Fabrice Neaud

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Fabrice Neaud
FabriceNeaudAngouleme0707.jpg
Biographie
Naissance
Nationalité
Activité

Fabrice Neaud, né le à La Rochelle, est un artiste français. Il est notamment connu comme auteur de bande dessinée, en particulier pour son Journal publié entre 1996 et 2002.

Biographie[modifier | modifier le code]

Après un Baccalauréat littéraire option Arts plastiques et un DEUG de philosophie, il suit ses études aux Beaux-Arts jusqu’en 1991[1].

Journal (1996-2002)[modifier | modifier le code]

Article principal : Journal (bande dessinée).

Fabrice Neaud nourrit un projet de bande dessinée autobiographique qui donne lieu à la publication de Journal (1) en 1996 par l’éditeur Ego comme X, dont il est l’un des membres cofondateurs. Cet ouvrage obtient le prix Alph’Art « Coup de cœur » au Festival international de la bande dessinée d'Angoulême en 1997[1]. Son projet autobiographique connaît ensuite une périodicité de parution d'environ deux ans (dernière livraison en 2002). Des récits inédits sont également parus dans le collectif éponyme de la maison d’édition Ego comme X ainsi que dans la revue Bananas. Le Journal totalise quatre volumes portant chacun sur une période : Tome 1 : février 1992 - septembre 1993 (1996) ; Tome 2 : septembre 1993 - décembre 1993 (1998) ; Tome 3 : décembre 1993 - août 1995 (1999) ; Tome 4 : Les riches heures (2002). Une édition intégrale est parue en 2011.

Le Journal raconte la vie du narrateur, artiste homosexuel au chômage[2] habitant une « ville moyenne de province[3] », « qui sort la nuit dans les parcs pour faire des rencontres [et] qui tombe amoureux[4] ». Neaud utilise un style « sans fausse pudeur, sans faux-semblants, sans tabous » pour décrire de manière très précise son quotidien[3] au moyen d'un dessin réaliste épuré[5]. L'homosexualité constitue un thème central dans l'œuvre[6].

En 2008, Actua BD souligne l'importance des travaux de Neaud pour le genre autobiographique dans la bande dessinée francophone. En effet, l'accueil critique a été très favorable[6],[2] : la série vaut plusieurs prix à son auteur et fait l'objet d'études par des universitaires[réf. souhaitée]. Neaud a reçu le prix du scénariste en 2002 lors du Festival de Saint-Malo (Quai des Bulles)[7]. Fabrice Bousteau, rédacteur en chef de Beaux-Arts Magazine, indique dans l'éditorial en janvier 2000[8] que, par son ampleur et son ambition artistique, le travail de Fabrice Neaud est l’une des démarches les plus singulières de l'histoire de la bande dessinée. Judith Forest se dit profondément influencée par le Journal de Neaud[9].

Le Journal a été adapté en pièce de théâtre par Compagnie.sh, par le metteur en scène Stefan Hort avec l'acteur Jean-François Michelet en 2015[2], au Petithéâtre de Sion et au théâtre du Crochetan à Monthey[4].

Autres travaux[modifier | modifier le code]

En parallèle au Journal, Neaud a participé à plusieurs revues et publications (Bananas, Beaux-Arts Magazine, Le Monde Diplomatique en bande dessinée) ainsi qu'à des expositions de son travail, en France et à l'étranger. Neaud a été artiste associé au Centre dramatique Orléans/Loiret/Centre (« CDN Orléans ») entre juin 2007 et décembre 2016[10][réf. insuffisante].

En 2008 paraît Alex et la Vie d'après, bande dessinée de sensibilisation et de prévention sur le VIH[11], éditée par l'association bruxelloise Ex Æquo en janvier 2008 et distribuée gratuitement[6]. Neaud dessine l'album en bichromie sur un scénario de Thierry Robberecht. Le récit porte sur le personnage d'Alex, « jeune homosexuel qui contracte le virus du HIV après un rapport non protégé », et qui affronte « les contraintes de la maladie, l’angoisse du lendemain, l’incertitude de son avenir, et la difficulté de révéler à ses proches le mal dont il est atteint… »[12].

En janvier 2012 paraît l'album intitulé Guerre Urbaine, premier tome d'une nouvelle série, Nu Men, dans le genre science-fiction (chez Soleil)[13] ; cette série marque un changement radical à la fois dans le style de Neaud et par son entrée sur ce genre artistique[1]. Le tome 2, Quanticafrique, est paru en 2013[14]. La série, qui met en scène le personnage d'Anton Csymanovski dans un univers post-apocalyptique en 2050[15], reflète l'intérêt de l'auteur envers les super-héros de comics[16].

L'auteur a également collaboré comme dessinateur, avec Emmanuel Pierrat (scénario) et Christian Lerolle (couleurs), à l'album n°5 de La petite bédéthèque des savoirs sur Le Droit d'auteur - Un dispositif de protection des œuvres, paru en mai 2016 chez Le Lombard.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Bande dessinée[modifier | modifier le code]

  • Journal (Ego comme X)
    1. Février 1992 – Septembre 1993 (1996)
    2. Septembre 1993 – Décembre 1993 (1998) - Les deux premiers tomes du Journal sont réédités en un seul volume depuis 2011.
    3. Décembre 1993 – Août 1995 (1999) - Parution d'une édition augmentée en 2010, qui remplace la précédente.
    4. Les Riches Heures (2002)

Le Journal a fait l'objet de traductions en espagnol (Diario (1) et Diario (2), en 2005 et 2006, aux éditions La Cúpula) et en italien (Diario (1) en 1998, aux éditions Rasputin:libri)[17].

  • Alex et la Vie d'après (2008) - Association Ex Æquo
  • Nu Men (Quadrants)
    1. Guerre urbaine (2012)
    2. Quanticafrique (2013)

Collaborations[modifier | modifier le code]

Participations à des albums collectifs[modifier | modifier le code]

  • Vampires[1], Carabas (2002)
  • Neaud/Squarzoni/Mussat, Ego comme X - La Maison des auteurs - (2004) - Album hors-commerce en collaboration avec Xavier Mussat et Philippe Squarzoni. Épuisé
  • Sexes - Images, pratiques et pensées contemporaines, Beaux-Arts Magazines éditeur (2004)
  • « La Cité des arbres », dans Japon, Casterman (2005)

Participations à des revues[modifier | modifier le code]

  • « Sans titre » dans Ego comme X no 1, Ego comme X, 1994.
  • « Samedi 2 avril 1994 », dans Ego comme X no 2, Ego comme X, 1995.
  • « De petites choses », dans Bananas no 1, Bananas BD, 1995.
  • « Mercredi 16 février 1994 », dans Bananas no 2, Bananas BD, 1995.
  • « Credo », dans Bananas no 3, Bananas BD, 1995.
  • « Du crime (1) », dans Bananas no 4, Bananas BD, 1995.
  • « Du crime (2) », dans Ego comme X no 3, Ego comme X, 1995.
  • « Petit archivage d'une culture quotidienne – Du 7 mars 96 au 17 juin 96 », dans Ego comme X no 4, Ego comme X, 1996.
  • « Première tentative de journal direct », dans Ego comme X no 5, Ego comme X, 1997.
  • « Émile – Du printemps 1998 à aujourd'hui (histoire en cours) », dans Ego comme X no 7, Ego comme X, 2000.
  • « Comics history X (une brève histoire de la bande dessinée) », dans Beaux Arts magazine, hors-série « Qu'est-ce que la BD ? Aujourd'hui », janvier 2003.
  • « Outrages », dans Technikart n° ?, été 2003.
  • « Matisse Picasso », dans Bang ! no 1, hiver 2003.
  • « J'appelle à un octobre rouge », dans Beaux-Arts Magazine, hors série « 32 bandes dessinées inédites pour 2004 », décembre 2003.
  • « Andy Warhol l'œuvre ultime », dans Beaux-Arts Magazine no 249, mars 2005.
  • « Le signe (désormais) décore », dans Beaux-Arts Magazine no 250, avril 2005.
  • « Bernard Stiegler à l'Ircam », dans Beaux-Arts Magazine no 252, juin 2005.
  • « Les Gros Bras », dans Bang ! (nouvelle formule) no 2, juin 2005.
  • « Cana gioconda », dans Beaux-Arts Magazine no 253, juillet 2005.
  • « Jean Nouvel », dans Beaux-Arts Magazine no 256, octobre 2005.
  • « Journal », dans Bananas (nouvelle série) no 1, printemps 2006.
  • « La rédaction de cinquième du petit Christian », dans Le Monde Diplomatique en bande dessinée[1], novembre 2010.

Expositions[modifier | modifier le code]

  • Exposition Les Tendances de la Bande Dessinée francophone - Salon de la bande dessinée d’Angoulême 1995
  • Exposition pour la sélection des Alph’Art Coup de Cœur - Salon de la BD d’Angoulême 1997
  • Exposition itinérante Dix Semblables, commencée au Festival de la bande dessinée de Colomiers en 1998
  • Exposition à Comic’Art, Festival de la bande dessinée de Rome - mai 1999
  • Exposition au Festival Rétine à Albi 2000
  • Exposition au Salão Lisbõa (Festival BD indépendante de Lisbonne) 2000
  • Exposition-vente d’originaux à Rablay-sur-Layon, village d’artistes 2001
  • Festival du livre de Montréal - novembre 2000
  • Exposition Fabrice Neaud à la galerie Art Link 2001
  • Exposition « Nouvelle Manga », Tokyo - 2001
  • Festival Illico à Kingersheim et Exposition à la librairie Comix Shop à Bâle octobre 2001
  • Exposition ego comme X, 10 ans à Paris et Angoulême, 2004
  • Exposition Fabrice Neaud - Salon de la bande dessinée d’Angoulême 2010
  • Men and places (2) de Fabrice Neaud dans la galerie du Théâtre du Crochetan à Monthey[4]

Prix[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f et g (en) Compliclopedia, « Fabrice Neaud », sur lambiek.net,
  2. a b et c Vibration Gayradio et Stefan Hort, « Stefan Hort était l’invité de Vibration Gayradio pour parler de « Journal », une création originale de la Compagnie.sh », Vibration Gayradio,‎ (lire en ligne)
  3. a et b Patrick Gaumer, « Journal », dans Dictionnaire mondial de la BD, Paris, Larousse, (ISBN 9782035843319), p. 462.
  4. a b et c Alan Monnat, « Drague nocturne, de la BD à la scène », 360, no 149,‎ (lire en ligne)
  5. Patrick Gaumer, « Journal », dans Dictionnaire mondial de la BD, Paris, Larousse, (ISBN 9782035843319), p. 463.
  6. a b et c Pasamonik 2008.
  7. a et b La rédaction, « Le palmarès du festival de Saint-Malo », L'Obs,‎ (lire en ligne)
  8. Fabrice Bousteau, « Editorial », Beaux-Arts Magazine,‎
  9. Forest et Di Salvia 2011
  10. Fabrice Neaud, « Collaboration avec le CDN Orléans », sur soleille.neaud.com - site de l'auteur,
  11. La Rédaction, « Fabrice Neaud s’engage dans la lutte contre le sida », sur Bodoï,
  12. Brieg F. Haslé, « Alex et la vie d'après », sur Auracan,
  13. A. Perroud, « Nu-men - Tome 1 : Guerre urbaine », sur BD Gest,
  14. Olivier Hervé, « Nu-Men T2 Quanticafrique », sur Planète BD,
  15. Vincent Gauthier, « Le Retour inattendu et fracassant de Fabrice Neaud », sur Actua BD,
  16. Romain Brethes, « Fabrice Neaud, l'enfant terrible de la BD française », Le Point,‎ (lire en ligne)
  17. [1]

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Analyses
Interviews

Liens externes[modifier | modifier le code]