Julio Cortázar

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Julio Cortázar
Description de l'image Cortázar.jpg.
Nom de naissance Julio Florencio Cortázar Descotte
Alias
Julio Denis
Naissance
Ixelles, Drapeau de la Belgique Belgique
Décès (à 69 ans)
Paris, Drapeau de la France France
Activité principale
Distinctions
Auteur
Langue d’écriture Espagnol argentin
Mouvement Surréalisme, réalisme magique
Genres

Œuvres principales

Signature de Julio Cortázar

Julio Florencio Cortázar Descotte (Prononciation du titre dans sa version originale Écouter), né le à Ixelles (Belgique) et mort le à Paris, est un écrivain argentin de Buenos Aires, auteur de romans et de nouvelles (tous en langue espagnole), établi en France en 1951 et qui, tout en conservant sa nationalité argentine, acquiert aussi la nationalité française vers la fin de sa vie, en 1981, comme acte de protestation contre la dictature militaire argentine de l'époque.

Biographie[modifier | modifier le code]

À la naissance de Julio en 1914, son père travaille à la délégation commerciale de la mission diplomatique argentine à Bruxelles. La famille, issue d'un pays neutre dans le conflit qui commence, peut rejoindre l'Espagne en passant par la Suisse, et passe dix-huit mois à Barcelone.

En 1918, la famille retourne en Argentine. Julio Cortázar passe le reste de son enfance à Buenos Aires, dans le quartier périphérique de Banfield, en compagnie de sa mère et de sa sœur unique, d'un an sa cadette. Le père abandonne la famille. L'enfant, fréquemment malade, lit des livres choisis par sa mère, dont les romans de Jules Verne.

Après des études de lettres et philosophie, restées inachevées, à l'université de Buenos Aires, il enseigne dans différents établissements secondaires de province. En 1932, grâce à la lecture d'Opium de Jean Cocteau, il découvre le surréalisme. En 1938, il publie un recueil de poésies, renié plus tard, sous le pseudonyme de Julio Denis. En 1944, il devient professeur de littérature française à l'Université nationale de Cuyo, dans la province de Mendoza.

En 1951, opposé au gouvernement de Perón, il émigre en France, où il vivra jusqu'à sa mort. Il travaille alors pour l'UNESCO en tant que traducteur. Il traduit en espagnol Defoe, Yourcenar, Poe. Alfred Jarry et Lautréamont sont d'autres influences décisives.

Plaque commémorative au 4, rue Martel à Paris.

Cortázar s'intéresse ensuite aux droits de l'homme et à la gauche politique en Amérique latine, déclarant son soutien à la Révolution cubaine (tempéré par la suite : tout en maintenant son appui, il soutient le poète Heberto Padilla[1]) et aux sandinistes du Nicaragua. Il participe aussi au tribunal Russell[1]. La nature souvent contrainte de ses romans, comme Livre de Manuel, 62 modelo para armar ou Marelle, conduit l'Oulipo à lui proposer de devenir membre du groupe. Écrivain engagé, il refuse, l'Oulipo étant un groupe sans démarche politique affirmée.

Ses trois épouses successives furent Aurora Bernárdez (1920-2014), Ugné Karvelis (1935-2002) (qui a traduit de l'espagnol quelques-uns de ses inédits) et l'écrivaine Carol Dunlop.

Naturalisé français par François Mitterrand en 1981 en même temps que Milan Kundera[1], il meurt de leucémie trois ans plus tard, à Paris où il vivait au 4 rue Martel (10e)[2].

Sa tombe au cimetière du Montparnasse, non loin de celle de son ami le peintre Bernard Mandeville, est un lieu de culte pour des jeunes lecteurs, qui y déposent des dessins représentant un jeu de marelle, parfois un verre de vin.

Œuvre[modifier | modifier le code]

La place Cortázar dans le quartier de Palermo, à Buenos Aires.

L'œuvre de Julio Cortázar se caractérise entre autres par l'expérimentation formelle[3], la grande proportion de nouvelles et la récurrence du fantastique et du surréalisme[3]. Si son œuvre a souvent été comparée à celle de son compatriote Jorge Luis Borges, elle s'en distingue toutefois par une approche plus ludique[3] et moins érudite de la littérature. Avec Marelle (1963), Cortázar a par ailleurs écrit l'un des romans les plus commentés de la langue espagnole.

Une grande partie de son œuvre a été traduite en français par Laure Guille-Bataillon, souvent en collaboration étroite avec lui.

Romans[modifier | modifier le code]

  • Los premios (1960)
    Publié en français sous le titre Les Gagnants, traduit par Laure Guille-Bataillon, Paris, Fayard, coll. « Horizon libre », 1961 (ISBN 2-07-028007-1) ; réédition, Paris, Gallimard, coll. « Folio » no 1354, 1982 (ISBN 2-07-037354-1)
  • Rayuela (1963)
    Publié en français sous le titre Marelle, traduit par Laure Guille-Bataillon et Françoise Rosset, Paris, Gallimard, coll. « Du monde entier », 1966 ; réédition, Paris, Gallimard, coll. « L'Imaginaire (collection) » no 51, 1979 (ISBN 2-07-029134-0)
  • 62 Modelo para armar (1968)
    Publié en français sous le titre 62, maquette à monter, traduit par Laure Guille-Bataillon, Paris, Gallimard, coll. « Du monde entier », 1971 (ISBN 2-07-028007-1)
  • Libro de Manuel (1973) - Prix Médicis étranger 1974
    Publié en français sous le titre Livre de Manuel, traduit par Laure Guille-Bataillon, Paris, Gallimard, coll. « Du monde entier », 1974 (ISBN 2-07-029030-1) ; réédition, Paris, Gallimard, coll. « Folio » no 1812, 1987 (ISBN 2-07-037812-8)
  • Divertimento (écrit en 1949, publié de façon posthume en 1986)
  • El examen (écrit en 1950, publié de façon posthume en 1986)
    Publié en français sous le titre L'Examen, traduit par Jean-Claude Masson, Paris, Denoël, coll. « Et d'ailleurs », 2001 (ISBN 2-207-25275-2)
  • Diario de Andrés Fava (1986), publication posthume
    Publié en français sous le titre Journal d'Andrés Fava, traduit par Françoise Rosset, Paris, Denoël, coll. « Et d'ailleurs », 2001 (ISBN 2-207-25283-3)

Recueils de récits[modifier | modifier le code]

  • Historias de cronopios y de famas (1962)
    Publié en français sous le titre Histoires des Cronopiens et des Fameux, La Louvière, Belgique, Daily-Bul, coll. « Les poquettes volantes » no 24, 1968 ; réédition dans une édition augmentée sous le titre Cronopes et Fameux, traduit par Laure Guille-Bataillon, Paris, Gallimard, coll. « Du monde entier », 1977 (ISBN 2-07-029623-7) ; réédition, Paris, Gallimard, coll. « Folio » no 2435, 1992 (ISBN 2-07-038577-9)
  • Un tal Lucas (1979)
    Publié en français sous le titre Un certain Lucas, traduit par Laure Guille-Bataillon, Paris, Gallimard, coll. « Du monde entier », 1989 (ISBN 2-07-071621-X) ; réédition, Paris, Gallimard, coll. « Folio » no 5727, 2014 (ISBN 978-2-07-045740-3)

Recueils de contes et nouvelles[modifier | modifier le code]

  • La otra orilla (1945)
  • Bestiario (1951)
    Publié en français, avec des nouvelles tirées de Final del juego, sous le titre Gîtes, traduit par Laure Guille-Bataillon, Paris, Gallimard, coll. « Du monde entier », 1968
  • Final del juego (1956)
    Publié en français sous le titre Fin de jeu, traduit par Laure Guille-Bataillon et Françoise Rosset, Paris, Gallimard, coll. « L'Imaginaire » no 508, 2004 (ISBN 2-07-077337-X)
  • Las armas secretas (1959)
    Publié en français sous le titre Les Armes secrètes, traduit par Laure Guille-Bataillon, Paris, Gallimard, coll. « La Croix du Sud », 1963 ; réédition, Paris, Gallimard, coll. « Folio » no 448, 1973 (ISBN 2-07-036448-8)
  • Todos los fuegos el fuego (1966)
  • Octaedro (1974)
    Publié en français sous le titre Octaèdre, traduit par Laure Guille-Bataillon, Paris, Gallimard, coll. « Du monde entier », 1976 (ISBN 2-07-029434-X) ; réédition, Paris, Gallimard, coll. « L'Imaginaire » no 475, 2003 (ISBN 2-07-076807-4)
  • Alguien que anda por ahí (1977)
    Publié en français sous le titre Façons de perdre, traduit par Laure Guille-Bataillon, Paris, Gallimard, coll. « Du monde entier », 1978 (ISBN 2-07-028078-0) ; réédition, Paris, Gallimard, coll. « L'Étrangère », 1993 (ISBN 2-07-072836-6) ; réédition, Paris, Gallimard, coll. « L'Imaginaire » no 652, 2014 (ISBN 978-2-07-076006-0)
  • Queremos tanto a Glenda (1980)
    Publié en français sous le titre Nous l'aimons tant, Glenda, traduit par Laure Guille-Bataillon et Françoise Campo-Timal, Paris, Gallimard, coll. « Du monde entier », 1982 (ISBN 2-07-021275-0) ; réédition, Paris, Gallimard, coll. « Folio » no 5728, 2014 (ISBN 978-2-07-045739-7)
  • Deshoras (1982)
    Publié en français sous le titre Heures indues, traduit par Laure Guille-Bataillon et Françoise Campo-Timal, Paris, Gallimard, coll. « Du monde entier », 1986 (ISBN 2-07-070689-3)
  • Nouvelles, histoires et autres contes (édition intégrale de la traduction de tous les contes et nouvelles), Paris, Gallimard, coll. « Quarto », 2008 (ISBN 978-2-07-078544-5)

Théâtre[modifier | modifier le code]

  • Los reyes (1949)
    Publié en français sous le titre Les Rois, traduit par Laure Guille-Bataillon, Arles, Actes Sud, 1983 (ISBN 2-903098-40-9)
  • Adiós Robinson y otras piezas breves (1995), publication posthume
    Publié en français sous le titre Rien pour Pehuajó, suivi de Adieu Robinson, traduit par Françoise Thanas, Paris, Éditions théâtrales, 2000 (ISBN 2-84260-079-7)

Poésie[modifier | modifier le code]

  • Presencia (1938), sous le pseudonyme de Julio Denis
  • Pameos y meopas (1971)
  • Salvo el crepúsculo (1984)
    Publié en français sous le titre Crépuscule d'automne, traduit par Silvia Baron Supervielle, Paris, J. Corti, 2010 (ISBN 978-2-7143-1027-9)

Critiques[modifier | modifier le code]

  • Obra crítica (1994)
  • Obra crítica (2006), publication posthume
  • Imagen de John Keats (écrit en 1951 et 1952, publié de façon posthume en 2007)
  • Clases de literatura. Berkeley, 1980 (2013), publication posthume

Correspondance[modifier | modifier le code]

  • Correspondencia Cortázar-Dunlop-Monrós (2009)
  • Cartas a los Jonquières (2010)
  • Cartas 1. 1937 - 1954 (2012)
  • Cartas 2. 1955 - 1964 (2012)
  • Cartas 3. 1965 - 1968 (2012)
  • Cartas 4. 1969 - 1976 (2012)
  • Cartas 5. 1977 - 1984 (2012)

Autres publications[modifier | modifier le code]

  • Les Discours du Pince-gueule, Paris, M. Cassé, 1966 (lithographies de J. H. Salva) ; réédition, Fata Morgana, 2002 (ISBN 2-85194-567-X)
  • La vuelta al día en ochenta mundos (1967)
  • Buenos Aires, Buenos Aires (1967), photographies de Sara Facio
    Publié en français sous le titre Buenos Aires, photographie de Alicia D'Amico, Paris, Éditions Sudamericana, 1968
  • Último round (1969)
    Publié en français, avec des extraits de La vuelta al día en ochenta mundos, sous le titre Le Tour du jour en quatre-vingts mondes, traduit par Laure Guille-Bataillon, Karine Berriot, J.-C. Lepetit et Céline Zins, Paris, Gallimard, coll. « Du monde entier », 1980
  • Viaje alrededor de una mesa (1970)
  • Literatura en la revolución y revolución en la literatura (1970)
  • Prosa del observatorio (1972)
    Publié en français sous le titre Prose de l'observatoire, traduit par Laure Guille-Bataillon, Paris, Gallimard, 1988 (ISBN 2-07-071170-6)
  • Fantomas contra los vampiros multinacionales (1975)
    Publié en français sous le titre Fantômas contre les vampires des multinationales, Paris, La Différence, coll. « Les Voies du Sud » no 5, 1991 (ISBN 2-7291-0718-5)
  • Humanario (1976), photographies de Sara Facio et d'Alicia D'Amico
  • Territorios (1978)
  • Tendres Parcours (1978) (écrit directement en français, photographies de Frédéric Barzilay, Paris, F. Barzilay)
  • El perseguidor (1981)
    Publié en français sous le titre L'Homme à l'affût, traduit par Laure Guille-Bataillon, Paris, Futuropolis-Gallimard, 2010 (ISBN 978-2-7548-0406-6)
  • Los autonautas de la cosmopista (1982), en collaboration avec Carol Dunlop
  • La fascinación de las palabras (1982)
    Publié en français sous le titre Entretiens avec Omar Prego, Paris, Gallimard, coll. « Folio-Essais » no 29, 1986 (ISBN 2-07-032339-0)
  • Nicaragua tan violentamente dulce (1983)
  • Silvalandia (1984)
  • Alberto Martini (1984), livre sur Alberto Martini, aux éditions Franco Maria Ricci
  • Alto el Perú (1984), photographies de Manja Offerhaus
  • Papeles inesperados, 1940-1984 (2009), publication posthume
    Publié en français sous le titre Pages inespérées, traduit par Sylvie Protin, Paris, Gallimard, coll. « Du monde entier », 2014 (ISBN 978-2-07-014510-2)
  • Corrección de pruebas en Alta Provenza (2012), publication posthume
  • El último combate (2014), publication posthume

Cinéma[modifier | modifier le code]

Scénarios[modifier | modifier le code]

Films adaptés de ses œuvres[modifier | modifier le code]

(Liste non exhaustive[4])

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Guy Scarpetta, « Cortázar, le magicien », Le Monde diplomatique, août 2008.
  2. Hommage à Julio Cortazar, Mairie de Paris
  3. a, b et c Alonso 1998, p. 2.
  4. Voir (en) Julio Cortázar sur l’Internet Movie Database
  5. Court métrage visible en intégralité sur Vimeo
  6. Cette nouvelle a été adaptée de très nombreuses fois, notamment par Fabián Bielinsky.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Gordon Brotherston, « Intellectual geography : Julio Cortázar », dans The Emergence of the Latin American Novel, CUP Archive,‎ (ISBN 0521295653, lire en ligne), p. 81-97.
  • (en) Steven Boldy, The Novels of Julio Cortazar, Cambridge University Press,‎ (réimpr. 2010), 232 p. (ISBN 0521136784, lire en ligne).
  • Bernard Terramorsi, Le fantastique dans les nouvelles de Julio Cortázar: rites, jeux et passages, L'Harmattan,‎ , 235 p. (ISBN 2738423876, lire en ligne).
  • Milagros Ezquerro, Aspects du récit fantastique rioplatense, L'Harmattan,‎ , 149 p. (ISBN 2738450148, lire en ligne).
  • (en) Carlos J. Alonso, Julio Cortázar : new readings, Cambridge University Press,‎ , 260 p. (ISBN 9780521452106, lire en ligne).
  • (en) Peter Standish, Understanding Julio Cortázar, University of South Carolina Press,‎ , 222 p. (ISBN 1570033900, lire en ligne).
  • Pilar Peyrats, Jazzuela, le jazz dans Marelle de Julio Cortázar, 2004.
  • (en) Harold Bloom, Julio Cortázar : Bloom's modern critical views, Infobase Publishing,‎ , 291 p. (ISBN 0791081346, lire en ligne).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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