Nyctalopie

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Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne la vision nocturne. Pour la cécité nocturne, voir héméralopie.
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La nyctalopie est la faculté de voir dans la pénombre (vision crépusculaire), ou l'incapacité à bien voir dans un éclairage diurne, ayant pour conséquence de mieux voir dans la pénombre.

Un nyctalope, dans la pénombre, ne perçoit pas les couleurs mais seulement la forme des objets par différence de luminosité.

Sémantique et étymologie[modifier | modifier le code]

En grec, les mots νυκτάλωψ, νυκταλωπία, comme leurs transcriptions latines nyctalops, nyctalopia, se réfèrent à une « maladie des yeux qui fait qu'on ne voit que dans la nuit » (Bailly p. 1335), nyctalops, opis étant traduit par Gaffiot (p. 1049) « qui ne voit que dans la nuit ». Une autre étymologie possible associe νύξ, « nuit », et ἀλάπηξ, « renard » (Trévioux, p. 263[1]).

En anglais, en revanche, nyctalopia désigne l’incapacité contraire, c’est-à-dire la « cécité nocturne », pour laquelle le français utilise l'antonyme « héméralopie »[2]. Ce serait au IIe siècle que le sens latin de ces deux mots se serait inversé pour donner le sens français[3], bien que le grec ancien νυκτάλωψ (nuktálōps) ait pu être utilisé dans les deux sens déjà auparavant.

Histoire[modifier | modifier le code]

La nyctalopie intrigue depuis longtemps. Elle semble avoir été autrefois par certains médecins associée au scorbut « Elle était en partie produite par les mêmes causes que le scorbut, et la dilatation forcée des pupilles, nécessitée par la surveillance de la nuit sur les remparts[4]. »

Mécanismes biologiques en jeu[modifier | modifier le code]

La vision utilise la lumière afin de percevoir le monde : l’œil est tapissé de capteurs appelés cônes et bâtonnets.

  • Les cônes permettent la perception des couleurs sur une plage de longueur d'onde donnée, il faut en cumuler différents types (réagissant à différentes longueurs d'onde, pour diversifier les couleurs).
  • Les bâtonnets quant à eux sont spécialisés dans l'intensité lumineuse, plus réactifs que les cônes, ils sont davantage présents que les cônes dans la vision périphérique de l'œil humain et permettent ainsi de déclencher des réflexes. Ils sont également plus sensibles aux intensités lumineuses faibles que les cônes. Comme ceux-ci, s'ils ont été saturés de photons (les particules de la lumière), il leur faut un certain temps pour se décharger, et redevenir sensible aux basses lumières. Cela explique le temps d'adaptation nécessaire, plutôt rapide lors de l'entrée dans un tunnel en voiture ou plus long lors du passage dans une pièce peu ou pas éclairée (passant uniquement et indirectement par la porte par exemple) à pied.

Un nyctalope possède un nombre plus élevé que la normale de bâtonnets, il voit donc mieux en faible ou très faible lumière. En revanche, il aura probablement moins de cônes et percevra donc moins bien les couleurs.

Dans le monde animal[modifier | modifier le code]

Beaucoup d'animaux sont nyctalopes (le chat par exemple) et ne perçoivent pas du tout les couleurs. Cependant, en contrepartie, certaines espèces peuvent voir dans la plage des infrarouges ou des UV. [réf. nécessaire]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « (...) parce que cet animal, dit-on, voit mieux la nuit que le jour. » Dictionnaire de Trévoux, 6e éd. (1771), tome 6, p. 263
  2. Définitions lexicographiques et étymologiques de « héméralopie » du Trésor de la langue française informatisé, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales (consulté le 20 décembre 2015).
  3. Dimitrios Brouzas et al., Nyctalopia in antiquity: a review of the ancient Greek, Latin, and Byzantine literature., Ophthalmology, 108(10):1917-21, 2001.
  4. Fauverge JP (1803) Des maladies qui ont régné à Malte pendant le blocus de l'an VII et VIII, et observations de chirurgie. Bossange, Masson et Besson ; lire en ligne

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Chevirer, A. (1997). Les cas de vue extraordinaires dans l'œuvre de Jules Verne. Bulletin de la Société Jules Verne, (121), 21-33 (résumé).
  • Lahy, J. M. (1939). Tests de vision pour conducteurs d'automobiles vision nocturne, éblouissement et champ du regard pratique. Le Travail Humain, 353-400.
  • Lagrange H (1929) L'amblyopie crépusculaire. Société d'ophthalmologie de Paris.
  • Bischler V (1944). Rétinite pigmentaire après rougeole. Stereotactic and Functional Neurosurgery, 6(5), 270-277.

Articles connexes[modifier | modifier le code]