Château-Vieux d'Allinges

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Château-Vieux d'Allinges
Image illustrative de l'article Château-Vieux d'Allinges
Vue des ruines de Château-Vieux
Période ou style Médiéval
Type Château fort
Début construction Xe siècle
Propriétaire initial Famille d'Allinges
Destination initiale Résidence seigneuriale
Propriétaire actuel Propriété de la commune
Protection Logo monument historique Classé MH (2011)[1]
Coordonnées 46° 19′ 57″ N 6° 28′ 01″ E / 46.3325, 6.4669446° 19′ 57″ Nord 6° 28′ 01″ Est / 46.3325, 6.46694[2]
Pays Drapeau de la France France
Anciennes provinces du Duché de Savoie Chablais
Région Rhône-Alpes
Département Haute-Savoie
Commune Allinges

Géolocalisation sur la carte : Haute-Savoie

(Voir situation sur carte : Haute-Savoie)
Château-Vieux d'Allinges

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Château-Vieux d'Allinges

Le château de Château-Vieux est un ancien château fort, du Xe siècle, centre d'une sénéchaussée du Faucigny, dont les ruines se dressent sur la commune d'Allinges dans le département de la Haute-Savoie, en région Rhône-Alpes.

Les ruines se partagent l'éminence d'une colline, dite « butte des châteaux », avec celles de Château-Neuf, dont-elles sont distantes de seulement 150 mètres. Le château était accompagné d'un bourg ceint de murailles.

L'enceinte castrale dans son ensemble comprenant l'enceinte haute et l'enceinte du bourg avec ses dispositifs d'accès (portes, poternes) et ses tours, les vestiges de la tour maîtresse, les vestiges de bâtiment situés dans la cour haute du château, les vestiges de la chapelle castrale, les ruines des bâtiments du bourg castral font l’objet d’un classement au titre des monuments historiques par arrêté du 24 mai 2011[1].

Situation[modifier | modifier le code]

Les ruines du château de Château-Vieux sont situées dans le département français de la Haute-Savoie sur la commune d'Allinges, à l'est d'une colline de 712 mètres d'altitude. Il dominait avec Château-Neuf, d'une hauteur de 200 mètres, le village d'Allinges. De cette éminence, les occupants des châteaux jouissaient d'une vue dominante sur Thonon-les-Bains et le lac Léman. Les deux châteaux étaient séparés par un petit col surcreusé de deux fossés[3]

Histoire[modifier | modifier le code]

Le site a été fortifié très tôt, probablement par les Burgondes au Ve siècle.

Il est restauré au Xe siècle par le roi de Bourgogne Rodolphe II, qui édifie alors Château-Neuf.

Château-Vieux appartient à la famille d'Allinges, branche distincte[Note 1] de celle qui est en possession de Château-Neuf, et au fil du temps, échoue vers la fin du XIIe siècle[4] entre les mains des seigneurs de Faucigny, qui y place une garnison sous les ordres d'un sénéchal ; Château-Neuf étant alors la possession des comtes de Savoie.

Vers le milieu du XIIIe siècle, Pierre II de Savoie par son mariage avec Agnès de Faucigny, réunit les deux châteaux d'Allinges.

À la mort de ce dernier survenue en 1268, la rivalité qui oppose la Savoie dans la lutte de succession avec les Dauphins de Viennois, héritiers des Faucigny, jusqu'à la première moitié du XIVe siècle, fait que pendant près de 70 ans les garnisons des deux châteaux sont en conflit permanent. Il est occupé vers 1269 par les Dauphins de Viennois. En 1291, 1292 et 1302[3], ses machines de sièges endommage Château-Neuf. En 1305[3], les deux châteaux se font subir un violent bombardement. Vers 1320[3], on y fait à nouveau de grosses réparations. Les deux garnisons s'affronteront régulièrement jusqu'en 1355, date à laquelle le Faucigny est incorporé aux États de Savoie par le Traité de Paris. La fin de la lutte entre les deux châteaux sonne le glas d'Allinges-Vieux qui est abandonné à la fin du XIVe siècle[3]. Les habitants du bourg, qui s'étaient vu doté de franchises peu après sa création, tout comme ceux de Château-Neuf se transportèrent dans la plaine.

En 1536[5], il est pris comme Château-Neuf par les Bernois et occupé jusqu'en 1559[5] par les Français. Il est de nouveau occupé lors des invasions de 1690 et 1703[5]. Victor-Amédée II fera démanteler les deux forteresses.

En 1832 les ruines sont achetées par Mgr Rey, évêque d'Annecy.

Description[modifier | modifier le code]

La partie sommitale est occupé par un donjon quadrangulaire des XIe ‑ XIIe siècle de 18 × 20 mètres de côté, haut de 25 mètres, comme l'atteste sa face sud, conservée jusqu'au créneaux. Ses murs, construit en petit appareil, ont une épaisseur de 3 à 4 mètres. Les angles étaient renforcés par des contreforts, et une cage d'escalier carrée lui est accolé dans l'angle est. L'enceinte haute, en partie romane et en partie du XIIIe siècle, est renforcée par deux tourelles pleines à la base. Elle est précédée d'une enceinte basse du XIIIe ‑ XIVe siècles, et on y accède par une porterie refaite au XIVe siècle.

Bourg castral[modifier | modifier le code]

Une petite rue permettait de circuler dans le bourg et d'accéder à la résidence seigneuriale. De petites habitations étaient réparties le long de cette rue. Elles occupaient des parcelles de 6 à 10 m de long sur 4 à 5 m de large perpendiculairement à la rue avec une entrée directe et accueillaient des ateliers. Les murs de 60 à 90 cm permettaient de construire un étage d'habitation accessible par un escalier de bois. La base des murs et les sols étaient en partie taillés directement dans le rocher de la colline. Aux alentours des carrières fournissaient le grès utilisés dans la construction des maisons et des fortifications. Ces carrières produisaient aussi les meules des moulins.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • [Christian Regat - François Aubert 1999] Christian Regat et François Aubert, Châteaux de Haute-Savoie : Chablais, Faucigny, Genevois, Éditions Cabédita,‎ , 193 p. (ISBN 978-2-8829-5117-5), p. 13.
  • [Georges Chapier 2005] Georges Chapier, Châteaux Savoyards : Faucigny, Chablais, Tarentaise, Maurienne, Savoie propre, Genevois, Éditions La Découvrance, coll. « L'amateur Averti »,‎ , 410 p. (ISBN 978-2-8426-5326-2), p. 68-70.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Peut être une branche cadette. Cette famille d'Allinges était étroitement liée aux Rodolphiens et à l'abbaye de Saint-Maurice-d'Agaune.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Domaine des châteaux d'Allinges ou des Allinges », base Mérimée, ministère français de la Culture.
  2. Coordonnées trouvées sur Géoportail.
  3. a, b, c, d et e Charles-Laurent Salch, Dictionnaire des châteaux et des fortifications du Moyen Âge en France,‎ , 1304 p. (ISBN 2865350703), p. 24.
  4. Christian Regat - François Aubert 1999, p. 12-13.
  5. a, b et c Georges Chapier 2005, p. 70.