son fils, Georges Bouvier.

Georges Bouvier achète la seigneurie d'Yvoire[12], le à Jacques Fournier/Fornier dit de Rivaz[13],[10],[14]. Il épouse Dame Marie (†1667), issue de la famille noble des Compois, barons de Féternes, dont il hérita les titres. Il fut par ailleurs seigneur de Cinquantod (à proximité d'Excenevex) et d'Allemand, siège de la seigneurie de Thollon-Lugrin[15]. Les Bouvier possédaient toujours une partie du château de Lugrin en 1735[16].

En 1734, le château échappe aux Bouvier avant qu'ils n'en redeviennent les seigneurs du lieu en 1780[10].

La seigneurie d'Yvoire est érigée en baronnie par lettres patentes du [13].

Héraldique[modifier | modifier le code]

Famille Bouvier

Les armes de la famille Bouvier, devenue Bouvier d'Yvoire, se blasonnent ainsi : "De gueules à la fasce d'argent accompagnée de trois écussons du même posés 2 et 1[1],[2].

Cimier : "u nvalet d'armes issant de carnation, sans bras, vêtu des couleurs et pièces de l'écu"[2]

Couronne de Baron

Tenants : deux sauvages de carnation armés d'une massue[2]

Devise : festina lente (Hâte toi lentement)[1],[2]

Personnalités[modifier | modifier le code]

  • Alexandre Justin Bouvier d'Yvoire (1785-1859), major d'infanterie dans la Brigade de Savoie.
  • Eugène Bouvier d'Yvoire (1784-1813), capitaine de dragons, tué à la bataille de Leipzig le 16 octobre 1813.
  • Félix Bouvier d'Yvoire[1] (1883-1958), historien et héraldiste, entreprend la restauration du château d'Yvoire. Membre de l'Académie chablaisienne, il en devient président de 1955 à 1958. Il appartient aussi à l'Académie internationale d'héraldique, son nom sera associé rétrospectivement au siège n° 38 en 1974. Il est également membre de l'Académie de Savoie. Il poursuivit le travail de l'Armorial et nobiliaire de l'ancien duché de Savoie du comte Amédée de Foras. Il épouse en 1910, Jeanne, fille du marquis de Robien, qui lui donne quinze enfants.
  • François Bouvier d'Yvoire (1912-2008), ESM de Saint-Cyr, Promo du Tafilalet-1931-1933, chef de bataillon, officier de l'Ordre de la Légion d'Honneur. Aîné de la famille, il hérite le titre de baron et le Château d'Yvoire. Il est le père de 7 enfants (Yves, Marie-Antoinette, Bruno, Hélène, Chantal, Xavier, et Philippe).
  • Yves Bouvier d'Yvoire, l'ainé, et son épouse, Anne-Monique Le Mesre de Pas, restaurent, en 1986, le potager du château d'Yvoire pour créer le Labyrinthe Jardin des Cinq Sens. Ouvert au public, ce jardin se compose d'un labyrinthe et de plusieurs salons de verdure. Il contient un parcours où une collection de plus de 1500 variétés de plantes évolue au fil des saisons: il est considéré comme un des plus beaux jardins de France.

Alliances[modifier | modifier le code]

Les principales alliances de la famille de Bouvier d'Yvoire sont : Barbier du Maney, de Cornillon, Costa de Beauregard, du Crest, de Duin, Foncet de Montailleur, d'Humilly de Chevilly, de La Fléchère de Beauregard, de Launay, Le Mesre de Pas, Le Peletier d'Aunay, Meaudre, Milliet de Faverges, Paultre de Lamotte, Perret d'Hauteville, de Robien, Roux de Bézieux, de Saint-Sixt, de Tavel, de Varax[18], etc.

Possessions[modifier | modifier le code]

La famille Bouvier au cours de son histoire a porté les titres ou possédé les lieux suivants :

Titres[modifier | modifier le code]

  • baron d'Yvoire par achat en 1655
  • coseigneurs d'Allamand, Cinquantod, Hons, Lugrin, Thollon (Chablais)
  • Rente dite des anniversaires de Ripaille

Possessions[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Amédée de Foras, Armorial et nobiliaire de l'ancien duché de Savoie, vol. 1, Grenoble, Allier Frères, (lire en ligne), p. 266-270
  • André Borel d'Hauterive, Annuaire de la Noblesse de France et des Maisons souveraines, vol. A18, Grenoble, Allier Frères, (ISSN 2019-8086, lire en ligne), p. 377.
  • David Martignier, Vevey et ses environs dans le moyen âge: esquisses historiques, critiques et généalogies, précédées de deux lettres à l'éditeur du Bailliage de Chillon en 1660, Martignier et Chavannes, (lire en ligne), p.67-68.
  • Gustave Chaix d'Est-Ange, Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables à la fin du XIXe siècle, tome 6, pages 283 à 285 Bouvier d'Yvoire (de)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g et h Paul Guichonnet, Histoire d'Arthaz-Pont-Notre-Dame : Mémoires et document (T.92-93), de l'Académie salésienne, (lire en ligne), p. 96-97.
  2. a, b, c, d, e, f et g de Foras 1878, p. 266.
  3. a et b Bouvier d'Yvoire (de).
  4. Régis Valette, Catalogue de la noblesse française-Chapitre Savoie, Robert Laffont, 2007, p.50.
  5. Annuaire de l'ANF, Albédia, Aurillac, 2017, p.29
  6. a et b Viviane von Kaenel, Histoire patrimoniale et mémoire familiale : l'inventaire des archives de la famille Bouvier (1445), vol. 31, Université de Lausanne, Cahiers lausannois d'histoire médiévale, , 174 p. (ISBN 978-2-94011-044-5), p. 19.
  7. a, b et c David Martignier et Aymon de Crousaz, Dictionnaire historique, géographique et statistique du Canton de Vaud, Corbaz, , 1054 p., p. 932.
  8. Fabienne Abetel-Béguelin, « Bouvier, Fernand » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du ..
  9. Cette histoire est relatée dans le livre Jean d'Yvoire au bras de fer; ou Le tour du lac en 1564, une légende chablaisienne écrite par James Fazy en 1840. La famille conserverait toujours le bras en fer. Cependant, le surnom de Yvoire accolé au nom de Bouvier est anachronique, la famille vivant toujours en canton de Vaud à cette époque.
  10. a, b et c Mémoires et document de l'Académie salésienne, imprimerie Dubouloz, Thonon-les-Bains, tome 9, 1886, p.63-64.
  11. Jean-François Gonthier, Les châteaux et la chapelle des Allinges, Imprimerie J. Masson, , 171 p., p. 81.
  12. Henri Baud, Jean-Yves Mariotte, Histoire des communes savoyardes : Le Chablais, Roanne, Éditions Horvath, , 422 p. (ISBN 978-2-7171-0099-0), p. 347.. Les auteurs font une erreur en indiquant l'acquisition en 1615.
  13. a et b de Foras 1878, p. 269.
  14. Georges Chapier, Châteaux savoyards - Faucigny et Chablais, vol. 5, Grenoble, Éditions Revue Les Alpes, , 410 p., p. 82.
  15. Mémoires et document de la Société savoisienne d'histoire et d'archéologie, volume 34, 1895, page LVIII.
  16. Henri Baud, Jean-Yves Mariotte, Histoire des communes savoyardes : Le Chablais, Roanne, Éditions Horvath, , 422 p. (ISBN 978-2-7171-0099-0), p. 381.
  17. Jean-Marie Mayeur, Christian Sorrel et Yves-Marie Hilaire, La Savoie, t. 8, Paris, Éditions Beauchesne, coll. « Dictionnaire du monde religieux dans la France contemporaine », 1996, 2003, 441 p. (ISBN 978-2-7010-1330-5), p. 420-421.
  18. Régis Valette, ibidem