Famille de Préaulx (Touraine)

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Famille de Préaulx (Touraine)
Image illustrative de l’article Famille de Préaulx (Touraine)
Armoiries de la famille de Preaulx

Blasonnement De gueules au lion d'argent, armé, lampassé et couronné d'or, au chef d'argent chargé d'une vivre de sable
Devise Virtus in nobilibus placet
Période XIIIe siècle - XXe siècle
Pays ou province d’origine Touraine
Demeures Château de Préaux, Château de LancheneilNuillé-sur-Vicoin), Château d'OublaiseLuçay-le-Mâle), Château de Tressé, Hôtel de Preaulx à Paris
Récompenses civiles Ordre du Saint-Esprit, Ordre de Saint-Michel, Ordre de Saint-Lazare, Ordre de Saint-Louis

La famille de Préaulx olim de Préaux (avec ou sans accent), est une famille noble d'ancienne extraction[1].

Originaire de Touraine, elle s'éteignit en 1971.

Origines[modifier | modifier le code]

La famille de Préaulx tire son nom de la terre de Préaux située en Touraine (dans l'actuel département de l'Indre) près de Châtillon-sur-Indre[2].

Le premier de la filiation suivie est Raoul de Préaux, chevalier, vivant en 1232 (Jougla de Morenas, Grand armorial de France[3]). La Chesnaye-Desbois (dans son Dictionnaire de la noblesse, 1776) ajoute que, suivant un ancien mémoire, Raoul, seigneur de Préaux, est qualifié noble homme, messire et chevalier dans un contrat du 16 novembre 1232[2] et qu'il était marié à Marguerite de la Forest. Quant à la filiation prouvée, elle remonte à Bertrand de Préaux, marié en 1451[3]. Cette famille fut maintenue noble en 1669 sur preuves de 1456[3] et s'éteignit en 1971.

Plusieurs ouvrages affirmèrent, à tort, que cette famille était la même que celle de Préaux originaire de la terre de Préaux[4] située en Normandie au bailliage de Rouen [5],[6]. On sait aujourd'hui que ces deux familles sont distinctes.

Du XIIIe au XVIe siècle[modifier | modifier le code]

Le château de Préaux (Indre) vers 1900.
  • Raoul de Préaux, chevalier, vivant en 1232, premier de la filiation suivie [3]
  • Guillaume de Préaux, écuyer, seigneur de Préaux et de l'Estang, arrière-petit-fils du précédent [3], marié en 1357 à Marie de Sorbiers.
  • Bertrand de Préaux, premier degré de la filiation prouvée, épouse en 1451 Marie d'Harcourt [3],[7]
Le château de Lancheneil à Nuillé-sur-Vicoin (Mayenne) vers 1900
  • Guillaume de Préaux, seigneur d'Hervaux, Orgnais, etc., fils du précédent, capitaine et gouverneur du Mont-Saint-Michel.
  • Étienne de Préaux (né en 1470), petit-fils Bertrand de Préaux[3], marié en 1509 à Jeanne de Sorbiers.
Château de Tressé en Anjou, construit par Joseph-Gilbert, 7e marquis de Preaulx

Aux XVIIe et XVIIIe siècles[modifier | modifier le code]

  • Jean-Claude, (3e) marquis de Préaulx (1626-1685), marié à Barbe-Françoise de La Haye-Coulances
  • Charles-Marie, comte de Préaulx (1724-1796), frère du précédent, colonel de dragons, chevalier de l'ordre de Saint Louis, épousa en 1775 Nicole Oudet d'Angecourt. Ils eurent 18 enfants, dont le 13e permit d'éviter l'extinction de la famille.
Le château des Vaux vers 1900
Cour de l'hôtel de Preaulx (ancien hôtel de Coigny) photographiée en 1901 par Eugène Atget
Façade de l' Hôtel de Preaulx sur la rue du Faubourg-Saint-Honoré en 1901 (photographie d'Eugène Atget)
  • Joseph-François, (6e) marquis de Préaulx (1755-1802), officier d'infanterie, épousa en 1784 Marthe de Meaulne. Il fut emprisonné pendant la Terreur et l'ensemble de ses biens autour de Lancheneil furent saisis. Plus tard, son château de Lancheneil servit d’hôpital pour les chouans. Vers 1795, le marquis de Preaulx prend possession du Château de Vaux (XVe siècle), construit par Jean Bourré, grand argentier de Louis XI. Ses descendants le conservèrent jusqu'en 1830.

XIXe siècle[modifier | modifier le code]

  • Joseph-Hilaire, (8e) marquis de Préaulx (1814-1884), fils du précédent, se maria en 1838 avec Sophie de Gibot. Leur fille unique épousa son cousin le dernier marquis d'Aligre, pair de France (1813-1889) et mourut à 31 ans sans descendance.
  • Gaston, (9e) marquis de Préaulx (1821-1886), fils de Charles-Joseph, comte de Préaulx (1785-1851), devint chef du nom à la mort du précédent. Il fit construire le château d'Oublaise à Luçay-le-Mâle (Indre) à quelques kilomètres du château de Préaux possédé par la branche cadette. Il eut trois enfants :
    • Marie Charlotte de Préaulx, mariée avec le dernier marquis d'Aligre (veuf de Sophie de Préaulx sa cousine) ; (sans postérité)
    • Gilbert, (10e) marquis de Préaulx (1857-1920) mairé à Marie-Madeleine Barbié du Bocage, et père d' Amaury, 11e et dernier marquis de Préaulx (1906-1971).
    • Marie de Préaulx (1860-1930) mariée à Tanneguy, comte Le Veneur de Tillières (1851-1925) (d'où 2 fils sans descendance, et une fille mariée à Joseph de Caraman, 19e prince de Chimay)
Januaria de Bourbon-Siciles (1870-1941), mère de la dernière marquise de Préaulx (1903-1975), et son père le prince Louis de Bourbon-Siciles (1845-1909)
  • Charles-Marie, comte de Préaulx (1838-1914), petit-fils de Charles-Marie, comte de Préaulx (1724-1796). Marié avec Berthe de Guéhéneuc de Boishue, il eut 8 enfants dont 4 sont morts lors de la Première guerre :
    • comte Raoul de Préaulx, né en 1880, mort pour le France le 26 novembre 1914 (chevalier de la Légion d'honneur).
    • comte Carl de Preaulx, né en 1885, mort pour la France des suites de ses blessures le 24 janvier 1920 ; trois fois blessé et cinq fois cité (chevalier de la Légion d'honneur).
    • Geneviève de Préaulx, sœur des précédents, née en 1895, engagée infirmière volontaire, morte pour la France. Elle fut décorée de la Croix de guerre belge par le roi Albert Ier.
    • comte René de Préaulx, mort en 1934 à l'âge de 44 ans des suites des gazages qu'il subit durant la 1re Guerre.

Considérable fortune au XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Le mariage de Joseph-Gilbert, (7e) marquis de Preaulx (1785-1849) en 1810 avec la petite-fille d'Étienne François d'Aligre procura à la famille de Preaulx une fortune considérable. Le 7e marquis de Preaulx fit ainsi construire le château de Tressé, à Pouancé dont il fut maire pendant de longues années. Il posséda l'un des 5 principaux attelages de France[9], les autres étant ceux de Salomon de Rothschild, du richissime marquis d'Aligre, du 11e duc d'Osuna et de MM. Godot de Mauroy.

Son fils, Joseph-Hilaire, (8e) marquis de Preaulx (1814-1884) habita après lui le château de Tressé. Son train de vie fastueux et sa grande générosité restèrent longtemps célèbres en Anjou[10]. Il acheta en 1867 l'Hôtel de Coigny à Paris au 89 rue du Faubourg-Saint-Honoré[11] dont les jardins s'étendaient jusqu'aux Champs-Élysées. L'hôtel resta dans sa famille jusqu'en 1926, puis fut vendu à une société immobilière qui le démolit et morcela le terrain pour faire place à un vaste immeuble moderne. Le 8e marquis de Préaulx fut aussi propriétaire de nombreux bateaux dont un yacht comptant 35 membres d'équipage[10].

Issu d'une branche cadette, le 10e marquis de Préaulx (1857-1920) lui succéda après son père (1821-1886).

Marie Charlotte de Preaulx, dernière marquise d'Aligre, sœur et fille des précédents, mourut sans enfant et légua sa fortune au 11e et dernier marquis de Préaulx, dont l'imposant château des Vaux dans le Perche, « immense palais qui compte plus de 300 pièces » [12], entouré d'un domaine de 10 000 hectares[13].

Le dernier marquis de Preaulx[modifier | modifier le code]

La famille de Préaulx s'est éteinte en 1971 avec Amaury, 11e marquis de Préaulx (1906-1971). Il s'était marié avec Sophie Freeman (1903-1975), fille de William Louis Freeman de Bourbon (1855-1907)[14] et de Marie-Januaria de Bourbon-Siciles (1870-1941). Comme son prédécesseur Joseph-Hilaire, il mena grand train et « l’on évoque encore la dizaine de voitures automobiles Rolls Royce qu’il possédait. »[15].

Ils eurent quatre filles :

  • Isabelle (morte enfant) ;
  • Nicole mariée en 1950 avec Yves Le Mauff de Kergal, puis avec Jean Manzon ;
  • Ghislaine de Préaulx (1933-2017), mariée à Pierre Brocard (sans postérité), puis à Florian Carlo (sans postérité ; elle a adopté les enfants du 1er mariage de son mari) ; elle fut la première femme nommée commandeur de l' ordre du Mérite agricole
  • Marie-Christine, mariée à Márcio Emmanuel Moreira-Alves

Le nom de Préaulx est porté par adoption par Monsieur Syvain Carlo devenu Carlo de Préaulx, fils de Florian Carlo et d'Odette Fontanes, qui a été adopté par la deuxième épouse de son père Ghislaine de Préaulx[16].

La dernière comtesse de Preaulx[modifier | modifier le code]

La veuve du comte René de Préaulx (mort en 1934, cité plus haut) fut la dernière comtesse de Preaulx. Elle mourut en 1977 sans enfant et brouillée avec sa famille[15]. Elle avait rédigée divers testaments en faveur de différents bénéficiaires. Finalement, elle légua l'ensemble de ses biens (dont le château de Préaux dans l'Indre) à l'ARC (Association pour la recherche sur le cancer qui défraya la chronique avec la condamnation de son fondateur Jacques Crozemarie).

Armes[modifier | modifier le code]

Ecu de la famille de Préaulx : De gueules au lion d'argent, armé, lampassé et couronné d'or, au chef d'argent chargé d'une vivre de sable.
  • écu : De gueules au lion d'argent, armé, lampassé et couronné d'or, au chef d'argent chargé d'une vivre de sable.[3],[1].
  • devise : Virtus in nobilibus placet.
  • tenants : deux anges.
  • cimier : un ange tenant la rose blanche d'York.

Alliances[modifier | modifier le code]

La famille de Préaulx s'est alliée [3] :

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b E. de Séréville, F. de Saint-Simon, Dictionnaire de la noblesse française, 1975, page 821
  2. a et b François Alexandre Aubert de La Chesnaye-Desbois, Dictionnaire de la noblesse, tome XI, 1776, pages 500-505 : généalogie de la famille de Préaux.
  3. a b c d e f g h i j et k Grand Armorial de France, tome 5, 1948, page 374.
  4. François Alexandre Aubert de La Chesnaye-Desbois, Dictionnaire de la noblesse, tome XI, 1776, page 500.
  5. Frédéric Saisset, Histoire de la famille de Preaulx, ou de Preaux, du XIe siècle à nos jours (1066-1904), Dijon, impr. Bernigaud et Privat, 1935
  6. * Vte de Faria, Généalogie de la famille de Preaux ou de Preaulx, Ramperti, Milan, 1909
  7. "de Harcondé" dans La Chesnaye-Desbois mais aucune famille de ce nom n'a jamais existé
  8. Aimé-Antoine de Birague, Histoire générale des maisons souveraines, princières, ducales et des autres maisons nobles, des hommes d'État, de guerre, de science et d'art., Paris, Archives historiques, 1851-1854 (lire en ligne)
  9. Octave Uzanne, La locomotion à travers l'histoire et les mœurs, Maxtor, 1900, page 163
  10. a et b Académie des sciences, belles-lettres et arts d'Angers, Mémoires de la Société d'agriculture, sciences et arts d'Angers, Ed. de l'Ouest, Angers, 1938, tome XIII, pages 105 à 125. Lire en ligne
  11. Béatrice de Andia et Dominique Fernandès, Rue du Faubourg Saint-Honoré, Édition de la Délégation artistique de la ville de Paris, 1994, pages 287 et 288
  12. Région Centre, les Grands châteaux de la Loire, Michel de La Torre, Hermé, 1987
  13. Michel de La Torre, Région Centre, les Grands châteaux de la Loire, Hermé, 1987
  14. « La reine Victoria d'Angleterre fut l'artisan de son mariage avec la princesse Marie-Januaria de Bourbon-Siciles » André Castelot, Le duc de Berry et son double mariage, Paris, SFELT, 1950, page 315
  15. a et b L'ancien député Amédée Renault, article "700 ans de l’histoire de Préaulx".
  16. Paul-Marie Dioudonnat, le Simili-nobiliaire, Sedopols, 2002, page 125.

Sources[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]