Charles-Louis de Ficquelmont

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Charles Louis de Ficquelmont
Charles Louis de Ficquelmont.
Charles Louis de Ficquelmont.
Fonctions
2e ministre-président d'Autriche

(1 mois)
Monarque Ferdinand Ier
Prédécesseur François Kolowrat
Successeur Franz von Pillersdorf
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Dieuze (France)
Date de décès (à 80 ans)
Lieu de décès Palais Clary, Venise, Lombardie-Vénétie, Empire d'Autriche (auj. Italie)
Nationalité autrichienne
Conjoint Dorothea von Tiesenhausen
Enfants Elisabeth-Alexandrine de Ficquelmont,
Religion Catholicisme
Résidence Vienne, Venise, Saint-Pétersbourg
Ministres-présidents d'Autriche

Charles-Louis comte de Ficquelmont, né le au château de Dieuze en Lorraine, mort le à Venise est un homme politique autrichien. Général de cavalerie, puis ambassadeur, il fut ministre et ministre-président de l'Empire d'Autriche en 1848.

Biographie[modifier | modifier le code]

Émigration en Autriche[modifier | modifier le code]

Fils de Maximilien-Chrétien de Ficquelmont, seigneur de Paroye, admis le 23 mars 1789 aux Honneurs de la Cour, et de Marie-Françoise de la Marche[1],[2], Charles-Louis de Ficquelmont naît à Dieuze en Lorraine. La famille de Ficquelmont jouit alors d'un grand renom, dans l'ancien duché de Lorraine[3].

À la Révolution française, à la suite du massacre de son frère, le chanoine Charles de Ficquelmont, par la foule à Metz[4], sa famille fut contrainte d'émigrer alors qu'il n'était âgé que de quatorze ans.

Il rejoint l'armée des princes à Coblence puis entre dans l'armée autrichienne en 1793.

Carrière militaire[modifier | modifier le code]

Devenu colonel en 1809, il est ensuite nommé chef d'état-major de l'armée de l'archiduc Ferdinand-Charles de Habsbourg-Lorraine-Este. En 1811 et 1812 il commanda en Espagne trois régiments de cavalerie contre les armées napoléoniennes. Il est nommé général de division en 1814.

Parallèlement à sa carrière diplomatique, il gravit les échelons les plus importants de l'armée impériale autrichienne. Promu Feldmarschallleutnant en 1830, il est nommé commandant des Régiment de dragons de la Garde impériale en 1831. Il est finalement promu Generalfeldmarschall, le rang le plus élevé de la hiérarchie militaire autrichienne, en 1843.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

En 1813, Charles-Louis de Ficquelmont est envoyé comme ministre plénipotentiaire en Suède auprès de général Bernadotte pour rendre compte des opérations de l'armée prusso-suédoise qui s'avançait contre Napoléon, les alliés suspectant la bonne foi de Bernadotte. Cette nomination marque le début de sa carrière de diplomate[5]. Ficquelmont est ensuite ministre plénipotentiaire à Florence, où il est chargé de maintenir l'influence autrichienne auprès du grand-duc Ferdinand III de Toscane.

En 1821, il est envoyé comme ministre plénipotentiaire à Naples avec la mission d'inspirer confiance au vieux roi et rendre l'occupation autrichienne la plus douce possible[6]. En 1829 il est nommé ambassadeur à Saint-Pétersbourg. Il devient alors le plus important relais de la politique de Metternich auprès de l'Empereur Nicolas Ier et établit un axe stratégique entre Vienne et Saint-Pétersbourg.

Il fut décoré par le tsar de tous les principaux ordres russes : Saint-André, Saint-Alexandre Nevski, Saint-Vladimir et Sainte-Anne.[réf. nécessaire]

À Saint-Pétersbourg, il occupe le Palais Saltykov, loué en 1828 par le gouvernement autrichien pour servir de résidence à son ambassade[7]. « La résidence Saltykov était le cadre des deux salons les plus fameux des années 1830, que dominait la figure de la comtesse de Ficquelmont (petite-fille du Prince Koutouzov) »[7].

En 1838, Charles-Louis de Ficquelmont est rappelé à Vienne afin de remplacer le prince de Metternich comme ministre des affaires étrangères. En 1840, il est nommé ministre d'État et des conférence et prend en charge la direction de l'armée impériale. Il est alors le bras droit du prince de Metternich « M. le comte de Ficquelmont trouve sa place au-dessous ou à côté du prince de Metternich (...) C'est avec M. de Ficquelmont que commencent toutes les conférences ; c'est avec M. de Metternich qu'elles se finissent »

En 1847, Ficquelmont est envoyé comme conseiller de l'archiduc Rainier d'Autriche (1783-1853), vice-roi de Lombardie-Vénetie. L'année suivante, en 1848, il est nommé chef du conseil de guerre de l'Empire d'Autriche et rentre à Vienne. Le 20 mars 1848, au cœur de la révolution autrichienne de 1848, il est nommé ministre des affaires étrangères dans le gouvernement de François Kolowrat. Le 19 avril 1848, Ficquelmont devient ministre-président du gouvernement autrichien, mais un mois plus tard au renversement Metternich il est contraint de donner sa démission. En 1852, pour ses services, l'empereur François-Joseph Ier le nomme chevalier de l'ordre de la Toison d'or.

Après son retrait des affaires publiques, il se consacre à l'écriture d'essais politiques et passe les dernières années de sa vie entre les résidences de son beau-fils le prince Clary und Aldringen à Vienne au palais Mollard-Clary et à Venise au (Palais Clary où il meurt le [8].

Famille[modifier | modifier le code]

En 1821, à quarante-quatre ans, Charles-Louis de Ficquelmont épouse la comtesse Dorothée von Tiesenhausen (1804-1863), qui en a dix-sept. Elle est la fille du comte Ferdinand von Tiesenhausen aide de camp de l'empereur Alexandre Ier, tué à Austerlitz et de la princesse Elisaveta Mikhaïlovna Khitrova (fille du prince Koutouzov, héros des guerres napoléoniennes). Dorothée von Tiesenhausen est l'auteur d'un Journal, écrit en français, qui retrace les grands événements politiques de la première moitié du XIXe siècle, donne un point de vue philosophique et religieux, et évoque ses rencontres avec les hommes politiques, les grands auteurs ou artistes de son époque, ainsi que la société aristocratique européenne de son temps[9].

Charles-Louis et Dorothée auront une fille unique, Elisabeth-Alexandrine de Ficquelmont (1825-1878), qui épousera en 1841 le prince Edmund von Clary und Aldringen et qui sera la dernière représentante de sa branche[1],[2].

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Aufklärungen über die Zeit vom 20. März bis zum 4. Mai 1848 (Explications sur la période du 20 mars au 4 mai 1848), Leipzig, 1850
  • Deutschland, Österreich und Preußen (L'Allemagne, l'Autriche et la Prusse), Vienne, 1851
  • Lord Palmerston, England und der Kontinent (Lord Palmerston, l'Angleterre et le continent), 2 volumes, Vienne, 1852
  • Die religiöse Seite der orientalischen Frage (Le côté religieux de la Question d'Orient), Vienne, 1854
  • Russlands Politik und die Donaufürstentümer (La Politique de la Russie et les principautés danubiennes), Vienne, 1854
  • Zum künftigen Frieden: e. Gewissensfrage (La paix à venir : Cas de conscience), Vienne, 1856
  • Pensées et réflexions morales et politiques du Comte de Ficquelmont, ministre d'état en Autriche, 1859

Sources[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]