Jacques Crozemarie

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Jacques Crozemarie, né le à Paris et mort le à Colombes, est le fondateur et ancien président de l’Association pour la recherche sur le cancer (ARC).

Biographie[modifier | modifier le code]

Ingénieur diplômé de l'École française de radioélectricité[1] (EFR devenue EFREI), il part pendant deux ans sous les drapeaux en Indochine, de 1949 à 1951.

Cadre administratif à l'INSERM, il crée l'ARC en 1962 et la dirige de façon très personnelle dans les décennies qui suivent. Se faisant appeler « Docteur » ou « Professeur », bien que n'ayant aucune formation médicale, il apparaît systématiquement dans les campagnes publicitaires de l'ARC, en particulier à la télévision et connaît une forte notoriété personnelle.

Pour asseoir la notoriété de l'ARC, il sut s'entourer, au départ, de cancérologues connus du grand public : Lucien Israël, Georges Mathé et Léon Schwartzenberg.

Jacques Crozemarie était membre de la Grande Loge nationale française.[réf. nécessaire]

Il est décédé le à l'âge de 81 ans.

Le scandale lié au fonctionnement de l'ARC[modifier | modifier le code]

Les prémices[modifier | modifier le code]

L'association et son président sont visés dès par un rapport de l'inspection générale des affaires sociales qui dénonce la mainmise du président Jacques Crozemarie sur le pouvoir de décision de l'affectation partiale des dons pour la recherche[2].

L'affaire débute réellement en 1991 par un rapport confidentiel de l'inspection générale des affaires sociales dénonçant les énormes dépenses de l'ARC, qui semblait consacrer 72 % des sommes versées par les 3,5 millions de donateurs à son fonctionnement et sa publicité, et seulement 28 % à la recherche contre le cancer. En 1996, un juge d'instruction est désigné et rapidement, Jacques Crozemarie, qui maintient que 45 % des ressources de l'association ont été affectées à la recherche en 1993, est mis en examen.

Un rapport de la cour des comptes française, publié en 1993, confirme le premier rapport en affirmant que 27 % seulement des sommes collectées sont attribués à la recherche. La cour précise aussi que certains agissements semblent relever de l'abus de biens sociaux, et saisit ainsi les autorités judiciaires. L'affaire prend de l'ampleur quand les médias diffusent les premières informations sur ces dérapages.

En 1996, l'équipe dirigeante de l'ARC est entièrement renouvelée et Jacques Crozemarie est évincé de l'association.

Le procès[modifier | modifier le code]

Des dirigeants du groupe International Developpement (ID), principal sous-traitant de l'ARC, chargé de la communication, notamment Michel Simon, sont également mis en cause. En juin 1999, devant le tribunal correctionnel de Paris, le procureur requiert le maximum de la peine encourue, cinq ans de prison assortis d'un mandat de dépôt à l'audience, contre MM. Crozemarie et Simon.

Jacques Crozemarie a été condamné à quatre ans de prison, Michel Simon à trois ans avec une amende de 230 000 euros[3]. Leurs peines se sont trouvées aggravées en appel, le montant des amendes passant à 380 000 euros, avec une demande d’incarcération immédiate pour l’ex-président de l’ARC. « Il convient de prévenir tout risque de fuite à l'étranger où des sommes considérables restent manifestement disponibles », a alors justifié la cour, soulignant également « le comportement honteux » de l'ancien président de l'ARC qui a selon elle « usé de toutes les voies, y compris celle d'une médecine de complaisance, pour échapper à la sanction ».

En juin 2000, Jacques Crozemarie est reconnu coupable d'abus de confiance et d'abus de biens sociaux. Il est condamné à quatre ans de prison ferme, 2,5 millions de francs d'amende, et 200 millions de francs de dommages et intérêts à verser à l'ARC.

Par arrêté du 4 octobre 2001, est constatée son exclusion de droit de la Légion d'Honneur, à la suite de sa condamnation devenue définitive. Il était officier de la Légion d'Honneur du 4 février 1986[4].

La fin[modifier | modifier le code]

Après deux années d'emprisonnement à la prison de la Santé (Paris), il est libéré et vit dans une maison de retraite d'Île-de-France jusqu'à sa mort des suites d'une longue maladie le . Jacques Crozemarie est inhumé le au cimetière de la station balnéaire de Bandol où il possédait une résidence.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « ANALYSE L'homme qui voulait être roi de la cancérologie française », Le Monde, 20 janvier 1996.
  2. Le "docteur" Crozemarie, invité lors du journal télévisé de France 2, se défend des attaques portées contre lui, archive INA
  3. « Fondateur de l'Association pour la recherche sur le cancer, Jacques Crozemarie a été condamné à quatre ans de prison », Le Monde, 21 octobre 1999.
  4. extrait du Journal Officiel de la République Française du 10 octobre 2001.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Montaldo, Le gang du cancer, suivi du dossier Jean-Michel Jacquemin : le témoin qui accuse, Paris, Albin Michel, , 241 p. (ISBN 9782226086723 et 2226086722).
  • Jean-Yves Nau, « La formidable ascension du « professeur » Crozemarie », Le Monde, 26 mai 1999
  • « Mort de Jacques Crozemarie, fondateur et fossoyeur de l'ARC », LeMonde.fr avec AFP, 28 décembre 2006
  • Jean-Yves Nau, « Jacques Crozemarie », Le Monde, 30 décembre 2006