Denis Bajram

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Denis Bajram
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Denis Bajram aux États généraux de la bande dessinée, Angoulême 2015
Naissance (48 ans)
Paris
Nationalité Français
Profession
Scénariste et dessinateur de bande dessinée
Formation
Conjoint

Denis Bajram, né le en région parisienne, est un scénariste et dessinateur de bande dessinée.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance[modifier | modifier le code]

Né à Paris, second d'une famille de six enfants, Denis est au croisement de deux influences : d'un côté la tradition catholique par sa mère, elle-même née dans une famille nombreuse de douze enfants et de l'autre l'esprit d'entreprise par son père, fils d'un albanais émigré. Le père de Denis, ouvrier chimiste, rencontra sa mère lors des cours du soir à l'École des arts et métiers. Tandis qu'ils mettaient au monde leurs six enfants, il passa d'ouvrier à ingénieur et cadre chez Unilever. Il reprit ensuite successivement la direction d'une école catholique puis d'une clinique privée à Saint-Lô en normandie. C'est dans cette école Oratorienne, dont son oncle était père supérieur, que Denis fait son collège et son lycée[1],[2].

Études[modifier | modifier le code]

Après un Bac C (maths physique), Denis revient à Paris pour étudier les mathématiques à l'université de Jussieu. C'est à cette époque que la lecture de Nietzsche remet en cause sa foi catholique et lui fait abandonner ses jeunes convictions politiques. De matheux catholique, il devient artiste anarchiste[2]. Il abandonne ses études en mathématiques et entre pour deux ans aux Beaux-Arts de Caen, avant de passer le concours des Arts déco de Paris. Il y passera cinq ans, en sections scénographie puis illustration. Il y sera aussi élu étudiant au conseil d'administration. Pendant toute cette époque, il collabore à des revues telles que Scarce ou Le Goinfre. Rédacteur en chef de ce dernier, il obtient pour lui un Alph'Art au festival d'Angoulême 1994. Il pratique aussi la basse, le clavier et le chant dans plusieurs groupes de musique bruyants. À la sortie des Arts déco, il travaille comme illustrateur et graphiste pour Hachette[1].

Premiers albums de bande dessinée[modifier | modifier le code]

Après le coup d'éclat de l'Alph'Art au festival d'Angoulême 1994, les astres semblent s'aligner pour Denis. Il est alors en atelier à Paris avec Mathieu Lauffray avec qui il s'est lié d'amitié en première année des Arts déco. C'est dans cet atelier qu'il fera la rencontre le scénariste Thierry Cailleteau, venu avec Guy Delcourt se renseigner sur des questions de CD-ROM pour la série vedette de l'éditeur, Aquablue. En voyant son travail sur la table à dessin, Thierry Cailleteau lui propose de suite de travailler avec lui sur une série parallèle à Aquablue. C'est finalement sur Cryozone, une histoire de zombies dans l'espace, que Denis fera son entrée dans le monde professionnel[3].

Quittant son travail pour Hachette et Paris, Denis s'installe à Angoulême à l'atelier Sanzot ou il dessine le premier tome de Cryozone, puis à l'atelier Entropie où il réalise le second.

Un couple d'auteurs[modifier | modifier le code]

C'est en 1998 lors d'une séance de dédicace de ce second tome de Cryozone, qu'il rencontre Valérie Mangin, étudiante à l'École des Chartes et grande lectrice de bandes dessinées. Valérie devient scénariste d'une BD qu'il avait initié, Le Fléau des Dieux, et coscénarise avec lui Les Mémoires Mortes. Ils travaillent ensemble dans l'atelier Saint-Julien à Paris, puis après s'être mariés en 1999, celui de l'Étuve à Bruxelles. C'est avec elle qu'il crée en 2006 les éditions Quadrant Solaire. Ils y publient, entre autres, leur album conceptuel Trois Christs, qui sera suivi en 2013 par Abymes chez Aire Libre.

Universal War[modifier | modifier le code]

Fort du bon succès de Cryozone, Denis propose à Guy Delcourt le projet d'une saga dont il sera l'auteur complet. Devant son refus, c'est auprès de Mourad Boudjellal et de sa maison d'édition Soleil production qu'il trouve refuge pour ce qui va devenir Universal War One (UW1). C'est un grand projet ambitieux, en six tomes, racontant une terrible guerre à la fois militaire, économique et idéologique qui ravage une partie du système solaire. Le très grand spectacle, les retournements inattendus du scénario, la rigueur des propositions scientifiques et la dimension politique du récit fascinent toute de suite de très nombreux lecteurs. On retrouve aussi dans UW1 les racines catholiques de Denis avec les extraits d'une pseudo Bible qui ouvre chacun des chapitres de l'histoire.

Universal War One a aussi marqué par ses innovations technologiques. Le tome 1 a une couverture réalisée intégralement en numérique, mais avec un rendu de peinture, ce qui était inédit en 1998. On retrouve ce même esprit dans les couleurs des pages. En 2001, Denis bascule vers le tout numérique, étant un des tout premiers dessinateurs de BD à le faire. Ce parcours lui vaudra en 2006 un partenariat avec Adobe Photoshop pour la sortie du tome 6 d'UW1[4].

En 2008, dans la postface de l'intégrale d'Universal War One, Denis révèle que la série s'appelle UW1 parce que dès la rédaction du synopsis initial en 1997, il avait prévu deux suites, UW2 et UW3, soit 18 tomes en tout[5].

En 2010, le rédacteur en chef des éditions Marvel, Joe Quesada, propose en personne à Denis de publier Universal War One aux États-Unis[1]. La série parait en six comics séparés puis deux trade-paperback[6],[7].

En 2012, la société de production uMedia annonce à Cannes qu'Universal War One connaîtra une adaptation cinématographique[8]. Variety dévoile en 2013 que le scénariste en sera Skip Woods[9].

En 2013, paraît le tome 1 de la suite d'UW1, Universal War Two (UW2) chez Casterman.

Engagement sociaux[modifier | modifier le code]

Denis Bajram après avoir été syndicaliste étudiant, est un des fondateurs de l'AdaBD (Association des Auteurs de Bande Dessinée) au début des années 2000, puis du Groupement BD du Snac (Syndicat national des auteurs et des compositeurs) en 2008.

Depuis 2014, il est le secrétaire et coordinateur des États Généraux de la Bande Dessinée au côté de son épouse Valérie Mangin (trésorière) et de Benoît Peeters (président). À ce titre, il a fait de nombreuses interventions dans les médias comme auprès des institutions et de l'État[10]. Il tient un blog et un compte Facebook très suivi sur les questions sociales qui concernent les auteurs.

Informatique[modifier | modifier le code]

Denis Bajram s'intéresse à l'informatique depuis son plus jeune âge. Il a développé de nombreux programmes et CMS. Certains sont disponibles sur softwares.bajram.com.

il tient un site personnel depuis 1998, le www.bajram.com.

Denis est aussi un développeur et administrateur dans l'équipe de Frozen Sand, éditrice du jeu Urban Terror[11]. Dans ce même jeu, il fut aussi un des leaders du clan ~SG~ Snipers Gaulois[12].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Albums[modifier | modifier le code]

  1. Sueurs froides, 1996
  2. Syndrome Z, 1998,
Édition intégrale, 2005
  1. Feu destructeur, 2000
  2. Océan sans eau, 2003
  1. La Genèse, 1998
  2. Le Fruit de la connaissance, 1999
  3. Caïn et Abel, 2000
  4. Le Déluge, 2001
  5. Babel, 2004
  6. Le Patriarche, 2006
Édition intégrale (tomes 1 à 6), 2008
  1. Le Temps du désert, 2013
  2. La Terre promise, 2014
  3. L'Exode, 2016
  1. La Barque de RÂ, 2014
  2. Cimetière céleste, 2014
  3. La Résurrection de la chair, 2015
  4. La Porte du Ciel, 2016

Monographies[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Bajram, Denis, 1970- ..., Bajram : destructeur d'univers : entretiens, Soleil, dl 2010 (ISBN 9782302012509, OCLC 763056095, lire en ligne)
  2. a et b Quentin Girard, « Denis Bajram. Héroïque fantaisie », Libération.fr,‎ (lire en ligne)
  3. Cailleteau, Thierry, 1959- ..., Cryozone, Delcourt, impr. 2005 (ISBN 2847896481, OCLC 470390708, lire en ligne)
  4. « Bajram.com | Démonstrations à Adobe Live », sur Bajram.com (consulté le 23 mars 2018)
  5. Bajram, Denis, (1970- ...)., Universal war one : l'intégrale, Quadrants solaires, dl 2008 (ISBN 9782302002227, OCLC 758892929, lire en ligne)
  6. Bajram, Denis., Universal war one, Marvel, 2008- (ISBN 9780785132387, OCLC 234426415, lire en ligne)
  7. Bajram, Denis., Universal War One : Revelations, Marvel, (ISBN 0785132392, OCLC 464660496, lire en ligne)
  8. Philippe MAGNERON, « Universal War One », sur www.bdgest.com (consulté le 23 mars 2018)
  9. (en-US) Elsa Keslassy, « Skip Woods Tapped To Pen ‘Universal War One’ », Variety,‎ (lire en ligne)
  10. « Bajram.com | CSG des auteurs : rencontre avec la Ministre de la Culture », sur Bajram.com (consulté le 23 mars 2018)
  11. (en-US) Frozen Sand, « Urban Terror Members : Profile : Kalish », sur www.urbanterror.info (consulté le 23 mars 2018)
  12. « ~SG~ Snipers Gaulois ~SG~ », sur www.snipersgaulois.com (consulté le 23 mars 2018)

Annexes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]