Sepsis

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Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne le syndrome d'infection. Pour le genre de diptères, voir Sepsis (genre).

Un sepsis (du grec ancien σῆψις « putréfaction ») est un syndrome d'infection générale et grave de l'organisme par des agents pathogènes.

Il était anciennement désigné par le terme de septicémie, signifiant littéralement « infection du sang » et utilisé pour la première fois par le médecin français Pierre Adolphe Piorry.

Depuis 2016[1], le sepsis est défini comme un dysfonctionnement d'organe secondaire à une réponse inappropriée de l'hôte envers une infection.

Un sepsis peut se développer à partir de n'importe quelle infection systémique sévère. La majorité des germes responsables proviennent du tube digestif. Un staphylocoque doré peut notamment la provoquer[2].

Histoire médicale[modifier | modifier le code]

Autrefois, le pronostic d'un sepsis était souvent fatal.

L'arrivée des antibiotiques modernes a permis aux équipes médicales de combattre efficacement ces infections qui restent néanmoins très dangereuses pour un organisme affaibli ou en cas de défenses immunitaires insuffisantes ou de microbe devenu multi-antibiorésistant.

Les sepsis génèrent annuellement une dépense de soins qui a été évaluée à 16,7 milliards de dollars aux États-Unis[3]. En 2011, elle a été évaluée à 20 milliards de dollars[4].

Depuis la fin des années 1980, les bactéries Gram-positives sont devenues les organismes le plus souvent responsables de sepsis. Les taux de mortalité (pour la septicémie comme pour les sepsis sévères) ont diminué des années 1980 à 2000, mais le risque nosocomial et l'antibiorésistance restent préoccupants. Les patients qui survivent à leur épisode de sepsis semblent en conserver des séquelles ou risquent, plus que la moyenne[Laquelle ?], de retomber malades ou de mourir dans les cinq ans qui suivent la guérison[3].

Facteurs de risque[modifier | modifier le code]

Ont été identifiés comme facteurs de risque :

Des variations saisonnières ont été identifiées (le sepsis est plus fréquent en hiver dans les régions où il existe)[3].

Traitement[modifier | modifier le code]

Choc septique[modifier | modifier le code]

Le traitement du choc septique (se traduisant par la chute de la tension artérielle, les frissons, les extrémités froides, la tachycardie) nécessite une hospitalisation en milieu de réanimation où seront placés, entre autres, des perfusions intraveineuses (goutte à goutte) qui permettront l'administration d'antibiotiques directement dans le sang, de l'oxygène, des produits comme la dopamine (nécessaire au bon fonctionnement du système circulatoire), etc…

Selon les cas on aura recours aux soins suivants:

  • Transfusion sanguine, administration de concentrés de globules rouges
  • Ventilation artificielle, traitement de l’état de choc
  • Alimentation artificielle, administration d’insuline et surveillance du traitement
  • Traitement des troubles de la coagulation
  • Hémodialyse en cas de défaillance des reins

L' élimination des bactéries pathogènes se fait par l'utilisation d'antibiotiques ou par la chirurgie si nécessaire pour éliminer la source infectieuse. La septicémie exige un traitement rapide, qui ne doit pas attendre les résultats de l'hémoculture et de l'antibiogramme. Ce traitement doit être suivi pendant 15 jours.

Antibiothérapie[modifier | modifier le code]

Plus le traitement est rapide, plus les chances de guérison sont grandes. Dans un premier temps on administre un traitement antibiotique à large spectre, en intraveineux et à dose élevée en attendant les résultats de l'antibiogramme.

Le choix des antibiotiques utilisés dépendra de la cause supposée de la septicémie. Si l’on soupçonne une origine pulmonaire certains germes spécifiques seront discutés, tandis que si l'origine suspectée est abdominale ou urinaire, d’autres seront envisagés.

Phagothérapie[modifier | modifier le code]

La phagothérapie a été largement utilisée dans le monde avant la découverte des antibiotiques. Si elle a été progressivement abandonnée par les pays occidentaux séduits par les avantages de l’antibiothérapie, la phagothérapie est toujours employée et développée dans les pays de l'ancienne Union Soviétique[5]. Dans les pays occidentaux, des patients victimes d'infection par bactéries multi-résistantes se regroupent pour faciliter l'accès aux traitements bactériophagiques étrangers[6],[7],[8].

Dans le cas d'un sepsis par bactérie multi-résistante, on peut envisager un traitement bactériophagique bien qu'il y ait peu d'études sur le sujet[9],[10],[11].

Ancienne classification des états septiques[modifier | modifier le code]

L'ancienne classification des états septiques en trois catégories remontait à 1992. Elle a été révisée en 2001[12], puis remplacée en 2016[1]. On pouvait aussi lui ajouter une première catégorie, appelée syndrome de réponse inflammatoire systémique (SRIS).

Le sepsis était alors défini comme un syndrome associant une bactériémie (présence de bactéries vivantes dans le sang) à un syndrome de réponse inflammatoire systémique.

Ces différents états septiques sont, par ordre de gravité croissante :

  1. le syndrome de réponse inflammatoire
  2. le sepsis non compliqué,
  3. le sepsis grave : sepsis avec dysfonction aiguë d'un ou plusieurs organes (« défaillance multiviscérale », anciennement appelé « septicémie »),
  4. le choc septique : sepsis grave avec hypotension artérielle réfractaire à un remplissage adéquat.

Le pronostic est très différent pour chacun d'entre eux. Ainsi la mortalité au 28e jour est de 10 à 15 % dans le sepsis non compliquée, de 20 à 30 % dans le sepsis grave et de 40 à 50 % dans le choc septique[précision nécessaire].

Syndrome de réponse inflammatoire[modifier | modifier le code]

Il s’agit d’une réponse à une agression grave, mais pas forcément infectieuse. Il est défini comme associant au moins deux des signes suivants :

  • température supérieure à 38,3 °C ou inférieure à 36 °C
  • fréquence cardiaque (pouls) supérieure à 90 par minute (90 bpm) (tachycardie)
  • fréquence respiratoire supérieure à 20 par minute (polypnée ou hypocapnie)
  • hyperleucocytose > 12 000 ou < 4 000 par millimètre cube ou plus de 10 % de cellules immatures (en l'absence d'autres causes connues).
  • PaCO2 < 32 mmHg

Choc septique[modifier | modifier le code]

  • Définition : sepsis grave plus hypotension artérielle malgré un remplissage vasculaire adéquat (20 à 40 ml/kg) voir Choc septique

Nouvelle classification des états septiques[modifier | modifier le code]

Sepsis[modifier | modifier le code]

Le sepsis est défini comme un dysfonctionnement d'organe secondaire à une réponse inappropriée de l'hôte envers une infection.

L'utilisation du syndrome de réponse inflammatoire systémique comme critère de définition pour le sepsis est abandonné[1] en raison de sa faible performance statistique[13].

Cliniquement, le sepsis associe une infection avec un score SOFA (Sequential Organ Failure Assessment Score) ≥ 2 ou une augmentation du score supérieure ou égale à 2 points si il existait une dysfonction d’organe avant l'infection.

Choc septique[modifier | modifier le code]

Le choc septique associe un sepsis avec :

  • nécessité d’utiliser des vasopresseurs QSP PAM ≥ 65 mmHg ;
  • lactatémie > 2 mmol/l (18 mg/dl) ;
  • malgré un remplissage vasculaire adéquat.

Le risque de mortalité intra-hospitalière est de 40 %[1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d (en) Mervyn Singer, Clifford S. Deutschman, Christopher Warren Seymour et al., « The Third International Consensus Definitions for Sepsis and Septic Shock (Sepsis-3) », JAMA,‎ (lire en ligne)
  2. http://www.futura-sciences.com/magazines/sante/infos/dico/d/medecine-staphylocoque-dore-7886/, Futura-Sciences, publié en 2011.
  3. a, b, c, d, e, f et g Hodgin KE, Moss M. (2008), The epidemiology of sepsis ;Curr Pharm Des. 2008;14(19):1833-9 (Résumé.)
  4. (en) Celeste M Torio et Roxanne M Andrews, « National Inpatient Hospital Costs: The Most Expensive Conditions by Payer, 2011 », Healthcare Cost and Utilization Project (HCUP) Statistical Briefs,‎ (lire en ligne)
  5. Alexander Sulakvelidze, Zemphira Alavidze et J. Glenn Morris, « Bacteriophage Therapy », Antimicrobial Agents and Chemotherapy, vol. 45, no 3,‎ , p. 649–659 (ISSN 0066-4804, PMID 11181338, DOI 10.1128/AAC.45.3.649-659.2001, lire en ligne)
  6. « Phages-Sans-Frontières – Ensemble nous pouvons tenter de changer le destin ! », sur phages-sans-frontieres.com (consulté le 24 avril 2018)
  7. « Association PHAG ESPOIRS », sur Association PHAG ESPOIRS (consulté le 24 avril 2018)
  8. « EuroPhages - Sauver les vies de milliers de Français grâce aux bactériophagiques », sur EuroPhages (consulté le 24 avril 2018)
  9. Aušra Gaidelytė, Martti Vaara et Dennis H. Bamford, « Bacteria, Phages and Septicemia », PLoS ONE, vol. 2, no 11,‎ (ISSN 1932-6203, PMID 18188406, PMCID PMC2190619, DOI 10.1371/journal.pone.0001145, lire en ligne)
  10. (en-US) « Novel Phage Therapy Saves Patient with Multidrug-Resistant Bacterial Infection », UC Health - UC San Diego, {{Article}} : paramètre « date » manquant (lire en ligne)
  11. Andrzej Górski, Ewa Jończyk-Matysiak, Marzanna Łusiak-Szelachowska et Ryszard Międzybrodzki, « The Potential of Phage Therapy in Sepsis », Frontiers in Immunology, vol. 8,‎ (ISSN 1664-3224, PMID 29312312, PMCID PMC5732260, DOI 10.3389/fimmu.2017.01783, lire en ligne)
  12. (en) Levy MM, Fink MP, Marshall JC et al., « 2001 SCCM/ESICM/ACCP/ATS/SIS International Sepsis Definitions Conference. », Crit Care Med,‎ (résumé)
  13. (en) Churpek MM, Zadravecz FJ et al., « Incidence and Prognostic Value of the Systemic Inflammatory Response Syndrome and Organ Dysfunctions in Ward Patients. », American Journal of Respiratory and Critical Care Medicine,‎ (résumé, lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) ACCP/SCCM Consensus Conference Committee (1992), Definitions for sepsis and organ failure and guidelines for the use of innovative therapies in sepsis. Chest ; 101:1644-65.

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]