Années de plomb (Maroc)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Années de plomb au Maroc)
Aller à : navigation, rechercher
Hassan II en 1983

Les années de plomb, au Maroc, correspondent à une période de l'histoire contemporaine de ce pays, qui s'est étendue des années 1970 jusqu'à 1999 sous le règne du roi Hassan II et a été marquée par une violence et une répression contre les opposants politiques et les activistes démocrates.

La répression et ses victimes[modifier | modifier le code]

Peu après l'accession au trône du roi Hassan II, l'étau se resserre autour des opposants et des mouvements de gauche. La répression commence en juillet 1963 par l'arrestation, pour « complot » (connu sous le nom de complot de 1963[1]), de militants de l'Union nationale des forces populaires (UNFP) et de communistes. Elle se poursuit par les événements de militantisme de lycéens qui tourne à l’insurrection de mars 1965 à Casablanca, la liquidation de Ben Barka, la mise hors jeu de l'Union nationale des étudiants du Maroc (UNEM) et des organisations marxistes-léninistes (notamment le mouvement d’extrême-gauche Ila Al Amame d'Abraham Serfaty et d'Abdellatif Laâbi), la contre-guérilla dans le Moyen Atlas : en 1973, événement insurrectionnel perpétré par le Tanzim à Khénifra, « affaire Moulay Bouazza », les procès de Kenitra (Juin 1973 puis ceux de 1977) et la répression des émeutes de 1981 à Casablanca.

Ces trois décennies qui cadrent les années de plomb sont dominées par le règne de Hassan II et la succession de deux personnages à la tête du ministère de l'Intérieur : le général Mohamed Oufkir et l'ex-commissaire Driss Basri.

Un l'organisme gouvernemental, l'Instance équité et réconciliation (IER), est créé en 2004 pour enquêter sur le bilan humain des années de plomb. Il rend ses conclusion en 2005, indiquant notamment un total de 9 779 cas au moins d'atteintes aux droits de l'homme, dont 1 018 morts. L'Association marocaine des droits humains (AMDH) estime que ces années de répression ont fait des dizaines de milliers de victimes (tués, blessés, emprisonnés, disparus et exilés), dont au moins 3 000 morts[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Complot de juillet, in Z. Daoud, Les années lamalif, Tarik Éditions, Casablanca, 2007, p.108
  2. « Années de plomb au Maroc: une page difficile à tourner », sur liberation.fr, (consulté le 31 juillet 2017).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]