Claude Tarnaud

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Claude Tarnaud
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Claude Tarnaud, né le à Maisons-Laffitte et mort à Apt en 1991, est un poète et artiste peintre français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, Claude Tarnaud fonde avec Yves Bonnefoy et Jaroslav Serpan la revue La Révolution la nuit. Contacté par André Breton, il rejoint alors le groupe surréaliste et participe activement à l'Exposition internationale du surréalisme de 1947, et à la revue Néon (5 numéros de janvier 1948 à avril 1949), dont il est un des membres fondateurs avec Stanislas Rodanski, Sarane Alexandrian, Jindřich Heisler et Véra Hérold. Cette revue qui se propose d'apporter une nouvelle lumière sur le Monde et d'aller du Néant à l'Être porte en exergue la formule « N'être rien, Être tout, Ouvrir l'être ».

En novembre 1948, en désaccord avec l'exclusion du peintre Roberto Matta, il rompt avec le groupe surréaliste, à l'instar de ses amis Victor Brauner, Stanislas Rodanski et d'autres. Il est ensuite associé avec François Di Dio à la direction de la revue Positions publiée aux éditions Le Soleil noir, maison à laquelle il donnera trois ouvrages. Se tenant à l'écart du monde littéraire et de ses simulacres, il estime qu'il importe avant tout d'inventer sa propre vie, en conjurant « l'abîme que l'on a délibérément creusé entre le “vécu” et l'imaginaire »[1], avec la liberté d'une existence et d'une écriture liées dans la même aventure mentale, « mythique-vécue », selon son expression.

De 1953 à 1966, il participe aux activités du mouvement Phases et collabore à la revue du même nom. En 1951, il épouse Henriette de Champrel et part avec elle à Genève où il travaille en tant que traducteur pour l'ONU.

Tarnaud fut un infatigable voyageur, quittant la Suisse dans le cadre de ses missions diplomatiques pour Mogadiscio, Addis-Abeba, New Delhi ou New York, puis finissant par s'établir en 1969 en Provence.

En 1966, il rencontre Pénélope et Franklin Rosemont qui fondent à Chicago, grâce à lui, le premier groupe surréaliste des États-Unis d'Amérique. Il resta très proche de Stanislas Rodanski avec lequel il a de nombreux points communs : un certain dandysme, une fascination pour Jacques Vaché et le goût de la « distance »[2] ; mais aussi de Ghérasim Luca et Marcel Duchamp avec qui il organise en 1961 l'exposition surréaliste "Surrealist Intrusion in the Enchanters' Domain" (Galerie D'Arcy, New York).

Au cours des années 1960-70, il entretient une belle amitié avec Julio Cortázar, lequel le mentionne dans sa présentation à l'ouvrage Le Bestiaire d'Aloys Zötl (1831-1887)[3], mais également avec le poète Jean Thiercelin et avec le poète et peintre Jacques Lacomblez qui publia de ses textes dans sa revue Edda dès 1959 et dont l'amitié ne se démentit jamais jusqu'à sa mort.

Une galerie parisienne lui a consacré une rétrospective en 2009 : on a pu alors découvrir l'univers longtemps occulté d'un inventeur de formes[4].

Bibliographie sélective[5][modifier | modifier le code]

  • The Whiteclad Gambler - Le Joueur blancvêtu ou Les Écrits et les Gestes de H. de Salignac - poème épique, illust. d'Henriette de Champrel, Imprimerie de la Sirène, Genève, 1952 ; réédition en 2011 par L'Arachnoïde.
  • La Forme réfléchie, illust. de Béatrice de La Sablière, prière d’insérer de G. Luca, Le Soleil Noir, 1954 - Rééd. avec des illust. de Jacques Lacomblez, L’Écart absolu, 2000
  • L’Aventure de la Marie-Jeanne ou Le Journal indien, dessins de Jorge Camacho, L’Écart absolu, 2000[6] , réédition Les Hauts-Fonds, 2013.
  • Les Cendres de l'eau, poèmes, dessins de Jacques Lacomblez, Éd. L'Empreinte et la Nuit, Bruxelles, 1974.
  • Orpalée, lithographies de Jean-Pierre Vielfaure, Éditions M. Cassé, Paris, 1965.
  • DE ou Le Bout du Monde, dessins de Jacques Lacomblez et Jorge Camacho, L’Écart absolu, 2003.

Textes en revues :

  • Edda no 2, 1959 ; no 4, 1963 ; no 5, 1964
  • La Brèche no 2, 1961
  • Phases no 7, 1961 ; no 9, 1964
  • « Vitorbe » in Supérieur inconnu no 4, 2006

Bibliographie, études[modifier | modifier le code]

  • Patrice Beray, Pour Chorus seul - À Jean-Pierre Duprey et Claude Tarnaud (essai poétique), Les Hauts-Fonds, 2013.
  • Marc Kober, « Claude Tarnaud : un chevalier doué d'ubiquité » in L'Entrée en surréalisme, études réunies par Emmanuel Rubio, éditions Phénix, 2004, p. 201-213.
  • « Traversées - sur les traces de Claude Tarnaud », avec un texte de Cédric Demangeot, des lettres, collages, photographies et poèmes inédits de Tarnaud, dessins de Béatrice de La Sablière, Post-scriptum, no 3, décembre 2002.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. L'Aventure de la Marie-Jeanne ou le journal indien, Les Hauts-Fonds, 2013, p. 9.
  2. cf. notule in J.-M. Goutier, Le Soleil Noir, Carré d'Art, Nîmes, 1993, p. 110
  3. Édition Franco Maria Ricci, 1976, p. 92-94
  4. cf. Exposition Claude Tarnaud Donc te voilà nyctalope ! [1]
  5. cf. la bibliographie complète établie par Cédric Demangeot
  6. Cet ouvrage qui devait paraître d'abord en 1955 puis en 1966 au Soleil Noir, n'avait pu voir le jour.

Sources externes[modifier | modifier le code]