Clotilde Vautier

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Clotilde Vautier, née à Cherbourg (Manche) le , et morte à Rennes (Ille-et-Vilaine) le , est une artiste-peintre française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Clotilde Vautier est la cadette d'une famille de trois enfants de tradition catholique. Son père est officier de Marine. Elle obtient son baccalauréat de philosophie avec mention en 1957, puis entre à l'école des beaux-arts du Mans en 1958.

Clotilde Vautier arrive à Rennes en 1959 et est admise à l'école régionale des beaux-arts de Rennes pour y préparer le diplôme national qu'elle obtient à Paris, en juillet 1962, en présentant parmi les épreuves imposés son tableau, La loge de la comédienne. Elle y rencontre son futur mari, le peintre madrilène Antonio Otero, qu'elle épouse en 1962, et le frère de celui-ci, Mariano, tous deux fils d'Antonio Otero Seco, écrivain et journaliste espagnol, qui s'exile en 1947 pour fuir le régime franquiste. Républicain espagnol réfugié à Rennes, il formera toute une génération de professeur d'espagnol[Quoi ?] à la faculté des Lettres.

Très intéressée par le théâtre, elle consacre son mémoire de fin d'études au Centre dramatique de l'Ouest de Rennes, dirigé par Guy Parigot, avec une série de lavis intitulée Avant la comédie au centre dramatique de l'Ouest[1].

Avec les frères Otero, en novembre 1961, elle cofonde l'Atelier des Trois qui expose dans plusieurs galeries rennaises. Elle fait aussi des expositions personnelles et remporte plusieurs prix. Elle commence à être remarquée à Paris, où la galerie Bernheim-Jeune retient quelques-unes de ses toiles. En août 1962, elle donne naissance à sa fille aînée, la comédienne Isabel Otero[2] (mère de l'actrice Ana Girardot). En décembre 1963 naît sa seconde fille, la cinéaste Mariana Otero, qui raconte l'histoire de sa mère dans le documentaire Histoire d'un secret (2003).

Les années 1964-1967 sont marquées par de sérieuses difficultés matérielles, mais d'une grande créativité.

Clotilde Vautier meurt de sepsis en 1968, pendant sa dernière exposition à Rennes, des suites d'un avortement clandestin[3]. Elle laisse un œuvre d'environ cent cinquante dessins et quatre vingt dix[Combien ?] tableaux qui manifestent une influence tardive du cubisme.

Elle est inhumée au cimetière de Tribehou (Manche).

En juillet 2002 a été créée L'association Les Amis du peintre Clotilde Vautier.

Œuvres dans les collections publiques[modifier | modifier le code]

En Espagne
En France
  • Rennes, musée des beaux-arts :
    • Les Tricoteuses I, Les Tricoteuses II, Les Tricoteuses III, 1967, trois dessins, mine de plomb et crayon sur papier, 50 × 65cm[4] ;
    • Tricoteuse IV, mine de plomb et crayon noir sur papier, 65 × 50cm. Ces pièces de la série des Tricoteuses, sont des études pour un ensemble de cinq toiles qui valurent à l'artiste de recevoir le second prix de la Casa de Velázquez ;
  • Saint-Grégoire, Centre culturel de La Forge : Repas de saltimbanques , fresque provenant du café Les Variétés à Rennes.

Expositions[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

  • 1964 : grand prix au Salon international de peinture de Doué-La-Fontaine pour Isabel à la rose ;
  • juin 1967 : second prix de la Casa de Velázquez ;
  • 1968 : prix du nu au XVIIIe grand prix international de peinture de Deauville pour La Grande Rousse ;
  • 1968 : prix du portrait au XVIIIe grand prix international de peinture de Deauville pour Femme lisant.

Hommages[modifier | modifier le code]

  • à Rennes :
    • la municipalité a donné son nom à une rue et à un groupe d'immeubles en décembre 2007, dans le quartier de Beauregard ;
    • le Conseil général d'Îlle-et-Vilaine donne le nom de Clotilde Vautier au collège de la Motte-Brûlon, en septembre 2009, qui en avait fait la demande ;
    • la ville rend hommage à Clotilde Vautier par l'inauguration d'une plaque au no 27 rue de la Marbaudais, où l'artiste a vécu et travaillé en mars 2009 ;
  • à Saint-Grégoire, une salle de spectacle porte son nom[5] ;
  • Nantes : la clinique Jules Verne donne à son service de planification familiale et interruption volontaire de grossesse le nom de Clotilde Vautier.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Conservé aux archives de l'école des beaux-arts de Rennes.
  2. Qui devient Carina dans les dessins.
  3. Xavière Gauthier, Paroles d'avortées. Quand l'avortement était clandestin, Paris 2004, Éditions de La Martinière, cité dans les Cahiers du Genre, n°40, 2006, pp.240-241.
  4. Laurence Imbernon, article dans le Bulletin d'information de la vie de l'Association des Amis du musée des beaux-arts de Rennes, n°20, quatrième trimestre 2015.
  5. Ouest-France, 29 septembre 2013.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Sylvie Blottière Derrien, Nancy Huston, Isabel Otero, Mariana Otero, Clotilde Vautier, Rennes, Éditions du Carabe, 2004 ; réédité aux Éditions du Petit Démon, accompagné du DVD du film Histoire d'un secret (2010), 197 p. (ISBN 2913515126)
  • Sylvie Blottière-Derrien, Nancy Huston, Clotilde Vautier, 2010 (ISBN 2914931174)
  • Anne Brunswic, « “Histoire d'un secret” de Mariana Otero », Images documentaires, n°49.
  • Geneviève Roy, « Et Clotilde s'éloigna sur son bateau, histoire d'un secret », Breiz Femmes, 20 mars 2014.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Conférence[modifier | modifier le code]

  • [Où ?] Marie-Hélène Calvignac, L'éloquence à fleur de toile sur l'œuvre de l'artiste, mars 2009.

Liens externes[modifier | modifier le code]