Ghérasim Luca

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Luca.
Ghérasim Luca
Defaut 2.svg
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 80 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité

Ghérasim Luca (en roumain : Gherasim Luca), né à Bucarest le et mort à Paris le , est un poète roumain dont la majeure partie de l’œuvre a été publiée et écrite en français. Bien qu'il ait côtoyé certains surréalistes français, il n'a jamais appartenu au groupe.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né Salman Locker, Ghérasim Luca naît en Roumanie dans un milieu juif ashkénaze, comme son ami Paul Celan. Son père Berl Locker, tailleur, meurt en 1914. Il est très jeune en contact avec les langues française et allemande, présentes à Bucarest au début des années 1930, ses années de formation, et il lit très tôt de nombreuses œuvres philosophiques.

Dès 1930, il rencontre Victor Brauner, avec qui l'amitié sera durable et sans faille, et qui illustrera plus tard plusieurs de ses livres. Il publie ses premiers textes la même année, dans la revue Alge, et adhère peu après au parti communiste, alors illégal, clandestin. En 1937 il se marie avec Annie Rasicovici. Dès la fin des années 1930, tout en écrivant en roumain, il commence à écrire en français et prend le pseudonyme de Luca. Il prend part à la fondation puis à l’activité du groupe surréaliste roumain, mené par Tristan Tzara, Fondane, Constantin Brâncuși et Victor Brauner, étant surtout proche de Gellu Naum, Dolfi Trost, Paul Păun et Virgil Teodorescu, avec qui il collabore, et publie la collection Infra-Noir en 1946-1947[1].

Dominique Carlat nous renseigne sur son retour en Roumanie : « La déclaration de guerre le surprend à Paris ; après quelques jours d'errance en Italie, il parvient à regagner la Roumanie avec Gellu Naum, le 26 juin 1940. Il vient d'échapper à la déportation »[2].

En Roumanie, avant la fin de seconde guerre mondiale, il publie un manifeste non-œdipien, perdu à ce jour, qui toutefois irrigue l'œuvre dans son ensemble. De sa philosophie non-œdipienne ressort avant tout le refus de toute transcendance et le refus de la fatalité biologique. Dès lors, comme le dit Serge Martin, il vivra toujours sur la corde, tel un funambule, dansant sur la corde, dans une « reterritorialisation continue », « hors-la-loi des contraires »[3].

Après un rapide passage en Israël, à partir de 1952, il s'installe définitivement à Paris, d'abord avec sa compagne, Mirabelle Dors. Il vit à Montmartre, rue Joseph-de-Maistre. Parmi ses amis, on compte Victor Brauner, Jacques Hérold, Gilles Ehrmann, Wilfredo Lam, Paul Celan et Gisèle Celan-Lestrange, Thierry Garrel, Jean Carteret, le poète Claude Tarnaud, l'artiste Béatrice de la Sablière, qui fut sa compagne de 1952 à 1955, elle-même également liée à Tarnaud et au poète Stanislas Rodanski. Il poursuit ses activités artistiques multiples et en particulier ses réalisations graphiques parmi lesquelles les « cubomanies », commencées dès 1945, sont remarquables. Il s'agit d'une sorte de collage, obtenu en découpant de manière régulière une image donnée en fragments carrés et en recollant aléatoirement les morceaux, selon une conception toute personnelle du hasard objectif. Linda Lê le décrit comme « irréconciliable, il ne se conformait qu'à une règle : rester à l'écart, ne pas se mêler à la tourbe des fauves aux dents longues. »[4]

Il parle le yiddish, le roumain, le français et l'allemand et devient un poète francophone reconnu, dont les récitals (selon son propre terme), qu'il initie dans les années 1960, ne laissent personne indifférent.

Son ami et complice Jacques Hérold, peintre, placarde sur les murs de Paris, peu avant mai 68, une liste de tableaux imaginée pour lui par André Breton et des poèmes de Luca.

À partir de 1973, les philosophes Gilles Deleuze et Félix Guattari lui rendent hommage, en soulignant à quel point son « bégaiement » renouvelle la poésie, en portant le langage aux limites et en taillant « dans sa langue une langue étrangère »[5]. Également, sa « position non-œdipienne », son « auto-détermination » comme re-création de soi, bien avant L'Anti-Œdipe, ne pouvaient, à la suite d'Artaud, que retenir l'attention des deux philosophes. Deleuze le cite dans ses dialogues avec Claire Parnet et en parle comme d'« un grand poète parmi les plus grands »[6].

Dans une sorte de transe verbale, qui tient autant du rituel que de l'exercice spirituel, « à gorge dénouée »[7], Ghérasim Luca lit lui-même ses poèmes, lesquels proposent une écriture d'une très grande complexité dont la volubilité et la retenue font les deux modalités contradictoires mais toujours associées. Tantôt participant à des cycles ou à des projets de livre, chaque poème est minutieusement organisé jusqu'à sa typographie en utilisant le jeu des pages, tenant ainsi au plus fort du livre une oralité de l'écriture pleine de rythme : « je m'oralise », disait-il. Son travail manifeste, depuis le début, une véritable obsession de la mort sous toutes ses formes tout en recherchant le plus vivant du langage jusque dans l'écriture de mots-valises et de formes syntaxiques défaisant tout académisme langagier pour inventer une véritable « cabale phonétique », une langue riche de nouvelles relations. Exemple le plus célèbre de ce « tangage de la langue »[8], le poème Passionnément (1947)[9] constitue à lui seul une prouesse remarquable, formidable cri de vie et d'amour, puisqu'il (ré)invente l'amour en tenant politique, éthique et poétique d'un même souffle loin de toutes les dichotomies habituelles (lyrisme/objectivisme ou intime/public, etc.). Évoquant son « parler apatride », André Velter écrit qu’il outrepasse les codes de sa langue d’adoption, « homme de nulle part enfin, il parle ici une langue tout à fait sienne qui excède autant le bon goût des linguistes et des grammairiens que le bon style des littérateurs, la bonne pensée des idéologues ou les bonnes mœurs des tenants de l’ordre grégaire. »[10]

Dans la tradition kabbalistique du langage, toute son œuvre participe d'une mise en mouvement de la langue, des idées et du corps, indissociablement liés dans un tourbillon d'érotisation générale : une « orgie de mots », qui cherche à « prendre corps » (Paralipomènes). Une manière explosive d'affoler le langage, et de le mettre en état de métamorphoses et mouvement permanent. Luca se livre en effet à une radicale pensée et réinvention du langage, au sens d'un corps-langage, pris dans une incessante « morphologie de la métamorphose » (titre d'un poème dans Héros-Limite)[11], qui vise à mettre en mouvement toute la métaphysique : c'est ainsi que le poème « Quart d'heure de culture métaphysique »[12] témoigne d'une sortie, à la fois douloureuse et jubilatoire, de la culture métaphysique, une physique du langage contre « le grand tout métaphysique »[13]. Définitivement « hors la loi », le poète Luca est ce « héros-limite » dont la vie et le cheminement poétique se résument dans un refus de toutes les limites, identités, essences, modes, idéologies, de tous les académismes, enfermements, qu'ils soient politiques, éthiques, religieux, rhétoriques, selon sa formule : « comment s'en sortir sans sortir »[14]. Vincent Teixeira précise ainsi l'insoumission du poète : « Luca est de ces irréductibles enragés, aventuriers de l'esprit et aventuriers du langage, qui refusent toute allégeance, toute compromission avec les mensonges idéologiques, même tacites, mollement consensuels, les innombrables conformismes et entreprises de normalisation et asservissement des corps et des esprits, bref un refus du monde tel qu'il est ou tel qu'on voudrait nous faire croire qu'il est. Un refus barbare, contre toutes les barbaries de l'histoire »[15].

À l'écart de tout mouvement ou école, contre les langages et les corps instrumentalisés, sa poésie apparaît ainsi comme une tentative théâtrale d'inventer un langage inconnu (que symbolisent par exemple les titres Le Chant de la carpe ou Théâtre de bouche), l'invention d'une langue et d'un vivre, et conjointement une réinvention de l'amour et du monde, car selon lui « tout doit être réinventé »[16]. La poésie, le rêve, l'amour et la révolution ne font qu'un, puisque dire le poème, dire le mot consiste à dire le monde : « gRÈVE / GÉNÉRALe / sans fin / ni commencement / LA POÉSIE / SANS LANGUE / LA RÉVOLUTION / SANS PERSONNE / L’AMOUR / SANS / FIN »[17]. Dans cette expérience qui tient la poésie et la vie au plus vif, le désespoir est surmonté par « l'appel d'air du rire / à mourir de fou rire »[18]. Selon lui, avec autant de jouissance que de révolte, autant d'humour que de désespoir, la poésie est une aventure humaine, qui engage le devenir de l'homme et du monde, non pour divertir, mais pour changer le monde, puisqu'« une lettre, c'est l'être lui-même », dit Luca.

Marguerite Bonnet n'ayant pas réussi à persuader Gallimard d'éditer ses textes, à partir de 1985, ce sont les Éditions José Corti qui rééditent certains de ses anciens livres, à commencer par les trois parus aux Éditions Le Soleil Noir, et publient ensuite les inédits. Pour tous ses livres édités, Luca apportait un soin extrême à la « physique » du livre, au format, comme à la disposition de chaque poème.

En 1994, fidèle à sa pensée dans son droit absolu à cette ultime décision (exprimé notamment dans La Mort morte, qui semble sceller son « destin-suicide »), comme dans son refus d'obéir à un destin biologique, il met fin à ses jours, « puisqu'il n'y a plus de place pour les poètes dans ce monde », comme il l'écrit dans une lettre d'adieu qu'il laisse à sa compagne. Comme Paul Celan vingt-quatre ans plus tôt, il se suicide en se jetant dans la Seine le 9 février ; son corps sera retrouvé le 10 mars[19].

Postérité[modifier | modifier le code]

Son ami le photographe Gilles Ehrmann lui a rendu hommage avec La Maison d'yeux (1994).

Il avait passé quarante ans en France sans papiers et se disait « apatride », allant chaque année à la Préfecture de police pour renouveler son permis de séjour, avant d'obtenir vers la fin de sa vie la nationalité française. À partir de 1955, il vécut avec la peintre Micheline Catti qu'il épousa par la suite. Elle a participé à certains de ses plus beaux ouvrages dans lesquels graphismes et textes se conjuguent.

Son influence a fécondé, de son vivant, des poètes comme Serge Pey, Jean-Pierre Verheggen, Joël Hubaut, Olivier Cadiot, Julien Blaine, Serge Ritman ou Christophe Tarkos, et elle ne cesse de grandir, comme en témoignent les récentes adaptations de son œuvre au théâtre et les nombreuses études qui paraissent sur son œuvre et sur lui.

En 2012, le chanteur français Arthur H met en musique son poème Prendre corps et Christophe Chassol, un extrait de son poème Passionnément.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Un loup à travers une loupe, Bucarest, 1942. Poèmes en prose, publiés premièrement en roumain, puis traduits par l'auteur en français et publiés aux Éditions José Corti, Paris, 1998
  • Quantitativement aimée, Éditions de l'Oubli, Bucarest, 1944
  • Le Vampire passif, Éditions de l'Oubli, Bucarest, 1945. Illustré par des photographies de Théodore Brauner ; rééd. José Corti, Paris, 2001
  • Dialectique de la dialectique, en collaboration avec Dolfi Trost, Éditions surréalistes, Bucarest, 1945
  • Les Orgies des Quanta, Éditions de l'Oubli, Bucarest, 1946
  • Amphitrite, mouvements sur-thaumaturgiques et non-œdipiens]], Éditions de l’Infra-noir, Bucarest, 1947 ; rééd. "La maison de verre", 1996
  • Le Secret du vide et du plein, Éditions de l'Oubli, Bucarest, 1947 ; rééd. "La maison de verre", 1996
  • Héros-Limite, avec trois dessins de Jacques Hérold, Le Soleil Noir, Paris, 1953 ; rééd. 1970 ; rééd. José Corti, Paris, 1985
  • Ce Château Pressenti, avec une gravure de Victor Brauner, Méconnaissance, Paris, 1958. Ce poème fait partie de Un loup à travers une loupe.
  • La Clef, Poème-Tract, Paris, 1960
  • L'Extrême-Occidentale, avec 7 gravures de Jean Arp, Victor Brauner, Max Ernst, Jacques Hérold, Wifredo Lam, Roberto Matta, Dorothea Tanning, Éditions Mayer, Lausanne, 1961 ; rééd. José Corti, Paris, 2013
  • La Lettre, Paris, 1960
  • Présence de l'imperceptible, 'Vers le Non-Mental' et 'Vers la Pure Nullité', illustré par des Ponctuations de Pol Bury des années 1953-1961, Chatelet, c 1962
  • Le Sorcier noir, avec Jacques Hérold, Paris, 1962
  • Sept slogans ontophoniques, avec des gravures de Augustin Fernandez, Enrique Zanartu, Gisèle Celan-Lestrange, Jacques Hérold, Brunidor, Paris, 1963 ; rééd. José Corti, 2008
  • Poésie élémentaire, Éditions Brunidor, Vaduz, Liechtenstein, 1966
  • Apostroph'Apocalypse, avec 14 gravures de Wifredo Lam, Éditions Upiglio, Milan, 1967
  • Sisyphe Géomètre, avec une sculpture électrique de Piotr Kowalski à partir de bulles de verre renfermant des gaz rares, Éditions Claude Givaudan, Paris, 1967
  • Droit de regard sur les idées, Brunidor, Paris, 1967
  • Déférés devant un tribunal d'exception Paris, 1968
  • Dé-Monologue, avec des gravures de Micheline Catty, Brunidor, Paris, 1969, repris dans Paralipomènes
  • La Fin du monde, avec un frontispice de Micheline Catty et 5 dessins de Ghérasim Luca, Éditions Petitthory, Paris, 1969
  • Le Tourbillon qui repose, Critique et Histoire, 1973
  • Le Chant de la carpe, Le Soleil Noir, Paris, 1973 avec un disque de sa voix et une sculpture en verre et miroirs de Piotr Kowalski ; rééd. José Corti, Paris, 1985
  • Présence de l'imperceptible, Franz Jacob, Châtelet, illustré d'œuvres de Pol Bury, sans date
  • Paralipomènes, avec un objet "cubomanie" du poète, Le Soleil Noir, Paris, 1976 ; rééd. José Corti, Paris, 1986
  • Théâtre de Bouche, avec des gravures et 9 dessins de Micheline Catty, Criapl'e, Paris, 1984 ; rééd. José Corti, Paris, 1987
  • Satyre et Satrape, Éditions de la CREM, Barlfeur, 1987
  • « Argol. Comme un monologue à peine dirigé », dans Qui vive ? Autour de Julien Gracq (recueil de textes de 29 écrivains consacrés à Julien Gracq), Éditions José Corti, Paris, 1989.
  • La proie s'ombre, Éditions José Corti, Paris, 1991
  • Le Cri, Éditions Au fil de l'encre, Paris, 1995
  • La voici la voie silanxieuse, Éditions José Corti, Paris, 1997
  • Levée d'écrou, Éditions José Corti, Paris, 2003
  • Le chat double pain trouble..., illustré par Victor Brauner, Éditions Les loups sont fâchés, Paris, 2005
  • ...pour quelques amis lointains..., Correspondance avec Tilo Wenner, Éditions des Cendres, Paris, 2015
  • La Paupière philosophale, Éditions José Corti, Paris, 2016 (poème éponyme précédemment édité dans Le Chant de la carpe)

Performances[modifier | modifier le code]

  • 1967 : Stockholm, Moderna Museet
  • 1968 : Vaduz, Aula der Volksschule
  • 1969 : Paris, Musée d'Art Moderne
  • 1970 : Paris, Atelier de création radiophonique
  • 1971 : Paris, Galerie Albertus Magnus
  • 1973 : Stockholm, Franska Institut
  • 1975 : Paris, Musée d’Art Moderne
  • 1977 : Sceaux, Les Gémeaux
  • 1977 : Paris, La Hune
  • 1981 : Paris, Centre Georges Pompidou
  • 1984 : New York, Polyphonix 07, Museum of Modern Art
  • 1984 : New York, La Maison française, New York University & Columbia University
  • 1984 : San Francisco, International Festival of Language and Performance
  • 1985 : Oslo, 1er Festival International de Poésie
  • 1986 : Villeneuve d’Ascq, Musée d’Art Moderne
  • 1986 : Paris, Polyphonix 10, Galerie Lara Vincy
  • 1987 : Paris, Polyphonix 11, "La Revue parlée", Centre Georges Pompidou
  • 1988 : Genève
  • 1989 : Rencontres internationales de poésie contemporaine, Tarascon.
  • 1991 : Paris, Centre Georges Pompidou
  • 1991 : Marseille, Centre international de poésie (cipM)

Monographies, dossiers et articles[modifier | modifier le code]

Par ordre alphabétique

  • Sarane Alexandrian, « Le poète sans repentir », Supérieur Inconnu, no 5, octobre-décembre 1996.
  • Pierrick Brient, « L'insistance sur l'homophonie chez Gherasim Luca. Création poétique et association libre » , revue Le Coq Héron, n°189, 2008.
  • Dominique Carlat, Ghérasim Luca l'intempestif, José Corti, 2001.
  • Collectif, L'Aimance - Charles Duits - Gherasim Luca, revue bimestrielle Poésie94, no 53, juin 1994.
  • Charlène Clonts, « Les synesthésies dans les cubomanies et l'écriture poétique de Gherasim Luca », dans Ekphrasis, n°7, Université Babes-Bolai de Cluj-Napoca, Editura Accent, Cluj-Napoca, juin 2012.
  • Charlène Clonts, « Ghérasim Luca et ses fleurs du mal », dans Caietele avangardei, n°2, Muzeului National al Literaturii Române, Bucuresti, décembre 2013.
  • Charlène Clonts, « Je m'oralise : Gherasim Luca et le Théâtre de bouche », dans Mélusine - Cahiers du centre de recherches sur le surréalisme, n°XXXIV, L'Âge d'Homme, février 2014.
  • Charlène Clonts, « Ghérasim Luca et la vie dans le vide », dans L'Hétérogène dans les littératures de langue française, Paris, L'Harmattan, 2015.
  • Benoît Decron (éd.), Ghérasim Luca, Cahiers de l'Abbaye Sainte-Croix, no 110, Les Sables d'Olonne - Marseille - Saint-Yrieix-la-Perche, 2008, 2009.
Comprend des textes de Nicoleta manucu, Charles Soubeyran, Thierry Garrel, Aurélia Gibus, Benoît Decron ainsi que les reproductions de 77 cubomanies et quelques photographies.
  • Patrice Delbourg, « Ghérasim Luca, bégayeur des nuées », dans Les désemparés - 53 portraits d'écrivains, Le Castor astral, 1996, p. 141-142.
  • Gilles Deleuze, « Bégaya-t-il », dans Critique et clinique (p. 135-143), Minuit, 1993.
  • Gilles Deleuze, Un Manifeste de moins (p. 108-109), Minuit, 2004 (in Superpositions, écrit avec Carmelo Bene).
  • Pierre Dhainaut, « À gorge dénouée », La Quinzaine littéraire, no 178, janvier 1977.
  • Rémi Froger, « Intonation, détonation », Dossier Ghérasim Luca, Fusées, no 7, 2003, avec un texte inédit de Luca : V'ivre au m'onde.
  • Hyperion, Numéro spécial Ghérasim Luca, Volume VII, no 3, octobre 2013.
  • Nicole Manucu, De Tristan Tzara à Ghérasim Luca. Impulsions des modernités roumaines au sein de l'avant-garde européenne, Honoré Champion, 2014.
  • Serge Martin (dir.) : Avec Ghérasim Luca passionnément, éditions Tarabuste (supplément à la revue Triages), 2005.
Reprend les actes de la journée d'étude Ghérasim Luca à gorge dénouée organisée à l'Université de Cergy-Pontoise le 10 décembre 2004. Comprend les communications de Serge Martin, Laurent Mourey, Daniel Delas, Julian Toma, Zéno Bianu, Elke de Rijcke, Nicoletta Manucu, Patrick Quillier, Cendrine Varet, Oriane Barbey, Philippe Païni, Marie Cosnefroy-Dollé, Patrick Fontana et une bibliographie exhaustive réalisée par Cendrine Varet et Serge Martin.
  • Serge Martin, « Écouter l’indicible avec les poèmes de Ghérasim Luca », dans Interférences littéraires, nouvelle série, no 4, « Indicible et littérarité », dir. Lauriane Sable, mai 2010.
  • Serge Martin (dir.) : Ghérasim Luca, Europe, n° 1045, mai 2016 : textes de Ghérasim Luca, contributions de Patrick Beurard-Valdoye, Dominique Carlat, Charlène Clonts, Pierre Dhainaut, Bertrand Fillaudeau, Patrick Fontana, Anne Foucault, Thierry Garrel, Joël Gayraud, Bernard Heidsieck, Nicole Manucu, Serge Martin, Alice Massénat, Laurent Mourey, Jean-Jacques Lebel, Sibylle Orlandi, Charles Pennequin, Sébastian Reichmann, Alfredo Riponi, Vincent Teixeira, Iulian Toma, Monique Yaari.
  • Petre Răileanu, Gherasim Luca, Les Étrangers de Paris, Oxus, 2004.
  • Vincent Teixeira, « Le tangage de la langue de Ghérasim Luca - Une écriture du trou dans le tout », Fukuoka University Review of Literature and Humanities (Japon), no 154, décembre 2007.
  • Vincent Teixeira, « Ghérasim Luca, héros limite de la poésie française », Fukuoka University Review of Literature and Humanities (Japon), no 152, juin 2007.
  • Vincent Teixeira, « Des écrivains de nulle part. Ces autres "français" venus d'ailleurs », Fukuoka University Review of Literature and Humanities (Japon), no 150, décembre 2006.
  • Vincent Teixeira, « De Rimbaud à Luca - des voies silencieuses ? », Le silence, revue Alkemie, n° 13, Classiques Garnier, 2014.
  • Iulian Toma, Gherasim Luca ou l'intransigeante passion d'être, préface de Jacqueline Chénieux-Gendron, Honoré Champion, 2012.
  • Yannick Torlini, Ghérasim Luca, le poète de la voix : ontologie et érotisme, L'Harmattan, 2011.
  • André Velter, Ghérasim Luca passio passionnément, Jean-Michel Place, 2001.
  • Monique Yaari (dir.), Infra-Noir, un et multiple : un groupe surréaliste entre Bucarest et Paris, 1945-1947, Oxford, Éditions Peter Lang, 2014.

Discographie et Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Bain de sang, Ghérasim Luca lit 3 poèmes au MoMA, New York, octobre 1984 (ADLM, 1998).
  • Ghérasim Luca par Ghérasim Luca, double CD contenant 17 poèmes récités, José Corti / Héros-Limite, 2001.
  • Comment s'en sortir sans sortir, « Récital télévisuel » dans lequel Ghérasim Luca dit huit poèmes, réalisé par Raoul Sangla, La Sept/CDN/FR3, 1989; rééd., en DVD, accompagnée d'un livret reprenant tous les textes, José Corti éditeur, 2008.
  • Two Poems, « Autres secrets du vide et du plein » (1971) / « Crimes sens initiales » [sic] (1972). Disque 33⅓ tours : Alga Marghen, Plana-L 18VocSon065, 2009.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. C'est dans cette collection que fut publié pour la première fois le célèbre poème « Passionnément », Infra-Noir, Bucarest, 1947 ; rééd. « La maison de verre », Paris, 1996.
  2. Dominique Carlat, Gherasim Luca l'intempestif, José Corti, Paris, 1998, p. 27.
  3. Cf. Serge Martin, « Ghérasim Luca, sur la corde sans fin ni commencement », dans Ghérasim Luca, Europe, n° 1045, mai 2016, p. 3-17.
  4. Linda Lê, Au fond de l'inconnu pour trouver du nouveau, Éditions Christian Bourgois, Paris, 2009, p. 107.
  5. Gilles Deleuze écrit dans « Bégaya-t-il » : « Si la parole de Ghérasim Luca est éminemment poétique, c'est parce qu'il fait du bégaiement un affect de la langue, non pas une affection de la parole. C'est toute la langue qui file et varie pour dégager un bloc sonore ultime, un seul souffle à la limite du cri "je t'aime passionnément". », Critique et clinique, Éditions de Minuit, Paris, 1993, p. 139.
  6. Gilles Deleuze, Dialogues avec Claire Parnet, Paris, Flammarion, 1977, p. 10.
  7. « À gorge dénouée » dans Le Chant de la carpe, José Corti, Paris, 1986, p. 99-104.
  8. Le Tangage de ma langue, dans Ghérasim Luca par Ghérasim Luca, double CD audio regroupant des enregistrements en récitals et privés, direction artistique : Nadèjda et Thierry Garrel, José Corti, Paris, 2001.
  9. Le Chant de la carpe, p. 87-94.
  10. André Velter, « Parler apatride », Préface à G. Luca, Héros-Limite, Gallimard, coll. « Poésie », Paris, 2002, p. VII.
  11. « La Morphologie de la Métamorphose » dans Héros-Limite, José Corti, Paris, 1985, p. 61-64.
  12. Le Chant de la carpe, p. 9-15.
  13. Héros-Limite, p. 19.
  14. « Apostroph’Apocalypse », Paralipomènes, José Corti, Paris, 1986, p. 82.
  15. Vincent Teixeira, « Un barbare dans les Lettres françaises », dans Ghérasim Luca, Europe, dir. Serge Martin, n° 1045, mai 2016, p. 110.
  16. « Tout doit être réinventé / il n'y a plus rien au monde », L'Inventeur de l'amour, José Corti, Paris, 1994, p. 11.
  17. « gRÈVE GÉNÉRALe » dans La Proie s'ombre, José Corti, Paris, 1991, p. 45-55.
  18. « Le verbe » dans Le Chant de la carpe, p. 164.
  19. Linda Lê, Au fond de l'inconnu pour trouver du nouveau, p. 109

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]