Citadelle de Jérusalem

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Tour Phasaël de la citadelle de Jérusalem.

La Citadelle de Jérusalem est un ensemble de constructions liées à la défense de Jérusalem, située à l'angle ouest de la vieille ville. La citadelle est construite au IIe siècle avant Jésus Christ par les Hasmonéens, fortifiée par le roi Hérode Ier pour sécuriser son proche palais. Elle est indûment surnommée palais de David par les chrétiens byzantins (IVe siècle), alors qu'elle n'a pas de lien avec lui. Aujourd'hui la citadelle de Jérusalem est devenu un musée. Et la dernière tour originelle qui subsiste, s'appelle toujours la tour de David.

Construction[modifier | modifier le code]

La citadelle est construite au IIe siècle avant notre ère par les Hasmonéens. Cette dynastie est aussi appelée Maccabées et relatée dans les livres deutérocanoniques conservés par la tradition chrétienne.

À la fin du Ier siècle av. J.-C., le roi Hérode Ier y ajoute trois grandes tours pour défendre la ville, mais aussi pour sécuriser son palais situé à proximité. Les tours portaient les noms de Mariamne (la deuxième femme d’Hérode qu’il fait exécuter et enterrer dans une cave proche de la tour), Hippicaus (un ami d’Hérode) et Phasaël (en mémoire de son frère qui se suicide alors qu'il vient d'être fait prisonnier). Aujourd’hui, les deux premières tours ont disparu, mais on peut encore voir la troisième et se promener sur Phasaël[1].

Localisation et accès[modifier | modifier le code]

Porte de Jaffa (appelée aussi Porte de la Citadelle) - en 1854

La citadelle est depuis l'Antiquité un point de repère à Jérusalem. Elle est située à l'angle ouest de la vieille ville, à quelques mètres au sud de la porte de Jaffa. Des raisons topographiques ont présidé à son emplacement, car elle est au sommet de la colline sud-ouest de la ville, dont l'altitude est supérieure à celle du mont du Temple. Un ensemble de fortifications érigées sur ce site pendant plus de vingt siècles, protégeait l'accès à l'ouest et surplombait toute la ville[2].

Depuis la tour de Phasaël de la citadelle, une vue à 360° s'offre sur l'ancienne comme la nouvelle ville de Jérusalem, le mont des Oliviers, le Dôme du Rocher.

Protégée par de hautes murailles et des tours massives, la citadelle est aujourd'hui encore entourée d'un fossé large et profond dont une partie a été récemment comblée. L'entrée se fait à l'est par une porte extérieure, un pont de pierre enjambe le fossé et débouche sur une porte intérieure fortifiée.

La tour de David[modifier | modifier le code]

La tour qui subsiste de la citadelle originelle est dénommée « la tour de David », alors que le roi David n’a pas de lien avec sa construction. Les pèlerins chrétiens de la période byzantine (IVe siècle), croyaient qu'il s'agissait du palais de David, lui donnèrent ce nom par erreur. La tour s'élève à une hauteur de 20 m. En réalité, la référence à David aurait une origine beaucoup plus lointaine : Flavius Josèphe, historiographe judéen du Ier siècle, appelait la colline sud-ouest de Jérusalem « la citadelle du roi David »  (La Guerre des Juifs V, 3, 1)[2].

La citadelle dans certains évangiles    [modifier | modifier le code]

Bien qu'elle ne soit pas mentionnée nommément dans le Nouveau Testament, il a été émis l'hypothèse que l'événement rapporté par l'évangile selon Luc (23,6-12))[3] qui relate la rencontre de Jésus par Hérode, pourrait s'y être déroulé.

Après la destitution d'Hérode Archélaos, la citadelle protégeant le palais d'Hérode continue d'être la résidence des membres de la famille hérodienne de passage à Jérusalem et notamment celle d'Hérode Antipas. La citadelle peut avoir été le lieu d’une partie de la passion de Jésus. On peut y situer la rencontre de Jésus avec Hérode (Luc 23,6-12), que la tradition chrétienne identifie à Hérode Antipas. Dans l'évangile attribué à Pierre, c'est Hérode lui-même qui prononce la sentence de mort après le départ de Pilate qui vient de se laver les mains, mais le seul fragment retrouvé de cet évangile commence par cet épisode, ce qui ne permet pas de le situer.

Traditionnellement, la condamnation de Jésus par Pilate est localisée à l’Antonia, une forteresse au nord-est de la ville qui abritait une garnison romaine et était le siège des gouverneurs romains de Judée lorsque ceux-ci venaient à Jérusalem. Pourtant, une partie des historiens suggèrent que lorsque Pilate venait à Jérusalem, il préférait le luxe de la résidence d’Hérode Antipas, adjacente à la citadelle. Une partie des historiens estiment donc que le procès de Jésus a eu lieu devant le palais hérodien.

Pour soutenir que Jésus a bien été crucifié sur le rocher retrouvé sous le Temple de Vénus après sa destruction au IVe siècle sur l'ordre de Constantin Ier (premier empereur chrétien) une partie de l’exégèse confessionnelle estime que le Preatorium de Pilate se trouvait dans le palais hérodien[1], suite aux fouilles archéologiques de 2001, ce que conteste la quasi totalité des historiens et des archéologues. Pour ces derniers la famille d'Hérode n'a pas été dépossédée de son palais et beaucoup continuent à penser que la résidence des gouverneurs romains de Judée était toujours l'Antonia et que c'était à cet endroit que se déroulaient les procès. La question du lieu où s'est déroulé le procès de Jésus est donc sujet à débat.

La citadelle est proche du lieu retenu au IVe siècle pour la Crucifixion, lieu de l'actuelle basilique du Saint-Sépulcre, bien que certains historiens lui préfèrent le Calvaire de Gordon, plus proche de la forteresse Antonia.  

Occupations successives de la citadelle[modifier | modifier le code]

Mosaïque de l'église Saint-Georges de Madaba (Jordanie) représentant Jérusalem au VIe siècle, et sa citadelle

La citadelle jouera un rôle stratégique décisif au cours de la première Grande Révolte contre Rome (66-70 de l'ère chrétienne) qui se solde par le siège de Jérusalem par les troupes romaines, la conquête de la ville puis sa destruction. Au cours de cette première guerre judéo-romaine, le Second Temple de Jérusalem est détruit.

La citadelle de Jérusalem sert alors de caserne militaire aux Romains. La Xe Légion profite de la protection que lui assurent les trois tours massives érigées par Hérode Ier. Le commandant de la légion est le futur empereur Titus, qui ordonne de les laisser intactes (Flavius Josèphe, La Guerre des Juifs VII, 1,1)[2].

La citadelle sera alors conquise et reconstruite à plusieurs reprises au cours des invasions : les Arabes à partir du VIIe siècle, les croisés au Moyen Âge, les Mamelouks au XIIIe siècle et les Ottomans.

Une mosquée à l'intérieur de la citadelle datant de l'occupation ottomane

Les Ottomans y installent une mosquée et son minaret, qu’on peut encore voir aujourd’hui.

Plus récemment, la citadelle jouera un rôle militaire dans le conflit en 1948 entre Israël et la coalition arabe. C’est un endroit stratégique pour les Arabes qui voyaient ce qui se passait de l’autre côté de la ligne d’armistice.

Musée actuel[modifier | modifier le code]

Depuis la Guerre de six jours en 1967, la citadelle reste sous contrôle d’Israël qui lui a donné un rôle culturel et de musée, le Musée d'histoire de Jérusalem.

Le musée actuel retrace 5000 ans d'événements marquants de la ville. La citadelle est aussi un site archéologique, qui rassemble les vestiges témoignant des grands bouleversements passés et de presque toutes les époques de la ville de Jérusalem.

Vestiges architecturaux[modifier | modifier le code]

Depuis le haut de la citadelle de Jérusalem avec le jardin archéologique - 2012

Un premier relevé archéologique suivi de fouilles a été entrepris entre 1934 et 1947. Les fouilles du site sont poursuivies après la réunification de la ville, entre 1968 et 1988, et préparent l'ouverture de la citadelle aux visiteurs.

Chaque époque a marqué les fortifications, à l'image de celles trouvées dans les murailles de la colline sud-ouest de Jérusalem. Dans les fondations de la citadelle sont ensevelies des fortifications datant de la fin de la période monarchique (VIIIe – VIe siècles av. J.-C.), de celles de l'époque du Second Temple, de la période byzantine, de la période arabe (VIIe – XIe siècles).

Les contours de la citadelle qui sont visibles de nos jours, datent de la période des croisés ; la citadelle elle-même date du règne de Soliman le Magnifique, le sultan ottoman qui l'érigea vers le milieu du XVIe siècle en y incorporant les vestiges des forteresses antérieures des périodes ayyubide et mamelouke.

Articles connexes [modifier | modifier le code]

Tour de David

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « La Citadelle ou la tour de David », sur www.interbible.org (consulté le 26 septembre 2015)
  2. a, b et c « Jérusalem - La Citadelle », sur mfa.gov.il (consulté le 26 septembre 2015)
  3. « Évangile selon Luc 23:6-12 - La Bible en Français Courant (FRC97) », sur Biblics (consulté le 31 janvier 2016)